Chroniques gustatives.
Pied au plancher, une fois quitté Amman on ne profite pas longuement de la route du désert et de son désert rocailleux; tout au plus 2h30, la dernière demi heure se faisant sur une petite route se hissant péniblement à travers la montagne avant de plonger vers Pétra.
L'ambiance à Pétra est à la fête, comme partout ailleurs dans le monde musulman. Nous sommes à la veille de l'Aïd, la fête du mouton, lequel fait l'objet de sévères et interminables marchandages. Négocié autour de 200 euros sur un marché aux bestiaux improvisé en plein cœur de la ville, l'acquéreur traîne l'animal jusqu'à son pick up sur la plate forme duquel il le hisse avec la meilleure volonté du monde pour ce qui sera son ultime voyage.
A quelques centaines de mètres de là, devant l'éxcellente pâtisserie Al Janoub, cet attroupement animé d'où fusent la bonne humeur et les rires sonores, témoigne une nouvelle fois de l'ambiance de fête qui règne dans la ville.
Pâtisserie incontournable des jours de fête, l'atayef, petite crêpe (version miniature du baghrir marocain, dite aussi «la crêpe aux milles trous») est l'objet de toutes les attentions.
La preuve, pas moins d'une dizaines d'hommes sont venus prêter main forte et se repartissent les tâches, la
plus cocasse consistant à éventer les petites crêpes de manière à les refroidir pour qu'elles ne collent pas une fois empilées les unes sur les autres.
Un vrai travail d'équipe et beaucoup d'efforts concertés pour cette spécialité qu'on apprécie en famille, surtout au petit déjeuner avec une touche de miel et un soupçon de zeste d'orange ou bien à la libanaise avec de la crème de lait et des pistaches concassées.
Fête ou non, le mahmoul (petit gâteau fourré aux dattes mais qu'on trouve également aux noix ou aux pistaches) se déguste toute l'année. J'en suis également très friand. Pratique à glisser dans son sac, c'est le compagnon idéal pour les longues heures de marches à venir à travers les canyons de Pétra dont se profile au loin les falaises arrondies comparables à des gâteaux à la crème de marrons mais aussi rondes et veloutées comme des seins, c'est selon.
Mais encore faut-il éviter ce petit café qui est déjà mon favori... où il est trop tentant de s’asseoir à une table pour y entamer son trésor en accompagnement d'un thé sucré...