750 grammes
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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 08:31


 

Si le Caffe dei Cioppi tiendrait sans difficulté dans un carton à chapeau, Procopio Angelo serait plus qu'à l'aise dans une boite à chaussures.
A l'étroitesse du lieu (une épreuve à la limite du tolérable, la promiscuité étouffante, la file de clients attendant debout derrière votre table que leur soit remis les plats à emporter, devenant à la longue exaspérant au possible et plombant définitivement notre enthousiasme) répond du tac au tac une cuisine sans âme, d'une platitude crasse et suffisamment complaisante pour faire le bonheur d'une clientèle d'habitués acquise à la cause du truculent Angelo, risible caricature de l'italien braillard et survolté à côté duquel Aldo Maccionne est d'une sobriété quasi pastorale.
L'ardoise paresseuse, laborieuse, ouvre la voie à un repas qu'on pressent sans inventivité, sans ressorts. Bruschetta, salade caprese, porchetta, risotto sauce tomate aubergines, penne bolognaise, spaghetti carbona... rien de vraiment réjouissant, au point qu'on ait une pensée émue pour Massimo, son divin Croccante et ses plats aussi généreux qu'explosifs.


Passablement refroidis, nous nous rabattons sur le trio de crostini plutôt fadasse et chichiteux pour ses 8 euros, couplé à une petite assiette de jambon de parme et mortadelle (12 euros) lorsque nous commençons à nous demander s'il était bien raisonnable d'enfiler gants, écharpes et accessoirement bonnet pour un samedi midi grignoter des produits qu'on aurait tout autant apprécié chez soi, bien au chaud et à l'abri des courants d'air.
Les raviolis de veau à la sauce tomate (15 euros) ou le straccetti de veau, roquette, parmesan et truffe noire (18 euros) sont prévisibles et trainent du pied, sans envie ni volonté. La sauce tomate téléphonée, sans peps, comme vidée de sa substance à l'image des ces raviolis aphones qu'on dirait tirés d'un cauchemar, ne nous enchantent pas plus.


Ils ont beau quatre en cuisine, en dépis du surnombre on y cherche encore la patte d'un chef, l'ébauche d'un discours. L'avis de recherche est lancé.



Procopio Angelo
89 rue Saint Honoré
75001 Paris
Tel: 01 40 41 06 25

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 11:53

Soient 14 couverts tenant par miracle dans le carton à chapeau d'un charmant passage du Faubourg Saint Antoine. Ajoutez-y 1 ex sous-chef du Relais Plaza, 2 jeunes femmes attentives, la première à l'œuvre dans la cuisine ouverte sur la salle, posée, concentrée, mitonnant en direct des plats limpides d'une juste clarté et dont elle capte l'essence avec la sagesse d'un moine zen tandis que la seconde - un peu fée par moments – coiffe les plats de ces ultimes touches indispensables que sont ici un filet d'huile d'olive, là une touche de parmesan râpé ou bien une pincée de thym.


Comptez ce midi sur 9 entrées et plats s'échelonnant de 5 euros (délicate, simplissime et bienvenue soupe de carottes aux amandes) à 17 (palette de bœuf et pommes de terre rôties), notre gourmandise nous portant plutôt sur les lasagnes au potimarron, saucisse et romarin (12 euros) hésitant intelligemment entre le piquant de la saucisse et la douceur discrète de la courge, et les penne alla norma et ricotta (12 euros) dont la sauce, très parfumée et adoucie par quelques touches sucrées développe en bouche la fraicheur, la rêverie ensoleillée du bassin méditerranéen, cette espèce de fanfare molle pour le mouvement de ses ports, l'ailleurs.
Des desserts à 4,50 et une vérité toute simple qui se retrouve dans la moindre assiette sans stupeur tremblement.




Caffe dei cioppi
159 rue du Faubourg Saint Antoine
75011 Paris
Tel: 01 43 46 10 14

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 12:14


Massimo Rizzo, le patron multo simpatico de Croccante, c'est un peu Gargantua en gants de velours. Ou la promesse d'un repas «pauvre mais riche», sicilien jusqu'au bout des ongles.
De la Sicile, il sera question dans le moindre intitulé de la carte mince mais affolante qui musarde entre les différentes provinces, piochant subtilement dans la géographie tourmentée de cette île posée entre trois mers ou au cours des siècles grecs, puniques, normands, romains, arabes, espagnols et français ont laissé une empreinte à la fois colorée, variée et fastueuse dans la culture gastronomique.
La «Pasta malerba» (12 euros) en est un bon exemple avec son pesto maison à base de céleri, ail, carottes, tomates confites, amandes, marjolaine, romarin, thym, sauge, menthe et tutti quanti... Les «taglioni ammuddicati con bottanga di tonno» (14 euros), œufs de thon séchés et salés avec une chapelure toastés, tomates cerises, oignons bâton, pignons de pin, raisins secs, persil, citron soulignent une nouvelle fois la dette que doit la cuisine sicilienne aux influences extérieures.
Riche en saveur, généreuse, un brin fantasque (ces mémorables «maccheroni siciliani» artisanaux aux gambas et saupoudrés de pistache), Massimo, secondé en cuisine par sa femme Deborah, ne la conçoit pas autrement.


Au point que la petite cantine qui fait également office d'épicerie de poche ne désemplisse pas, alléchés que nous sommes par exemple par cette ahurissante assiette d'antipasti au prix doux, limite fondant de 10 euros, à partager à deux, vrai tire larmes s'il en est avec ses courgettes à l'huile craquantes, ses oignons cuits au four à l'huile d'olive et au vinaigre, ces tomates cerise de Pachino, sa mozzarella di bufflone en tresse remplacée par des billes lorsque celle-ci vient à manquer. On craque également par anticipation pour la poutargue de thon à la sauce aux haricots blancs proposée au petit bonheur selon l'humeur de Massimo, une spécialité à base d'œufs de thon sicilien salés, séchés et préssés (plus maigre que ceux péchés dans le nord de l'Europe) à déguster râpés. Il fonctionne comme ça, Massimo, à l'instinct, au sentiment.


Aussi, vous sortez d'un spectacle et débarquez à plusieurs, l'estomac dans les chaussettes et sans crier gare alors que s'achève le dernier service. Inutile de demander la carte, le bonhomme se charge de vous rigoler de pâtes préparées de main de maitre et servies sans faire de manière, comme à la maison, dans un grand plat fumant. Pour arroser ce festin, on se laisse tenter par un de ces vins puissants et denses comme ce blanc de la région d'Alcamo, ces rouges de la partie méridionale de l'île, ceux plutôt charnus produits sur les pentes de l'Etna obtenus à partir de raisins riches en nutriments favorisés par le terrain volcanique.
Pour peu qu'on pousse le vice à ramper jusqu'à la carte des desserts, on passera commande dans un filet de voix qui sera un peu notre dernier souffle, d'une glace artisanale croustillante (5 euros), d'un tiramisu également croustillant ou d'une crème de mascarpone à la liqueur de Maraschino avec ses biscuits amaretti concassés, menthe, pistache, raisins secs, éclats de chocolats noirs (7 euros). Rendez-vous est pris pour la prochaine fois, après avoir pris la précaution de zapper l'entrée !

 



Croccante
138 rue de Vaugirad
75015 Paris
Tel: 01 47 83 37 28

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 09:38

C'est la lecture passionnée du «Goût du Japon», nouvel ouvrage de Philippe Delacourcelle, tête pensante du Pré Verre qui m'aura donné l'envie d'y réserver sans plus tarder une table pour déjeuner, soit une poignée d'années après mon dernier passage.
Je vivais depuis sur le souvenir de cet agneau de lait au choux croquant dont la sauce stupéfiante, renversante parce imprégnée d'anis étoilé, de poivres et de girofle, achevait inévitablement sa brève existence dans les replis moelleux d'un morceau de pain.
De passionné, mon intérêt pour ce plat vira à l'obsession au point d'être contraint de composer mon existence avec cette nouvelle tentation. La raison l'ayant emporté sur la gourmandise névrotique, ingérable, je parvis tant bien que mal à mettre le Pré Verre en quarantaine, à la tenir à distance raisonnable de mon quotidien.
Seulement, il est entendu que les vieux démons refont toujours tôt ou tard surface.
C'est ainsi que ce jour là, aux alentours de midi trente, une fois attablé dans la salle déclinée sur le mode néo bistrot - lumière basse, pochettes de 33 tours de légendes du jazz troquées ces jours-ci contre des tirages couleur de Tokyo auxquelles répondent le ardoises - je me retrouvais devant le fait accompli, affrontant un plat en tout points conforme à mes souvenirs et culminant au sommet de mon petit Panthéon personnel. Si je connaissais l'agneau de lait façon Delacourcelle sur le bout des doigts, rien ne laissait présager que je succomberai un nouvelle fois et ce à des années d'intervalle, à la force de percussion, la juxtaposition de parfums, la finesse en bouche et la puissance de l'agneau - le croquant du chou et le pouvoir diabolique de sa sauce, m'achevant littéralement.


«Souvent, un élément épicé vient soutenir une préparation simple pour la présenter sous un aspect inattendu mais le produit de base, le thème du plat, est toujours présent et intact.» Philippe Delacourcelle résume laconiquement sa démarche, presque sa philosophie qui parcourt sa carte de saison aux allures de carnet de voyage (pressée de poulpes, wakame au raifort; civet de sanglier; lieu jaune en cassoulet au miso blanc) du quartier latin à Tokyo ou il vient en toute logique d'ouvrir une adresse, réplique bec et ongle de l'antre parisienne.
A noter, toujours cette formidable formule déjeuner à 13,50 euros (ce jour là une étonnante terrine d'azuki au curry rouge suivie d'un civet) et le menu complet à 28,50 tant au déjeuner qu'au diner.




Le Pré Verre
8 rue Thénard
75005 Paris
Tel: 01 43 54 59 47
http://www.lepreverre.com/index.html

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 13:40



Première enseigne européenne de la branche Nichigekka Ginza du groupe Ramla, Oto-Oto fait partie de ces restaurants sur lesquels il est difficile de porter un avis tranché et qui peuvent autant laisser un goût amer que combler.
Reconnaissons lui néanmoins le mérite de générer des réactions, de ravir comme de déconcerter.
La seule lecture de la carte témoigne de ce parti pris qui n'est pas toujours des plus heureux. On y voit son chef Yatawaga (second couteau de Bruneau à Bruxelles et de Bernard Loiseau à Saulieu) hésiter entre une cuisine reproduisant les classiques fondamentaux de la cuisine japonaise (katsudon, omburi, tempura) tout en s'engouffrant dans les brèches d'une cuisine plus sophistiquée (assortiment de petits plats variés et dits «créatifs», somme toute assez stériles, dépourvus de vision d'ensemble et dénués d'intention).



Aussi surprenant que cela puisse paraître, la maison s'accommode plutôt bien de ce manque d'ambition et de vision d'ensemble, à l'image de son menu Zen de Daimo (28 ), soit 7 petits plats précédés d'une salade aux écrivisses et épaulés d'une soupe miso et d'un riz blanc. Pâté d'aubergine, lamelles de foie gras, croustillant de porc, saumon grillé mariné, tempura... rien de bien surprenant dans cette composition, rien de fulgurant, seulement cette dernière parvient paradoxalement et sans l'ombre d'un effort à tirer le meilleur parti de cette étonnante absence de propos et de prise de risque. On n'y trouve rien de honteux, çà s'avère au final assez plaisant mais on ne déborde pas de joie pour autant.
En appui, le sencha Jugetsudo, facturé sans complexe 5,5 euros et comble de la mesquinerie, proposé en sachet individuel.
On notera que sue le même model, le menu du soir "Oto de Rencontre", culmine à 39 euros et que les formules changent tous les mois.





Oto-Oto
6 rue du Sabot
75006 Paris
Tel: 01 42 22 21 56
http://www.ramla.net/luxury_restaurant/otooto_PARIS/

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 15:39


Allez comprendre pourquoi nous partions vaincu avant même de lui avoir donné sa chance, à ce fameux soufflé que nous imaginions sans consistance ni volume, vidé de ses attributs et avachi sur lui même.
Capricieux de réputation, enfantin dans son élaboration mais véritable casse tête dans sa cuisson, craint par plus d'un chef pour la difficulté de son maintien; l'étoile décernée par le Michelin et le prestige dont jouit l'établissement auprès d'une clientèle fidèle et nombreuse composée pour moitié de touristes, participèrent néanmoins à tempérer notre appréhension.
La salle classico-bourgeoise piquée de natures mortes dégageait une atmosphère chaude et enveloppante, le service charmant et dévoué était accommodant au point de nous inviter à laisser court à nos désirs et composer notre menu sur mesure. Suffisait de se laisser glisser, de laisser la magie opérer.
Le menu du midi à 22 euros nous parut impeccable avec sa salade en entrée (sur laquelle on peut faire l'impasse, la vinaigrettes épaisse, agressive et asphyxiante n'étant pas franchement recommandable), suivie d'un soufflé salé et un second sucré. Pour une poignée d'euros de plus, soit 31 euros, les plus gourmands ne feraient pas la fine bouche et s'offriraient le grand jeu, le menu «tout soufflé».


A peine sorti du four, le soufflé au sanglier s'invite sur la table. Très séduisant dans son ramequin fier et épanoui, c'est un régal des yeux avec sa couleur d'un blond foncé, sa jolie forme arrondie, stable sans être rigide. On n'aurait presque envie ne pas y toucher, seulement il s'avère si diablement appétissant qu'on y pique déjà la pointe de la fourchette.


On est agréablement surpris de rencontrer une légère résistance: le soufflé s'avère aéré mais consistant et délicat à la fois, sa texture se rapproche de la mousse, à laquelle se mélange la sauce délicieuse du sanglier dont on peut néanmoins regretter la raréfaction des morceaux de sanglier au fond du plat, néanmoins suffisant pour lui donner une saveur de gibier. La pièce n'en reste pas moins une formidable réussite, un pur ravissement que vient compléter le soufflé sucré à la pistache et aux pépites de chocolat nappé d'une sauce au chocolat noir, impressionnant en bouche, puissant et doux à la fois.


Une nouvelle fois, le soufflé tient parfaitement sur ses assises. Masse pleine de grâce et d'assurance, on jette des coups d'œil sur les tables à proximité ou l'on apprécie la variété de cette spécialité (aux fruits de mer, au saumon, tomate basilic, un peu plus ventrue, plus dorée mais toujours digne) déclinée de l'entrée au dessert dont l'inspiration suit le rythme des saisons.
Régal des yeux, on avise ce soufflé au Grand Marnier, cet autre au rhum dont on arrose soi même l'objet de notre émoi sans modération. C'est peu dire qu'on est au Soufflé comme dans un cocon. Le plaisir y atteint des sommets et l'addition garde les pieds sur terre.



Le Soufflé
36 rue du Mont-Thabor
75001 Paris
Tel: 01 42 60 27 19

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 08:35
Ouvert en 1972, Hanoufa figure parmi les plus anciens japonais de Paris, c'est également l'un des très rare établissements à proposer une véritable cuisine Teppanyaki (sur plaque chauffante) collant au plus près de la tradition.
Dans un cadre aéré ou l'omniprésence de matériaux à la légèreté, la vacuité toute orientale tempèrent l'espace, et sous le regard bienveillant de serveuses en kimono traditionnel, on est heureux d'y observer les maitres cuisiniers dispenser leur art avec sérieux et conviction dont l'un des climax - réplique incontournable et attendue de cette grande pièce en trois actes - est assurément celui ou ils affutent les lames de leurs couteaux avec cette concentration, cet esprit calme, sous contrôle, dont le geste fait surgir dans notre imaginaire celui des samouraï d'antan aiguisant les katana, ces armes blanches tel le sabre, ultra tranchantes.
Entre le maitre cuisinier et nous, une grande table chauffante que se partagent plusieurs hôtes. Au centre, les ingrédients (soja au sésame, champignon, tofu, omelette, canard) qui se dressent, se soulèvent pour une dernière danse hypnotique et dégagent déjà, après une ultime giclée d'huile de soja, de prometteuses saveurs. Immédiateté de la cuisine préparée devant soi, mobilisation ininterrompue de nos sens, interaction, sensation de justesse, de vérité, à des années lumière de ces jonglages et autres pitreries aussi vaines que complaisantes visant à charmer les dineurs incrédules, à épater le touriste, tompeuse illusion, blashématoire s'il en est.

 


Ici, la performance du cuisinier se résume à l'essentiel: sélection, découpe (bocho), cuisson, le tout assaisonné d'un soupçon de spectacle, de virtuosité dans son traitement. Le résultat est à la hauteur des efforts fournis lequel sans marquer au fer blanc notre mémoire trouve naturellement sa place dans cette boite de pandore abritant tous ces petits moments délicieux ceuillis plutôt qu'amassés au grès des jours.
Le menu choisi ce midi était celui à 28 euros, s'ouvrant sur une soupe miso, une séduisante salade parfumée aux agrumes et se poursuivant avec un California maki avant d'atteindre sa destination finale, le canard cuit sur plaque accompagné de légumes également saisis et de riz.
Une pause dans le temps, un souffle, être et avoir été.



Chez Hanafousa
4 passage de la Petite Boucherie
75006 Paris
Tel: 04 46 33 78 61

 

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 11:34



Loué soit Robin qui le premier m'alerta sur l'existence d'Happy Days, un dinner pur jus lequel coule depuis deux ans une existence paisible entre le bouillonnant boulevard Saint Michel et la placide rue Saint André des Arts.
Soit un ticket sans escale pour l'euphorisante et non moins troublante Amérique des années 50 - jukes box, tables bubble gum et rock and roll à tout va et aussi indispensable que du sirop d'érable sur une pancake, faisant foi de notre voyage dans le temps.
Le BBQ burger avec sa viande généreuse, son fromage fondant et ses oignons rings impecc est une vraie tuerie d'autant que les buns toastés juste ce qu'il faut possèdent ce je ne sais quoi qui les sort de leur réserve habituelle pour leur faire jouer un rôle de premier plan.
Les frites, toniques, épanouies sont également au meilleur de leur forme.
On s'attend à quitter la table l'estomac ballonné, le corps un peu engourdi et c'est tout le contraire qui se produit, le burger possédant cette qualité rarissime de tendre à une certaine légèreté tant la présence de matière grasse semble superficielle et non pas saturer le plat comme c'est souvent le cas, ce qui a le mérite de faciliter l'expression propre de chaque ingrédient dont la saveur n'est pas amoindrie parce que superposée, muselée par la graisse.
On aime, on adore, pas le temps de dire ouf qu'on y est déjà retour.





Happy Days
25 rue Francisque Gay
75006 Paris
Tel: 01 43 39 67 07
http://www.happydaysdiner.com/

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 20:05



C'est au retour d'un voyage au Mexique en 2004 que Guillaume Hermite, jeune étudiant en école de commerce, envouté par le cacao après la visite d'une chocolaterie décide sans plus attendre de créer sa propre filière d'importation équitable afin de travailler la fève torréfiée.
A la fois entreprenant et soucieux de l'environnement comme des conditions de productions, il ouvre en 2006 dans l'ouest parisien une première boutique solidaire et durable et se fait une réputation en important du cacao Africain ou Sud Africain (avec une préférence pour le Vénézuela), issu de l'agriculture biologique et acheté selon les règles du commerce équitable.
Jusqu'au boutiste, son espace aménagé avec des matériaux écologiques (emballages en fibres naturelles, matériaux recyclés ou biodégradables, tomettes bio, ampoules basse tension...) ne laisse rien au hasard et donne à voir plus qu'il ne cache, jouant la carte de la transparence plutôt que celle du mystère.
Au décor sobre répond la matière à son état brut disséminée aux quatre vents (fèves, sucres, cardamone, gingembre, noix de muscade) qui évoque à la fois le laboratoire et l'univers portuaire avec ses marchandises, ses caisses de chargement et invite à l'évasion, à la dégustation immédiate.
Chocolat blanc aux pistaches, chocolat noir aux baies roses, chocolat noir lavande et noisettes, ganaches, tablettes, pâtisseries ou à siroter (mention pour ce chocolat mousseux au piment d'Espelette (3,50 euros la tasse, 5,50 le bol, 7,50 la caraffe), celui à la poire ou à la cannelle, léger, aérien), Guillaume Hermitte et son équipe donnent vie au chocolat sous toute ses formes dans chacune desquelles se retrouve cette intensité, une percussion qui ne court pas les rues.


Et ludique avec ça, à l'image de la cacaotière, cette machine qui fabrique en quelques minutes sous vos yeux le brut de cacao de votre choix dont vous choisissez les ingrédients et affinez vos préférences (écorces de citron, cumin, éclats de fèves ou non, pourcentage de cacao, forme définitive etc...)
On reviendra gouter le fameux granit de cacao à 95% qui se déguste chaud, à la petite cuillère ou en tablette.
A noter, restauration légère à midi, petits déj le week-end, ateliers, happy hour du mardi au vendredi de 14h à 17h (deux chocolats au lait pour le prix d'un).



Puerto Cacao
53 rue de Tocqueville, 17è
2 rue Théophille Roussel; 12è
http://www.puerto-cacao.fr/

 
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 08:00


 

C'est à la Coopérativa Latte Cisternino de la rue Geoffroy-Saint Hillaire que j'ai fait l'acquisition de ma toute première burrata, la fameuse, qui est un peu à la mozzarella ce qu'est le San Daniele pour tout amateurs de jambon cru qui se respecte. Soit un fromage de lait de vache ultra frais, fabriqué dans l'extrême sud de la péninsule, variante enrichie de la mozza dont au centre est nichée de la crème fraiche et qui doit impérativement être consommé dans les cinq jours puisqu'il n'a subi aucune maturation (vaine précaution qui ne s'applique pas à des gourmands comme vous et moi !)
Autant le dire tout de suite, la burrata ne court pas les rues. Curieusement absente de la carte de la plupart des restaurants italiens, y compris des plus renommés, c'est à la Crémerie, rue des Quatre Vents que j'en ai fait la découverte, sans pour autant y goûter car celle-ci avait un prix, et quel prix.... 24 euros. La bonne blague. Et le patron voyant mon malaise d'ajouter pour me rassurer: «Je la sers habituellement pour deux personnes.»
Pas vraiment convaincu par le montant extravagant proposé par la Crémerie, et de plus en plus alléché par la burrata, laquelle n'en finit plus de se faire désirer, je décide de jeter un œil sur internet ou j'apprends, à ma grande surprise qu'une coopérative italienne disséminée un peu partout dans Paris, la bien nommée Coopérativa Latte Cisternino, fournit la Crémerie...
Ni une, ni deux, je fonce à la Coopérative la plus proche de chez moi bien décidé à me procurer ce morceau de paradis, ce Graal qui a bouleversé l'existence de plus d'un internaute.
Hormis quelques posters et cartes postales punaisés au mur qui donnent un peu de chaleur à l' espace, la Coopérative est d'une grande austérité en comparaison des traiteurs italiens dont nous sommes coutumiers.


Les tarifs pratiqués (et c'est la première bonne surprise) tendent également à une certaine austérité (juqu'à deux fois moins cher qu'ailleurs). Ici (et c'est la deuxième bonne surprise), pas d'éventail d'antipasti livrés en boites et monopolisant la vitrine réfrigérée, pas de plat cuisinés, mais un choix minimaliste de pâtes fraiches, des pâtes dures, cinq variétés de mozzarella de la bufflone à la tresse en passant par la fior di latte, de la charcuterie, du beurre, des fromages, de la purée de tomates cerise et j'en passe, le tout à un prix ultra raisonnable défiant toute concurrence enfin, détail qui a son importance, servi par un italien adorable et toujours prêt à pousser la chansonnette.
Vous l'aurez compris, nous ne sommes pas ici chez un quelconque traiteur italien mais bien dans une véritable latteria travaillant avec des petites fermes.
Et notre burrata, alors? Troisième et dernière bonne nouvelle, elle est là, elle baigne dans l'eau, non pas vêtue de sa célèbre feuille de jonc, mais à poile dans son emballage. Son coût? 5 euros les 400 grammes, loin, très loin des 24 euros de la Crémerie... Au passage, j'apprendrais qu'elle est produite dans une ferme à proximité de Corato et que son arrivage a lieu le jeudi...
Une fois rapportée à la maison, j'ai bien une petite idée sur comment la déguster... C'est tout naturellement que je la dépose au fond d'un plat creux, histoire que la beauté s'aère, se détende (au propre comme au figuré) et s'affaisse légèrement, libérant déjà un peu de son nectar lacté...
Vous l'aurez compris, la burrata est un produit charnel sinon érotique. On ne le pique pas avec une fourchette mais on le pénètre délicatement avec une cuillère, on pousse dans la chaire pour y progresser avec émotion et atteindre le cœur, cette poche crémeuse qui libère son trésor à flots contenus...


On peut la consommer sucrée, avec par exemple une confiture d'agrume, on peut l'apprécier sur une tranche de pain ou arrosée d'huile d'olive, pour ma part, je l'accompagne d'une petite de salade de roquettes saupoudrée de parmesan et de courgettes grillées. Je prends bien soin auparavant de la gratifier d'un trait généreux d'huile d'olive et de d'un tour de moulin à poivre et c'est quoi tout cela sinon un moment de grâce, de bonheur intense?

 


Coopérativa Latte Cisternino
1- 46 rue du Faubourg Poissonnière, 75010 Paris
Tél : 01 47 70 30 36
Métro Bonne Nouvelle
2- 108 rue Saint Maur, 75011 Paris
Tél : 01 43 38 54 54
Métro Parmentier
3- 17 rue Geoffroy-St Hilaire, 75005 Paris
Métro Censier-Daubenton
4- 37 rue Godot de Mauroy, 75009 Paris 

Métro Havre-Caumartin 
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 13h30 et de 16h30 à 20h.
Fermé le dimanche et lundi

 

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Le Pré Verre (Cuisine et vins d'auteurs), 8 rue Thénard, Paris 5è

Asian Wok (cuisine Thai avec un zeste de fusion), 63 rue Oberkampf, Paris 11è

El Mansour (Le couscous Marocain de la capitale sinon de l'héxagone), 7 rue de la Trémoille, Paris 8è
Croccante (Spécialités siciliennes, cuisine régionale à couper le souffle), 138 rue Vaugirad, Paris 15è 

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