750 grammes
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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 13:51

Din 2

L'arrivée en avion au dessus des tentacules de Bangkok est chaque fois la même, chaque fois différente. Il suffit d'un jeu de quelques minutes sur le temps de parcours initial pour que la lumière du jour naissant soit radicalement différente. Aussi, je réalise que je n'ai jamais été accueilli autrement que par un temps chaud et ensoleillé. Chaque fois l'avion de la Thaï atterrit et c'est l'aurore. Je quitte l'aéroport et c'est le soleil tout entier qui sort de sa nuit. Alors, quand file à pleine allure le train express qui relie le Terminal au centre de la ville, j'attrape un peu de cette lumière balbutiante qui n'est pas longue à irriguer la cité des anges à plein régime avant, dans un mois à peine, de cracher du feu.

Din 1

Les dix heures et moitié de voyage se font sentir plus dans les jambes que dans la tête, aussi est-il recommandable de poser ses bagages à l’hôtel, se rafraîchir et sortir dans la même foulée pour gagner le parc Lumpini qui offre de grandes pelouses d'un vert flamboyant pour se décrasser et faire circuler le sang.

Din-3.JPG

Par chance on est dimanche, il n'est pas 9 heures du matin et les artères sont vides et la pollution quasi inexistante. Une fois remis en forme, on peut rentrer se doucher, se changer et musarder jusqu'au mall Central World dont le septième étage abrite un food hall particulièrement doté et soigné où se succèdent des dizaine de grandes enseignes asiatiques très respectables dont la chaîne taïwanaise Din Tai Fung, spécialisée dans les dim sum et figurant en bonne place dans le classement du New York Times de ses dix meilleurs restaurants de la planète.

Din-4.JPG

Din 5

Et il est vrai que le résultat est impressionnant. Que ce soit les bouchées vapeur au crabe, celles au porc et épinards ou bien encore celles au crevettes et riz gluant, on reste stupéfait, quasi transi par tant de finesse, de raffinement dans les textures, d'autant qu'on est invité à déposer de longs filaments de gingembre sur les bouchées qui injectent une touche de fraîcheur supplémentaire.

Din-6.JPG

Din-7.JPG

On accompagne ces trésors miniatures de concombre au gingembre sauté et à l'huile de sésame piquante et on rafraîchit le tout avec un exceptionnel thé glacé au jasmin maison servit à discrétion, ou plutôt refilled. Après un tel traitement, on oublie les heures d'avion, la fatigue et le décalage horaire. Et on se sent d'attaque.

Din-8.JPG

 

Din Tai Fung

Central World, 7th Floor

Ratchadumri Rd

dintaifung.com.tw

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 13:02

Café 1

Partir sur un visage, un dernier sourire, le cœur chaviré une dernière fois. Emporter une dernière image. C’était au Café de Norasingha, il y a quelques jours, dans l’ancien palais du roi Rama VI (Phya Thai Palace), érigé au Diable Vauvert, aujourd’hui noyé dans un buisson de tours, d’hôpitaux et d’écoles de nursing, lorsqu’une pluie diluvienne s’abattit sur la ville, la projetant en quelques secondes en pleine mousson, dans un décor de boue, d’eau et d’égouts mêlés - un avant goût d‘apocalypse.

Café 2Cette jeune femme se prénomme Chee et c’est à peu près tout ce que je sais d’elle sinon qu’elle est las à mourir et qu’elle tire sur son tablier pour contenir son impatience, pour tromper son ennui.

Café 3

Elle va, elle vient dans cette belle salle qui hésite entre art déco et style victorien, ou les Chesterfield répondent aux chandeliers, aux panneaux de bois ouvragés. Autour, une pelouse tondue, de grands bâtiments et une large avenue, mais c’est plus loin, encore, on a le temps. D’abord, déguster ce délicieux thai iced tea (cha yen), le dernier, qui est incomparable en terme de saveur avec ce qui se pratique dans la rue. Peut-être en commander un second, retarder le moment de partir. Sentir déjà les larmes monter aux yeux.

 

 

Café de Norasingha

Rajvithee Road

Dans l’enceinte du Phra Mongkutklao Hospital

Station BTS Victory Monument

Bangkok

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 13:00

Yuan 1

Dernier jour, dernier restaurant. Autant s'éloigner du centre bouillonnant, congestioné et prendre de l'altitude. Direction le Hilton, sur l'autre rive, de plein pied dans un quartier populaire, limite misérable. Les hommes d'affaires et touristes fortunés en ignorent certainement l'éxistence, qui passent directement de leur chambre à un taxi, lorsqu'ils ne se contentent pas de traverser le fleuve pour gagner l'autre rive, plus rassurante, plus familière, avec ce petit bateau à peine ridicule, affrété par l'hôtel et qui vous crache aux pieds d'un luxueux centre commercial.

Yuan 2

Non, ce jour là, j'avais pris tout mon temps. Il y avait bien la faim qui me tiraillait les entrailles mais je ne me pressais pas pour autant. C'était m'enfoncer dans les ruelles étroites, croiser des gargottes désertes, enjamber un canal étroit et puant ou pourrissent des déchets centenaires, tomber par hasard sur un petit temple (Wat Suwan) et répondre à l'invitation d'un moine anglophone qui m'offre le thé dans sa petite chambre bien fraiche, bien aérée. Me voir offrir des bracelets dont la pose est précédée de prières. Passer du temps ensemble et promettre de s'écrire, de rester en contact. Gagner enfin ce batiment imposant, intimidant, massif qui tient en respect d'autres hôtels de sa luxueuse catégorie, tous alignés le long de la Chao Phraya.

Yuan 3

On grimpe mais pas trop et voici Yuan et son cadre luxueux, tons crèmes, cuisine ouverte, baie vitrée par laquelle s'engouffrent regard et pensées.

Yuan 4

Les dim sum sont à la hauteur, parait-il, et valent même le détour. Ce n'est pas faux mais ce n'est pas tout à fait exact non plus. On reconnait un certain savoir faire, seulement manque ce petit quelque chose qui ferait de ces honnêtes bouchées vapeur des dim sum d'exception.

Yuan 5

Pour mon plus grande bonheur, la maison possède une belle cave à thé. Je roule pour le Feng Huang Dan Cong, un thé blanc qui est source de joie, l'une des dernières que j'emmagasine précieusement en prévision du morne retour.

Yuan 6

 

 

 

Yuan

Millenium Hilton Bangkok

123 Charoennakorn Road, Klongsan

Bangkok

 

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 12:13

Rossini's 1

Il y a des jours ou je suis plus inspiré. Ce midi, disons-le tout net, j’étais complètement à côté de la plaque. La journée avait pourtant bien commencé et c’est enthousiaste, voir même un peu heureux que je reprenais la direction de l’infernale Sukhumvit Road pour retrouver le premier étage du Sheraton ou cette fois-ci je m’engouffrais dans un décor qui rappelait les vieilles maisons de maître en Vendée. Tomettes, poutres apparentes, tons crème et cheminée massive ont toujours provoqué chez moi des hauts le cœur, un certain malaise esthétique que la couteuse décoration du Rossini’s vint logiquement relancer. L’essentiel ne se trouvait heureusement pas dans cette fidèle reconstitution mais bien dans la carte brillante et inventive composée par Alfredo Russo, le chef étoilé du Il Dolce Stil Novo à Turin et finalisée par Stefano Merlo, étoile montante de la gastronomie.

Rossini's 2

Tout aurait été pour le mieux si au moment que le serveur me remit un menu unique - buffet froid, soupe, plat, dessert - , je ne me mis en tête que le fameux menu devait être donc exclusivement servi le soir. C’est seulement en début de repas que je réalisais ma méprise, à voir ces plats absents du menu, fichtrement appétissants et joliment dressés se succéder sous mes yeux dépités. Le coup fut rude lorsque je remarquais sur une table occupée par des hommes d’affaires une grosse carte qu’on n’avait pas daigné me remettre, s’imaginant probablement que j’avais de longue date pour venir bâfrer à moindres frais. Il est vrai qu’à la différence de la clientèle masculine je ne portais pas le costume.

Rossini-s-3--2-.JPG

Qu’importe, l’erreur était commise et c’est un peu la mort dans l’âme que je poursuivis mon repas qui avait débuté par deux visites au buffet coloré fort bien garni et réservant quelques surprises (gambas grillées, foie gras et agrume, coquille Saint Jacques et prune). Une soupe de carotte simplissime au possible mais fort appréciable se glissa entre les entrées et le plat avant qu’un risotto au vin rouge et saucisses également correcte mais loin d‘être renversant commença de m‘achever.

Rossini's 4

En dessert, le moelleux au chocolat, exemplaire mais pas nécessaire me fit malgré le thé vert, l’effet d’un obus que j’aurais avalé volontairement, avec le sourire en plus. Non, ce jour là, j’avais tout faux. Il aurait être deux pour me gifler.

Rossini-s-5.JPG

 

 

Rossini’s

Sheraton Grande Sukhumvit

250 Sukhumvit Road

Bangkok

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 13:43

Basil 0

Basil est le contraire d’un restaurant panoramique auquel nous ont habitué les palaces de la capitale. Une simple volée de marches le sépare du lobby majestueux, princier, autant dire une misère.

S‘élever, tutoyer les sommets n’est pas au programme de cette adresse qui jouit d’une belle réputation mais peine véritablement à décoller.

Basil 1

La cuisine est appliquée, un poile inventive mais trop limitée pour laisser un souvenir impérissable.

Basil 3

Ainsi le curry de fruits de mer (crevettes, moules, St Jacques) accompagné de trois sortes de riz différents (brun, bio, parfumé au jasmin), qui manque cruellement de recul, à la fois robuste et plombé par la présence d’œufs qui lui ôte cette légèreté, ce raffinement propres au même curry proposé également dans une noix de coco et goûté il y a peu sur le littoral birman.

Basil 5

Basil 4

Les plats qui défilent sous mes yeux ou qui stationnent quelques secondes sur la desserte abondent dans ce sens: le chef semble follement s’ennuyer et sa cuisine s’en ressent qui est las, ramassée sur elle-même.

Basil 2

Après avoir avalé un dernier verre d’un délicieux sirop à l’hibiscus, on peut toujours si l’idée nous enchante grimper au 3ème étage pour dans la foulée faire quelques brasses et se fracturer gaiement une poignée de membres dans cette piscine juste assez étroite et alambiquée pour être l‘œuvre d‘un sadique.

Basil 6

 

 

Basil

Sheraton Grande Sukhumvit

250 Sukhumvit Road

Bangkok

 

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 16:03

Shang-Palace-1--bis-.JPG

S’écarter du sidérant quartier chinois pour se régaler d’authentiques dim sum n’est en réalité pas si hasardeux que cela. Pour preuve, le Shang Palace et son faste tranquille, retranché dans une tour du Shangri La Hotel qui comme nombre de ses confrères prend ses aises au bord du fleuve Chao Phraya.

Shang Palace 2

La cuisine est cantonaise, comme on s’y attend et propose entre autres spécialités une soupe aux ailerons de requins ou le fameux peeking duck qui est un canard entier dont on se contente de manger dans un premier temps la peau très croustillante avant que ce dernier ne reparte en cuisine pour être accommodé selon notre envie.

Shang-Palace-3--bis-.JPG

On vient également au Shang Palace pour les dim sum travaillés de main de maître par un chef de renom, Jacky Chan, aussi habile avec ses doigts que son célèbre homonyme avec ses poings.

Shang Palace 5

On pourrait filer des lignes durant la métaphore de l’orfèvre donnant vie à des bijoux d’exception, or nous serions encore loin de la vérité.

Shang Palace 7

Chair de crabe, crevettes, farce de veau, chaque proposition nous subjugue et nous laisse chaque fois un peu plus sans voix.

Shang Palace 6

Unique, exceptionnelle, délicate et d’une finesse désarmante: on souffle du bout des lèvres, elle n'est déjà plus là..

(Shang Palace 4) 

  

Shang Palace

Shangri La Hotel

89 Soi Wat Suan Plu New Road, Bangrak

Bangkok

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 03:56

Koh-Ngai-1.JPG

Le bateau quitte Koh Lipe et file plein nord sur une mer étale, assoupie. C’est d’abord Koh Mook qui a des allures de repaire à pirates puis très vite Koh Ngai avec sa longue plage de rêve située face à deux gros rochers coiffés de végétation et comme jetés la veille dans l’eau (Koh Ma et Koh Chuak).

Koh-Ngai-2.JPG

Cette plage est une terre d’élection pour les resorts dont certains frisent le grand luxe. On est de préférence en famille, en couple mais rarement avec un gros sac sur le dos. Le maximum qu’on puisse faire est encore de porter la poussette de bébé avant de se voir offrir un jus d‘orange de bienvenue qui tombe à point nommé.

Koh-Ngai.JPG

On trouvera plus d’authenticité, plus de magie et de calme, sur la plage située plus à l’est - Ao Kauntong - assez petite et oubliée pour tenir dans notre poche.

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Pour l’atteindre, deux solutions s’offrent à nous: le long tail boat qui contournera une masse rocheuse pour venir vous déposer aux pieds de votre bungalow ou ce chemin escarpé qui file à travers la forêt luxuriante sur fond sonore de chants d’oiseaux, de bruissements et de cris suspects dont on se garde bien de connaitre l’origine. Il n’est pas rare d’être le seul baigneur sur la plage et c’est même une constante qui nous justifie notre attachement.

Koh-Ngai-4.JPG

Koh-Ngai-5.JPG

La promenade aventureuse jusqu’à la plage principale est un bon moyen de s’ouvrir l’appétit pour déjeuner au bord de l’eau d’une salade de papaye ou de nouilles aux crevettes, mais le soir s’avère plus réjouissant puisque poissons et crustacés font leur apparition comme surgis d’un coffre à trésor. Moules et pétoncles sont à la fête, cuisinées au beurre blanc.

Koh-Ngai-6.JPG

Koh-Ngai-7.JPG

Une belle tranche de King Mackerel cuite à la vapeur avec de l’ail, de piment, du poivre, des herbes et du citron vert nous plonge un toujours peu plus dans le bonheur qui en Thaïlande est une affaire quotidienne, une simple formalité.

Koh-Ngai-8.JPG

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 07:20

Ko Tarutao

L’île de Koh Tarutao située dans le parc national maritime du même nom bien qu’elle soit restée sauvage parce qu’ultra protégée et jouisse de plages délicieuses comme d’une jungle riche en espèces animales et végétales, n’a pas à souffrir de l’afflux des touristes, ce qui est encourageant pour la sauvegarde et la pérennité de l’île mais moins réjouissant pour la question essentielle de la bonne chaire, les deux plages principales comptant chacune un restaurant qui fournit une cuisine certes copieuse et bon marché mais limitée à des soupes, des nouilles sautées et autres curry.

Ko Lipe 2

Ko Lipe 1

Pour se régaler de poissons et de crustacés, voir de plats épicés aux accents malais, il est plutôt conseillé de reprendre la mer et de se déporter plus au sud vers l’île de Koh Lipe qui certes n’a pas le charme sauvage, la solitude orgueilleuse et le mystère de l’île voisine distante d’une trentaine de kilomètres mais jouit de fonds marins spectaculaires en plus d’attraper dans ses filets de belles prises cuisinées à la nuit tombée, au retour d‘une journée de snorkling, par exemple, comme ce fut mon cas, autour des îles de Koh Rawi, Kho Yang, Kho Adang, Jabang et Koh Hing Nam.

SorklingDans le désordre, on mentionnera ce «family tuna» un petit thon ouvert en deux, badigeonné d’une sauce lait de coco/ail/poivre/citron puis grillé, très copieux -comme n’en rend pas compte l’image - et qui aurait suffi à rassasier deux personnes.

Thon 1

Thon 3

Un autre soir, ce furent ces coques garnies d’une préparation épatante de noix de coco râpée/gingembre et citron.

Coquillages 1

-Coquillages-2-.JPG

On revient au poisson, avec le white snapper (macolor) et sa sauce au curry jaune.

White snapper 1

-White-snapper-2-.JPG

Appréciant de longue dâte le crabe mais en dégustant rarement puisque n’ayant guère la patience de jouer des ustensiles pour le décortiquer et en extraire péniblement un micro gramme de chair, je fais pour une fois fi de mes réticences pour tenter le crabe à la sauce curry qui me maintient dans mes positions.

Crabe 1

Crabe 2Aucun risque de ma part de faire l’impasse sur les gambas que je réclame grillées et natures, qu’on présente habituellement ouverte en deux et légèrement badigeonnées de sauce.

Gambas.JPG

Gambas-2.JPGUn arrivage peu fréquent et dont il faut profiter: le sail fish (l’espadon voilier) à la chair tendre et fruitée.

Espadon-1.JPG

Espadon 2En bouquet final, un cooper frit dans une sauce aigre douce, bien pimentée et parsemé d’ananas.

Cooper-copie-1Koh Lipe est assurément l’endroit rêvé pour se régaler de produits de la mer. Les japonais ne s’y trompent pas qui viennent en nombre relativement considérable affuter leur palais de fins connaisseurs et commander des plats plus qu’il n’en faut (l’excès serein, l’acte insolent, libertaire mais ô combien jouissif à la chinoise), la bonne inspiration voulant qu’on choisisse une table proche de celle des japonais qui nous soufflent toujours les bonnes idées.

General

 

 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 10:32

Thanying 1

On est tout proche du très surestimé Blue Elephant - quelques minutes à pied - dans une grande bâtisse également en retrait de la rue et clairsemée de végétation. Si le cadre de Blue Elephant est rétro chic, celui de Thanying est rétro fauché, un poil désuet avec ses tapisseries jaunies, sa dentelle et sa patine. Pour un peu on aurait apporté nos chaussons.

La clientèle ne s’y est pas trompée, qui ce dimanche a traversé la ville pour passer prendre grand-mère et déjeuner en famille dans l’une de ces nombreuses petites salles qui feraient le bonheur des brocanteurs. À moins que l’on ne partage une jolie table face au jardin avec la belle famille un brin exaspérante. C’est selon.

On sourit, on palabre, on se réjouit d’être tous réunis: on ne réserve pas chez Thanying dans l’espoir de toucher de la pointe de la fourchette l’essence même de la gastronomie mais on est heureux de faire l’expérience d’une cuisine avenante quand bien même limitée et cousue de fil blanc. L’art du goût, c’est aussi celui de savoir lever le pied, calmer le jeu. Avancer à pas de loup pour mieux bondir la fois suivante et ne jamais perdre de vue qu’il est préférable de rester imprévisible.

Thanying 3

Le menu dégustation dans les 13 euros a l’avantage de me faire couper à d’éternelles hésitations, qui s’ouvre sur un rouleau de printemps tombé un peu comme un cheveu sur la soupe mais pas insignifiant.

Thanying 4

Le repas se poursuit avec soupe de crevettes épicée dispensable avant de prendre tout son sens avec ces quatre citations de la cuisine thaïlandaise que sont le poulet au curry, les crevettes sautées à l’ail frit, les asperges sautées à la sauce d’huitre et pour finir le bœuf grillé et sa sauce tamarin.

Thanying 5

Thanying 6

On notera la délicate présentation du riz blanc qui accompagne le repas, cet édifice conique autour duquel on peut s‘amuser à dresser selon notre inspiration notre assiette.

Thanying-7.JPG

Toujours dans le menu, un thé vert servi avec autant d’application et de formes que s’il s’agissait d’un vin de prestige ainsi qu’une assiette de fruits pour clore les réjouissances.

Thanying 2

 

 

Thanying Restaurant

Thanon Pramuan, entre Silom 17 et Silom 19

Bangkok

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 13:28

Mango Tree 1

On vit des expériences comme ça, qui vous font chavirer, qui vous font venir les larmes aux yeux et pour peu que vous les sentiez monter puis éclater, ce serait bien le diable si vous arriviez à en contrôler le débit. On parle ici d’un restaurant posé à l’intersection de deux rues, comme d’un gros nuage rondelet, bien blanc et rassurant arraché à la voute céleste pour être lâché en plein Bangkok, à quelques mètres de l’infernale Silom road. Qu’on se représente un ensemble de maisons traditionnelles en bois quasi centenaires communiquant entre elles et organisées autour d’une terrasse verdoyante qui tourne le dos à un jardinet au centre duquel s’écoule l’eau cristalline d’une fontaine. Vous voilà immédiatement sous le charme qui est une manière de vous avertir que vous venez l’air de rien de fouler la première marche qui va vous conduire très haut dans le ciel.

Mango Tree 2

La carte est longue, voir très longue et met en avant une quantité impressionnante de spécialités régionales dont l’énoncé seul appuyé quelquefois de photographies fait immédiatement saliver. C’est justement la mise en scène d’un curry de canard à l’ananas immortalisé par une image léchée et un brin aguicheuse, qui me met l’eau à la bouche. Porté par mon enthousiasme galopant, j’accompagne mon plat de riz brun et d’une salade de pomelo aux crevettes. L’affaire se présentait bien, mon choix sauf incident majeur allait s’avérer heureux, seulement, rien ne m’avait préparé à un tel choc gustatif, rien ni personne ne m’avait laissé présager un tel bouleversement des sens si ce n’est Joanna, deux ans auparavant qui me fit l‘éloge de cette adresse sur laquelle par deux fois nous nous étions cassé les dents parce que sans l‘ombre d‘une table disponible. Voyager seul a cet avantage de rendre le temps plus souple encore qu’à deux, de le rendre plus malléable et c’est précisément à 18h45 que je me présentais chez Mango Tree pour me voir immédiatement attribuer une table que je désirais sur la terrasse, la seule condition étant que je quitte ma table à 20h00, ce qui me paraissait le bout du monde.

Mango Tree 4

L’attente n’était pas longue, et le temps de voir passer sous mes yeux quelques assiettes généreuses et colorées aux accents de fête dont les arômes papillonnaient jusqu’à mes narines, l’entrée et le plat que j’avais souhaités servis dans le même temps, d’un geste commun, frère, firent irruption sur ma table qui tremblait déjà d’émotion et enregistrait subitement cette violence poussée de désir dont j‘étais assailli. L’ananas était sous mes yeux, impressionnant, exubérant, débordant de viande, de fruit, de légumes, de basilic thaïlandais, de saveurs et un moment je ne me maitrisais plus, je perdais le sens de la réalité. C’était avant tout juste de porter la fourchette à mes lèvres chargée de canard, d’ananas bien entendu relevés de cette sauce au curry rouge, un mélange salé/sucré qui au fur et à mesure des aller et retour de la fourchette me rendit addictif au point le surlendemain de retourner commander ce plat fétiche auquel je semblais pieds et poings liés.

Mango Tree 3

La salade était également délicieuse, avec cette noix de coco râpée inattendue tandis que le riz brun se mariait idéalement avec la sauce succulente toute de curry et de lait de coco mêlés.

Le soir suivant, j’étais de nouveau sous l’emprise de ce restaurant, de sa cuisine épique, je ne pouvais faire qu’y retourner goûter ces gambas que j’avais vu la veille sur le grill, un peu superbes, un peu exceptionnelles. J’étais de nouveau sur la terrasse, à ne pas confondre avec le jour d’après, un midi, ou je déjeunais à l’intérieur, au frais de ce curry d’ananas… Mais les jours se confondent, la langue se délie et me plonger dans de tels souvenirs, bien qu’encore frais, pourrait définitivement me faire perdre la raison tant cette cuisine dont je n’ai caressé qu’un fragment aura réussi l’exploit de toucher à la fois mon ventre, mon cœur et mon âme.

Mango Tree 5

 

 

Mango Tree

37 Soi Tantawan Surawongse Rd

Bangkrak

Bangkok

 

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