Chroniques gustatives.
Ce jour là, je fus le premier surpris à pousser la porte de la Jacobine dont les crêpes, les salades et autres plats plus consistants aperçus depuis l’extérieur, n’ont jamais piqué ma curiosité et pour lesquels j’ai au contraire toujours entretenu une certaine défiance voir un profond rejet à leur égard. Allez savoir pourquoi après m’être comme de coutume attendri devant les dizaines de bonsaï exposés dans la boutique adjacente, mon regard s’est arrêté sur le florilège de pâtisseries judicieusement placé aux avant poste de ce salon de thé mystérieusement excité par la période post révolutionnaire au point de couvrir ses murs de peintures chaudes et colorées retraçant certains épisodes du directoire.
Si révolution il y avait, c’était bien ma personne poussant la porte de ce repaire à touristes, universitaires et forcenés du brunch, pour y faire causette avec une pâtisserie qui m’avait tapé dans l’œil, sinon harponné depuis que j‘avais eu la faiblesse de faire halte devant la vitrine.
Des punitions, j’en connaitrai des pires dans mon existence que de voir arracher à un plat encore non entamé, une belle portion de crumble poire, bananes et chocolat (8,50€ tout de même), déposée dans une petite assiette avant d‘être passée au four, la chaleur ayant ce double avantage de réveiller des arômes et de faire fondre une deuxième fois le chocolat qui se faufile entre les morceaux de fruits également fondus et la pâte émiettée toute heureuse de ces noces diaboliques et caloriques.
Dans son assiette, le crumble n’est pas à son avantage, un peu avachi, pas vraiment discipliné et c’est égal car en bouche il percute et sème le bonheur ou qu’il se promène dans le palais. La portion est généreuse et c’est heureux que j’ai dans la poche de ma veste un recueil de nouvelles de Catulle Mendès pour m’accompagner dans cette dégustation que j’étire jusqu’à la dernière miette.
La Jacobine
Cour du Commerce Saint André
75006 Paris
Tel: 01 46 34 15 95