750 grammes
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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 07:47

Nouveau venu dans ce quartier à large dominante japonaise, Little Seoul n'a pas la prétention d'offrir le meilleur de la cuisine coréenne mais d'en donner un raccourci gentillet, dégraissé au maximum (Bibimbap, Boulgogui, nouilles coréennes, seiche et riz).

Dans ce resto de poche coincé dans les ténèbres du passage Choisel, tout se passe dans l'assiette, ou plutôt la marmite (en pierre) plutôt que dans la salle, minuscule, dont les affiches articulées autour des mythes américains évoquent plus un burger grill qu'une planque coréenne.


La formule a 11,50 (Dolsot-bibimbap) est la bienvenue, qui est l'occasion de donner sa chance à ce plat incontournable de la gastronomie coréenne (pour faire court il s'agit d'un mélange de riz, de viande - du bœuf principalement - de légumes et d'un jaune d'œuf cuits dans une marmite en fonte ou en pierre.)

Après n'avoir fait qu'une bouchée des raviolis grillés croustillants et élaborés avec une manière de pâte feuilletée qui tranche notablement avec les gyoza chinois et nippons; arrive la bête, fumante et crépitante, bref, vivante.

Une fois mélangé, l'ensemble reste plutôt fade et peine à décoller ce qui s'explique par l'oubli volontaire de gochujang dans la préparation, d'où la nécessité de rajouter soi même un peu voire beaucoup de cette sauce piquante à base de riz, de soja et de piments rouges qui relèvera le plat à défaut de le transcender.

Au fond, ce n'est pas mauvais du tout, quoique sans réel intérêt. On aime le croustillant du riz décollé au fond du plat, le craquant des légumes, le choux piquant et les lamelles de pomme de terre.
Rien de bouversant, de mémorable, en effet, mais on ne boude pas son plaisir pour autant.



Littel Seoul
19 Passage Choisuel
75002 Paris
01 47 03 06 14

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 07:19

Si Bizan est la clef de voute du projet Kuroda et Issé son fer de lance, Momo No Ki en est sans conteste l'atout cœur. Au taquet dans le passage Choiseul, grand comme une boite à bento à deux étages et néanmoins lumineux, Momo No Ki (l'arbre de la pêche) doit sa réputation à ses imparables tonkatsu que l'on assaisonne soit même d'une des trois sauces mises à disposition (miso, sucrée, salée). On notera que cette initiative n'est pas banale et que celle-ci mériterait d'être exploitée à grande échelle tant est il réjouissant de napper ou non sa viande tel qu'on l'entend.

La formule du midi à 11 euros (13 euros avec le thé vert à discrétion) est gentille et pas piquée des hannetons. On se laisse tenter par le porc, le saumon, les gambas ou bien le poulet (le tout pané, naturellement) et Momo No Ki assure le reste (miso nickel, légumes en saumure, choux, pomme de terre écrasée à la fourchette légèrement sucrée.)

Le porc pané (première côte, 120 grammes au bas mot) pour lequel j'opte sans hésitation, en plus d'être copieux est tendre, voir fondant par endroits et savoureux à vous en décrocher la mâchoire. J'apprécie sa chaire rosée, parfumée autant que sa panure dorée, gouteuse et croustillante. C'est du cousu main, du travail d'horloger, d'une qualité supérieure voire très supérieure à ce qui est proposé à Paris et ailleurs. Le secret de cette panure si légère? L'occasion toute trouvée, la fois prochaine, d''engager la conversation avec cette jolie serveuse que je n'ai pas quitté des yeux et dont je crains m'être enamouré...


Momo Noki

68 Passage Choiseul

75002 Paris

01 42 96 48 37

(Ouvert uniquement le midi)

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 22:35

Ainsi, Yoshihiro Suzuki, jeune trentenaire ayant fait ses dents chez Ingaku à New York et au dispensable Ozu de Thierry Marx succède à Toshiro Kuroda, initiateur du Workshop Issé rue des Grands Augustins et légende vivante d'Issé première version (rue Sainte Anne) qu'il a récemment réinvesti pour y fonder Bizan, kaiseki spécialisée dans les sushis, exceptionnels, sinon les meilleurs sur Paris à en croire la rumeur. 

Si pour Toshiro Kuroda, la canonisation n'est qu'une question de jours, la carte proposée par Suzuki n'a pas de quoi rougir. Simplissime dans son intitulé, aérienne et non moins directe comme une pièce de dentelle pleine de ressorts et de panache; je snobe la friture de crabe en mue au vinaigre noire, le foie gras mariné au miso Saikyo / vinaigre balsamique et sauce de soja pour le bento à 35 euros dessert compris.

Surprise, la boite aux motifs japonais traditionnels raffinés et colorés (yuzen) est à double compartiments. La présentation homogène, soignée et soucieuse d'harmoniser les couleurs s'articule autour de la généreuse et succulente cuisse de canard confit au miso Saikyo qui est l'arc de voute de cette dégustation mettant en relation plus qu'elle ne confronte, des viandes et poissons comme l'anguille grillée, le magret fumé fourré aux poireaux ou le saumon sur son lit d'algues et de spaghetti d'agar agar.



Les tempura de kaki, d'artichaut et de shiso (délicats et travaillés à la perfection) mais encore le radis «Daikon» sont plus que des faire valoir puisqu'ils structurent le bento et sont comme des passerelles, des portes gourmandes ouvertes sur de nouvelles réjouissances

Au final, avec un dessert limpide et attachant (cheese cake à la patate douce accompagné d'une crème de sake au four) et son service discret, Issé défend haut la main sa réputation d'excellente adresse japonaise dans la capitale, sinon l'une de des meilleures. On en sort béat, avec une irrésistible envie d'y retourner.


Issé

45 rue de richelieu.

75002 Paris

Tel : 01 42 96 26 60

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 19:33

J'ai tout de suite aimé sa façade en mosaïque aux couleurs fraiches, relique du temps ou la Boissonnerie n'était encore qu'une poissonnerie. C'était il y a exactement 10 ans. L'adresse qui se targuait d' offrir le meilleur de la cuisine méditerranéenne et provençale avait surgi en plein Saint Germain des Près sous l'impulsion de deux associés américano-néo zélandais. Ceci expliquant le «Fish».

Comme l'établissement compte également une belle cave de plus de 300 références, on ne s'étonnera pas que ce dernier se revendique autant bar à vins que restaurant. Cette dernière information nous éclairant définitivement sur le fantasque «Boissonnerie».

Si la façade nous envoie de délicieux et rafraichissants signaux évoquant l'univers maritime et poissonneux, à l'intérieur l'ambiance chaleureuse et cosmopolite est placée sous le signe du soleil et de la convivialité. Entendons-nous bien. N'allez pas imaginer un de ces restaurants aux murs peints en jaune délavé avec vaisselle provençale, serveuses en robes également provençales et les cigales en plastique posées sur les branches d'oliviers synthétiques subissant comme vous l'indispensable petite musique des criquets en guise de fond sonore.

Le soleil, à la Boissonnerie, c'est avant tout le service, autrement dit les serveuses, toutes anglo-saxonne et d'une gentillesse confondante qui tient presque du miracle à Paris. Vous remarquerez qu'elles ne quittent jamais leur joli sourire, quand bien même celles-ci réceptionnent un plat dans le monte charge. La grâce, le soleil, c'est également cela, ces petits riens qui vous illuminent un repas telle cette focaccia encore chaude (en provenance de chez Cosi, la sandwicherie italienne située juste en face, cuite au feu de bois et livrée fraiche toutes les 20 mn) qui fait la nique pour notre plus grande satisfaction à notre traditionnelle baguette. De mémoire, je n'en ai jamais mangé d'aussi savoureuse, en Italie ou ailleurs.


Ce qui plait surtout, une fois installé, c'est la carte ramassée et d'une extrême lisibilité (renouvelée quotidiennement, entrées et desserts à 6 euros, plats à 14, formule à 34 euros au diner), le choix des vins (350 références) avec une préférence pour les vins de propriétaires et biodynamiques complétée par un choix très intéressant de Languedoc-Roussillon, de Côte du Rhône et de Bourgogne ainsi que de nombreux belles découvertes.

Saumon sur risotto aux œufs de limpe coiffé d'un œuf poché, risotto aux anchois salés et calamars, salade keiko aux légumes et saumon mariné à l'iode ou bien Saint Jacques poêlées avec endives caramélisées, avec Matthew Ong en cuisine, rien à craindre. Dans l'assiette, c'est précis, dynamique, joliment balancé et plein de saveurs. Chaque plat est un bijou d'évidence. Simple mais avec le sens du détail. On sort de table galvanisé et on y revient sans se faire prier.

 


 

Fish La Boissonnerie

69 rue de Seine

75006

01 43 54 34 69

 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 16:17

Un patron écossais épris de vins du monde et de cuisine du terroir qui glisse dans sa carte quelques incontournables de son pays, à première vue on pourrait craindre le pire.

Tim Johnston n'étant pas homme à se moquer du monde et même plutôt soucieux de sa réputation de fin gastronome et de défricheur (le voilà maintenant qui s'interrêssée de très prêt aux vins bios au point d'en produire lui même), on est immédiatement conquis par ce bar à vins tout en longueur, certes bruyant mais très animé et à la fois incroyablement chaleureux et décontracté, au point qu'il soit à l'origine de nombreuses rencontres aussi bien amicales qu'amoureuses.

Le Juvéniles, c'est tout ce qu'on attend d'un bar à vins. Une carte ramassée, des propositions franches et réjouissantes ( saucisse de la maison Conquet, purée et «chut'nez» (15,50), fricassée de calamars, foie de veau, inoubliable magret de canard grillé au miel, bien saisi sur le dessus, rosé à l'intérieur, accompagné de son  gratin dauphinois crémeux et légèrement relevé (16,50), enfin, en vedette, le Haggis, le plat écossais par excellence).                                                                                          


Côté fromages et desserts, la maison est aux petits soins: Colston Basset Stilton, Montgomery's Farmehouse unpasterised Cheedar, Hyde Farm unpasterised Turnworth (7,50), crumble aux pommes au beurre salé, gratin de clémentines, grandiose Donald's chocolate cake (7,50), soit tout ce qu'on aime et qu'on attend d'une telle adresse.

Chez Juvéniles le vin s'apprécie au verre (6 rouges, 4 rosés, 5 blancs à partir de3,50 euros), ou bien à la bouteille. La cave, tonique et courageuse, dont la partie immergée occupe une appréciable partie de la salle compte une centaine de références majoritairement étrangères avec un faible pour les vins ensoleillés, Tim Johnston refusant de payer «le prix de la tradition et souhaitant donner leur chance à des vins australiens, espagnols, italiens ou mexicains. C'est ainsi que pour le prix d'un bordeaux moyen, on se régalera par exemple d'un excellent vin argentin (mention spéciale pour le Terrazas de los Andes). Si les les bordeaux comme les bourgognes sont assez logiquement sacrifiés, on notera un très beau choix de Côtes du Rhône tel ce Pouilly fumé plus que correct.

A signaler, Juvéniles étant aussi caviste, chaque bouteille est également proposée à la vente.


Juveniles

47 rue Richelieu

75001 Paris

01 42 97 46 49

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:50
 Il y a des jours comme ça, ou un plat nous tourne dans la tête jusqu'à l'obsession.

Ce matin par exemple, je me réveille avec une furieuse envie de pot au feu. Impossible de me sortir de l'esprit le bœuf fumant et son assortiment de légumes imprégnés d'un savoureux bouillon. D'heure en heure, ma mémoire passe en revue mes dernières expériences en la matière, que se soit à Paris ou en province et une véritable folie gourmande s'empare de moi. A midi, je rends les armes et prends la décision de m'offrir un pot au feu digne de ce nom. Midi trente, j'arrête mon choix sur cette maison rue Vignon, auto-proclamée Roi du Pot au Feu, soit un petit bistrot dans le jus ou le temps semble s'être arrêté aux années 50.

Pas de temps à perdre à passer en revue une carte archi prévisible; je fonce tête baissé sur le plat vedette (18 euros) et avise le serveur qui me voyant snober la carte avait déjà anticipé mon choix (phénomène prévisible, me confiera-t-il, la majorité de la clientèle s'engouffrant dans «le pot», concédant de temps à autres un bouillon en entrée.)

Sur la table, c'est gentil: serviettes et nappe à carreaux, pot de cornichon, gros sel et vin rouge au compteur.
Dans l'assiette, c'est copieux et fumant (dans le bons sens du terme). Ma fourchette prend d'assaut le bœuf qui offre une certaine résistance et ne s'effiloche pas, gage appréciable de qualité. En bouche, ça fait mouche. Le bouillon, discret au fond de l'assiette, parfume subtilement les généreux quartiers de bœuf ainsi que le choux craquant à merveille, les navets, poireaux, carottes itou que je goute un à un avec un plaisir retrouvé. Arrive ce moment inévitable ou je brise une tranche de pain grillée et la trempe dans l'os à moelle gouteux à en faire des bonds au plafond... 

Je m'étonne et m'amuse de la vitesse à laquelle j'engloutis l'assiette et repars aussi vite que je suis arrivé. C'était simplement le plat qu'il fallait, dans le lieu qu'il fallait, au moment ou il le fallait. Quelquefois il n'en faut pas plus pour qu' une journée soit réussie.

 

Le roi du pot au feu

34 rue Vignon

75009 Paris

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 15:03
   
 Ouverte en juin dernier, la Cantine du troquet est la troisième adresse du basque Christian Etchebest et la plus abordable des trois, après le Troquet et le Grand Pan.

Insatiable, notre homme s'en est allé poser son accent du sud-ouest rue de l'ouest justement, au cœur du 14è. 

Composant en cuisine avec une équipe très jeune, souriante et chose plutôt rare dans la restauration, à la fois sereine et détendue (cette bonne idée de laisser discrètement la cuisine grignoter de l'espace sur la salle), Christian Etchebest montre en salle qu'il n'a rien perdu de sa malice et de son sens du détail. Aussi, une seule et unique ardoise géante fixée au mur suggère-elle aux clients installés à proximité de l'entrée de quitter leur chaise pour aller y détailler la carte s'ils souhaitent mettre un terme à cet appétit qui ne cesse de prendre des proportions envahissantes depuis qu'ils observent le ballet des magrets quittant la poêle frétillante pour aller se lover dans une assiette brûlante de désir, cette grillade coiffée au dernier instant d'échalotes ou bien ce poulet des Landes rôti dans son jus d'olive noire cueilli dans les fourneaux. Sur les tables, l'absence de nappe, les verres minuscules, les couverts présentés dans un pot, le pichet d'eau fraiche en alu, mais également ce pain de campagne signé Poujauran, cette bouteille d'huile d'olive Castelas, la fleur de sel, les cornichons ainsi que les petits piments dans leurs pot en grès émaillé, nous en disent long sur la personnalité de ce chef aussi facétieux que scrupuleux. Aussi ne s'étonne-t-on qu'à moitié lorsque la serveuse nous propose en plat du jour un hamburger maison. Reniflant dans un premier temps la blague potache visant à ratisser large, on est presque soulagé d'apprendre que le dit hamburger est élaboré à partir de pain Poujauran, de joue de bœuf et de fromage de brebis. Le voisin de table, pour l'avoir englouti en quelques bouchées confirmant qu'en plus d'être alléchant ce hamburger est succulent.
















L'ardoise brasse un large choix d'entrées allant du fromage de tête, des oreilles de cochon grillées à la terrine de boudin, aux œufs durs carottes (bien vu, l'assaisonnement bête comme choux mais délicieux à l'huile d'olive, excellente la mayonnaise maison corsée puisque relevée avec de la poudre de piments d'espelette), en passant par la rémoulade de céleri et copeaux de parmesan.

Côté plats, on n'est pas en reste: la poitrine de cochon Ibaiona se dispute le tournedos de lieu au jambon d'Ospital qui lui même fait les yeux doux à l'onglet de bœuf (bien grillée sur le dessus et d'un fondant à en pleurer, quoique les frites maisons, sèches et inanimées, n'aient pas été à la hauteur des espérances), en concurrence sérieuse avec la saucisse lentilles (unanimement saluée pour sa saucisse préalablement grillée et ne suintant pas le gras et ses lentilles croquantes à souhaits et très légers).

Les desserts n'ayant pas été visités, hormis la mousse au chocolat semi industrielle et naturellement pauvre en chocolat, on retiendra de la Cuisine du Troquet une adresse conviviale, pleine de charme et sans prétention. Soit à une petite exception près, le triomphe du goût et de la simplicité.



La Cuisine du Troquet

101 rue de l'Ouest

75014 Paris

Ouvert du lundi au vendredi

Compter 30 euros

 

 

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 10:35
       


«Le vide est tout puissant car il peut tout contenir.»

Okakura Kazuko, Le livre du thé, 1906

                                                                                                
L'ouverture d'une maison de thé japonaise à Paris constitue toujours un événement en soi. Lorsque la mise en espace de celle-ci est laissée aux bons soins de Kengo Kuma, on en oublierait presque d'observer attentivement la préparation délicate et extrêmement codifiée du thé matcha. On a beau rester en pâmoison devant ces gestes millénaires qui témoignent d'une fascisante maitrise et se régaler d'un thé à l'amertume légère rééquilibrée par les petits gâteaux de Gerard Mulot ou les chocolats de Pierre Hermé, impossible de se retenir de fouiller du regard ce nouveau lieu ou s'interpénètrent le réel et le voyage intérieur.

D'une lecture limpide, et proposant de jouer sur une quasi absence de séparation entre l'intérieur et l'extérieur, l'espace est largement ouvert sur la rue et baigné de lumière naturelle grâce à ses immenses baies vitrées qui abolissent par temps très clair jusqu'à l'idée de frontière.

L'architecte japonais Kengo Kuma qui ne cache pas être habité par ce désir d'«effacer l'architecture» et de la rendre «transparente à elle même», et parce qu'il ne souhaite pas rompre avec son environnement mais bien être en prise directe avec le site, a opté pour la transparence qu'il a exprimé avec des volumes simples et minimaux. Aussi a-t-il accordé un soin tout particulier au choix de matériaux vernaculaires directement exploitables dans leur forme d'origine, telle des galets ou bien cette impressionnante forêt de roseaux suspendue au dessus d'une longue table-comptoir en hinoki.

L'esthétique épurée proposée par Kengo Kuma qui suggère plus qu'elle ne révèle, témoigne de la vacuité et l'impermanence que l'on retrouve dans l'habitat traditionnel japonais.

 Bannissant dès le rez de chaussée les formes trop sculpturales qui annulent le matériau et en détruisent les sensations, cet espace est complété au sous sol par une vaste pièce qui fait office de salle d'exposition et ou sont proposées à l'occasion des initiations à la cérémonie du thé.

Jugetsudo, petit frère d'une maison de thé ouverte à Tokyo en 2003 signifie «l'endroit d'où l'on regarde la Lune». 

Situé à la croisée de deux quartiers animés, l'établissement n' accueille au maximum que cinq personnes dans une ambiance sonore feutrée et toute en retenue rythmée par le ronron de la bouilloire en fonte et la conversation délicate et éclairée des maitresses du thé. C'est dire si le moment qu'on y passe est inoubliable.




Jugetsudo
95 rue de Seine
75006
01 46 33 94 90

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 16:20
 
La cuisine selon Julien Fouin et Ludovic Dardenay a ceci de remarquable qu'elle est en totale symbiose avec le nom du lieu, son espace et les attentes de ses clients. Transparente, directe, énergique et dégraissée au maximum, l'assiette à la justesse et la précision d' un instantané. Ni dépouillée, ni opaque et encore moins contaminée par une austérité d'apparat, la cuisine de Glou se distingue par sa liberté éclatante, dégagée de toute mode et chassant la moindre boursoufflure, la plus infime coquetterie inutile.

Se méfiant de l'érudition, de la virtuosité et plus que tout de cette fameuse inspiration qui s'empare pour le meilleur et pour le pire de biens des chefs, les deux complices ont resserré au maximum leur talent et leurs ambitions en partant du principe que la cuisine ne remplit jamais autant son contrat que lorsqu'elle se contente d'être elle même.
















C'est pourquoi la réussite de Glou tient autant à son lieu ou tout est donné à voir (toujours ce souci du raccord, cette volonté de créer des passerelles entre l'espace et l'assiette) - avec ses grandes vitres ouvrant sur le jardin du Musée Picasso, ses pierres apparentes et son parquet blond qui lui donne des allures de loft new yorkais - qu'à l'exigence de ses deux complices, leur parti pris de ne «travailler» que des produits d' excellence tel ce porc et jambon Ibaiona en provenance directe de chez Louis Ospital, la référence du pays basque ou bien ces huitres Utah Beach, ces lentilles blondes de Saint Flour, ce thon de l'île d'Yeu.

Outre une carte modeste mais allant droit à l'essentiel (terrines et charcuteries impecc, succulente poitrine de cochon confite avec ses pommes de terre grenailles (14 euros), séduisant pavé de saumon bio aux graines de sésame et jeunes pousses d'épinards (20 euros)), la formule du midi à 17 euros, d'excellent rapport qualité/prix vaut vraiment le détour.

A noter, de grands crus sont proposés au verre, chose plutôt rare à Paris mais qui a son prix (9 euros pièce pour un Côte Rotiê.
        
Glou 
101 rue Vieille du Temple   
75003 Paris
01 42 74 44 32

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 10:05


Comme quoi la vie tient quelquefois à peu de choses. Cette vieille rengaine des années 80 vomie par RFM, reprise et massacrée sans complexe par le patron de l'établissement aurait dû vous mettre la puce à l'oreille. Le bon sens, sinon votre flair, vous aurait fait pressentir dans quelle traquenard vous vous apprêtiez à sombrer. Un peu gêné, vous auriez glissé une formule d'excuse puis, ni une ni deux, vous vous seriez éclipsé de cette boite à chaussures grande comme une boite à sardines.

Seulement, vous êtes tenace, l'expérience vous ayant appris à ne pas juger un restaurant simplement sur les apparences. Vous décidez de rester. Vous allez très vite le regretter.

Votre méprise est d'autant moins compréhensible que vous connaissez de réputation Le Temps au Temps, considéré comme le fleuron gastronomique de la rue Paul Bert et par extension de tout le 11ème arrondissement, avant que le Chardenou de Cyril Lignac fraichement installé ne vienne l'asticoter dans son fief.
Vous êtes galvanisé par ces critiques élogieuses publiées dans la presse, saupoudrées sur les forums. Enfin, vous apprenez dernièrement que Sylvain Sendra, le chef historique du Temps s'est fait la malle pour franchir la Seine et ouvrir dans le 5ème arrondissement sa propre adresse. Fort précautionneux, vous avez imaginé plusieurs scénarios possibles: un repas certes pas à la hauteur de vos attentes mais somme toute raisonnable, un cadre probablement très bruyant mais néanmoins chaleureux, bref, vous avez tout prévu, excepté le pire.

 

L'affaire s'engage avec cette bouteille d'eau minérale sortie de nulle part, débouchée à l'abri des regards et posée à grand fracas la sur la table. Un tavernier n'aurait pas été moins délicat.
Et que dire de ces bouteilles de vin débouchées derrière le comptoire et senties à plein nez afin de vérifier qu'elles ne sont pas bouchonnées? C'est à se demander si on n'a pas attérrit dans quelque foire de province...

Si l'attente n'est pas longue, vous ne tardez non plus à vous faire une opinion sur ces aiguillettes de canard façon Strogoff commandées en entrée: tout simplement immangeables. Le canard archi cuit est aussi sec par endroits que de la mine à plomb et la quantité de sel déversée dans l'assiette tellement ahurissante qu'il vous devient pénible d'avaler chaque bouchée. Ni «trop salé», ni «manqué», le plat est tout simplement massacré, mis hors course malgré sa sauce séduisante aux petits oignons émincés et piments d'espelette, ruinée cela va de soi par l'usage massif du sel.  

 

A croire que les propriétaires du Temps au Temps ont lancé une O.P.A sur le sel, le plat se révèle aussi regrettable que l'entrée. En plus d'être salée à l'excès, la supposée épaule d'agneau de lait est en réalité une vague pièce de mouton tombant en déconfiture et pas dégraissée pour un sou.
Quand à votre convive, celui-ci trouve son plat quelconque. Je rapporte fidèlement ses mots: quelconque. Autrement dit, le pire verdict qui soit. C'est un fait avéré que son assiette a des allures de cadavre caché au fond d'un placard, au mieux semble-elle en assistance respiratoire.

Dépité, vous décidez de mettre fin au clavaire. Dommage, pour 3 euros de plus, soit 30 euros au lieu de 27 (vous ne comprenez toujours pas un tel écart de prix entre l'entrée et le plat à 27 euros et le menu complet à 30), vous vous seriez bien rafraichi l'estomac avec un dessert maison. Seulement, vous n'avez qu'une idée en tête, vous en aller au plus vite. Ce que vous faites d'ailleurs, sans demander votre reste. On ne vous y reprendra pas à deux fois.




Le Temps au Temps
13 rue Paul Bert
75011 Paris
01 43 79 63 40

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