Chroniques gustatives.
Seulement 8 Km séparent Ha Tien du poste frontière avec le Cambodge. On s'attend à la grande effervescence et on trouve la ville endormie, comme plongée dans ses rêves. Ca Mau avec rues en perpétuelle ébullition semble loin, tout comme cette dernière soupe, la bun ca - nouilles de vermicelles, crevettes, poisson blanc et bouillon léger poivrée - avalée en matinée dans la lumière rasante qui vient lécher les pieds sur lesquels les moustiques particulièrement voraces dans cette région se sont acharnés.
A l'image des piments en train de sécher sur la promenade, Ha Tien semble coulée dans le sommeil.
Où que le regard se porte,
la ville semble toucher à sa fin, autrement dit à son éternité, que sont au loin ces petites îles.
Le marché n'est plus que l'ombre de lui-même, lequel donne l'impression d'expirer son dernier souffle.
Rares sont les vendeuses éveillées. La plupart sont allongées sur leur natte, assoupies voir profondément endormie. On retient son souffle pour que ce soir la vie reprenne ses droits mais rien ne change et à son grand étonnement on commence à prendre goût à ce faux rythme.
Soudain, le temps d'une éclaircie en pleine nuit, la vie redécolle en compagnie de Katerina avec des clams sautées à l'ail, sauce soja, tamarin, piments et herbes comme venues d'un autre monde. La vie peut continuer, meilleure qu'elle était avant de s'attabler.