750 grammes
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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 13:23

Y 1

La devanture ne paie pas de mine, l'intérieur avec ses murs jaunis est plutôt lugubre et pour arranger le tout il n'y a pas âme qui vive. Et pourtant on aurait tort de passer son chemin: souvent, les belles histoires ne commencent pas autrement.

Si entre ces quatre murs le temps semble s'être arrêté, on dirait même qu'il recule. Pour un peu on lui courrait après. Autant chasser les fantômes. Les fantômes, justement, ou plutôt les ombres, comme ce couple au mi temps de son existence au pas léger qui flotte plus qu'il ne marche. Les mots dans leur bouche sont un filet d'air et lorsque la femme fait irruption dans notre champ de vision, que le mari nous apporte le menu ou prend la commande, on ne manque pas de se frotter les yeux pour s'assurer que cette scène n'est pas le produit de notre imagination.

Y 2

Aussi, c'est un peu par surprise qu'arrive presque par enchantement et un peu sur la pointe des pieds une Phô au bouillon de jarret de bœuf exceptionnel (les toutes dernières cuillères, celles qui assèchent le fond là même où se concentre le maximum d' arômes et relèvent du divin), aux nouilles de riz bien fermes et à l'émincé de bœuf d’excellente qualité. Et de tomber presque béat devant cette soupe épurée, travaillée à l'os et subtilement parfumée. Pas mal du tout pour une petite planque de quartier.

 

Y-Lan

23 rue Liancourt

75014 Paris

01 43 22 39 39

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 10:03

Rou 1

Il n'y a pas marqué cantine mais c'est tout comme. Devanture défraîchie, déco à la ramasse, mobilier hors d'âge, cuisine lilliputienne à moitié planquée derrière des affichettes mais une carte à rallonge aux tarifs au ras du sol qui passe en revue sans anicroche les classiques tonkinois et même plus (maki et samossa pour les irréductibles qui ne finiront pas de nous étonner). Le bo bun a la mine resplendissante de fraîcheur, du genre à se dresser sur son séant, sacrément à l'aise dans sa fraîcheur, sa vivacité. Ce sera pour une autre fois, ce midi j'opte plutôt pour la soupe de nouilles aux raviolis à la crevette, lesquels sont bien en chaire voir sacrément dodus et nagent benoîtement dans une soupe brûlante comme on l'aime, discrète en bouche, qui caresse le palais plutôt qu'il ne ne flatte avec mille charmes racoleurs.

Rou 2

En entrée, impossible pour une première visite de faire l'impasse sur le rouleau de printemps taille plutôt maousse, garni comme il se doit de laitue, de carotte émincée, de vermicelles de riz, de crevettes et de quelques feuilles de coriandre, le tout enroulé dans une mince feuille quasi translucide à base de farine de riz. Tellement naturel, frais et simplissime que c'en est désarmant. Rien à voir avec ce qu'on a pu goûter jusque là dans les restaurants d'abattage du quartier chinois où la rigidité suspecte et les arômes décapités des rouleaux lancés sur votre table plutôt que servis docilement est tout le contraire de ceux proposés par cette petite planque de Belleville.

Rou 3

Ils sont délicieux, ils coûtent 2,40 pièce. Résultat, j'en boulotte un deuxième. Avec un verre de thé, l'addition atteint péniblement 11,20 €. Dans le genre, on ferait difficilement mieux. Maintenant, de là à ce que les jours de beau temps (surtout de fin de mois) un attroupement monstre se forme sur le trottoir, faut pas non plus pousser. M'enfin, vu le temps calamiteux qu'on subit, au moins on le tient notre printemps. Et ce n'est pas madame Nguyen, fidèle au poste qui me contredira.

Rou 4

 

Le Rouleau de Printemps

43 rue de Tourtille

75020 Paris

01 46 36 98 95

 

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 12:20

((Hanoi 1))

Paris Hanoï n’a jamais cassé trois pattes à un canard boiteux bien qu'il se soit imposé dans le paysage parisien comme l'une des incontournables planque vietnamienne, au même titre que Pho 14 dont le succès reste encore selon moi à élucider (gare aux susceptibles, on ne déboulonne pas avec une telle désinvolture un mythe bien encré dans les mentalités et assujetties aux affres de l'auto persuasion). Si la soupe de Pho 14 m'a toujours paru ressembler à du jus de chaussettes, il manque chaque fois au bo bun de Paris Hanoi ce je ne sais quoi qui métamorphoserait le plat malgré ses nems croustillantes sectionnées jovialement aux ciseaux et ses crevettes sautées dans une délicieuse sauce épicée.

(Hanoi 2)

Ses salades bâclées quoique très copieuses mériteraient d'être un peu plus inspirées, quand à certaines de ses entrées comme le banh cuon, on l'a toujours trouvé un peu chiche sur la garniture et plutôt fade pour tout dire. Et pourtant, on ne déteste pas cette adresse chaque jour prise d’assaut par des hordes de parisiens pas mécontents de troquer les espaces austères parfois un peu douteux question hygiène du quartier chinois et de touristes qu'à peine attablés on sent de toute manière conquis d'avance, miracle parisien oblige. Il s'y produit chaque fois comme un petit miracle qui tient à de petits riens.

Hanoi 3

Et puis, que ce soit rue de Charonne ou rue Mont Louis (ma préférée des deux) à proximité du Père Lachaise, juste en face de l'excellent Yard, le vrai spectacle est en cuisine (flammes qui lèchent le plafond, cris à tous va, vapeurs endiablées, cuistots hilares) et indéniablement dans la salle où une jolie serveuse aux hanches fines et aux cheveux longs et noirs ne manque jamais de louvoyer entre les tables, s'attirant les regards caressant des hommes aussi bien que des femmes. La vie a quelques fois du bon.

 

Little Hanoi

9 rue Mont Louis

01 46 59 01 40

75011 Paris

www.parishanoi.fr

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 17:02

(Bulma 1)

Au Vietnam, les banh mi (déformation phonétique de pain de mie, autrement dit des sandwichs à la baguette plus ou moins croustillante garnis de viande rôtie, de crudités, assaisonnées de coriandre et d'une sauce citronnée) sont si populaires qu'on les trouve à tous les coins de rue. Ses marchands ambulants qui rendent de fiers services à l'étudiant saisi d'une petite faim, au routard s'apprêtant à sauter dans un autocar pour un interminable voyage de nuit, sont installés aux quatre coins des rues avec leurs petites boites rectangulaire en verre posés sur un chariot, un tréteaux ou simplement à cheval sur la selle de leur motocyclette.

Au Laos, on trouve une variante du banh mi, toujours à la viande et aux légumes mais dans une configuration un peu fourre tout.

Bulma 2

A Paris, les quartiers chinois ne manquent pas d'adresses proposant ces banh mi toujours très bons marché et copieusement garnis. En cherchant bien, on trouvera sans difficulté du côté de l'avenue d'Ivry ce traiteur vietnamien installé à proximité de l'escalator conduisant au centre commercial des Olympiades, dont les banh mi sont garnis de tripes et autres abats, à la fois très goutteux et juteux.

(Bulma 3)

Dans une configuration plus pop et rafraîchissante que les austères cantines asiatiques, Bulma (personnage de Dragon Ball) a ouvert les portes il y a tout juste six semaines du côté de la rue des Petites Écuries. Ici, le sandwich garni d'une bonne baguette croustillante provenant d'une boulangerie du quartier se décline au poulet gingembre, au bœuf cacahuète, au porc grillé à la citronnelle, à la saucisse également citronnelle, au porc rouge à la rose, aux crevettes ou au tempeh (pâte de soja fermenté). 5, 50 € le sandwich, 9,50 € avec une boisson, l'entrée ou le dessert (tarte au yuzu, financier au thé vert, flanc de soja gingembre...), l'affaire n'est pas ruineuse et plutôt rondement menée quand bien même il n'y a pas de quoi traverser la capitale dans un état second pour s'en avaler un banh mi chez Bulma qui n'écrase pas nécessairement ceux des gargotes vietnamiennes.

La maison, n'ayant pas cédé pour autant à la tendance monomaniaque du moment, propose également bobun, soupe et bento, une petite palette de bubble tea figurant également au menu, dont on se passera volontiers, celui-ci étant élaboré à partir de poudre et d'autres ingrédients douteux, quoique un tel procédé soit tout à fait la norme à Paris et accepté sans broncher par tous.

Bulma 4

 

Bulma

17 rue des Petits Écuries

75010 Paris

www.bulmaparis.fr

 

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 08:52

Cambodge 4

Extension du Cambodge du 10 avenue Richerand, le Petit Cambodge pousse sa passion du bobun jusqu'à l’obsession, la monomanie. Un brin fétichiste, la carte n'a d'yeux que pour ce fameux plat indochinois composé entre autres de lamelles de bœuf mariné, de carotte râpées, de soja, de cacahuètes, d'herbes crues et de tronçons de pâtés impériaux, le tout posé sur des vermicelles de riz et servi dans un grand bol. On aime ses tables hautes, sa cuisine vitrée aux allures de labo, sa salle dépouillée façon loft new yorkais, ses larges baies vitrées et sa petite terrasse généreusement ensoleillée dès 12h30.

Cambodge 1

On aime le service aux petits soins, le crayon, le petit papier qu'on nous remet pour y noter la commande. Mais par dessus tout on trouve bienvenu le «bobun crevettes» (11 €) dans lequel le bœuf est remplacé par six crevettes ou bien le «bobun spécial crevettes», le même mais avec deux pâtés impériaux quand bien même ce midi là on se contente du «spécial» (9, 50 €).

Cambodge 2

On raffole plus que tout de ce bobun de haute volée appuyé par bœuf de première main, un soja d'une fraîcheur inouïe, une sauce maison délicate ni trop salée, ni trop sucrée et des nems croustillants à l'envie. Les vermicelles de riz, inhabituellement fins n'en demeurent pas moins excellents. Voilà ce qui s'appelle être conquis.

Cambodge 3

 

Le Petit Cambodge

20 rue Alibert

75010 Paris

01 42 45 80 88

 

 

Photos Cambodge, séjour 2005.

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 08:23

Entre2Rives 1

L’effort d’imagination est loin d‘être insurmontable: qu’on se représente une rue animée d’Hanoi ou de Saigon, un bout de trottoir avec sa gargote nomade, une petite table à ras du sol et cette chaise minuscule en plastique rouge sur laquelle vous déjeunez, les genoux pas loin de toucher votre menton, d’une pho chaude et odorante. Déplacez cette scène vécue ou fantasmée en plein cœur de Paris, glissez là dans une cantine lilliputienne de charme à la décoration contemporaine purgée de son décorum folklorique qui nourrit vos oreilles d’une musique lounge moins d’ascenseur que de cabinet (les plus chanceux peuvent espérer du cool jazz) et soyez certain que le ravissement sera le même, la cuillère qui plonge dans le bol à Hanoi convolant à Paris jusqu’à vos lèvres pour provoquer en vous une vague d‘émotions comme rarement vous en éprouvez devant une soupe vietnamienne.

Entre2Rives-3--2-.JPG

La réussite de cette pho tient pour beaucoup à l’absence de glutamate et autre exhausteurs de gout, à la fraicheur de ses viandes dont les morceaux sont de premier choix mais surtout à ce bouillon délicat, richement parfumé, à des années lumière de ce jus de chaussette qui ravit d’admiration les inconditionnels de Pho 14, l’une des adresses de référence qui est aussi l’une des grandes énigmes de la gastronomie vietnamienne dans la capitale.

Entre2Rives-4--3-.JPG

Le bo bun impressionne tout autant avec son bœuf sauté très gouteux et légèrement croustillant. On verse des larmes sur le dessert servi chaud, un che chuoi maison ( banane, perle de tapioca et lait de coco) et non assemblé avec la complicité des frères Tang. L’espace d’un déjeuner, on fait d’Entre 2 Rives notre cantine vietnamienne favorite. C’est inévitable.

Entre2Rives-5.JPG

Formule midi et soir à 13,50 €, plat du jour à 10 € (ce vendredi, crabe farci, riz et crudités). Réservation non seulement hautement recommandée mais surtout indispensable.

 

 

Entre 2 Rives

1 rue d’Hanovre

75002 Paris

Tel: 01 42 66 15 11

 

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 09:13

Pho-1-copie-1.JPG

Quartier historique de l’immigration chinoise à Paris (à majorité Wenzhou), le 3ème arrondissement concentre dans quelques rues une flopée de grossistes, de traiteurs et de restaurants dont Au Bon Phô, d’inspiration vietnamienne, se distingue du lot ne serait-ce que pour sa sublime soupe du vendredi.

Le patron ne vous proposera pas d’emblée, ni plus tard d’ailleurs, ce plat préparé uniquement le vendredi. A moins de le réclamer vous-même, vous pourrez ronger encore votre frein longtemps. La soupe du vendredi, qui est à la fois le nom de code, le sésame, le sauf conduit qui vous conduira au graal, nécessite dans un premier temps d’en avoir été mis au parfum par une personne assez obligeante pour vous faire cette faveur. Vous estimant digne de partager ce secret (la mystérieuse soupe n’étant mentionnée sur aucune carte du restaurant), c’est gonflé d’orgueil et d’importance mais aussi un peu intrigué que vous enfourcherez votre bicyclette pour gagner cette petite adresse aux murs punaisés de photographies de jolis mannequins en herbe. Vous voilà enfin installé sans trop savoir à quoi vous attendre, brassant les plus hypothèses les plus farfelues. Une fois passée votre command, le suspens est véritablement à son summum.

Pho-3.JPG

Moins de deux minutes après avoir lâché le mot capital, arrive sur votre table une soupe fumante de fines pattes de riz (les irrésistibles bun vietnamiennes) coiffées d’un généreux filet de poisson blanc, incontestablement acheté ce matin même sur le marché, s’ébrouant dans du lait de coco. On plonge dans un premier temps la cuillère pour porter à ses lèvres un peu de soupe pimentée à point: c’est divin. Exalté, on prospecte dans les profondeurs du bol pour y amener à la surface les légumes râpés, lesquels mélangés au lait de coco n’en sont que meilleurs. Vous vous croyez projeté sur un marché de Saigon, sur le coin d’un bout de trottoir, assis sur votre petite chaise en plastique, un matin que la chaleur est déjà éprouvante. C’est bon, c’est chaud, c’est enveloppant et vous aimez comme la soupe infuse dans votre corps. A peine rentré chez vous, vous vous jetez sur votre ordinateur pour communiquer ce secret - une petite trahison que vous n’êtes pas peu fier de partager.

 

 

Au Bon Phô

22 rue au Maire

75003 Paris

Tel: 01 48 78 03 20

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 09:26


Hanoi et Saigon peuvent bien boire la tasse sous un déluge de pluie chaude et épaisse comme des poings, seule une chaleur suffocante me sépare d'une savoureuse Phở. Le lieu? Le Foyer des Etudiants Vietnamiens. Voilà qui change du 13ème arrondissement qui n'a pas l'exclusivité des restaurants vietnamiens, loin de là. Plus qu'un restaurant, une cantine. Des peintures accrochées aux murs, des livres trainant sur les étagères, de la variété acidulée s'échappant des enceintes, une petite scène improbable sur laquelle tient miraculeusement une poignée d'instruments, des habitués, des curieux se mêlant aux étudiants et qui ne se départissent jamais de leur sourire. On est au foyer comme en famille. Accueillant jusque dans ses formules renversantes: 9,20 (entrée/plat, riz à volonté) et 12,70 euros incluant une entrée (par exemple une Phở de petite taille, un plat, du riz à volonté, une bière, du vin ou un dessert.) Aussitôt commandée, aussitôt servie, la Phở n'aime pas attendre. Impatiente de se laisser déguster, elle bondit sur la table de manière très convaincante (son allure, son charme, ses parfums).



Le bœuf fait sa star: copieux, gouteux et saignant juste ce qu'il faut (parce que jeté dans le bol à la dernière minute), c'est un moment de grâce à chaque bouchée. Des petits cris de ravissement poussé au fond de soi. Une bouchée de nouilles, une de soupe, une lamelle de bœuf aux bouts des baguettes; soit l'équation parfaite pour 7 euros. Attentif à ma soupe, je le suis également à ce Bo Bun parachuté à la table de mon voisin, seulement l'appétit commence à me manquer. La prochaine fois. Promis.



Foyer des Etudiants Vietnamiens

80 rue Monge

75005 Paris

01 45 35 32 54


 

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