Chroniques gustatives.
Si ce n'était ce vent frais qui se faufile avec obstination entre la chemise et la peau on se croirait au printemps. Il serait temps. A défaut de trouver le printemps dans les rues de Paris on va le chercher dans l'assiette du Cette d'où on en sort éclaboussé. Voilà qui fait du bien, a-t-on loisir de penser dans cette belle salle épurée aux murs blancs, arrosée de lumière naturelle et occupée en son centre par une desserte en bois blond. Le Cette vient d'ouvrir (''Cette'' comme le numéro auquel loge l'enseigne, ''Cette'' en hommage à Sète, la ville d'origine de son propriétaire Xavier Bousquet, mais aussi un clin d’œil à Paul Valéry, son poète favori lui aussi enfant du pays où il est d'ailleurs enterré), ce qui en fait le cadet des secrets les mieux gardés de Montparnasse qui après des années de disette commence enfin à se refaire une santé (les récents Moustache, Invictus et Léo Dupont).
Au déjeuner, pas la peine de se presser les méninges, les propositions tiennent sur un timbre poste, ce qui est très bien comme ça. Menu à 17 € (entrée/plat, plat/dessert) ou 20 € le grand jeu pour une cuisine impeccable de saison et de marché qui ne rue pas dans les brancards mais précise, extrêmement soignée, nature et colorée.
En témoigne ce désarmant velouté d'asperges et sa gelée qui glisse sous la langue. On en redemande.
Sensationnel dos de merlu avec son grain de fleur de sel, un trait méditerranéen de tapenade, une touche de caviar d'aubergine, blanc de poireaux, courgettes et haricots craquant sous la langue, l’œuvre de tout bon chef japonais qui se respecte – le jeune Katsunori Nakanishi en maître de cérémonie, seul en cuisine, autant dire au sommet de son art.
En fin de parcours, une tarte au chocolat façon ganache ultra fondante et sa pâte sablée elle-même chocolatée. Exquise. On cherche la fausse note sans la trouver. Pas de doute, l'aventure est en marche.
Le Cette
7 rue Campagne-Première
75014 Paris
01 43 21 05 47