Chroniques gustatives.
Et pendant ce temps, l'Etna n'en finit plus de souffler de frêles nuages de vapeur d'eau, lesquels sont expulsés mollement du cratère encore chaud de sa dernière colère. De loin, on regarde une carte postale. Tout près, la réalité du volcan doit être à la fois belle et terrifiante. Autant plonger les yeux dans la Méditerranée qui est aussi calme et disciplinée qu'un grand lac.
On a grimpé depuis la gare et c'était haut, et c'était raide. C'était alors une fois franchie la Porta di Mezzo, le bourg médiéval et ses ruelles aux pavés incertains, ses jolies églises et ses boutiques de souvenirs jusqu'à la nausée. La carte postale était ici et pas ailleurs.
Outre la terrasse du mont Tauro, le théâtre grec offre une vue splendide sur l'ange gardien incendiaire et cette baie de Schiso qui sonne japonais, qui en a le parfum.
C'est dans le corso Umberto, un élégant restaurant qui offre depuis sa terrasse un panorama pas moins laid, tout aussi grandiose.
Je m'y installe pour déjeuner frugalement d'un carpaccio d'espadon, celui-là même longtemps regardé, longtemps admiré sur les étals du marché aux poissons de Catane. Il fait très chaud, l’appétit vient à manquer.
On est heureux avec quelques tranches de poisson cru. Oui, on se croirait un peu au Japon, qui semble
s'être rapproché.
Granduca
Corso Umberto, 172
Taormina