750 grammes
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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 08:49
 






















C'est plutôt mignon, bien ficelé et pile dans l'ère du temps, ce concept chipé lors d'un séjour chez l'oncle Sam. Imaginez des gâteaux individuels colorés, des quatre quart au glaçage volontairement kitsch, «
kawai» à souhait et pas mauvais avec ça. N'utilisez que des produits bios ou naturels, installez vous en éclaireur dans un quartier néo-bobo à proximité de Bastille et faites monter la pression sur votre blog en évoquant tout azimut des commandes depuis Londres pour Azzedine Alaia, Chanel, Pierre Hardy et Yves Saint Laurent à Paris mais encore, cerise sur la gâteau, une commande pour la famille royale du Barhein de passage à Paris. Pour parfaire le tout, proposez vos bébés à un prix plancher de 3,90 euros, citez en référence les héroïnes de Sex and the City, addict de longue date de ces fameuses cupcakes et véritable caution morale des deux sœurs Rebecca et Maggie à l'origine de la (très) prometteuse affaire familiale, et vous êtes (quasi) assuré de faire un malheur dans les mois à venir et de vous répandre à Paris comme une trainée de poudre.
Et pourtant, rien de louche derrière ces miniatures customisées qui devraient également séduire le marché asiatique et principalement japonais. A l'image de ce Carrot Cake tout simplement succulent, flanqué de morceaux de noix et de pignons parfumés au gingembre et à la cannelle et coiffé d'un glaçage au cream cheese, les deux sœurs ne se contentent pas de servir une resucées à moitié bâclée des grands classiques outre-atlantique mais laissent le champ libre à leur créativité, à leur sensibilité, toujours à cœur de plaire, de surprendre mais sans pose ni esbroufe. Raison de plus pour que ça marche. La preuve, six mois à peine après leur ouverture, un
corner ouvre ce jour même aux Galeries Lafayette. Pour Rebecca et Maggie, le monde est en marche. 


Cupcakes & Co

25 rue de la Forge Royale

75011 Paris

01 43 67 16 19

www.cupcakesandco.fr

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 09:51























Aux Pâtes Vivantes, le spectacle commence dans la rue avec ces nouilles étirées à la main puis plongées séance tenante dans une marmite d'eau bouillante devant nos yeux incrédules qui forcent bon an mal an la vitre embuée, et se poursuit dans l'assiette autour d'une soupe de nouilles épaisses au bœuf Lanzhou ou bien assaisonnée à la sauce Chiajang, un plat de nouilles sautées ou au riz façon Sichuan ou Hunan. Un accueil chaleureux et sincère, un cadre de factory affairée sans être tapageuse, un plat de nouilles copieux servi dans un bol qui prend des allures festives et dont l'astuce consiste à mélanger son contenu afin d'en faire revenir à la surface les fameuses ainsi que la sauce toujours succulente, c'est autrement plus rigolo et agréable que ces plats servis au lance pierre une fois décongelés chez le petit chinois aux pieds de la maison. Entre les Pâtes Vivantes et une petite cantine de l'empire du milieu, absolument aucune différence si ce n'est ces petites concessions qui sont autant d'aberrations (jiaozi derrière lesquels se cachent ni plus ni moins les insupportables guyozas, salade verte glaciale et taiseuse assaisonnée de sauce soja...)
Sans être l'adresse du siècle, les Pâtes Vivantes reste tout de même recommandable pour son ambiance attendrissante, sa formule déjeuner à moins de 12 euros et parce que la cuisine y est très correcte et sort pour une fois des sentiers battus. Il est conseillé de s'y rendre tôt à l'heure du déjeuner et aux alentours de 19h00 pour y goûter des spécialités uniquement proposées en soirée, après quoi on risquera de devoir patienter un bon moment à l'extérieur avec des mines réjouies ou bien de chien battu selon notre endurance et notre appétit.



















Les Pâtes Vivantes

46 rue du Faubourg Montmartre
75009 Paris
Tel: 01 45 23 10 21
www.lespatesvivantes.com
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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 09:04
















On fera l'impasse le temps d'une soirée sur les tomates-mozza, les spaghetti bolognaise, les tagliatelles carbonara et autres plats standards proposés à la chaine par des chefs mous du genou. On ira plutôt sur les grands boulevards, à quelques foulées du Palace ressuscité. Une petite rue tranquille au sortir du passage Jouffroy, une devanture derrière laquelle dort un petit comptoir. I Golosi (les gourmands), c'est ici. Ambiance bistrot sur un air de soft jazz au rez de chaussée, plus intime et confortable à l'étage, Il Golosi est devenu en l'espace d'une décennie l'adresse incontournable pour les amateurs de gastronomie italienne. La carte y est imprévisible (intégralement renouvelée chaque lundi), zigzaguant à travers les régions d'Italie, avec toutefois une préférence pour la Vénetie d'où est originaire le propriétaire des lieux, Marco Tonazzo. Ris d'agneau en gratin de parmesan sur langue en daube à la financière aux épices et aux poireaux; Crostino toscano al coniglio (spécialité toscane de pain grillé farci au ragoût de foie de volaille et de lapin); Spaghettini à la poutargue parfumés aux raisins secs, pignons, cannele et jus d'orange à l'huile d'olive mais encore, Risotto de riz «Carnaroli» à la lotte et au safran, le moins qu'on puisse dire est que le chef ne ménage pas ses efforts pour nous offrir la cuisine la plus inventive et savoureuse qu'il soit. A l'image de la carte des vins vertigineuse (près de 500 références au bas mot), la maison se met en quatre pour surprendre nos papilles qui se refont une virginité devant des plats ahurissants d'intelligence et de maitrise. C'est gouteux à souhait, subtilement équilibré et présenté avec un réalisme qui déconcertera les amateurs d'une cuisine ou l'esthétisme sert  hélas trop souvent de levier à une assietette qui patauge dans la semoule. Une demi-douzaine d' «antipasti», trois ou quatre «primi» et «secondi» ainsi qu'un choix minimaliste mais fort alléchant de «dolci», à l'image de ce Pain perdu à la compote de pamplemousse, composent le menu qui questionne aussi bien la cuisine «terroir» (impeccable Saucisson chaud à la polenta) que celle plus inventive qui raviront les amateurs de «slow food» dont l'adresse est adepte. Naturellement, l'arrivage est quotidien, de saison et en provenance directe d'Italie. L'addition, chose rare pour un gastronomique italien, est tout à fait correcte (voir tarifs sur le site ci-dessous). Bon à savoir, une petite épicerie ouverte jusqu'à fermeture du restaurant propose de nombreux produits stars comme ce jambon de Parme affiné 24 mois qui est un vrai bonheur.




I Golosi

6 rue Grange Batelière
75009 PARIS

Tel : 01 48 24 18 63
http://www.igolosi.com/f7igolosi.asp

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 14:53
























C'est en relisant  les dernières pages d'Eloge de l'ombre de Tanizaki qui s'achève sur la complexe et non moins alléchante recette des sushis aux feuilles de kaki que m'est venue l'envie de me replonger dans Le Gourmet Solitaire, la manga de Jirô Taniguchi. De telles choses ne s'éxpliquent pas. Après tout, la démarche du narrateur n'est pas si éloignée de la mienne, qui ponctue son éxistence d'une multitude de plaisirs minuscules glanés ci et là dans un nomiya (troquet), un conbini (supérette), dans un restaurant au bord de la mer, la cafétéria d'un parc tranquille ou bien dans un siège comfortable du Shinkansen. Pour ce gourmet également, l'acte de se substanter obeit à un rituel profond et quasi necessaire, animé par cette capacité de renouvellement et de curiosité dont la source semble intarrissable. De beignets de poulpe, en bol d'anguilles grillées, en passant par du porc sauté et au delà de la répetition absolue de la démarche qui agit comme un charme, c'est aussi l'air du bonheur qu'on semble repsirer au fil de ces pages que j'aime comparer à un ouroboros, autrement dit un zazen infini.




L'appêtit gagnant du terrain sur ma concentration jusqu'à l'emporter sur cette dernière, je lâchais l'ouvrage et me rendis rue Sainte-Anne ou j'entrais un peu par hasard chez Oki, réputé pour ses okonomiyaki (plat à base choux chinois et de farine de sarrasin nappé de sauce Okonomi et cuit sur plaque chauffante) qui propose une cuisine populaire correcte quoique trop fade à mon goût et manquant d'entrain. Je fréquente régulièrement cette addresse dont curieusement la cuisine m'importe peu en comparaison de la netteté et la précision "nordique" de son mobilier aux lignes claires et simples. Sensible à l'espace et à son interprêtation, je l'étais d'autant plus ce jour là que je venais de parcourir une seconde fois l'essai de Tanizaki qui oppose les mystères et les bienfaits de l'ombre orientale à la clarté et la brillance occidentale.
Aki, avec son dispositif lumineux qui consiste à baigner violemment ses deux salles dans une clarté qui en interdit tout mystère et profondeur (en vain en traquerez-vous l'ombre la plus fagaçe) se différencie par éxemple (bien qu'  également japonais) de son voisin Takara chez lequel les poches d'obsurités et les effets d'ombre sont partie intégrante du met dont il offre une nouvelle lecture. Aussi, le yôkan (pâtisserie à base de haricots rouges et d'agar-agar) servi dans le même plat laqué à la fois chez Aki et Takara, s'éxprimera-t-il plus volontiers chez ce dernier ou une fois immergé dans la lumière tempérée de l'établissement et de son plat "telle que l'on ait peine à en discerner la couleur, il n'en deviendra que plus propice à la contemplation. Et quand enfin vous portez à la bouche cette matière fraiche et lisse, vous sentez fondre sur la pointe de votre langue comme une parcelle de l'obscurité de la pièce, solidifiée en une masse sucrée, et ce yôkan somme toute insipide, vous lui trouvez une étrange profondeur qui en réhausse le goût."
Depuis Henri Alekan, immense directeur de la photographie (Les Portes de la Nuit, La Belle et la Bête) ou bien le réalisateur Jacques Tourneur (La Féline, Rendez-vous avec la Peur) lequel avec son complice Nicholas Musuraca provoquait la peur du spectateur en suggérant plus qu’en ne montrant et utilisait génialement les jeux d’ombre et de lumière pour susciter l’effroi, on sait l'importance de l'ombre dans l'art cinématographique et au delà du cinéma, dans chacun des arts y compris l'art culinaire car s'il est bien une cuisine plus que nulle autre qui fait subtilement et très intelligemment usage de la mise en scène et de l'éclairage, c'est la cuisine japonaise, d'une humanité attachante, à la fois dépouillee et d'une ironie très douce, simplement sublime.



Portrait de Tanizaki par Glaciar de Basura
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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 09:45


Il faut reconnaitre qu'on avait connu l'adresse moins inspirée. Du temps de Daniel et Georges Houel, la cuisine  ne brillait pas par sa magie et manquait surtout de percussion. Et puis, diner au milieu des trophées de l'ancien champion de rallye avec Chérie FM en fond sonore avait quelque chose d'assez déconcertant voir d'irritant (imaginons un instant le restaurant de Laurent Fignon avec guidons et chambres à air aux 4 coins de la salle).
Exit donc, le petit musée dédié à la course automobile, au placard les portraits encadrés avec sourires benêts et combinaison de cosmonaute. De l'ancien restaurant, les nouveaux propriétaires, Titou et Philippe (encore des frères), n'auraient gardé que le nom, assez hideux, du reste. Que nénni ! Si le Breton est têtu et entêté, le Basque est bien le champion toute catégorie! Du volant qui vous cueille à l'entrée au poster delavé d'Enzo Ferrari au dessus des toilettes, rien n'a changé, à l'éxception d'un détail qui a son importance: la qualité de l'assiette !

Le vrai ravallement de facade, le petit coup de jeune on le trouve plutôt au bout de la fourchette que sur les murs,  avec toujours ce bon cher Pays Basque en vedette. Ce qui donne, outre une ardoise affichant sans complexe rognons de veau, côte de veau à la plancha, lomo de porc sauce tomate basilic, ventrêche à la plancha, une viande, un poisson ainsi qu'une soupe du jour, un splendide menu-carte à 30 euros couvrant  l'entrée, le plat et le dessert pour appêtit de Gascon avertis.
Et dans l'assiétte ça n'y va pas par quatre chemins. On a a peine pris la commande que déboulent dare dare deux pots de cornichons et piments avec en vedette un petit pot de mousse de chèvre aux fines herbes et piments d'espelette, fin et léger comme ce n'est pas permis.
Côté menu ça frappe fort d'entrée de jeu avec en entrée une superbe terrine de lapereau.


A ce niveau du repas, l'affaire était entendue: autant dire quon avait pigé la suite. La copieuse pièce de boeuf (bavette) est grillée sur le dessus, saignante à l'intérieur et en bouche ça fond comme du petit beurre. Cerise sur le gateau, sur la tablette aménagée en bord de table sont disposés trois petites casserolles de purée maison, polenta relevée au piment d'espelette et de riz basmati sauté. A l'évidence, on ne se moque pas de nous.























Le dessert - riz au lait de grand-mère stupéfiant d'onctuosité et de legerté (non compact et plombant comme c'est trop souvent le cas) presenté façon verrine taille mamouth (les deux frères ont de l'humour à revendre) - sonne le glas de ce repas généreux et sans bavure, aux antipodes de la caricature d'une cuisine régionale revendicative et s'égarant dans le folklore. En somme, Titou et Philippe s'amusent avec leur époque, avec les dogmes gastronomiques autant qu'avec les nouvelles tendances qu'ils détournent ou pastichent. Bref, Titou et Philippe n'en font qu'à leur tête. Ce n'est pas nous qui allons nous en plaindre !



Le Volant
13, rue Béatrix Dussane
75015 Paris
01 45 75 27 67

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 23:14



D'accord, sur le papier ce restaurant japonais est impéccable, voir intouchable. Primo, une réputation qui n'est plus à faire (l'un des tous meilleurs et le premier à avoir ouvert ses portes à Paris en l'an 1963 , élu une des "1000 meilleurs table de France " en 2005 ). Secondo, une carte fouillée proposant un joli raccourci de la gastronomie nippone, des produits de premiers choix et d'une fraicheur stupéfiante, un tour de main à l'origine du succès et de la pérénité de l'adresse. A l'évidence, Takara doit être dispensé depuis sa création de faire de la pub, les amateurs de gastronomie japonaise alimentant la capitale de leur louanges et s'en chargeant pour lui.

Restait à savoir si l'adresse tenait toujours le coup et ne s'était pas endormie sur ses lauriers.

Certes, la déco est relativementr dâtée mais toutefois chaleureuse et non dépourvue de charme. On s'installe, on feuillette la carte et on réalise non sans soulagement que la maison est restée fidèle à ses classiques ( l'ishikari-nabe de Hokkaido composé de saumon, d'oignons, de choux chinois, le Chiri-nabe de Yamaguchi à base de chair de fugu, le pot-au-feu oden-nabe avec pommes de terre, tofu, oeufs durs, poulpe et bien sûr les indétronnables sukiyaki et nabemono, ces fameux plats mijotés en marmite qui se consomment surtout l'hiver et qui ont fait la réputation sinon la gloire de l'établissement).



Au menu, donc, une cuisine familiale authentique et typiquement japonaise affinée au fil des ans et des générations comme c'est le cas pour ces udon tempura mémorables (un plat enfantin très populaire, métamorphosé par le chef dont le secret réside dans ce bouillon à base d'algues, de poisson, de soja de sucre et de saké laissés à macérer pendant 15 jours. A l'arrivée, une soupe revitallisée qui prend une nouvelle dimention parceque goûteuse comme jamais, cumulant les saveurs et flanquée de beignets de gambas préparés de A à Z à l'instant même et quasiment sous nos yeux.) Quand aux udon (ces pâtes fraiches épaisses de blé), ce sont certainements les meilleures que vous mangerez éxceptées, selon les dires de notre serveuse, celles fabriquées maison par son voisin Kunitoraya, rue Sainte Anne, "encore meilleures que les notres !")



A l'évidence, chez Takara on ne ménage pas ses efforts. La preuve  une nouvelle fois avec cette soupe miso ( habituellement fournie au restaurateur sous forme de poudre ou de pâte) qu'il travaille lui même et parfume aux moules bouchots( une trouvaile qu'il a repris de son père), histoire d'accentuer le petit côté marin de la soupe. Idem avec ces classiques qu'il dépoussière intelligemment et sans violence afin d'éviter qu'ils ne se figent dans leur propre histoire. L'un des but avoués du chef n'est-il pas de donner accès à ses clients (pour une bonne moitié japonais) au natsukashii (équivalent japonais de la madeleine de Proust) tout en ne s'éffaçant pas derrière ses plats ?

Côté produits de la mer, sushis et sashimis, c'est impeccable de fraîcheur et toujours inventif sans tomber dans la démonstration (à noter le midi, un excellent bento proposé à 23 euros qui donne un joli aperçu du potentiel de la maison). Les encornets grillés présentés sur leur petit réchaud, le foie de lotte qui fond dans la bouche, les huitres pânées, les tempuras de saint jacques, crus ou cuits, à voir la mine réjouie des dineurs, il est évident qu'en dépis des années, la maison n'a pas cédé d'un pouce à l'auto suffisance et qu'elle reste une des adresses les plus sérieuses en matière de gastronomie japonaise.




Takara
14 rue Molière

75001 Paris

01 42 96 08 38

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 16:03



Les jurés du prix Fooding ne s 'y sont pas trompés qui viennent de décerner à Al Taglio le prix 2008 du meilleur "petit luxe".
Reprenant l'idée du pizza joint à la new-yorkaise, cet espace au design impeccable propose d'inventives et stupéfiantes pizzas rectangulaires à la coupe et au poids (al taglio, donc) pour une addition aussi légère que la pâte est aérienne et alvéolée à l'envie. (Compter entre 8 et 12 euros avec une boisson.)
Si l'idée n'est pas neuve, elle a le mérite d'être franchement séduisante et tout à fait appropriée au lieu: ici, on déguste avec les doigts, haut  perché sur son tabouret et autour d'une table d'hotes. L'inestimable avantage de la pizza au poids évacuant les choix cornélien (oubliées les hésitations entre la tomate-mozzarella de bufflonne-basilic, la pommes de terre-crème à la truffe ou girolles-gorgonzola de saison) et permettant de coller au plus près de son appêtit.
Un choix de 5 pizzas est proposé en permanence, soutenu au grès de l'humeur du chef par une carte de près de 20 pizzas innoventes (une mention spéciale pour celle aux potirons).
Si on est heureux d'apprendre que les ingrédients sont importés d'Italie et que la pâte repose trois jours avant d'être malaxée par les mains des pizzaïolo, c'est surtout la qualité ahurissante du produit qui nous laisse sans voix: croustillante à sa base, aérée et moelleuse au centre, sa legerté, on le répète, autant que ses arômes sont sidérents.
Avec ça, une petite cave de rouges italiens bien sympathique, un choix d' eaux minerales italiennes, un café "stretto" irréprochable, une amusante foccacia au Nutella, un cadre sympa et une équipe très chaleureuse qui soigne la présentation de ses trésors (présentés sur une fine planche de bois mignonne mignonne comme tout): si c'est pas le paradis, on n'en est pas loin.


Al Taglio
2 bis, rue Neuve-Popincourt,
Paris 11e.
Tél : 01 43 38 12 00.





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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 10:06



Antonio est brésilien. Antonio a quitté Sao Paulo il y a trois ans pour s'installer avec femme et enfant à Porto ou il a remplacé au pied levé un Sushiya (maître sushi) originaire de Kyoto et débauché par le restaurant japonais le plus en vu de Lisbonne.
Antonio n'a jamais mis les pieds au Japon mais à le voir oeuvrer derrière son comptoir, c'est tout comme. Du choix du poisson à sa découpe en passant par le modelage; de la cuisson du riz à la pâte de wasabi qu'il prépare lui même après avoir commencé par en râper patiemment la racine, rien ne lui échappe. Soucieux de l'hygiène et de la propreté de son champ de travail - qui est aussi un lieu de réfléxion - comme du moindre détail visible ou non dans l'assiette du client, Antonio n'est pas homme à prendre son métier ou plutôt ses responsabilités à la légère. A l'égal du Bushido, cette éthique samourai qui transfigure les gestes et les mouvements aussi réglés par exemple que la cérémonie du thé, Antonio s'applique à travailler ses produits avec une sincérité, un investissement qui recoupent le sentiment d'honneur militaire. Aussi n'est on pas pas surpris lorsqu'Antonio nous confesse que l'Hagakure, ce traité d'éthique samourai du 18è siècle est depuis de longues années son livre de chevet.
Depuis son arrivée à Porto, la réputation du restaurant n'a cessé de grimper au point de devenir incontournable. Certaines maisons de Lisbonne, Madrid et même Paris lui font les yeux doux. C'est qu'Antonio possède ce don d'amplifier sinon de magnifier la concision quasi minimaliste du sushi ou bien du sahimi au moyens de contours et détours subtils, toujours subtils dont il ne dévoile pas le secret. "Bien plus qu'une simple éxpression de ma personnalité, moin souhait est de donner accès à celui ou celle qui déguste une de mes créations à un sentiment proche d'une certaine forme de béatitude. J'ignore si j'y suis jamais parvenu mais je poursuis inlassablement dans cette voie, la seule qui me donne satisfaction et qui est également mon moteur, ma raison d'être."





Itamae
Rua Miguel Bombarda, 216
Porto
Tel: 222 011 926

 



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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 14:17


  

 

 

 

Plus qu'un énième restaurant italien, le Bellagio est avant tout une éxcellente adresse fiable et proposant des classiques bien troussés qui ne feront pas la peau à votre porte monnaie.

 

Ca commence bien avec le Marsala servi avec son petit ramequin de ricotta et ses petits croutons qui changent des olives fourre tout et autres combines de feignasses.

Ensuite, le Bellagio déroule sa carte, tranquille.

L' assiètte d'antipasti avec ses légumes grillés croquant juste ce qu'il faut a tout compris parce que savoureuse et très complète.

Tout ausssi parfait, le San Daniel éxquis, tranché minute sous vos yeux  et servi sans compter.

Le pain, tellement bon qu'on lui fait son sort avant même d'avoir plié son entrée , l'Evian ni glacée, ni à température ambiante mais fraiche comme cela n'arrive jamais, la petite bouteille de Carapelli sur le coin de la table, hé !, on est ou là ? A priori dans un excellent restaurant italien qui ne se prend pas la tête et tient en respect ses clients.

 

La suite est sans surprise, c'est à dire nickel. Les pates au poil avec la sauce maison qui remplit son cahier des charges, chahuteuse lorsque alla rabiatta, caline et éffrontée à la fois pour les linguini à la sauce tomate (maison) et ail. A la table voisine, la piccata et l'osso buco font bonne mine. Ca nous donne des idées pour la prochaine fois.

Si l'on tombe d'accord avec Louis selon lequel un plat de pâtes digne de ce nom s'apprécie dans le plus simple appareil (ce qui n'est pas faux mais pas tout à fait vrai non plus), on sera heureux de faire l'impasse sur l'inévitable parmesan industriel au goût de bidet. 

Le café, pour sa part, est honorable et l'addition dans la bonne moyenne. 

 

Ni grande gueule, ni chichiteuse, mais humble et attentive, la cuisine alignée par le Bellagio est indiscutablement une des valeurs sûres de la gastronomie transalpines à Paris. 

 


Bellagio

101 avenue des Ternes

75017 Paris

 

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 10:15

 

 

 

   

Il est certains desserts qui nous obsèdent et ne nous lâchent plus. Pour un peu on dirait que c'est toute notre éxistence qui finit par tourner autour d'eux...

 

Prenez par exemple ces appétissantes boulettes de riz gluant que Xing Yu m'emmena déguster à Shanghai dans une gargotte de Qibao, très précisemment à Qibao Lao Jie, la rue du Trésor aux 7 Objets. 

 

Faire glisser dans sa bouche une de ces boulettes chaudes, fondantes, et légerement sucrées, c'est déjà une chose. Atteindre la poche de sésame nichée au coeur de la boulette de riz  et sentir s'écouler la poudre onctueuse à souhait dans notre gorge, c'en est une autre. 

On hurlerait de bonheur pour moins que ça.  

 

 

Histoire de décupler votre plaisir, n'hésitez pas à accompagner votre assiette de Zhim Tangyan (dont il faut préciser qu'elle est une spécialité de Ning-Bo, province du Zhenjiang), d'un délicieux potage de riz gluant à l'alcool de riz. (particulièrement recommandé l'hiver). Ces deux douceurs se complètent idéalement. 

   

 

Inutile de préciser que si la curiosité ou bien l'amour guide vos pas dans cette Venise de poche, c'est bien la gourmandise qui la fois suivante se chargera de vous y reconduire !

 

 

Zhim Tangyan

Qibao Lao Jie

Qibao

Shanghai

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