750 grammes
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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 10:14

(P 1)

A défaut d’explorer comme prévu les îles du sud de l'archipel des Philippines, lesquelles sont noyées sous les averses jusqu'à date indéterminée, il est plus sage de se rabattre sur l'île vietnamienne de Phu Quoc, située au large du golf de Thaïlande et distante de la frontière cambodgienne de seulement 15 kilomètres.

(P 2)

Si ses eaux n'ont pas le cristallin des îles de la pointe nord de Palawan ni ses plages le blanc poudreux du sable de la petite île de Malapascua, celle de Phu Quoc offre l'avantage d'être située à seulement 50 minutes d'avion de Saigon, ce qui s'avère plutôt pratique pour qui souhaite aller taquiner le poisson et explorer les fonds le temps d'un week end.

P 3

P 13

Du poisson, justement, le spectaculaire marché de Duong Dong n'en manque pas. Plutôt que de s'aventurer dans la halle sombre et poisseuse qui longe le petit port de pêche où sont amarrés les embarcations qui ont déchargé dans la matinée leurs prises, autant se laisser engloutir par cette foule ahurissante de piétons et de motos roulant au pas, qui se déverse inlassablement chaque matin dans cette voie terreuse des deux côtés de laquelle se succèdent les marchands accroupis à quelques centimètres du sol, exposant sur des caisses en polystyrène, dans des paniers, des bassines, couché sur une pièce de tissu tout ce que la mer à bien voulu offrir.

P 6

On se penche vers ces marchandises comme on se rapprocherait pour regarder de plus près un tableau, le détail d'une photographie. On s'incline et peut-être même qu'on se prosterne devant de tels trésors.

Les-pendus.JPG

Comme c'est le matin, il est toujours heureux dans un marché d'avoir à portée de baguettes de très nombreuses options pour avaler un petit déjeuner quelque part à l'abri de cette chaleur qui commence à lancer ses premiers coups de griffe.

P 7

Deux matins de suite je petit déjeune derrière le marché, dans une halle semi déserte, le premier matin de vermicelles de riz à rouler dans une feuille de salade avec du porc grillé, des cacahuètes concassées et des concombres à tremper dans une sauce pimentée; le second d'une soupe de porc au bouillon très parfumée. Une excellente manière de débuter la journée.

P 1

 

 

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 12:25

(Bi 1)

Rien d'étonnant à ce que depuis le temps Ngo et ses amis fréquentent les meilleures adresses de Saigon comme Khoai qui est en passe ces temps-ci de devenir leur quartier général. Spécialisé dans la cuisine de Nha Trang, chez Khoai on s'y régale aussi bien des fameuses banh can, ces succulentes petites crêpes de farine de riz cuites dans des minuscules moules en terre cuites et garnies de lard, d'œufs de poule et d’échalotes; que de plats plus déroutant comme la salade de méduse, les yeux grillés de poisson, les escargots de mer cuits à l'étouffée dans une feuille de bananier ou la soupe de vermicelles au poisson grillé et à la méduse, le bun cha dont le savoureux bouillon est élaboré à partir de poisson bouilli et d’arêtes de maquereau.

Bi 11

Bi 10

Lors de mon séjour à Nha Trang j'étais alors passé à côté de ces réjouissances dont cette soirée entre amis m'offrit une inespérée séance de rattrapage.

Bi 2

Chacun et chacune m'ayant promis pour cette première visite chez Khoai de faire l'impasse sur les plats les plus intrigant, on commença en douceur avec le quan nem ninh hoa, du porc grillé aux herbes à rouler dans une feuille de papier de riz (qu'on humidifie avec un petit vaporisateur) avec des légumes et des feuilles de papier de riz frites qui croustillent irrésistiblement.

Bi 3

Une fois le rouleau trempé dans une sauce aux cacahuètes très légère et raisonnablement épicée, on lâche de concert de grands râles de plaisir.

Bi 4

C'était ensuite de succulentes boulettes de porc haché braisées dont la liste des ingrédients (champignons, nouilles translucides, poudre de curry jaune, piment frais, herbes) donne une petite idée du plaisir en bouche. Ingénieusement fiché dans un bâtonnet de citronnelle, on se saisit sans difficulté de la boulette qu'on trempe avec délectation dans la sauce épicée.

Bi 5

Ce poisson, le leather jacket fish, ne trouverait pas grâce sur les étals de nos poissonniers. Et pour cause, dans le genre repoussant et déconcertant avec ses dents acérées, sa peau qui rappelle la texture du cuir et qui me fait également penser à de la peau de serpent, on ne fait pas plus laid, quoique on trouve sans difficulté sur les marchés vietnamiens encore plus hideux (le poisson à la tête de serpent est pas mal dans son genre).

Bi 7

Une fois passé ce léger trouble, il s'avère que sa chair qui offre une bonne résistance en bouche est délicieuse. Quand à la fameuse peau de cuir du poisson, très maigre, délicatement découpée, légèrement roulée et grillée, elle craque avec bonheur sous la dent et dégage des arômes de braise.

Bi 6

Mon enthousiasme se tempère avec les escargots de mer sautés avec de la citronnelle émincée, de l'ail, des oignons et de la poudre de curry jaune; n'étant pas vraiment friand de ce fruit de mer et la texture caoutchouteuse de la citronnelle me déroutant sacrément.

Bi 9

Avec la salade de harengs à la sauce de poisson, ses filets dressés autour de l'assiette ou bien incorporés à la salade débordant de bonnes choses, c'est une autre histoire, qui se termine en bouquet final et me plonge dans une extase durable plus que passagère.

Bi 8

Après, comment quitter ce restaurant sinon vacillent, les sens en émoi et chaviré après une telle expérience. La magie des nuits de Saigon c'est probablement aussi cela.

 

Khoai

3A Lê Quy Dôn

Phuong 6, Quân 3

www.khoairestaurant.com.vn 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 08:09

-Cha-6--copie-1.JPG

Quand les filles décident de mettre la main à la pâte elles ne font pas les choses à moitié. L'idée est partie de rien, lancée comme ça la veille, entre une mangue et un dragon fruit, le thanh long, hérissé de feuilles rouges aux pointes vertes dont la chair blanche relativement fade contient de nombreux grains comestibles. Immédiatement, Mi, à droite, annonça qu'elle s'occuperait du sucré et Trùc, à gauche, confirma qu'elle se chargerait bien du salé. L'affaire était entendue et je pouvais sans risque me réjouir du festin à venir car lorsqu'elles décident de se lancer dans la cuisine (hélas trop rarement), les talents concertés de ces demoiselles accouchent de petits miracles.

Cha 1

Adorable qu'elle est et toujours soucieuse de me faire plaisir, Trùc s'est mise ce jour là de cuisiner quelque spécialité susceptible de me rappeler la France (à laquelle je pense très rarement) et plus précisément la Provence sur laquelle, à l'image de beaucoup de jeunes filles, elle fantasme sévèrement.

Cha 2Afin de réaliser ces ca chua nhoi kieu, la belle Trùc commence par faire mariner les tronçons de poisson dans un peu d'huile, du poivre, de l'ail et un filet de citron vert. Ensuite, elle ramasse ses cheveux dans la nuque, les attache avec un chouchou et entreprend de remplir les petites tomates évidées avec la farce de ce même poisson mélangé avec du porc, des oignons, du poivre noir entier du delta, du sel, une pincée de Knorr, encore de l'ail et des fines herbes. Naturellement, je lui fais remarquer la similitude avec nos petits farcis niçois, ce qui l'enchante et lui fais venir un de ces jolis sourires dont elle a le secret.

Cha 3

Trùc renouvelle l'opération cette fois-ci non plus avec des tomates mais avec du tofu frit à la croûte bien jaune ouvert et fourré avec la farce. Il ne reste alors plus qu'à passer tomates et tofu à la poêle en faisant pleuvoir un peu de ciboulette.

Cha 5

Ce qui reste de pâte on l'étale grossièrement en recherchant une bonne épaisseur. On peut y ajouter des champignons déshydratés et on fait frire. Avant de servir on coupe des tranches relativement fines avec des gros ciseaux, bien plus pratique pour manger avec les baguettes.

Cha 4

De son côté, Mi n'est pas à la traîne, qui y va d'un dessert peu créatif, pas franchement renversant mais qui fait l'unanimité chez les petits. D'ailleurs la recette du banh mi cay (banh mi, pain, cay, collant, tout est dit) est simple comme bonjour. On commence par jeter au fond d'un saladier 2 œufs entiers, 200 grammes de farine de tapioca, 5-6 bonnes cuillères à soupe de sucre, une pointe de sel et on mélange jusqu'à ce que la pâte devienne brillante, durcisse et devienne impossible à mélanger plus longtemps. La pâte est prête à emploi une fois que saisi un morceau dans la main, celui est bien dur et ne colle pas. Il ne reste plus qu'à rouler une petite boulette dans la paume de la main et à la détendre légèrement, simplement en la saisissant du bout des doigts et en la maintenant au dessus du vide.

Cha 7

Ensuite on plonge le morceau de pâte dans de l'huile qui chauffe à feu doux et on laisse cuir en retournant bien avec les baguettes. Trempés dans de la confiture, du miel ou encore du Nutella, les enfants (mais pas uniquement) raffolent de ces mini pains dont la texture est élastique et déroutante.

 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 18:04

Ben 1

La petite Alice dont les cheveux n'ont prodigieusement pas encore poussé depuis sa naissance il y a exactement 23 mois (!) n'a pas encore l'âge de cuisiner mais elle saura bien assez tôt préparer le cha dum, une grosse boulette de viande réalisée traditionnellement à l'occasion des repas de famille.

Ben 2

Cette spécialité (l'une de mes préférées) exige d'abord qu'on hache le foie de porc et le bœuf, puis qu'on y ajoute des champignons pézize déshydratés, des nouilles translucides tranchées, un peu moins d'un œuf par bol, l'indispensable poudre Knorr, une cuillère à café de sucre, du sel et des grains entiers de poivre noir. On mélange bien et on verse la mixture dans un bol dont le fond aura été préalablement recouvert d'un film plastique. On badigeonne de jaune d’œuf et il ne reste plus qu'à cuire à la vapeur pendant 45 minutes.

Ben 3

Accompagné bien entendu de riz, de soupe de choux fleur et brocoli mais aussi de chips de crevettes maisons, c'est un régal.

-Ben-5--copie-1.JPGSans parler de l'ail et les oignons au vinaigre mis en pot à la ferme du delta du Mékong à Ben Tre qui s'engloutissent ici par kilos entiers.

Ben 9

Ben 10

Ben 6

En dessert, un fruit surprenant dont j'avais oublié jusqu'à l'existence: le vu sua (vu signifiant sein et sua lait).

(Ben 7)

On n'imagine pas de nom plus approprié à ce fruit dont les meilleurs poussent dans le delta, précisément à Can Tho.

Ben 8

Ce fruit à la peau lisse et ronde rappelle effectivement avec sa chair laiteuse et son jus délicatement parfumé le sein et son lait maternel.

 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 07:20

Têt 4

C'était donc hier le nouvel an lunaire, le Têt tant attendu, cette fête familiale ou se réunit tout ce que l'on compte de parents et également d'amis pour célébrer la nouvelle année et rendre hommage aux ancêtres.

Têt 2

Moment bien fameux avec son ballet des petites enveloppes rouges contenant de l'argent, les papiers votifs qui partent en fumée aux quatre coin de la ville et les pétards éclatant à chaque coin de rue pour chasser les mauvais esprits.

((Pain 1))

Le matin on a enfilé ses plus beaux habits, on s'est rendu au temple et à peine rentré les choses sérieuses ont commencé, comme d’extraire de leur gaine végétale les fameux banh têt.

 Pain 2

On s'y est pris quelques jours avant le nouvel an lunaire pour préparer ces spécialités traditionnelles qui symbolisent le ciel et la fécondité.

Pain 3

Composées de riz gluant teinté de plusieurs couleurs après avoir pressé le jus des fruits, de poitrine de porc et de haricots mungo (soja), elle ont été emballées dans des feuilles de dong ou de bananier.

Pain 4

Respectant la tradition des anciens on a fait cuir les banh têt pendant au moins 12 heures dans un vieux baril, procédé qui a tendance à se perdre, les autorités du quartier voyant d'un mauvais œil la fumée noir et âcre envahir le quartier.

((Pain 6))

Mais certaines traditions ont la dent dure et ici un petit billet peut désamorcer bien des situations tendues.

((Pain 7))

La maison est pleine à craquer, à tel point que la cuisine, la salle à manger et la terrasse suffisent à peine à accueillir tout ce beau monde.

Têt 10

Sur la table, il n'y a pas que des bonnes choses sur la table, il y en a d'aussi excellentes.

Têt 5

En plus des oignons blancs au vinaigre, de légumes en saumure dua mon et de mortadelle vietnamienne qui accompagnent traditionnellement les banh têt, on a vu fleurir sur la table de succulents rouleaux de printemps fourrés au tofu frit, des grands et des moins grands qui seront débités en petites portions.

Têt 6

Salade de nouilles froides, patates douces frites, soupe de citrouille à la noix de coco, saucisse de crevettes et dessert coloré naturellement à base d'agar agar sont quelques uns des plats préparés spécialement pour l'occasion qu'on trouvait sur la table.

Têt 7

Têt 8

Le rituel veut qu'après le repas on se rende chez les voisins jouer un peu d'argent au bingo, parties toujours très animées et pleines de fous rires.

Têt 9

 

 

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 18:00

Kho-10.JPG

Le kho qua, aucune famille n'y coupe. Cette spécialité qui consiste en une margose fourrée au porc ou au poisson signifiant littéralement ''faire disparaître la douleur, le malheur, la tristesse'', est réalisée dans chaque foyer au tout début du Têt.

Kho 4

Pour les gourmands c'est l'occasion de prendre une bonne option pour l'année à venir tout en se régalant.

Kho 1

Pour ce faire il suffit d'évider la margose, de hacher le porc, d'y incorporer l'ail, l'oignon écrasés au pilon, des champignons émincés, une poignée de nouilles de riz déshydratées, du sel, du poivre, un peu de sucre et d'arroser d'un filet de citron vert.

Kho 2-copie-1

Pour finir, on l'immerge dans un bouillon classique et on laisse cuir à feu doux.

Kho 3

Pendant que ça travaille on termine le grand nettoyage de la maison, on astique les objets de culte des ancêtres, on finit de repeindre comme chaque année à la même date les murs et les grilles de la maison, on apporte une touche de vernis aux meubles pendant que certains membres de la famille s'en sont allés repeindre les tombes.

Kho 6-copie-1

L'autel des ancêtres est bien garni: mignonnettes d'alcool, biscuits, friandises, riz, sel, encens, fleurs fruits et deux énormes pastèques de 10 kilos chacune.

Kho 8

Et bientôt un poulet au curry dont était très friand le père de Ngo, décédé quelques années après avoir passé 10 ans enfermé dans un camp de rééducation après la guerre.

Kho 7Ce poulet de curry cuisiné avec de la patate douce et du taro et qu'on déguste avec des bun c'est l'invitation faite à l'esprit des morts, aux membres de la famille disparus qui vont séjourner dès à présent en notre compagnie durant trois jours avant d'être renvoyés dans l'au delà à l'issu d'un dernier repas préparé en leur honneur.

Kho 9

 

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 18:00

Fleurs 1

La mission du jour: s'approvisionner en fleurs en prévision des festivités et en garnir la maison jusqu'à la gueule.

Fleurs 9

La ville n'en manque pas, elle en est même littéralement inondée. Et de se dire que ces jours-ci Saigon doit probablement être la ville la plus fleurie du monde.

Fleurs 2

On veut tout acheter, on achète trop mais trop c'est encore pas assez. Nos bras ne suffisent pas et les motos non plus.

Fleurs 3

Rien de plus simple alors que de héler un cyclo qui se fera un plaisir de venir les livrer à domicile.

Fleurs 4

Mais avant cela, pour commencer la journée du bon pied, rien de tel qu'une simplissime soupe de coquillettes au jarret de porc.

Fleurs 6

Et rien de plus facile à cuisiner car il suffit de faire frire l'oignon haché dans une grande marmite, d'y ajouter le porc, lequel une fois qu'il a cuit peut être réservé. On incorpore immédiatement une grande quantité d'eau, du sel, du sucre, des herbes fraîches et l'inévitable poudre Knorr. Sur la deuxième plaque on fait frire les échalotes jusqu'à ce qu'elles soient bien dorées. On remet le porc dans la marmite, on y ajoute les échalotes et on laisse cuire une quinzaine de minutes en plongeant les nouilles qu'on aura cuites au tout début des opérations. On sert et on verse au dernier moment une cuillerée de poivre moulu, une autre de sauce de poisson mélangée à des piments frais. Et on déguste.

Fleurs 5

Dans le genre, le porc au caramel (thit kho) servi au déjeuner n'est pas sorcier non plus. Il faut d'abord s'équiper d'un bon caramel d'eau de coco. Celui qu'on utilise ici est préparé dans une grande cuve à la ferme du delta. Pour obtenir un bon caramel l'opération prend du temps car on fait bouillir l'eau pendant exactement 16 heures, laquelle va réduire, jaunir (moment clef ou l'on retire la cuve du feu et ou on filtre le liquide pour le débarrasser de ses impuretés) puis brunir et enfin caraméliser pour donner ce fameux nuoc mau (eau/couleur) qui rend fou de bonheur le palais. On sera moyennement étonné d'apprendre que 40 litres de jus de coco donnent 2 litres de caramel.

Fleurs 7

Ensuite, ce n'est pas le bout du monde. Soient des échalotes émincées, de l'ail écrasé au pilon, du sucre, du sel, de la poudre Knorr dont on frotte le porc jusqu'à ce qu'il en soit bien imbibé.

Fleurs 8

On fait ensuite dorer les deux faces du flanc de porc avec sa couenne bien épaisse (de manière à conserver toute la fermeté de la chair) puis on dépose les morceaux au fond d'une grande casserole et on fait mijoter à feu doux uniquement avec le nuoc mau et l'eau de coco et on prend bien soin de retirer l'écume au fur et à mesure.

Fleurs 8-copie-1

De quoi se réjouir, en guise de 4 heures fait son apparition le chuoi sao dua, l'une des mille sortes de banane au tapioca et au lait de coco.

Fleurs 10

Ici, les bananes cuites séparément du reste (à la différence d'autres recettes) sont jetées telles quelles dans l'eau bouillante pendant un bon quart d'heure avant d'être retirées puis débarrassées de la peau et enfin tranchées.

Fleurs 11

Ne reste plus qu'à ajouter les billes de tapioca qu'on a laissé prendre dans l'eau froide avant de les cuir dans le lait de coco. Évidemment, les enfants en rafollent. Surtout la petite Alice qu'on appelle aussi Dau Do (haricot rouge).

(Fleurs 12)

 

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 18:00

Marché 0

La grande affaire de la matinée, s'immerger dans le marché du quartier de Go Vap situé à même pas cinq minutes à pied de la maison.

Marché 3La Babylone de tout ce qui est comestible, fruits, légumes, tout possède deux pattes ou quatre, tout ce que l'on peut engloutir excepté les tables et les chaises, ce qui vole dans le ciel et ce qui flotte sur la mer, comme on dirait en Chine.

Marché 1

Approche du Têt oblige, on peut lire sur ces pastèques de droite à gauche bonheur, prospérité et longévité. On est forcement tenté d'acheter les trois.

Marche-12.JPGPour le bun bô puisque c'est bien de ce plat totémique dont il s'agit aujourd'hui, on commence par l'ail et les oignons qu'il s'agira d'émincer très fins et de faire frire avec la citronnelle.

Marché 4

Une fois que l'affaire commence à prendre (cette odeur divine qui embaume soudainement la pièce) on ajoute l'émincé de bœuf, une pincée de sel et l'incontournable cube Knorr.

Marché 6

Ayant épuisé hier soir le stock d'ail au vinaigre maison, on se rapprovisionne sans difficulté auprès d'un marchand spécialisé dans les légumes vinaigrés et en saumure. Une fois de retour à la maison on sectionnera l'ail en deux dans la longueur et on ajoutera dans un récipient deux variétés de carottes (orange et blanche), de l'eau et un soupçon de vinaigre blanc. En parallèle on commence de préparer la sauce qui va venir nourrir les bun, ces succulents vermicelle de riz blancs comme neige, en portant à ébullition de l'eau, du sucre auxquels on ajoute la sauce poisson. Enfin, dans une coupelle on verse le piment frais haché très fin.

Marché 5

Au moment de servir, on garni le fond du bol de germes de soja, d'une poignée de feuilles de salade et de menthe sectionnées au ciseau puis au moment de servir on se gardera d'oublier (comme ce fut notre cas) la jubilatoire cuillère de cacahuètes concassées et torréfiées dans la matinée. Ça paraît simple et exquis? Ça l'est.

Marché 9

A peine englouti le bol, on file retrouver Phong non loin de là, un ancien mannequin reconverti dans les affaires, heureux propriétaire de deux commerces plutôt florissants (une boutique de vêtements et ce café qui précise-t-il a lui seul rapporte la bagatelle de 100 dollars par jour).

Marché 7

Phong qui a déjà dans son collimateur d'autres investissements est surnommé par ses amis Tho (lapin) du fait de son extrême gentillesse et de sa grande douceur.

Marché 8

Le soir, c'est une spécialité propre au sud, très populaire dans le delta et familière des ménages, un de ces plats qui n'a pas la faveur des restaurants et donc relativement rare à l'extérieur. Ca muoi sa ot, autrement dit, mot à mot, poisson/sel/citronnelle/piment.

Marché 10

Très simple à réaliser, il suffit de faire mariner des morceaux de poisson préalablement incisés avec de la citronnelle, de l'oignon, de l'ail tous trois scrupuleusement hachés, d'ajouter du sel, du poivre, du piment et, ingrédient indispensable, de la poudre de curcuma.

Marché 11

On mélange, on laisse travailler une petite demi heure puis on poêle à feu très doux jusqu'à ce que l'extérieur soit bien croustillant; et sans modération on savoure.

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 18:00

N-1-copie-1.JPG

Ngo et Huyen. Le frère et la sœur. Le ciment de la famille. L'homme d'affaire et la cuisinière hors pair.

(N 3)

La maison n'a pas changé, excepté deux décédés, lesquels feront brièvement leur retour la veille du nouvel an pour une visite éclaire de 4 jours avant de retourner dans l'au delà.

N 8-copie-1

On se réjouit de leur venue prochaine. L'autel des morts au premier étage croule déjà sous les offrandes et les fleurs. Les vivants et les morts. Le cercle de la vie, comme dirait Ngo.

N 7

Derniers préparatifs avant la fête du Têt. On ne fait pas dans l’extravagance. On a déjà la tête ailleurs. On cuisine simple, léger et comme à d'habitude intégralement maison avant le grand plongeon, l'orgie superbe.

N 2

Une soupe d'igname (khoai mo) immédiatement reconnaissable à sa couleur violacée naturelle.

N 4

Une soupe hu tiu et son bouillon qui a cuit une petite heure, surveillé, goûté, sans cesse amélioré; plaisirs simples, joies immenses.

N 5-copie-1

Un avant dessert:des œufs au lait coulés dans la noix de coco qui ont cuit avec son jus. Un bonheur tout droit sorti d'un rêve.

N 6

Et la surprise de milieu de soirée, le fameux suong sa hat luu, tapioca, pâte de haricot, lait de coco maison (chaire râpée enroulée dans un chiffon trempé dans l'eau puis pressé au dessus d'un récipient), sucre, glace et agar agar qui ferait presque venir les larmes aux yeux.

N 9

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 23:55

M 1

C'est l'histoire de deux garçons, Samuel Maruta et Vincent Mourou qui n'y entendaient goutte au chocolat (l'un travaillait dans la pub, l'autre à la Société Générale), rencontrés au Vietnam lors d'un bivouac et qui ont réalisé le pari fou de produire et distribuer un chocolat noir artisanal d’exception garanti pur origine Vietnam. Étrangement, au Vietnam où ne manquent pas les fèves de cacao, aucun chocolat n'y a jamais été produit, l'Afrique de l'ouest et l'Amérique du Sud captant encore aujourd'hui toute toute l'attention.

M 3

C'est maintenant chose faite avec la marque Marou basée à Saigon, forte déjà de six tablettes d'un cacao cultivé sur des petites parcelles au milieu des terres très fertiles du delta du Mekong et d'une poignée d'autres provinces vietnamiennes situées plus au nord. Comme me l’explique Samuel Maruta sur le chemin de la fabrique située dans le quartier de Thu Duc, l'idée de départ, sachant que les fèves n'ont pas le même goût d'une région à l'autre était de préserver et faire connaître les différentes saveurs des différentes origines d’où le choix de produire des tablettes par province.

M 4

Déjà espoir de la chocolaterie française du Salon du chocolat 2012 le chocolat Marou fait le bonheur des palais exigeants qui louent son absence d'amertume, son acidité, sa belle onctuosité en bouche, ses notes fruitées et acidulées (Ba Ria 76%), les notes très ''chocolatées'' du Lam Dong 74% ''avec son goût de 4h00 comme lorsqu'on était petit'', celles plus complexes au goût de noix, d'herbe, de miel et de cannelle du Tiên Giang 70%, qu'on appréciera encore mieux la bouche bien reposée ''de préférence en s'étant abstenu de boulotter une phô bien épicée''.

M 2

Courtisée depuis peu par le Japon, présents dans les hôtels de luxe, les boutiques, épiceries fines du Vietnam et d'ailleurs (Europe, États-Unis, Australie, Singapour et Hong Kong ''le succès à l’export a été très rapide et dans la foulée nous avons été reconnus et acceptés par des gens qui restent pour nous des modèles'') forte de tablettes somptueuses emballées à la main dans un papier kraft imprimé artisanalement d'après les techniques de la sérigraphie semblent s'épanouir telles des fleurs fraîchement coupées, l'affaire tourne bien et semble se développer à la vitesse d'un vent de mousson.

M 9

'' On en a fait du chemin en deux ans quand on pense que les premiers tests ont eu lieu chez moi avec ma gazinière en guise de torréfacteur et ma centrifugeuse qui servait de broyeur ! Aujourd'hui, malgré un investissement conséquent dans du matériel de pointe (à l'exception de ce torréfacteur datant du début des années 30 acheté sur ebay dont on espère que jamais ils ne se sépareront), la production reste très manuelle.

(M 10)

  ''Malgré notre professionnalisme on travaille encore avec des bouts de ficelles !''

M 5

500 tablettes par jour, 1 tonne de chocolat produite par mois, des centaines de moules entreposés dans le labo, afin de répondre à la demande croissante, la petite équipe de Marou (12 personnes au total) attend ces jours-ci de nouvelles machines, principalement des mélangeurs.

M 6

Pour Samuel Maruta ,Vincent Mourou et leur équipe, l'aventure ne fait en réalité que commencer !

 

Marou

www.marouchocolate.com

 

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