750 grammes
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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 18:45

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Première incursion dans la street food palermitaine pure et dure, de celle que l’on se fait un plaisir de déguster avec les yeux sans pour autant juger nécessaire, voir conseillé de lui faire franchir le seuil de notre bouche, laquelle pourtant en a vu d’autres (yeux de mouton à l’occasion du tabaski au Mali, rats des champs dans le nord de la Thaïlande, semence de cabillaud au Japon).

Si un prix devrait être remis à la spécialité qui hérisse le plus le poile et ferait fuir les plus téméraires, la palme reviendrait certainement à la frittola, laquelle protégée des regards, peut-être parce qu’un peu coupable, se cache dans un panier doublé de tissu et couverte d’un linge afin de conserver sa température. Et c’est toujours avec des yeux médusés que l’on observe l’avant bras s’enfoncer dans les profondeurs du panier pour en rapporter quelque grasse poignée qui finira au milieu d’un pain.

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Dans son excellent et truculent ouvrage consacré à Palerme, «Palerme est un oignon», Robert Alajmo raconte que «la dégustation de la frittola est comparable à la tournée des assassinés qu’on offre aux visiteurs pour éprouver leur capacité d’endurance.» Et pour cause, «il est bien difficile de savoir ce que sont au juste les morceaux en question, et le linge sert aussi à en préserver le mystère. Théoriquement, il devrait s’agir de cartilages de bovidés et de suidés, d’abord bouillis, puis fris, et enfin saupoudrés de safran.»

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Avis aux amateurs, la frittola n’est pas la seule spécialité déconcertante que compte Palerme. On citera dans le désordre le musso, les stigghiola ou encore le sandwich à la rate, agrémenté de fragments de poumons et cuit dans du saindoux… Bref, le choix est vaste et à Palerme et les amateurs de sensations fortes trouveront des défis à hauteur de leur bravoure.

 

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 00:14

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L’idée est plutôt saugrenue de débuter mon séjour palermitain par un chaï abondamment sucré dans le quartier de la Kalsa. Ou comment à peine descendu de l’avion, je me replonge dans les souvenirs encore frais de mes errances indiennes et m’enfonce en pensée dans le dédale des rues misérables de Calcutta, les larges avenues ombragées de Bombay ou ces langues de sable, de mer et de marais salés mêlés du bout de l’Inde, à Dhanushkodi, face au Sri Lanka.

En bavardant avec le propriétaire de cette échoppe, j’apprends que Palerme compte plus de 10 000 bengalis dont la plupart sont arrivés en Sicile sous l’impulsion de grands propriétaires agricoles comme ouvriers saisonniers pour n’en jamais repartir. «Ici, la vie est facile en comparaison du Bengladesh, le travail se trouve sans difficulté et le climat est bon.. Si le bonheur est une ville, alors c’est Palerme», me confie-t-il dans un anglais approximatif.

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Une heure après avoir flâné au marché de la Vucceria et m’être promené sur le front de mer flanqué de ses inévitables joggers, je goûte à ma première boisson 100% sicilienne dont la capitale de l’île n’a certes pas l’apanage, puisqu’il s’agit en toute modestie d’un jus de citron mais pas de n’importe quel jus de citron. Il n’est qu’à regarder le fruit non traité à la couleur hésitant entre le jaune et le vert, à la forme imparfaite, comme gangrenée, faites d’excroissances, boursoufflé, gonflée jusqu’au vertige bref, furieusement sain et naturel. Succulent et surprenant avec sa couleur orangée qui rappelle le jus du même nom.

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Cette grande petite histoire se déroule sur une piazzetta, dans une échoppe tenue par un charmant couple tunisien parlant tantôt italien, tantôt arabe qui me fait penser à cette anecdote racontée le peintre Miguel Barcelo, à savoir que Palerme est la seule ville africaine qui n’a pas de quartier européen. C’est exactement cela Palerme, on y est à la fois en Europe et en Afrique mais surtout au bout du monde.

 

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