Première enseigne européenne de la branche Nichigekka Ginza du groupe Ramla, Oto-Oto fait partie de ces
restaurants sur lesquels il est difficile de porter un avis tranché et qui peuvent autant laisser un goût amer que combler.
Reconnaissons lui néanmoins le mérite de générer des réactions, de ravir comme de déconcerter.
La seule lecture de la carte témoigne de ce parti pris qui n'est pas toujours des plus heureux. On y voit son chef Yatawaga (second couteau de Bruneau à Bruxelles et de Bernard Loiseau à Saulieu)
hésiter entre une cuisine reproduisant les classiques fondamentaux de la cuisine japonaise (katsudon, omburi, tempura) tout en s'engouffrant dans les brèches d'une cuisine plus sophistiquée
(assortiment de petits plats variés et dits «créatifs», somme toute assez stériles, dépourvus de vision d'ensemble et dénués
d'intention).
Aussi surprenant que cela puisse paraître, la maison s'accommode plutôt bien de ce manque d'ambition et de
vision d'ensemble, à l'image de son menu Zen de Daimo (28 €), soit 7 petits plats précédés d'une salade aux écrivisses et épaulés d'une soupe miso et d'un riz
blanc. Pâté d'aubergine, lamelles de foie gras, croustillant de porc, saumon grillé mariné, tempura... rien de bien surprenant dans cette composition, rien de fulgurant, seulement cette dernière
parvient paradoxalement et sans l'ombre d'un effort à tirer lemeilleur parti de cette étonnante absence de propos et de prise de
risque. On n'y trouve rien de honteux, çà s'avère au final assez plaisant mais on ne déborde pas de joie pour autant.
En appui, le sencha Jugetsudo, facturé sans complexe 5,5 euros et comble de la mesquinerie, proposé en sachet individuel.
On notera que sue le même model, le menu du soir "Oto de Rencontre", culmine à 39 euros et que les formules changent tous les mois.