Chroniques gustatives.
Laissons derrière nous la capitale et ses rues propres et lisses qui luisent au soleil. Echappons-nous une journée à Moissy-Cramayel, direction le temple de Thammapathip, à l’occasion du nouvel an et de la fête de l’eau. Un petit château, un grand parc fleuri, des bouddhas blancs comme neige, des gens par milliers - on dirait toute la diaspora thaïlandaise qui aurait migré dans ce petit coin de verdure, de paradis.
Une grande scène, une serre fleurie ou échanger des baisers, un ring pour donner des coups mais en douceur, une dizaine de stands de plats cuisinés chacun précédés d’une queue qui nous parait interminable, une foule disciplinée assise à califourchon sur sa natte, tirant du sac des petits plats du pays préparés à la maison - des sons, des odeurs, des couleurs, partout des sourires, un bien être qui s’étire d’un bout à l’autre du parc. Autant de scènes qui existent en nous comme des souvenirs lointains.
La Thaïlande encore si proche, comme une belle image colorée dans le paysage. Le temps maintenant
ralenti a changé de rythme, perdu toute signification: on jurerait qu’il va bientôt s’arrêter.
C’est une sensation de déjà vu, un profond bien être qui semble antérieur à nos souvenirs.
On se sent léger, on se dirait flotter et c’est le moment qu’on prend son bras chauffé de soleil pour s’assurer que tout cela n’est pas le produit de notre imagination parce que notre corps soudainement est comme libéré de tout ce qui y était enfermé.
«Oui, j’aimerais savoir à quoi ressemblera le monde quand je ne serai plus», dit-elle plus tard d’une voix très douce devant une tombe. «Je crois que si je disparais, ce monde disparaitra aussi, d’un seul coup. Le monde n’est qu’une illusion de mon esprit. Toi aussi, tu n’es finalement qu’une illusion que j’ai crée.» Ses mots valent des baisers.
Wat Thammapathip
Moissy-Cramayel
Site: watthaiparis.org