750 grammes
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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 08:58

(Bis 1)

Le fooding low cost et sans supplément c'est par ici. 19 € à tout casser les trois plats, 14, 90 € les deux. Plus que correct pour une bistronomie de poche douce avec le porte monnaie qui est le pendant sympathique et charitable des locomotives voisines et autrement plus dispendieuses que sont Vivant, Richer, L'Office et Albion. Autant dire qu'on ne s'y reprend pas à deux fois pour goutter cette cuisine gourmande pleine d'envie, simple et sans manières au déjeuner, plus élaborée au dîner, tout ça dans un cadre plaisant et épuré – zinc chaleureux en bois clair, mur blanc en relief, banquettes rouge en enfilade et cuisine ouverte où œuvre Quentin Domange.

Bis 2

Simple comme bonjour, arrosé d'une vinaigrette dispensable, le carpaccio de melon et jambon serrano est une belle bouffée d'oxygène en ces jours lourds et gris.

Bis 3

Percutant, avec juste ce qu'il faut d’épaisseur et d'onctuosité, le velouté de cèpes et pleurotes impressionne comme il explose en bouche où ses saveurs s'installent durablement. Heureux ravages et délicieux jusqu'à l'addiction.

Bis 4

Le suprême de volaille fermier façon basquaise et riz pilaf comme au café du coin mais taillé dans le marbre: produit d'excellence, cuisson millimétrée, plaisir gustatif sans limite: un grand petit plat.

Bis 5

La pièce du boucher fondante de belles proportions et ses pomme de terre persillées insuffisamment cuites, arrosée d'un soupçon de jus de viande ne fait pas dans l'extravagance mais assure l'essentiel.

A noter, le plan malin, cette omelette/salade à 6 € servie au comptoir le midi.

 


Bistro Urbain

103 rue du Faubourg Saint Denis

75010 Paris

01 42 46 32 49

www.bistro-urbain.fr

 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 11:33

((Tai 1))

101 Taipei, ce qui fut jadis le gratte ciel le plus haut du monde (509 m), ridiculisé depuis par le Burj Khalifa (828 m). Tout le contraire des records et de la démesure dans cette discrète cantine taïwanaise échouée en lisière du quartier estudiantin de la Sorbonne. Où de jeunes expatriés en mal du pays se retrouvent du midi au soir dans un décor neige et chlorophylle autour d'une formule plateau bon marché (12,50 € le plat au choix incluant un thé aux perles bien mousseux en surface, plutôt délicieux quoique insuffisamment chargé en thé - compter 5,50 € hors menu).

Tai 2

Une adresse charmante pleine de vie ou l’accueil est chaleureux voir au delà, les deux taïwanaises officiant en salle s’avérant originaires de Taipei quand la cuisinière a grandi à Taichung, lieu de naissance du désormais incontournable thé aux perles qui aura laborieusement fini par trouver ses marques dans l’hexagone quand il est déjà passé de mode dans les pays d'Asie du Sud-Est.

Tai 4

Hésitant interminablement entre le poulet aux trois saveurs et l'indéfectible soupe de nouilles au bœuf que je réserve pour la prochaine vague de froid, j'opte par pur hasard (yeux fermés, index écrasé au petit bonheur sur la carte) pour le bœuf mijoté maison (9 € en plat simple) parfumé comme un conte exotique, lequel recouvre une généreuse portion de riz japonais court en rond.

Tai 3

Excellent choix qui en appelle d'autres qu'immanquablementje goûterai un de ces jours prochains.

 


101 Taipei

48 rue Gay Lussac

75005 Paris

09 51 72 09 19

 

 

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 10:57

Laz 1

Pour une première c'est une première. Les adresses gastronomiques installées dans les gares hexagonales se comptant jusqu'à ce jour sur les doigts d'un manchot, autant dire que l'ouverture du bien nommé Lazare piloté par l'insatiable Éric Frechon a fait l'effet d'une bombe. Depuis son ouverture il y a quinze jours, c'est le branle bas de combat: hommes d'affaires au costume sombre, irréductibles du chef triple étoilé, critiques sur les dents, gastronomes blasés, stars usées, pousses de vedettes, tous portés par une rumeur favorable affluent gare Saint Lazare (ressuscitée l'an dernier à grands frais), précisément la deuxième d'Europe en terme de flux de voyageurs.

(Laz 2)

Deux ans après avoir amorcé son virage démocratique avec son Minipalais qui nous avait séduit au delà du possible, la curiosité qui est un louable défaut nous amène inévitablement à réserver une table dans cette grande salle de 140 couverts organisée en quatre espaces - table d'hôte face cuisine ouverte, en prise directe avec les usagers (parfait pour un petit déj dès potron minet, un jambon beurre princier (7,50 €), un steak à cheval, pommes frites), bar central ovoïde en cuivre dévolu uniquement aux plats du jour, salle moderne boisée et noire décorée de vaisselle blanche gentiment bousculée par des touches industrielles (réseaux apparents) et des vestiges Belle Époque (chapiteaux, glaces), salon aux fauteuils club donnant sur une allée du centre commerciale.

(Laz 4)

Tradition, terroir, simplicité, cuisine famille, authenticité, le refrain est connu, archi connu et ferait gentiment sourire si effectivement on ne retrouvait pas en substance ces belles intentions dans l'assiette d’Éric Frechon, qu'on penche pour le semainier (18 €) - lundi, quenelle de brochet sauce nantua, mardi, foie de veau rôti au vieux vinaigre etc... - le plat du jour ou la carte (à tester un jour prochain, Les Déjeuners de Grand Mère, autrement dit le brunch du dimanche -38 €-).

Laz 3

Autant dire que les voyants sont au vert avec les œufs mimosa au thon et au crabe subtilement relevés (12 €), un brin régressif (mais une gare ferroviaire n'est-elle pas le lieu où les envies de grand départ rencontrent les souvenirs encore vivaces liés à l'enfance et au temps des vacances ?).

Laz 5-copie-1

En face, huit excellentes épaisses tranches de cœur de saumon fumé d'une belle couleur rose orangée accompagnées de blinis et d'une quenelle de crème fraîche aigrelette relevée à la ciboulette (16 €) .  

Laz 6-copie-1

Une divine poitrine de cochon grillée et sa choucroute de navets fondante relevée de baie de genièvre, caressée d'un filet de miel (21 €).  

Laz 7

Plat populaire par excellence témoignant de la volonté d’Éric Frechon de rendre accessible à tous la gastronomie et qui s'inscrit déjà comme le porte étendard du restaurant, ces bluffantes moules de bouchot à la crème, de taille moyenne mais bien pleines, servies dans une coque en cuivre et accompagnées d'un panier de frites (16 €). La sauce - à se damner - (laurier, thym, céleri, ail, crème, oignon) se termine à la cuillère sans qu'on en laisse une seule goutte. Exactement le genre de plat à avaler à la sauvette avec un verre de vin avant de sauter dans un train en partance pour la Normandie.

Laz 9

On reviendra pour les desserts, notamment le Paris-Deauville, qui fait beaucoup parler de lui, mais aussi le goûter. C'est qu'on y passerait des journées entières, chez Lazare, du matin au soir, sans jamais se lasser.

 

 

Lazare

Parvis de la gare Saint-Lazare

Rue Intérieure

75008 Paris

01 44 90 80 80

www.lazare-paris.fr

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 16:00

((Co 1))

Avec un nom pareil qu'il n'est pas allé chercher sous la semelle d'un éléphant Cô My Cantine affiche immédiatement la couleur. Bo bun, loc lac, pho et composent les seuls réjouissances de cet îlot détaché de la plaque asiatico-bellevilloise. Fraîchement ouvert à Ménilmontant, déployé autour d'un très joli cadre de bois clair, pierres apparentes et large baie vitrée, Cô My Cantine travaille avec obstination et non sans malice cette poignée de plats totémiques et routiniers que les parisiens connaissent sur le bout des baguettes et qu'à force ils finiront bien un de ces jours par prendre en grippe.

Co 2

Pour l'heure, on boulotte sans réel plaisir un bo bun sur le fil pas indigeste mais pas brillant non plus, où les nems croustillent, où la menthe est curieusement remplacée par de la ciboulette (moins onéreux ? plus facile à conserver?) et le bœuf positivement médiocre (mou, spongieux, à tout prendre on préférerait encore du chat ou du chien). Pas téméraire, on laissera à d'autres que nous le soin de juger de la pho qu'on imagine copieusement gratinée.

(Co 3) 


Cô My Cantine

18 rue de Ménilmontant

75020 Paris

 

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 22:51

(Pas 3)

Demandez la taille de l'engin, on vous répondra évasivement ''oh, une bonne dizaine de centimètres''. C'est trop vague ? Apportez un mètre et jugez par vous-même (au pire, faites constater par un huissier). Car le bazar est grand, très grand, quasi vertigineux, à tel point que le very best hot pastrami sandwich(19 €) est au sandwich ce que la tour Burj Khalifa de Dubai est aux gratte ciels.

Pas 2

Amateurs de tous les excès vous êtes ici chez vous dans le temple de la démesure, un dinerà la new yorkaise où les burger de la taille d'un éléphant côtoient des entrecôtes épaisses comme le poing. L'ambiance est survoltée (nous sommes au cœur du Marais), les mets sans surprise passablement moyens (pastrami vaguement écœurant, aucune nuance dans les saveurs, frites soufflées infâmes) mais le jeu en vaut la chandelle pour qui souhaite s'offrir un voyage à peu de frais (quoique tout rekatif) dans la Grosse Pomme, un voyage certes au rabais voir bradé en comparaison du monumental sandwich pastrami de Frenchie To Go chroniqué ici même, dont on ne s'est toujours pas remis

 


Schwartz's

16 rue des Ecouffes

75004 Paris

01 48 87 31 29

www.schwartzsdeli.fr

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:11

(Du 1)

En cheminant du port vers la vieille ville de Dubrovnik, le flâneur est immanquablement interpellé par la proximité entre ce petit pont penché au dessus d'un précipice et ce cimetière aux tombes flamboyantes.

(Du 2)

On les imagine nombreux, les désespérés, à s'être élancés depuis ce promontoire pour se fracasser sur les rochers et rouler dans la mer.

Du 4-copie-1

Plus réjouissante se veut cette promenade au milieu des édifices baroques de Dubrovnik, au cœur même des remparts.

(Du 3)

Dîner dans le jour déclinant de poissons frits et de risotto aux moules sur une petite place.

Du 5

Souvenir moindre en comparaison de celui laissé par ce voyage et rapatrié dans le gris parisien. 

Du 6Du 7     

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 07:00

((K 1))

Glisser, manquer de trébucher sur les ruelles renaissance et gothique en marbre de Korkula. Sentir le chat mouillé et se calfeutrer dans une chambre dont la vue au premier étage donne sur le petit port et la citadelle aux pieds de laquelle en d'autres circonstances je n'aurais pas manqué de me baigner. Malgré la pluie, malgré les bourrasques qui viennent se fracasser sur les remparts et leurs bastions semi circulaires, la vue à quelque chose de magique et profitant d'une accalmie il est toujours temps de s'enfoncer dans le dédale de ruelles disposées de manière très ingénieuse (en arrête de poisson) ce qui a pour effet de rafraîchir la ville en été et d'affaiblir le souffle glacial en hiver.

K 2

Demandez le meilleur restaurant de la ville est on vous répondra sans hésitation LD (pour Lesic Dimitri). A défaut de dîner face à la mer sur la terrasse aménagée le long de la promenade circulaire, la salle blanche et vitrée constitue la seule solution de replis. Encore heureux qu'une table se soit décommandée, les réservations se faisant plusieurs jours à l'avance. Pas plus tard qu'avant hier Dimitri accueillait des membres du clan Kennedy.

K-3-copie-2.JPG

Produits locaux et saisonniers provenant exclusivement de petits producteurs œuvrant sur l'île, pêche raisonnée; du pain maison aux bouteilles de vins produites au compte goutte jusqu'aux olives récoltées sur la plantation du chef et travaillées par ses soins, Dimitri Lesic n'envisage pas autrement le repas (plus qu'un repas, précise-t-il, un acte militant, un acte d'amour) que comme une rencontre avec ce que la nature a de meilleur à offrir et à laquelle sa cuisine ne fait que rendre modestement hommage.

K 5

Avec de tels propos on imaginait le repas commencer sur les chapeaux de roue. Ce qui est loin d'être le cas avec en entrée ce carpaccio de baudroie tranché trop fin, sans saveur et arrosé d'une délicieuse mais inutile sauce huile d'olive/citron.

K 4

Bien plus convaincant voir carrément jubilatoire, entre en scène (sous des tonnerres d'applaudissements) l'espadon rôti, son risotto de courgettes al dentecomme on l'aime et une richissime assiette de légumes grillés encore croquants pour certains qui nous laissent sans voix.

K 6

Et soudain de réaliser qu'il suffit d'un seul plat pour apporter le soleil là où il en manque cruellement.

 

 

LD

www.lesic-dimitri.com

 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 07:00

(Split 1)

Si jusqu'à présent la gastronomie dalmate m'a peu gâté ce n'est pas une raison pour en faire une habitude. A Split, un bon génie inverse la vapeur en conduisant mes pas aux pieds de la colline boisée du Marjan, tout près d'une vieille chapelle ou a élu domicile Sperun, une adresse plus que sérieuse qui sert infatigablement depuis des décennies une cuisine traditionnelle tout ce qu'il y a de plus authentique et excellente, de surcroît.

Split 2

Comment? Je ne dis pas un traître mot de cette merveille de vestige romain qu'est le Palais de Dioclétien? Et pourquoi pas tant qu'on y est parler de Rome sans évoquer son Colisée ? Ou bien Venise en faisant l'impasse sur ses canaux? Me le pardonnera-ton jamais? Très bien, en effet, ce labyrinthe de ruelles, ces rues étroites, cet enchevêtrement de venelles débouchant sur des cours qui encadrent des monuments au patronyme ronflant comme le Temple de Jupiter, la cathédrale Saint Domnius ou la porte d'Or. Un parfum de Vieux Nice mais sans la ferveur, l'insouciance et l’énergie qui l'habite. Tellement figé dans le passé que le quartier en a oublié d''être vivant.

Split 3

La vie, c'est plutôt dans cette sorte de bouillabaisse dalmate, le brujet - certes moins subtile que celle du pays mais en revanche plus légère -, qu'on vient la dénicher. Qu'on se représente un ragoût de la mer avec ses moules fraîches, ses poissons de roche hélas invisibles sur la photo puisque immergés dans une soupe riche en vin blanc, oignons, tomates, herbes.

Split 4

Accompagné d'une polenta bien crémeuse et en supplément d'une assiette de légumes grillés nature, c'est une véritable bombe qu'on tient au bout des couverts.

(((Split 5)))

De quoi vous mettre d'excellente humeur pour aller piquer une tête dans l'anse de Firule, plus reposante que sa voisine Bacvice où l'eau est sans surprise si froide qu'on n'y pénètre pas par paliers mais franchement, en s'y jetant d'un seul élan ou en exécutant un joli plongeon pour épater la galerie.

 

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 07:00

   AB 2

Sur la route de Split, ce mirage, cette merveille de la nature qui prend aux yeux, aux tripes et m'oblige à descendre de l'autocar. Ma destination d'origine était Split, changée d'un coup de baguette magique en Primosten, un nom ingrat sinon affreux pour résumer toute la magie de ce petit bourg médiéval bâti sur une presqu'île, flanqué d'une seconde couverte de pins et de plages de galets qu'entoure une eau turquoise.

AB 1

Les paysages qui nous retournent, nous secouent jusqu'à nous briser le cœur (et de repenser à la scène inaugurale de La Grande Bellezza ou un touriste asiatique de passage à Rome s'écroule raide mort devant tant de beauté), se distinguent souvent des autres en cela qu'ils sont autrement plus délicats à aborder voir impossible à immortaliser.

(AB 5)

On ne sait comment s'y prendre. L'angle n'est jamais le bon, la lumière toujours voilée ou à contre jour; trop de gens sur les plages, pas assez d'émotion, trop carte postale.

(AB 3)

De dépits, je renonce et me contente d'images médiocres que je jetterai probablement dans les jours à venir, les plus belles du présent article (exclusivement des vues aériennes) s'avérant empruntée à plusieurs sites.

AB 7

Rien ou si peu, alors, des chemins longeant les presqu’îles où j'aime à me promener avec la mer à mes pieds repoussée sans violence par des rochers ou fixe comme une image aux pieds des galets. Je ne vois rien de plus beau que les îles au loin, le turquoise de la mer et la possibilité de séjourner dans une de ces pensions avec terrasse à l'étage à la pointe extrême du village.

AB 8

C'est de savoir qu'inévitablement on reviendra dans ce lieu qui nous a fasciné et qu'on a profondément aimé qui rend l'appareil désespérément muet comme si seule la banalité devait lui rendre son souffle. A moins que désireux de conserver intacte cette émotion on s'efforce de la soustraire au ''plaisir nécrophilique du cela a été'' propre à la photographie qu'expose Roland Barthes dans sa Chambre Claire. Question appétit c'est la même chose: à souffle coupé, estomac noué et aucune envie de goûter à la parodie de cuisine qui se joue entre les vieilles pierres du village, où les poissons dits ''locaux'' sont péchés en Atlantique et tristement accommodés de pomme de terre bouillies. Reste le poulpe, capturé dans les environs et excellent dit-on en salade. Encore faut-il aimer.

AB 4 

Heureusement, reste la solution de replis locale et peu onéreuse: un take away pas plus grand qu'un placard où une dame sort à la minute de ses friteuses des anchois tout ce qu'il y a de plus délicieux dans leur robe de panure légère, on dira estivale.    

 

 

Deux premières images empruntées à:

www.goolets.comprimosten-town

www.sunsail.eu

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 07:00

Pa 1

Élancé face à la plage depuis la petite station estivale de Starigrad lamentablement vautrée à 0 m au dessus de la mer, atteindre le cirque de Buljma situé tout de même à 1400 m d'altitude était loin d'être gagné pour un marcheur occasionnel comme moi.

Pa 2

D'autant qu'en préambule de cette belle randonnée il m'aura fallu enchaîner deux kilomètres pour atteindre l'entrée du parc puis encore deux autres pour attraper le sentier pédestre qui traverse la gorge sauvage de Velika Paklennica pendant deux bonnes heures, un spectacle qui est déjà une récompense en soi tant la végétation est luxuriante (pins noir ''paklini'' auxquels le parc doit d'ailleurs son nom - utilisés pour le cirage des bateaux et dans la médecine traditionnelle -, mais aussi hêtres, chênes blancs et charmes), laquelle se déploie sous nos yeux de concert avec le massif chauffé au soleil matinal.

Pa 3

Les deux heures que durent la molle ascension sont l'occasion d'avoir une pensée émue pour ces vaillantes femmes en provenance des villages situés dans les hauteurs qui empruntaient autrefois ce même sentier pour s'en aller porter sur leur dos des sacs de sel en provenance de la côte ainsi que des sacs de blé provenant des champs fertiles de la Lika, ce qui tient tout de même du prodige au regard du parcours sinueux et accidenté.

Pa 4

On laisse derrière soi la grotte de Manita Pec' (mon désintérêt total pour les grottes, cavernes et autre tunnels) et nous voilà déjà arrivé à la cabane forestière de Lugarnica où les gardes forestiers enchaînent, visage cramoisi, les eau-de-vie comme d'autres les foulées - le marasquin (liqueur de cerise de Zadar) se mariant particulièrement bien avec la fin de matinée, nous apprend-t-on sans parvenir à nous convaincre.

Pa 5

Un peu plus haut, au refuge de Paklenica, lui aussi en équilibre au dessus d'un cours d'eau qui semble se déverser en sourdine, l'ambiance est toute autre. Ici, le café a remplacé les alcools domestiques (qu'on verrait bien servir de combustibles aux navettes spatiales) et ne manquent que le jeu d’échec et un volontaire pour pincer les cordes de son oud pour se croire quelque part dans contreforts de l'Atlas.

Pa 6

Pa 9

Une petite heure de grimpette légère jusqu'au refuge de Ramica Dvori où charitablement on m'offre de taper autant que je le souhaite dans la bouteille d'alcool de noix maison et les choses sérieuses commencent enfin.

Pa 8

Pa-10.JPG

Trois bonnes heures de montée ardue - disons dans la souffrance - qui vont me mener au terme de mon ''expédition'' entre sentiers forestiers et sentes pierreuses, jusqu'à ces prairies caractéristiques d'un climat subalpin ou abondent certaines espèces de papillon à avoir disparu de nombreuses régions d'Europe tel le Diane, le papillon Flambé ou le Grand porte-queu mais aussi une riche végétation de terrains pierreux comme la sauge (dont de retour au refuge de Ramica Dvori je trempe mes lèvres cette fois-ci dans l'alcool du même nom) et la bruyère à balais.

Pa-7-copie-1.JPG

Pa-11.JPG

Si la redescende prend logiquement moins de temps que la montée, elle monopolise pas moins de nombreux efforts, lesquels se voient récompensé par une baignade méritée dans les eaux glacées de l'Adriatique.

Pa-12.JPG 

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