Chroniques gustatives.
Des fleurs, les rues de Saigon n'en manquent pas chaque veille de Têt, le nouvel an vietnamien largement relaté sur ce blog l'an dernier.
A croire que la ville entière s'est transformée en corbeille à fleurs.
Rien de plus agréable les jours de grande chaleur que de se désaltérer avec un jus de citron vert qu'on a laissé confire dans une jarre plusieurs mois. En plus d'être très rafraîchissant et de faire un bien fou, on récupère au passage une dose non négligeable de sel évacuée à force de transpirer. A la maison, un verre de nuoc chan muôi (littéralement eau/citron/sel) bien glacé vous est souvent offert comme par magie au moment ou vous y attendiez le moins et ou en réalité vous en aviez le plus besoin. Alors, en plus de vous faire un bien fou vous réalisez que rien d'autre ne vous aurez fait plus plaisir.
Rien de plus enfantin pour se régaler d'un jus glacé de citron vert. On se procurera 1kg de citrons verts qu'on fera blanchir dans une casserole pendant 15 minutes et qu'on retirera du feu pour laisser refroidir. On prendra soin de bien les essuyer avant de les plonger au fond d'une jarre remplie d'eau avec 250 g de sel. On patientera 3/4 mois avant de les consommer, temps durant lequel on aura tout loisir d'observer le vert de la peau du citron jaunir progressivement.
Pour préparer la boisson on écrasera dans un premier temps le contenu d'une jarre entière de citrons vert confit qu'on conservera au frais. Le moment voulu, il ne reste plus qu'à prélever une cuillère à café de cette pâte de citron vert, la verser au fond d'un verre, ajouter une cuillère de sucre, un filet de jus d'un citron frais, beaucoup de glace et remuer vivement avant de servir.
Tout le contraire d'une boisson désaltérante mais qu'on apprécie le soir avant de se coucher comme ailleurs une tasse de thé ou un chocolat chaud, le lait de soja remporte tous les suffrages au point qu'on ne s'embarrasse plus d'aller l'acheter dans le quartier, préférant le préparer nous-même. L'idéal est de mettre les graines de soja à tremper dans l'eau la veille. Le moment choisi on les égouttera avant de les transférer dans un récipient auquel on ajoute autant d'eau que de graines, sinon plus. Il ne reste plus qu'à verser le tout dans un sac filtrant et presser le contenu pour en extraire le jus au dessus d'une casserole (exactement comme pour le lait de coco). On cuit à feu vif sans cesser de remuer (très important) de façon à ce que le soja ne tombe pas dans le fond et brûle.
Petite touche personnelle, on aime glisser dans la casserole des feuilles fraîches de pandan qui vont parfumer et donner au lait de soja cette jolie couleur vert olive. Une fois porté à ébullition on coupe le feu et on laisse reposer 10 minutes avant de renouveler une seconde fois l'opération. Au frigidaire on conservera le lait de soja 2 à 3 jours maximum.
On l'accompagnera à l'occasion de petits gâteaux aux raisins préparés avec les enfants. On notera derrière les verres une amarante qu'on appelle au Vietnam duôi chôn, (queue de renard).