Chroniques gustatives.
Une colline saturées de théiers en appelait une autre, je n'étais pas plus tôt parvenu à un virage que j'en débouchais pour m'en aller voir, pour découvrir la surprise tapie de l'autre côté, qui n'attend plus que des yeux pour être contemplée, un cœur pour être aimée. On se croirait aspiré par un appel d'air, poussé par des mains invisibles toujours plus loin, toujours plus en avant vers ce vert puissant, hypnotique, au point que les collines finissent par se superposer les unes aux autres et se confondre.
Chacune, pourtant, possède sa singularité, en lisière de la jungle, clairsemée d'arbres hauts et maigres, aux flancs gracieux ou secs. Cette plantation dont je ne voyais jamais la fin s'étire à l'infini loin des bruissements de la ville, loin du chaos de la civilisation et c'était comme le bout de ce monde, mais peuplée de créatures vaillantes, toujours souriantes, la tête cerclée d'un gros sac épais et sans doute plus familières des papillons, des écureuils et des grands singes qui se balancent de branche en branche dans un fracas du diable - que des visiteurs.