Chroniques gustatives.
Il n'y a aucune raison de détester Ko Bulon. Premièrement parce que cette petite île du parc maritime de Mu Ko Phetra située dans la mer d'Andaman à une petite quinzaine de kilomètres au nord de Tarutao, également toute proche de la frontière malaisienne, est l'un des derniers paradis de l'archipel sud thaïlandais à être épargné par le tourisme de masse, avec à la clef, une mer azurée, un sable fin de contes de fée, des coraux inspirés, et une pléthore d'espèces animales (du singe au varan, en passant par le serpent - amateur de sorties nocturnes -, ou les flying ducks - ces énormes chauves souris qui vous donnent des frissons lorsque vous les surprenez à tournoyer au dessus de votre tête.
Deuxièmement, cette île minuscule abrite une forêt luxuriante qui compte une plantation d’hévéas - l'un des secrets les mieux gardés de l'île. Le spectacle n'est pas désagréable à voir. D'une saignée réalisée sur le tronc s'écoule pendant quelques heures dans une demi noix de coco séchée fixée à l'arbre cette résine à l'aspect laiteux - du latex - qui sera transformé en caoutchouc.
Troisièmement, pour peu qu'à la nuit tombée on s'éloigne de la plage pour s'enfoncer dans le cœur de l'île (lampe torche indispensable), on débouchera bien sur un petit restaurant de poissons planqué au cœur d'un hameau au parfum de bout du monde ou on se fera grillé sans insister un baby tuna à la chair préalablement badigeonnée d'une marinade à base gingembre, de citron vert, de piments. Un plaisir simple comme on les aime.