750 grammes
Tous nos blogs cuisine Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 13:30

(Enzo 1)

Drôle d'ambiance dans cette cantine glaciale sans âme où les serveuses fonctionnent comme des automates et le patron ne décroche pas un mot mais abreuve en continu la salle de regards hostiles, torves, un brin fielleux. Manquerait plus qu'il mordre. Ce qui serait peut-être le cas si vous preniez votre courage à deux mains pour lui avouer que sa pizza, hé bien, elle vaut pas tripette, que cela tient pour beaucoup à cette pâte fadasse, mal cuite qui a autant à voir avec les pizzas italiennes que les sushi de la rue de la Gaieté avec la gastronomie japonaise et dont le croustillant est un vieux rêve sur lequel il s'est définitivement assis dessus. Dommage, les légumes confits de la pizza éponyme (13,50 sur place, 13 à emporter, la belle affaire...) étaient au rendez-vous, abondant, délicieusement fondant.

(Enzo 2)

«Pizza fine et craquante» mais encore «merveilles culinaires, gastronomie, maestro (!), telles sont les louanges et autant d'énormités que l'on trouvera hasard du site de l’intéressé (qui sévit dans le quartier depuis tout de même 25 ans - tu parles d'une légitimité), dans ce qu'il faut bien appeler un ersatz de publi reportage. Cerise sur le gâteau, cette rubrique vente en ligne de pizzas artisanales congelés dont les tarifs s'échelonnent tout de même entre 9,50 € et 10, 50 € ! Arrivé à ce stade on ne sait plus s'il faut en rire ou pleurer. A défaut de choisir, on se contentera déjà de ne plus y mettre les pieds.

 

Enzo

72 rue Daguerre

75014 Paris

www.pizzaenzo.com

 

Partager cet article
Repost0
27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 14:06

Vilia 1

Avec cette chaleur on n'est pas mécontent d'occuper une petite table à l'ombre sur le trottoir. Vacances d'été aidant, le calme saharien de la rue de Cotte est rarement pris à parti par les véhicules qui se font aussi rares qu'un petit vent doux susceptible de nous tirer de notre torpeur. San Pellegrino bien chambrée en embuscade, un rapide coup d’œil à l'intérieur nous révèle une micro-salle rétro, mâtinée de mobilier des années 50. En d'autres temps l'espace a vu naître puis mourir une boutique de fourreur, qui est tout l'opposé sinon le contraire d'une planque bistronomique de terroir italien.

(Vilia 2)

Au déjeuner, tiens, c'est parfait. Inutile de vider son portefeuille pour faire un sacré bon repas (compter 17 €, l'entrée et le plat, 20 avec le dessert), quoique la Burrata aux copeaux de truffe noire vantée par l'inénarrable Marco - belle gueule - slalomeur surdoué de la parole, soit un peu voir beaucoup à la ramasse, muette comme une carpe, la chose, à la résistance et à la texture proche d'une qualité industrielle, autant dire que pour le cœur laiteux on repassera. Après tout, l'erreur est humaine et le couscous de poisson d'inspiration sicilienne annule d'un coup de baguette magique ce désolant incipit.

Vilia 3

Question panache, saveur et générosité, ça envoie. De la rascasse, du cabillaud, du rouget du poulpe et des moules: c'est presque un filet de pêche qui s'est déversé dans notre assiette. Graine de semoule tendre et aérée à mouiller avec un bouillon épais et parfumé, plat rafraîchissant de carottes et de courgettes crues à partager. Un festin de prince en même temps qu'une déclaration d'amour à la Sicile et plus spécialement Trapani, berceau de cette spécialité. Et autant de raisons de prendre ses quartiers d'été chez l'encourageant Vilia.

Vilia 4

 

Vilia

26 rue de Cotte

75012 Paris

06 62 32 27 22

 

Partager cet article
Repost0
14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 10:45

Reb 1

Les commentaires indignés vont une fois de plus abonder, arguant que j'y connais walou en matière de pizza, qu'en réalité je n'en ai jamais mangé d'authentique, qu'ici ou là se trouvent les meilleures de la capitale et qu'après tout que mes connaissances pour juger de la qualité d'une bonne pizza sont nulles et ainsi de suite.

Ce que je sais avec certitude c'est que la pizza est un sujet hautement sensible, celui qui dans ces pages fait le plus réagir les internautes, toujours avec passion, souvent avec virulence. Pâte fine, pâte épaisse, croustillante ou non, les critères sont passés au peigne fin et une fois le débat lancé, toutes les raisons sont bonnes de s’écharper, nombreux oubliant que je prends toujours comme référence la pizza que le quidam peut déguster à Naples , la pizza napolitaine s'avérant même protégée depuis 2009 par le label de qualité Spécialité Traditionnelle Garantie (STG), mais certains argumenteront encore que les labels, hein, on sait ce que ça vaut.

Ce que je sais également, c'est que je me serai bien épargné cette escapade rue de la Pompe, en plein 16ème arrondissement, zone sinistrée par excellence, grand corps malade placé sous assistance respiratoire qui n'en finit pas d'agoniser. N'y manquait que la corde pour se pendre qu'une de ces vieilles dames vous tendrait volontiers.

Reb 2

Enfin, ce que je sais avec certitude c'est qu'il n'y a rien de plus désagréable (écœurante impression d'être pris pour un pigeon) que de commander une Bufalina à 17 , supposée garnie de mozzarella di buffala dont elle ne compte en réalité que 4 ou 5 petites tranches lâchées sur une indigeste base de fromage industriel non mentionné dans l'intitulé et auquel on aurait préféré une bonne purée de tomate maison. Un comble, un peu comme si vous commandiez une tartine de foie gras et qu'on vous la serve une tartinén de pâté de foie sur laquelle on aurait daigné glisser 4 ou 5 petits bouts de foie gras. Purement scandaleux.

D'abord surpris puis choqué, on finit par voir rouge lorsqu'on découvre sur le blog de Gilles Pudlowski cette même Bufalina généreusement garnie de buffala qui en recouvre la quasi totalité - sans parler des tomates cerise qui abondent -, aux bords légèrement carbonisés comme on les aime et pas blancs comme neiges, farineux, surélevés à la manière des infâmes Cheezy Crust de Pizza Hut. Et pour couronner le tout, on note que la pizza du célèbre critique est arrosée d'un généreux filet d'huile d'olive - deux poids deux mesures, n'est-ce pas. Quand au détail qui tue - la feuille de basilic -, fraîchement cueillie, émincée finement et garnissant la pizza après cuisson, il s'agit pour ma part d'une pauvre feuille cramée posée là comme un cheveu sur la soupe - l'affront impardonnable, le crime absolu.

Des claques se perdent dont l'équipe du restaurant se moque bien, tous les ingrédients étant réunis pour faire de La Pizzeria di Rebellato «l'adresse incontournable où se régaler d'une véritable pizza comme on n'en trouve pas à Paris.» Et ils rétorqueront que les gens font la queue, que les people s'y précipitent, sans m'épargner les sommets d’efforts fournis (les nuits blanches et tout) pour offrir aux amateurs une pizza irréprochable... Tout compte fait, mieux vaut en rire qu'en pleurer.

 

La Pizzeria di Rebellato

138 rue de la Pompe

75016 Paris

01 44 05 08 08

www.rebellato.fr

 

Photo haut de page, copyright La Pizzeria di Rebellato, empreint exceptionnel de ma part qu'on se précipitera de me faire retirer étant donné que l'article est à charge.

 

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 14:00

Q1

Voilà que ça continue, boucler la valise en un temps record et flinguer de précieuses minutes histoire de faire un crochet imprévu et tout à fait inapproprié chez 40/60 qui vient juste de lever le rideau. Un peu que je les désirai ces pizza à la coupe, à la pâte épaisse mais moelleuse et croustillante, garnies de légumes archi frais, de charcuteries et de fromages strictement italiens comme le lardo di Colonnata ou les tomates pelées San Marzano.

Q2

Je me voyais déjà engloutissant une part ou deux (mettons trois) dans le petit jardin attenant à Rino, annoncé comme «communautaire», portes closes, cadenas épais comme le poing et ouvert quand bon lui semble, c'est à dire probablement deux fois l'an. Plutôt décourageant quand on pense aux jardins collectifs new yorkais entretenus par une poignée d'habitants et ouverts à tous, en permanence et non strictement réservés à une poignée de privilégiés.

Q3

Passons, la pizza ne perd rien à être dégustée en salle. Avec ça, elle est habillée comme une reine parce qu’enrichie d'une roquette virevoltante, de parmesan jeune râpé. Le jambon sec fiorucci nous interpelle, qui est à tomber à la renverse. La garniture danse sur la pâte plus qu'elle ne fait bloc avec elle et avec ça la pizza est nettement moins grasse et plus goûteuse que chez Al Taglio que pourtant on adore. C'est le bal du 14 juillet sur une une pizza, un grand sourire sur le visage qui se dessine avant de sauter dans l'avion.

Compter 12 € par personne.

Q4

 

40/60

44 rue Trousseau

75011 Paris

09 53 57 58 18

www.40x60.fr

 

Partager cet article
Repost0
25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 18:15

Tentazioni 1

Il y a du souffre, il y a du mordant, beaucoup de courant électrique et de promesses dans le patronyme de ce restaurant qui convoque immédiatement l'un des mots les plus fameux d'Oscar Wilde: «Le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder.» Sitôt passé devant la devanture bleu nuit de cette trattoria/traiteur et parcouru les propositions du jour (pappardelle au ragoût de pintade, involtini de poulet, tagliatelles aux cèpes, pâtes au ragoût de calamar...), on est comme aimanté, incapable d'autre chose que de s'y attabler dans les minutes qui suivent. Une impulsion qu'on ne regrette pas mais qui ne justifie pas non plus de se mettre en état d'alerte maximum et de se précipiter comme un damné sur son téléphone (la réservation est chaudement recommandée).

Tentazioni 3

Donc ils sont quatre et c'est une famille: la mère, le père, les deux fils, les efforts tendus vers un seul objectif qui est de proposer une savoureuse cuisine à dominante sicilienne. C'est plutôt carré et bien enlevé et si la Sicile avance plus à pas de loup qu'elle ne saute à pieds joints dans le plat pour y mener une gigue de tous les diables, Tentazioni ne déçoit pas, comme en témoignent ces impeccables assiettes de charcuteries et d'antipasti à partager.

Tentazioni 2

Pas vraiment photogénique, on passe sur le foie de veau à la vénitienne, plutôt réussi semble-t-il, en regard duquel les spaghetti aux noix de Saint Jacques simplement excellentes - ail, persil, huile d'olive, jus de cuisson, une présence discrète qui offre un boulevard aux Saint Jacques parfaitement cuites, légèrement résistantes et fondantes ont des allures de jeunes filles en fleur.

Tentazioni 4

On apprécie mais on n'explose pas de joie. Si le savoir faire est là, reste cette truculence qui rendrait l'adresse exceptionnelle.

 

Tentazioni

26 rue Tholozé

75018 Paris

01 53 28 45 20

 

Partager cet article
Repost0
3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 17:00

(Lucky 1)

On est pas qu'un peu mal à l'aise de surprendre des enfants en train de se fracasser les dents sur leur part de pizza pétrifiée, plate comme un encéphalogramme. On est même gêné de voir leur parents lutter également comme des forçats pour démanteler la semelle cylindrique. Cette galère, on la subit également, alors on est plutôt compatissant et même désolé pour cette petite famille et les autres, toutes les autres. Sûrement se demandent-ils ce qui les retient de crier au scandale, d'hurler leur indignation, sinon leur dégoût, au lieu de quoi ils avalent leur embarras, font comme si de rien n'était et affichent une mine radieuse, béatement réjouie, la même qui était la leur lorsqu'ils ont pénétré une petite demi heure plus tôt dans la cour des Petites Écuries.

Lucky 2

Le vrai responsable de ce fiasco, c'est peut-être elle, cette jolie cour pavée qui fait un coude et filait autrefois en direction de la gare Saint Lazare. On est en terrasse, la ruelle est animée, très animée, pour un peu on se croirait dans le sud, à Perpignan, peut-être en Espagne, du coup on savoure,sans trop se poser de questions, on se montre indulgent, voir trop, au point de faire l'autruche.

Lucky 3

Inévitablement, on passe sur la médiocrité d'une pizza sans âme, cuite dans un four électrique, aux saveurs écrasées, comme lessivées (assez, plus qu'assez de cette infâme mozza industrielle, déjà durcie à peine sortie du four). 14 euros pour une pizza Blanche fadasse au possible, on leur donnerait des claques ou on continuerait d'en rire.

 

Lucky Luciano

1, cour des Petites Écuries

75010 Paris

09 51 55 73 41 (sans réservation)

 

Partager cet article
Repost0
26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 11:01

(Grazie 1)

D’accord, il faut être odieux pour facturer 35 euro une mozzarella di bufala, fut-elle de 500g et pour deux, une pizza à la crème d’artichaut et parmesan 24 mois 19 € et un Chambertin de Trapet 255 €. L’expérience nous a appris que la paire Marie-France et Julien Cohen n’était pas à une hérésie près et tout compte fait cela réussit bien. Depuis Pizza Chic dont Grazie est l’ersatz flanqué d’un bar à cocktails, nous avions pigé la démarche des Cohen, en réalité calquée sur celle du mensonge imparable: plus gros il sera, mieux il passera. Ne restait plus qu’à appliquer ce petit tour de passe passe aux tarifs dopés aux testostérones, lesquels une fois qu’ils ont crevé le plafond frôlent l’abstraction et deviennent paradoxalement presque tolérables pour le client. En quelque sorte, l’ahurissement de celui-ci détermine son choix.

Grazie 4

Résultat, Grazie comme Pizza Chic ne désemplissent pas et c’est une faune bobo, griffée et connectée si bien décrite dans la série bd des Monsieur Jean de la doublette Dupuy et Berbérian, qui s’y presse pour jouer à fond le jeu et croquer à pleines dents la vie dans ce qu‘elle a de moins raisonnable, de plus douteux et moins juste mais aussi de plus excitant, de plus crapuleusement jouissif.

Grazie 2

On retrouve chez Grazie les grandes baies vitrées qui inondent la salle mi lounge (canapés, bougies le soir), mi loft new yorkais, en plus de cette belle et onéreuse carte qui fait la part belle aux pizzas dont Aurora (mozzarella di bufala, tomate, ail, basilic, huile d‘olive) reste l’élue de mon cœur parce qu’irrésistible dans son dépouillement, juste dans ses saveurs, toujours aussi croustillante (quoique cette fois-ci excessivement cuite, à la limite de l‘acceptable) et équilibrée.

(Grazie 3)

Depuis Pizza Chic, ce n’est un secret pour personne qu’Aurora est mon pêché mignon et qu’elle justifie à elle seule mes visite dans cette maison vaguement décadente et indécente par les tarifs qu’elle y pratique mais reconnaissons-le, fort attirante, comme pouvait l’être dans le temps une demi mondaine fardée, élégamment vêtue et furieusement désirable mais rongée de l’intérieur par la maladie.

 

 

Grazie

91 bd Beaumarchais

75003 Paris

Tel: 01 42 78 11 96

Site: graziegrazie.fr

 

Partager cet article
Repost0
30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 09:17

(Senza 1)

Noel au printemps ça existe et les parisiens sont aux premières loges pour en faire l‘expérience, 19 rue Oberkampf, très exactement. Dans le rôle des rois mages, deux copains adorables comme tout réunis sous la bannière sarde dont un transfuge d’Amici Miei, haut lieu de la pizza à Paris qui depuis a perdu de sa superbe. Avec son mur de briques, son carrelage délavé jaune pisseux et son comptoir comme on en trouve à la pelle dans les rades grouillant de turfistes, Senza Parole ne paie franchement pas de mine, ce dont on se moque royalement, préférant sa déco ingrate mais rendue ô combien chaleureuse par l’ambiance qu’y injectent les compères à ces endroits glacials et aseptisés revisités par une escouade de designers à la mode. Ce qu’on aime chez Senza Parole et ce pourquoi on reviendra fatalement, c’est d’abord l’accueil de Miro et Stéfano, chef et associé, une volée de sourires, de paroles bien choisies qui vous mettent tout de suite dans les meilleures dispositions en plus de vous ouvrir définitivement l’appétit. Après, ce sont ces mots qui tourbillonnent autour de vous, ces conversations, ces sujets lancés par Miro (par exemple, de la supériorité de l’huile d’olive transalpine sur toute autre, ce qui en passant ne se discute même pas) , qui s’en vont butiner d’une table à l’autre. Sans parole? Bien au contraire. Ici, la parole est reine, ample et généreuse, qui est partagée dans un esprit quasi fraternel, comme on partage le pain, les petites joies comme les coups durs. La cuisine de Stéfano assisté de Claudio, silhouette fine et longue coiffée d’un bandanas (à l’égal de Deborah, la reine de céans de Croccante) est elle aussi partageuse, généreuse et furieusement jouissive. Le menu du midi à 15 €, avec ces deux plats est-ce qu’on appelle une bonne affaire mais rien n’empêche, vu la générosité des assiettes de se contenter d’un plat en direct, un risotto aux fruits de mer, des penne au fromage et noix, des spaghetti au beurre, à l’ail, à la sauge et à la boutargue, une viande, un poisson que sais-je.

(Senza 2)

La burrata figure dans les entrées du jour mais vu son succès devrait très prochainement intégrer la carte, aux dires de Miro qui envisage un arrivage quotidien. Et puis comme ces temps-ci cette poche de mozzarella qui n’en finit plus de faire des ravages dans la capitale est au mieux de sa forme, question de saison, autant ne pas hésiter et la commander sans délai (10 €). Servie entière comme au pays, trônant sur une pizzetta arrosée d’huile d’olive, coiffée de roquette et de tomates cerises, la burrata est dégoulinante comme on l’aime, bien en chaire, provocante à ressusciter un mort. Un tuerie calorique mais une explosion gustative et ce jusqu’au malaise qui doit être compris ici comme une manière d’orgasme.

(Senza 3)

Dans la foulée, les penne senza parole - safran, gambas et boutargue (14€) - d’un jaune solaire avec l’heureuse petite touche de vin blanc, la claque ultime, une débauche de saveurs en bouche qui vous fait tourner la tête et pratiquement perdre la raison. Un miracle d’équilibre, une révélation. Petite planque de quartier? Bon plan à garder sous le coude? Senza Parole, c’est encore mieux que ça: c’est une adresse monde, une adresse monstre.

 

 

Senza Parole

19 rue Oberkampf

750111 Paris

Tel: 09 81 91 20 45

 

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 23:12

Livio 1

Chacun a sa madeleine Proust. La mienne s’appelle Livio, cette illustre trattoria familiale chic et un peu toc sur les bords, qui fait les beaux jours de Neuilly depuis que Livio Innocenti en 1964 a sorti du four sa première pizza in «padella» (cuite sur plaque préalablement imbibée d‘huile d‘olive).

Du plus loin que me ramènent mes souvenirs, la pizza de Livio, à la fois fondante, croustillante et extrêmement gouteuse parce que riche en purée de tomate - à l’arrivée, un délice - a toujours fait la nique aux grincheux et aux râleurs qui se plaignent encore de son diamètre excessivement modeste - ce qui est plus qu‘exact, celle-ci s’avérant être au moins deux fois plus petite qu’une pizza traditionnelle. Ces drôles auront été un peu vite en besogne, qui ont oublié qu’en Italie une pizza se déguste également en entrée ou bien en plat principal accompagnée d’une belle assiette d’antipasti, d’une assiette de fritures, par exemple, d’où la taille limitée de la galette.

Chez Livio, on préfère en rire et même rajouter de l‘huile sur le feu: depuis peu, la pizza est proposée en version «pizzetta», (autour des 7 euros pour la plus dépouillée ), pauvre petite chose à la fois naine et ridicule qui s’avale en deux bouchées. Une chose également n’a pas changée: les tarifs de ces pizzas de la discorde très musclés, ahurissant au regard de la petitesse de la chose. Seulement, ce serait oublier que ce lieu très lumineux avec sa charmante courette ombragée, sa succession de salles à la décoration fraiche et euphorisante, son toit ouvrant lors des beaux jours, son service alerte; reste très attachant quand bien même le contenu de l’assiette stagne toujours dans la suffisance, dans le correct-sans-plus et mérite belle été bien des claques.

La clientèle également ne change pas: celle là même qui chaque printemps hante le village de Rolland Garros et qui baille d’ennuie le dimanche après midi chez Durand Dupont.

Livio 2

Ce dimanche, l’entrée du jour était pas mal du tout: les morilles à la crème, œuf poché et croutons (13€). La combinaison fonctionnait bien, d’autant plus que l’on se partageait une pizza Margherita, laquelle, une fois de plus m’a amplement satisfaite, ce qui n’était pas le cas du plat du jour, les penne à la forestière (14€) faciles, prévisibles et d’une grande platitude avec leurs pauvres champignons de Paris.

Livio 3

Reste que, les années passant, je reviens régulièrement chez Livio, et ce depuis mon plus jeune âge, auquel je reste attaché comme à un premier amour.

 

 

 

Chez Livio

6 rue de Longchamp

92200 Neuilly sur Seine

Tel: 01 46 24 81 32

 

Partager cet article
Repost0
26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 11:30

Positano-1.JPG

C’était il y a quelques années (cela semble hier). Si l’envie nous prenait d’une pizza, nous empruntions la rue Vavin, puis traversions le jardin du Luxembourg, descendions main dans la main la rue Bonaparte pour échouer place Saint Sulpice qu’une centaine de mètres nous séparait de la pizzeria Vesuvio ou nous aimions nous installer à proximité du four à bois, sous la peinture murale représentant la baie de Naples et le Vésuve. Un plat de pâtes, c’était deux rues en remontant, chez Positano, non pas celui de la rue Guisarde, sur-éclairé, trop bruyant, trop touristique mais le second, rue des Canettes, avec ses vieilles pierres, ses grosses poutres, ses tables serrées.

Dans le sillage de cette multitude d’adresses autoproclamées italiennes disséminées dans la capitale, Positano n’a jamais rien proposé d’original qu’une carte traine savate engouffrée docilement dans une ligne claire prévisible, figée, monolithique, voir monomaniaque.

Positano 2

Certains mieux que d’autres, tel l’intéressé, sont arrivés à tirer leur épingle du jeu en proposant des assiettes nettement au dessus du lot mais bien en deçà de l’inventivité d’une cuisine gastronomie régionale riche et épatante qu’elle soit sarde, piémontaise ou sicilienne et qui reste absente de la majorité des cartes.

Pour peu qu’on ne s’attendent pas à des miracles ni à être tiré par la manche vers des territoires inconnus, les pâtes chez Positano sont rarement décevantes et même plutôt bien troussées, comme ces linguine aux gambas tranquillement facturés 19 € qui font bonne impression. Avec une focacce (5 €) un petit verre se vin et une brassée de souvenirs, on tient son repas.

Positano-3.JPG

 

 

Positano

15 rue des Canettes

75006 Paris

Tel: 01 43 26 01 62

 

Partager cet article
Repost0

  • : Food'up ! Food'down !
  • : Chroniques gustatives.
  • Contact

Mes addresses

Le Pré Verre (Cuisine et vins d'auteurs), 8 rue Thénard, Paris 5è

Asian Wok (cuisine Thai avec un zeste de fusion), 63 rue Oberkampf, Paris 11è

El Mansour (Le couscous Marocain de la capitale sinon de l'héxagone), 7 rue de la Trémoille, Paris 8è
Croccante (Spécialités siciliennes, cuisine régionale à couper le souffle), 138 rue Vaugirad, Paris 15è 

Rechercher

Pages

Liens