Chroniques gustatives.
Au Gyoza Bar, l'inévitable formule de bienvenue qui fuse des quatre coins du restaurant sitôt qu'on en franchit le seuil s’enchaîne invariablement sur une question lapidaire qu'une serveuse vêtue sobrement de noir ou de gris anthracite s'empresse de nous poser sitôt qu'on s'est installé à l'une des douze places que compte le comptoir en bois clair encadrant la cuisine ouverte. «En souhaitez-vous 8 ou 12?», nous interroge-t-elle, sans que soit nécessaire de nommer le ravioli japonais farci ici de poitrine de porc de Dorgogne de chez Hugo Desnoyer, de chou signé Joël Thiébault, de ciboule, d'une pincée de piment, grillé d'un seul côté (pour le croustillant) puis terminé à la vapeur (pour le moelleux) avant d’être extrait fumant d'une sorte de gaufrier large et noir. Bref, un gyoza, mais un gyoza de haute couture exclusif qui a le privilège à lui seul de truster la carte de cette annexe du double étoilé Passage 53 qui est la plus courte qu'on connaisse.
Soit un imparable ravioli doté d'une farce d'une incroyable légèreté, d'une finesse renversante, lequel trempé dans une rafraîchissante sauce soja/pamplemousse/citron nous fait fondre de bonheur.
On l'aura compris, la carte est aussi minimaliste que le lieu est sobre et épuré (ardoise et bois clair, le raffinement japonais dans toute sa splendeur).
Autre bonne nouvelle, il est interdit de s'y ruiner: 6 € les 8, 8 € les 12, toujours servis avec une petite salade de pousse de soja mariné. Autrement dit, avec 12 raviolis, un bol de riz japonais bien rond, collant et brillant comme on l'aime et une boisson, on s'en tire pour 12,50 €. De quoi ne pas s'étonner de l'ampleur de la queue qui se forme dans le passage des Panoramas dès 12h10.
Gyoza Bar
56 passage des Panoramas
75002 Paris
www.gyozabar.com