750 grammes
Tous nos blogs cuisine Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 11:00


                                  033

Une fois acquitté de ces 2,90 euros qui vous donnent accès au jardin d'acclimatation ainsi qu'à ces réjouissances attendrissantes quoique un peu fanées, vous prenez immédiatement sur votre droite en direction de l'ancien pavillon de l'impératrice Eugénie dont vous faites le tour afin de gagner l'escalier donnant accès à l'univers crée de toutes pièces (rapportées) par le poète,
l'écrivain, le peintre, le photographe, le conteur, le regardeur Hippolyte Romain.
C'est immédiatement entre les murs de cet ancien entrepôt de 350 m2 l'impression de s'être égaré dans quelque hutong de Pékin, d'avoir pénétré dans une de ces résidences traditionnelles à cour carréee (siheyuan) abritée derrière ses murs gris et sa porte vermillon.
Dans un décor de laques rouges, de lanternes, de soieries, de panneaux de bois, de meubles anciens patinés par le temps et de livres fatigués, le maitre des lieux qui est également le directeur artistique du jardin, se réjouira de vous initier à l'un de ces thés rares rapportés dans ses bagages, un puer, un oolong ou bien ce fascinant thé rouge aux céréales grillées, chacun proposés à 4 euros la théière. Comme vous le feriez sur un bout de trottoir, un après midi ensoleillé aux côtés de joueurs de majong, vous entamerez une conversation qui vous conduira jusqu'à la tombée du jour et qui ne s'achèvera qu'avec l'arrivée de la pluie. 

                                     006

C'est qu'Hippolyte Romain est intarissable sur la Chine qu'il découvrit il y a 15 ans avant d'y prendre ses quartiers plusieurs mois par an dans un pavillon pékinois, la capitale agissant sur lui comme un révélateur, libérant les possibles et condensant les formes menacées. Il a beaucoup écrit sur elle, il l'a beaucoup peinte également. Lorsqu'il séjourne à Paris, elle n'est jamais très loin de lui. Toujours à portée de main, à l'image de cette maison de thé, ce fragment de l'empire du milieu dont la greffe a pris dans les jardins d'acclimatation. La Chine, et par extension l'Asie (qui précipite chez l'artiste la création), reste toujours présente en creux, principe actif et invisible, que se soit entre les murs de Mademoiselle Li ou bien à la surface même de ces toiles témoignant d'une certaine jouissance de la vie, de la proximité de la mort.
Le rituel est immuable: Hippolyte Romain retourne de Chine, ouvre grand ses malles et en sort des sacs de thé, des bibelots chinés sur les marchés de Pékin; il dissémine au quatre coins de la pièce ses trésors comme on sèmerait le grain et l'usure du temps, la poussière font le reste. Et l'appel du voyage de se faire de plus en plus insistant, comme une irrésistible enfin de se confronter à son tour avec le monde.



Mademoiselle Li
Jardin d'acclimatation
Bois de Boulogne
75016 Paris
Métro Sablons
Ouvert Samedi et Dimanche, 12h-18h
www.hippolyte-romain.com                            

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 16:30

Les lieux que je fréquente le plus sont paradoxalement ceux dont je parle le moins. Ainsi Zen Zoo, dans la mythique rue du Chabanais, dont mon véritable attachement tient moins à ces pearl tea qu'à l'une de ces serveuses dont la présence remplit la quasi totalité d'un petit carnet noir dans lequel je consigne scrupuleusement le moindre de ses gestes, ses humeurs, un nouveau chemisier, une coupe de cheveux à laquelle je préférerai toujours l'ancienne. L'amour à distance, en quelques sortes.
Le zenzoo naïcha, soit ce fameux thé au lait servi chaud ou glacé, flanqué de succulentes perles de tapioca, natif de Taïwan et dont les déclinaisons sont nombreuses (thé vert, sésame, macha...) s'il fut d'abord une révélation la première fois que je pris place dans la petite salle du bas, s'avère en réalité médiocre, pour en avoir consommé excessivement à la fois à Taïwan et en Chine.



En Chine, on se rendra les yeux fermés dans l'une de ces franchises Taiwanaises telles Rabbit, Bellagio, Chamate ou la boisson y est généreuse et d'une qualité sans comparaison avec ce que propose l'adresse parisienne. A Taïwan on optera pour les mêmes ainsi que les maisons de thé (hélas de plus en plus rares puisque supplantées par les chaines de café telles Starbucks et Costa) tout en alternant avec les débits qui se trouvent à chaque coin de rue dont on abusera pas, ceux-ci proposant un thé certes peu onéreux mais utilisant quasi systématiquement un lait en poudre douteux et une solution sucrée de piètre qualité.

Cette boisson étant relativement facile à élaborer, il est dommage que Zen Zoo persiste à proposer un pearl tea d'une grande platitude dans lequel la présence du thé est anecdotique (perceptible ne serait-ce qu'à l'oeil, en raison de la couleur trop claire du breuvage), d'autant plus que la maison est fréquentée par de nombreux expatriés chinois et Taïwanais. La photo suivante, prise à Taichung (Taïwan) témoignera du gouffre qui sépare Zen Zoo d'une quelconque maison de thé taïwanaise.


Reste le pearl tea au sésame qui tire son épingle du jeu, une petite carte de pâtisseries qui tient la route et surtout la grâce de la jeune femme à la pâleur presque maladive, que je devine plus souvent triste qu'heureuse derrière ces sourires de façade. A laquelle il serait temps de déclarer sa flamme.


Zen Zoo

13 rue Chabanais

75002 Paris

Tel: 01 42 96 27 28

www.zen-zoo.com

 

Partager cet article
Repost0
10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 08:51


Le lieu est familier des amoureux et amateurs éclairés de thé. Certains y viennent comme ils se rendraient à un pèlerinage; avec émotion, humbles, imprégnés de la Voie du thé et de ses codes, mais également animés d'un désir ardent, ou bien encore viennent-ils de céder à un mouvement d'heureuse nostalgie.

D'autres y pénètrent poussés par la curiosité, comme aspirés par cet alignement de boîtes cylindriques, pourvues chacune d’un idéogramme, tapissant le mur sur toute sa hauteur, et visibles depuis depuis la façade en verre.

Tous, probablement, sont saisis d'émotion devant ce somptueux comptoir en bois sur lequel sont posées des balances anciennes - dont un très beau modèle remontant au second empire - des services, des briques de puer; l'ensemble donnant l'illusion de flotter, serein, libre de toute pesanteur dans ce ce décor offert à l'extérieur que la lumière pénètre avec douceur.



Parce que les
thés varient selon leur cru, selon leurs terroirs - comme les vins - et que son usage, en plus de creuser aux racines de l'être et d'éclairer notre modernité, est autant un art de vivre qu'un art de penser, Maître Yu Hui Tseng réputée pour être l'un des meilleurs experts au monde et qui la première, a introduit en Europe la pratique du Gong Fu Cha, a rêvé son espace comme le carrefour des meilleurs thés imaginables, exclusivement d'origines chinoises et taïwanaise. Plus de 1000 références transitent ainsi chaque année dans la Maison des Trois Thés, Maître Tseng sélectionnant et achetant la feuille sur pied (en faible quantité et dans des petites plantations respectant les chartes biologiques), avant d'en orchestrer la fabrication.
Une jeune femme dont la beauté m'envahit d'une joie étrange, m'apprend également que de grands chefs mais encore des œnologues, des sommeliers ou des «nez» de parfum viennent se former ou exercer leur palais lors de cours dispensés par Maître Tseng.


Elle fait silence au moment qu'elle pose la théière sous la flamme de la torche. Je venais m'imprégner de ce lieu qui dégage une vague impression de langueur, j'envisageais de n'y rester qu'un bref instant et c'est néanmoins avec joie que j'accepte sa suggestion de m'installer afin de goûter un thé préparé au gong fu cha.
Mon choix se porte sur un wen shan bao zhong, d'une grande fraîcheur en bouche, aux accents légèrement fruités, parfois fleuris. J'aime le style fluide, sans précipitation de la jeune femme, disons un style simple et sain qui participe à me faire éprouver une concentration du corps et de l'esprit dont la simple dégustation d'une tasse de thé est souvent à l'origine.

Après, c'est silence, un bien être qui l'emporte sur les mots.


La Maison des Trois Thés
1, rue Saint-Médard
75005 Paris
Tél. : 01 43 36 93 84

www.troisthes.com/

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 09:51























Aux Pâtes Vivantes, le spectacle commence dans la rue avec ces nouilles étirées à la main puis plongées séance tenante dans une marmite d'eau bouillante devant nos yeux incrédules qui forcent bon an mal an la vitre embuée, et se poursuit dans l'assiette autour d'une soupe de nouilles épaisses au bœuf Lanzhou ou bien assaisonnée à la sauce Chiajang, un plat de nouilles sautées ou au riz façon Sichuan ou Hunan. Un accueil chaleureux et sincère, un cadre de factory affairée sans être tapageuse, un plat de nouilles copieux servi dans un bol qui prend des allures festives et dont l'astuce consiste à mélanger son contenu afin d'en faire revenir à la surface les fameuses ainsi que la sauce toujours succulente, c'est autrement plus rigolo et agréable que ces plats servis au lance pierre une fois décongelés chez le petit chinois aux pieds de la maison. Entre les Pâtes Vivantes et une petite cantine de l'empire du milieu, absolument aucune différence si ce n'est ces petites concessions qui sont autant d'aberrations (jiaozi derrière lesquels se cachent ni plus ni moins les insupportables guyozas, salade verte glaciale et taiseuse assaisonnée de sauce soja...)
Sans être l'adresse du siècle, les Pâtes Vivantes reste tout de même recommandable pour son ambiance attendrissante, sa formule déjeuner à moins de 12 euros et parce que la cuisine y est très correcte et sort pour une fois des sentiers battus. Il est conseillé de s'y rendre tôt à l'heure du déjeuner et aux alentours de 19h00 pour y goûter des spécialités uniquement proposées en soirée, après quoi on risquera de devoir patienter un bon moment à l'extérieur avec des mines réjouies ou bien de chien battu selon notre endurance et notre appétit.



















Les Pâtes Vivantes

46 rue du Faubourg Montmartre
75009 Paris
Tel: 01 45 23 10 21
www.lespatesvivantes.com
Partager cet article
Repost0

  • : Food'up ! Food'down !
  • : Chroniques gustatives.
  • Contact

Mes addresses

Le Pré Verre (Cuisine et vins d'auteurs), 8 rue Thénard, Paris 5è

Asian Wok (cuisine Thai avec un zeste de fusion), 63 rue Oberkampf, Paris 11è

El Mansour (Le couscous Marocain de la capitale sinon de l'héxagone), 7 rue de la Trémoille, Paris 8è
Croccante (Spécialités siciliennes, cuisine régionale à couper le souffle), 138 rue Vaugirad, Paris 15è 

Rechercher

Pages

Liens