Chroniques gustatives.
Mrauk-U (prononcer miaou !), en plus de posséder un site
archéologique exceptionnel (ce n’est pas à tort qu’on la surnomme la petite Bagan) ainsi qu’une campagne luxuriante piquée ci et là de petites collines au sommet desquelles domine quelque
stupa, vit chaque matin au rythme de son marché.
On y trouve nombres de légumes extravagants aux formes plus baroques les unes que les autres parmi lesquels ces navets qui se dégustent en soupe et que je trouve à se damner avec leur petit goût sucré, ou encore ces minuscules pommes de terres douces et fondantes semblables à des billes, qui sont sautées dans un filet d’huile et agrémentent les curry.
Ce matin là, après avoir visité le marché, j’accomplissais à pied un tour complet du site et longeais champs cultivés, lacs et villages qui étaient de jolies poches colorées. Parti tôt, je croisais des femmes chargées de fruits et de légumes qui se rendaient au marché, souvent accompagnées d’un ou plusieurs enfants. Malgré que leurs épaules pliaient sous le poids des marchandises, un sourire ne quittait jamais leur visage et c’étaient profusion de mots aimables.
Au retour, ce furent cette fois hommes et femmes qui rentraient du marché, le
panier vide ou à demi plein, la mine satisfaite et toujours ces sourires accrochés à leurs lèvres. Ce même jour, Catalina eut ces mots qui résumaient exactement mon sentiment à l’égards des
Birmans: «la Birmanie est un pays pauvre mais son peuple est riche.»