Chroniques gustatives.
Il fallait au moins ça, un passage aux Agapes de Frédéric Naulleau pour chasser les mauvaises expériences cubaines, tenter d'oublier ces catastrophes gastronomiques à répétition. Pour ce type de reconstruction (un chantier plus ou moins conséquent selon la durée du séjour !), Agapes est le restaurant qu'il faut - à la fois pansement et cataplasme, il vous remet sur pieds en un rien de temps.
Rien de mieux qu'une cuisse de lièvre cuisinée à la royale, pressée au foie gras et au lard (l'intitulé est à lui seul une bouffée d'oxygène) pour renouer avec l'appétit et retrouver le le goût de la vie. A la façon d'une compression de César, cette tranche est un condensé d'automne, une pièce unique presque prise entre les feux d'un nombre impressionnant de saveurs ou chaque produit joue sa partition avec brio.
Avec le pigeonneau en pastilla garni de fruits secs et sa cuisse confite au foie gras, on renoue définitivement avec une cuisine sensible, minutieuse et intelligente et le sourire se réinstalle durablement sur notre visage. On se sent de retour chez soi comme après un exil qui aurait duré trop longtemps. C'est fin en bouche, ça caresse le palais, ça le ré enchante.
La cuisse de pigeonneau est un modèle de cuisson, la pastilla un chef d’œuvre d'équilibre. Une belle démonstration. Un retour à la vie.
Agapes
14 bis rue Poliveau
75005 Paris
www.restaurant-agapes.com