Chroniques gustatives.
Un matin, on écarte les rideaux pour estimer cette pluie épaisse et grasse qui s’abat sur la ville en longs traits précis et réguliers. On dirait toute la colère accumulée du ciel, une poche qui viendrait de se rompre. Les montagnes sont entourées de grisaille, Kyoto s’est assombrie et le brouillard semble maintenant s’approcher pour s’en emparer. On ne rêve plus que de se mettre à l’abri dans cette longue galerie courant sur 400 mètres ou se tient chaque jour de la semaine le très populaire marché Nishiki.
C’est ici, sur un bout de comptoir qu’en fin de matinée on se régale de coquilles Saint-Jacques d’Hokkaido cuites au grill. De l’ouverture de la coquille à sa cuisson, on observe attentivement le protocole, impressionné par le volume de l‘objet, celui de sa chair comme celle des huitres.
On vide un carafon de sake, on poursuit au vin blanc et dans la foulée on ne refuse pas le sashimi de thon. Il est à peine 10h00 et on a oublié jusqu‘à la pluie. Les journées ne devraient pas commencer autrement.