Chroniques gustatives.
Quoi de mieux pour célébrer ses retrouvailles avec la capitale, pour se la réapproprier et la respirer à pleins poumons après trois longs mois d'absence, que de déjeuner au Minipalais, un jour de grand soleil et de presque chaleur, sous le regard attentif du pont Alexandre III, celui plus discret du triple étoilé Eric Fréchon, conseiller et caution morale du restaurant, du chef Stéphane d'Aboville, qui interprête in situ les intentions du maître et de la paire Gilles & Boissier pour la déco grandiose qui semble hésiter entre loft massif, atelier d'artiste et refectoire chic.
La carte est gentiment bistrotière, bien dans ses assises (ris de veau, cochon grillé, risotto,
cabillaud nacré), un brin canaille (sardinillas à partager, encornets Pilpil, jambon ibérique, planche de charcuterie), un brin délurée (burger de magret et foie gras de canard, fish and chips),
voir un poil dragueuse (beurre Bordier, charcuterie Yves Camdeborde, pain au levain Frédéric Lalos, poissons de petit bateau Raffin à Saint-Gilles Croix de Vie, issus de la pêche
raisonnée.)
Ce jour là, le repas commence invariablement avec la petite attention du chef, une gougère plutôt délicieuse rehaussée d’une pincée de gros sel qui lui délie la langue.
Un pied encore dans le voyage, l’autre mal assuré à Paris, je me sens intimidé par
les propositions, hésitant longuement, moyennement emballé par les intitulés, qui s’explique par cette tristesse lancinante propre au retour de voyage dont je porte encore le deuil. Aussi, mon
choix finit-il par se porter sur l’excellent merlan frit, sauce tartare, chips persillées qui n’est autre que le Fish and Chips anglo saxon (19 euros), une façon pour moi de passer la tête hors
de l’hexagone, de reprendre mon souffle.
On notera au passage la texture divine, la couleur impeccable du merlan et l’épaisseur juste parfaite de la panure. En revanche, bien que généreusement persillées, les chips étaient trop grasses à mon goût, ce dont je me suis remis.
En dessert, une première pour moi: le Sabayon chocolat aux noisettes, glace vanille, sauce caramel
épicé (9 euros) dont en revanche je ne me suis toujours pas remis et qui est presque un tournant dans mon existence.
En somme, je ne pouvais pas espérer de plus belles retrouvailles avec la capitale. Le rendez-vous
est déjà pris dans les semaines à venir, cette fois-ci en terrasse.
Minipalais
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
01 42 56 42 42