Chroniques gustatives.
Il est comment, le cheeseburger de Charivari (12,50 euros), ce bistrot gentiment retro installé il y a quelques mois en lieu et place de l’odieux Oh, Poivrier? Ni bon ni mauvais, pire que ça: sans intérêt.
Ce n’est pas faute de nous en jeter plein la vue avec cette composition haut perchée , coiffée d’un demi cornichon au meilleur de sa forme et achalandée de pommes de terre sautées plutôt aguicheuses. Seulement, à y regarder de plus prêt, on réalise que si la viande hachée et les buns se défendent pas trop mal, ce cheeseburger n’a rien d’autre dans le buffet qu’une tranche de tomate en calamiteux état et de vagues rondelles d’échalotes surnageant dans une sauce mayonnaise/Ketchup désopilante, celle là même qui fait le bonheur des amateurs de la chaine de restauration Quick, qu’on a jamais détesté chez l’intéressé mais qui pose un réel problème dans ce type de bistrot.
C’est gras, trop sucré, vaguement écœurant, très loin de nos attentes - de quoi frôler le psychodrame. On pique une pomme de terres, espérant trouvé un peu de soutien, une bouée à laquelle se raccrocher et c’est une nouvelle déconvenue: pas assez cuite, nullement relevée à l’ail, sans l’ombre d’une saveur.
Autour de nous, on voit arriver atterrir sur les tables plats du jour, tomates mozzarella, salades thaï et poulet, filets de merlan et après un bref coup d’œil dans l’assiette, on se dit que franchement ça ne vole pas haut, que nostalgie (on se fend d’une carte à l’ancienne avec encarts désuets) ne rime pas forcément avec gastronomie, n’en serait-ce que l’ombre.
Charivari
143 bd Raspail
75006 Paris
Tel: 01 46 33 82 02