750 grammes
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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 12:16

((Bob 1))

Avant Bob's Kitchen et son réjouissant «vegy stew» chroniqué dans ces colonnes, l'aventure de Marc Grossman, yankee fraîchement débarqué de son Brooklyn natal, a commencé ici, dans cette boite à chaussures suffisamment grande pour accueillir une table d'hôte de huit couverts maxi. Les habitués connaissent la chanson: papier Kratf sous les coudes, rouleau de Sopalin pour s'essuyer le bec, thermos de thé à discrétion, verres Duralex, déco qui ne force pas sur les méninges – guitare, cagettes de fruits et légumes, cuisine de lilliputien avec frigo customisé – et aux petits vernis le privilège de voir Marc Grossman déboucher du boulevard Magenta pour se glisser dans la petite rue Lucien Sampaix et garer sa bicyclette bricolée façon triporteur au 15, de derrière laquelle il décharge sacs et cagettes de produits frais.

Bob 3

Au mur, on retrouve la carte du jour fragmentée avec son jus filtré, son smoothie, sa soupe, son bagel et son plat du jour (pad thai), toujours bio dans la mesure du possible, végétariens et forcément excellents (oui, on est mordu). Le gaspacho revisité est une vraie tuerie: bien plus dense que l'original, d'une engageante couleur rouge orangée, volontiers chargé en ail, on est bluffé comme chaque saveur se distingue superbement et met en joie le palais. Autrefois fourni par l’Épicerie du Bon Marché puis puis Rice and Beans et désormais réalisé sur place, le futomaki façon Bob avec sa petite touche de mangue et qui se déguste comme un sandwich mérite lui aussi tous les éloges. C'est frais, c'est léger, c'est malin et comme le reste de la carte on l'emporte chez soi ou bien au bureau, ce qui ne manquera pas d'en rendre jaloux plus d'un.

(Bob 4)

En dessert, plutôt qu'un muffin dont Bob est passé maître en la matière, je me laisse tenter par un petit cake à la figue, bien moelleux, un brin fondant, délicieux. Avec un petit jus de fruits filtré en pointillé (pomme/carotte/céleri/gingembre – une leçon de vie), une formule qui se contente de flirter avec la barre symbolique des 15 € et la gentillesse infinie de son équipe, on comprend d'autant plus la fascination, la passion et l’admiration qu'inspire Bob's Juice Bar auprès des parisiens et de ses inconditionnels.

Bob 5

 

Bob's Juice Bar

15 rue Lucien Sampaix

75010 Paris

09 50 06 36 18

www.bobsjuice.com

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 09:12

Moutarde 1

Cette nouvelle cantine Tew Mex porte bien son nom: Moutarde, soit un condiment qui peut ressusciter une viande, lui donner une nouvelle direction sans être pour autant indispensable. Avec son élégante salle allongée, ses banquettes moelleuses, sa carte qui brasse aussi bien les burgers (6 au total), les poêlées, chili con carne, baggels que les salades, tout en s'autorisant d'innocentes échappées belles (tomates mozzarella di buffala, beignets de camembert, burger au chèvre chaud, fish and chips), Moutarde s'inscrit comme une de ces adresses au fort capital sympathie ou chacun ne manquera pas de trouver son bonheur pour peu qu'il n’exige pas la lune.

Moutarde 2

Les onion rings livrés avec leur sauce barbecue (3,90 €) laissent un très bon souvenir parce que croustillants à l'envie, bien dorés, raisonnablement gras et fondants en bouche.

Moutarde 3

L'impression générale très positive jusque là est confirmée par mon Charolais burger (14,80 €) qui fait le plein de cheddar, d'onion rings, de salade et de frites maison franchement exceptionnelles. A ma demande, le burger est coiffé d'un œuf au plat qui recouvre, hélas pour la photo, la totalité de la viande, généreuse, assez impressionnante en bouche (réminiscences de black angus). Une seule réserve: les buns trop avachis, trop farineux et plutôt disgracieux. En revanche, outre les suppléments (fromage, bacon, guacamole...) on apprécie la possibilité de «doubler» la viande (+ 3,50 sinon 4, 40 € pour un charolais). En somme, une bonne adresse au service impeccable qui sans révolutionner l'art du burger,mérite néanmoins qu'on y vienne planter quelques crocs.

 

Moutarde Street

23 boulevard des Italiens

75002 Paris

01 44 56 09 88

 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 10:25

Rice-1.JPG

Un peu chahutés par les récents jeux de chaise entre Rice and Fish et Rice and Beans et la canicule qui s'est abattue ces derniers jours sur la capitale, on n'est pas malheureux de s'engouffrer dans cette cantine mexicaine de poche pour trouver refuge dans la petite pièce toute droit sortie d'un rêve halluciné après une prise de peyotl, qui s'inscrit entre fulgurances kitsch et bombardements folkloriques multicolores.

Rice 2

Si le dépaysement est garanti, la canicule, elle, nous colle aux basques, dont la seule source de fraîcheur s’exprime à travers les pales d'un ventilateur à bout de souffle qui brasse de l'air comme les ministres brassent du vent. On sue à grosses gouttes, on s'éponge grossièrement et on peine à se rafraîchir avec une Sol tiédasse et une carafe d'eau sans surprise blindée de calcaire et servie sans scrupule à température ambiante – comme on est loin de New York et de ses grands verres d'eau glacés posés d'autorité sur la table et sans cesse «refilled».

Rice-3.JPG

On ne coupe pas à l'assiette de guacamole à partager (5 €), plutôt délicieuse et bien citronnée, qu'on attaque avec d'impeccables chips de maïs puis on enchaîne avec le burritos au poulet pour elle (7 €), aussi large qu'une meule de foin mais visiblement plus plaisant en bouche - saveurs bien tranchées catapultés à la vitesse de la lumière, note-t-elle.

Rice-4.JPG

En ce qui me concerne, j'opte pour la combinaison de 4 bébé tacos (14 €), au poulet, au porc ainsi qu'à la côte de bœuf marinée, végétarien, plutôt décevant avec ses viandes pas loin d'être passables et ses haricots bien trop cuits, sans présence aucune et de surcroît scandaleusement noyés dans le jus, en plus d'être servis tièdes.

Rice-5.JPG

Lorsqu'on quitte les lieux notre sentiment balance inévitablement entre indulgence et consternation. L'un est plutôt emballé quand l'autre est déçu. En réalité, on ne sait pas sur quel pied danser. Rice and Beans non plus.

Rice-6.JPG

 

Rice Beans

22 rue Greneta

75002 Paris

01 73 70 46 09

riceandbeans.fr

 

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 08:56

Bob-1.JPG

C'est bio, c'est végétarien, c'est terriblement frais et délicieux. On est dans cette mini cantine healthy un pied à New York - tendance Brooklyn - le second à la maison (éco-durable, forcément). On n'a pas grignoté l'ombre d'un radis blanc qu'on se sent déjà comme un poisson dans l'eau, voir un peu ivre de joie dans cette petite salle épurée aux murs blanc traversée par deux grandes tables d'hôte en bois, lesquelles sont encadrées de cageots, d'une poignée de patères et de quelques magazines. Attachant et apaisant.

Bob-2.JPG

On lève la tête et c'est un tableau qui s'allonge sur toute la largeur du mur sur lequel sont inscrites des propositions ramassées au maximum (jus mixés, jus filtrés, baggel herb bean/avocat, futomaki avocat/mangue/radis, veggie stew, cookies.) L'eau nous monte immédiatement à la bouche, on brûle pratiquement de désir. Le mot n'est pas faible. Comptoir, commande - à peine 15 euros pour un plat, une boisson et un dessert - chaise haute, couverts à portée de main, thermos de tisane au gingembre et cardamone à discrétion et quelques minutes plus tard le veggie stew posé sur notre table, qui casse la baraque avec ces saveurs qui déboulent de partout, qui foncent tête en avant dans tous les sens et nous enchante, forcément, nous laissant sans voix, stupéfait.

Bob-3.JPG

Impossible de ne pas en tomber raide dingue avec ces légumes compotés, sélectionnés au grès des saisons, selon l'arrivage et l'inspiration et composés aujourd'hui de tomates cuites, de graines germées, de pousse d'épinards, de patate douce, de riz rond à la tomate, de courgettes, aubergines, oignons, champignons, salade alfafa. Dans la foulée, entre deux pages de Purple Magazine, un thé Oji-Cha et pour dessert un réjouissant clafoutis aux abricots amers, acides comme on les aime, et il n'en faut pas plus pour se sentir ragaillardi, régénéré, l'esprit assoupli, le corps au taquet. Tout simplement magique.

Bob-4.JPG

 

 

Bob's Kitchen

74 rue des Gravilliers

75003 Paris

Tel: 09 52 55 11 66

bobsjuicebar.com

 

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 11:34



Loué soit Robin qui le premier m'alerta sur l'existence d'Happy Days, un dinner pur jus lequel coule depuis deux ans une existence paisible entre le bouillonnant boulevard Saint Michel et la placide rue Saint André des Arts.
Soit un ticket sans escale pour l'euphorisante et non moins troublante Amérique des années 50 - jukes box, tables bubble gum et rock and roll à tout va et aussi indispensable que du sirop d'érable sur une pancake, faisant foi de notre voyage dans le temps.
Le BBQ burger avec sa viande généreuse, son fromage fondant et ses oignons rings impecc est une vraie tuerie d'autant que les buns toastés juste ce qu'il faut possèdent ce je ne sais quoi qui les sort de leur réserve habituelle pour leur faire jouer un rôle de premier plan.
Les frites, toniques, épanouies sont également au meilleur de leur forme.
On s'attend à quitter la table l'estomac ballonné, le corps un peu engourdi et c'est tout le contraire qui se produit, le burger possédant cette qualité rarissime de tendre à une certaine légèreté tant la présence de matière grasse semble superficielle et non pas saturer le plat comme c'est souvent le cas, ce qui a le mérite de faciliter l'expression propre de chaque ingrédient dont la saveur n'est pas amoindrie parce que superposée, muselée par la graisse.
On aime, on adore, pas le temps de dire ouf qu'on y est déjà retour.





Happy Days
25 rue Francisque Gay
75006 Paris
Tel: 01 43 39 67 07
http://www.happydaysdiner.com/

 

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 22:51


Malgré sa déco sympa qui balance entre la brocante et le dinner américain, ses hamburgers plutôt bien achalandés, sa cuisine en open space visible dès la chaussée ou cheese cake, brownie et cup cakes se la coulent douce en vitrine tout en faisant les yeux doux aux passants, H.A.N.D (pour Have A Nice Day), est loin, très loin de faire des miracles.
Plutôt que de chercher à imposer une lecture personnelle et volontaire du grand classique américain, cette nouvelle adresse joue au contraire la carte de la prudence, comme si le mot d'ordre avait été de retenir ses ardeurs, de mettre sous cloche envie et ambition.


Les oignons rings partis en éclaireur donnent immédiatement le ton et sont autant d'informations sur les limites de l'établissement. Insipides, dont la texture hésite entre la pomme de terre et le salsifis et uniquement sauvés du naufrage par cette sauce barbecue qui fait tout le travail, on est impatient de passer aux choses autrement plus sérieuses telles ce bacon burger dont on espère qu'il rehaussera le niveau.

Manque de chance, le ratage est complet. Steak haché correcte sans plus, servi saignant mais commandé à point, buns exagérément épais, secs et servis à température ambiante (impression désagréable que le pain est la pièce centrale de l'assiette), deux tranches de bacon lyophilisé dignes des pires buffets d'hôtels ou le gras est le grand absent et parachutées sur une tranche de cheddar qui fut un temps fondante en cuisine mais sans vie dès la première bouchée au point que le couteau donne l'impression de traverser une épaisseur de plastique passée de l'état liquide à l'état solide.
Quand aux frites, d'une fadeur ahurissante, mollassonnes, sans peps et au teint vitreux, on les sent gênées, peut-être de trop, comme si elles s'étaient trompées d'adresse.
Rien dans cette assiette aux allures de réunion de croque morts pour faire levier, pour donner le change. C'est le grand vide, la grande énigme, de la cuisine aux ras des pâquerettes. Sans âme ni passion. 


L'adresse ayant ouvert ses portes il y a moins de quinze jours, on pourra toujours lui concéder d'être en rodage, de manquer de repères et de n'avoir pas encore trouvé sa vitesse de croisière, seulement, préparer un hamburger digne de ce nom ne nécessite pas de compétences extravagantes mais de croire un minimum en ce que l'on fait, d'y mettre du cœur sinon de la passion, soit tout le contraire de l'équipe en cuisine, végétative, trainant du pied, et semblant porter tout le poids du monde sur ses épaules.
On pourra reprocher au jeune patron d'avoir sacrifié la qualité de ses assiettes au détriment d'une déco certes séduisante (une première salle très agréable et profitant au maximum de la lumière naturelle distribuée par la baie vitrée, une seconde plus sombre mais aussi plus intime, idéale pour les diners en tête à tête.)
On aurait apprécié qu'il continue d'imprimer son style, sa personnalité jusque dans le choix de ses produits, dans la manière de faire, au lieu de quoi il s'est effacé jusqu'à donner cette impression incomfortable d'un navire sans capitaine à son bord.


H.A.N.D

39 rue de Richelieu

75001 Paris

Tel: 01 40 15 03 27

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