750 grammes
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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 22:50

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Le café Sidi Chebaane à Sidi Bou Saïd n’est pas le café Hafa de Tanger. A Sidi Bou Saïd, le soleil ne ralentit pas les scènes. On cherchera en vain les chaleurs et paresses d’habitude. Tanger, elle, possède un lieu ou les images prennent leur temps et les bruits résonnent plus juste, que les gestes ne justifient plus. C’est le café Hafa, et dans une moindre mesure la Terrasse des Paresseux, surplombant le marché et ouverte sur la ville basse, le port ou le jour pose très fort sa chape de plomb.

A Tanger, on ne parle que du vent. Souvent, la mer devient folle et les marins sont incapables de prévoir le courant, surtout lorsque souffle le vent d’est qu’on appelle l’ene ou encore à la manière espagnole, le levante, mais que tout le monde ici connait sous le nom de chergui. Il peut se déchainer en toute saison. Quelquefois, lorsque le chergui s’engouffre furieusement dans le détroit, on dirait que la terre tremble et on jurerait que la ville s’apprête à glisser dans la mer, à s’enfoncer dans les limbes, hafa, justement.

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Le café Sidi Chebaane est sage, bien plus sage, surtout lorsqu’on s’y présente à la tombée du jour, quand la baie s’éteint dans ce rougeoiement qui la tient en haleine. Qu’une pluie s’abatte subitement sur la colline ou que la chaleur cuise la côte, on y est à l’abri, en sécurité sous les grands parasols. Sidi Chebaane est un café sans histoire, vieux et stérile, tandis que le Hafa continue de bâtir la sienne, avec quelque chose de triste dans le regard. A Sidi Chebaane, c’est un monde susurré que l’on entend, truffé d’ombres et de rumeurs.

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Les murmures se confondent et produisent rien qu’une nappe sonore éprouvante. Au café Hafa, les sons retombent oubliés et les conversations semblent venir de très loin devant ce panorama princier qu’est le détroit, ce gouffre rempli d’une lumière uniformément décolorée avec les côtes espagnoles dont la proximité est troublante. La café Sidi Chebaane, lieu de l’accumulation inutile, est comme le prolongement des vacances, de la farniente avec sa plage, son petit port de plaisance situé à ses pieds quand la montagne jaillit d’en dessous du café Hafa et annonce de grands parcours de nuage. La nuit, on entend les hommes tapis dans l’ombre, éclairés par le seul rougeoiement du petit morceau de charbon se consumant à l’extrémité de le narguilé jouer de la darbouka et chanter pour personne sinon la mer, les étoiles, les noyés, vous, peut-être. Hafa, auquel va ma préférence, naturellement.

 

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 09:13

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Quartier historique de l’immigration chinoise à Paris (à majorité Wenzhou), le 3ème arrondissement concentre dans quelques rues une flopée de grossistes, de traiteurs et de restaurants dont Au Bon Phô, d’inspiration vietnamienne, se distingue du lot ne serait-ce que pour sa sublime soupe du vendredi.

Le patron ne vous proposera pas d’emblée, ni plus tard d’ailleurs, ce plat préparé uniquement le vendredi. A moins de le réclamer vous-même, vous pourrez ronger encore votre frein longtemps. La soupe du vendredi, qui est à la fois le nom de code, le sésame, le sauf conduit qui vous conduira au graal, nécessite dans un premier temps d’en avoir été mis au parfum par une personne assez obligeante pour vous faire cette faveur. Vous estimant digne de partager ce secret (la mystérieuse soupe n’étant mentionnée sur aucune carte du restaurant), c’est gonflé d’orgueil et d’importance mais aussi un peu intrigué que vous enfourcherez votre bicyclette pour gagner cette petite adresse aux murs punaisés de photographies de jolis mannequins en herbe. Vous voilà enfin installé sans trop savoir à quoi vous attendre, brassant les plus hypothèses les plus farfelues. Une fois passée votre command, le suspens est véritablement à son summum.

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Moins de deux minutes après avoir lâché le mot capital, arrive sur votre table une soupe fumante de fines pattes de riz (les irrésistibles bun vietnamiennes) coiffées d’un généreux filet de poisson blanc, incontestablement acheté ce matin même sur le marché, s’ébrouant dans du lait de coco. On plonge dans un premier temps la cuillère pour porter à ses lèvres un peu de soupe pimentée à point: c’est divin. Exalté, on prospecte dans les profondeurs du bol pour y amener à la surface les légumes râpés, lesquels mélangés au lait de coco n’en sont que meilleurs. Vous vous croyez projeté sur un marché de Saigon, sur le coin d’un bout de trottoir, assis sur votre petite chaise en plastique, un matin que la chaleur est déjà éprouvante. C’est bon, c’est chaud, c’est enveloppant et vous aimez comme la soupe infuse dans votre corps. A peine rentré chez vous, vous vous jetez sur votre ordinateur pour communiquer ce secret - une petite trahison que vous n’êtes pas peu fier de partager.

 

 

Au Bon Phô

22 rue au Maire

75003 Paris

Tel: 01 48 78 03 20

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 09:24

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Franchement pas terrible, l’Acropole. On a été charmé par la devanture fanée, son carrelage, ses voilages vieillots et sa grande salle austère aux allures de cantine mais au charme fou. On s’attendait à de la joie, un peu de soleil dans notre assiette, quelques sourires, pourquoi pas, l’équivalent d’une main qui se pose sur votre épaule. On a vite déchanté. Le mezze semblait s’ennuyer dans l’assiette comme les sardines grillées aux côtés d’une salade aux extrémités gâtées et au céleri râpé indigeste parce que marinant dans une sauce suspecte.

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La vie avait visiblement déserté nos assiettes comme elle l’avait fait de cette salle. Pas un souffle de vie ni le moindre frémissement mais une ambiance pesante, des assiettes sans histoire, ni dans le présent, ni ailleurs non plus. Les brochettes qui imposaient d’amples efforts afin d’en mâcher les morceaux de viande n’étaient pas plus éloquentes que le reste. Et toujours, cet accompagnement désastreux: un riz à la sauce puisée d’un bidon dont on préfère ignorer la provenance; des pommes de terres au four réchauffées à n’en plus finir dont la consistance est caoutchouteuse, indigeste.

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Le plus vexant dans cette déconvenue, c’est l’addition absolument pas justifiée, à la limite de l’indécence (pas loin de 50 euros pour deux couverts), qui nous laisse à penser que les petits restos grecs pour touristes de la rue de la Huchette auraient été autrement plus animés et authentiques avec leurs grosses pommes de terre au grill, leurs assiettes généreuses et festives.

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L’Acropole

3 rue de l’Ecole de Médecine

75006 Paris

Tel: 01 43 26 88 90

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 08:50

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Laisse toi surprendre, le hasard a aussi son charme, lui chuchote une voix familière. Il se réveille de bonne heure. Le calme de la chambre finit par lui broyer le cœur. Dans l’appartement, tout est rangé, à sa place. Devant les fenêtres, des rideaux tempèrent l’intensité de la lumière; dans le salon, un vase avec des roses jaunes et rouges. Sur une lampe, un rayon de soleil se reflète, dont l’intensité lui blesse les yeux. Il ferme la fenêtre. La lumière reflue sur le sol en petits fragments. Il la regarde se rétracter puis disparaitre. L’appartement sent la mort. Il enfile ses souliers et se jette dans la rue.

Après avoir marché deux bonnes heures, il choisit une table, la première qui se présente. La rue est piétonne, elle est passante, voir gorgée de monde. La rue Montorgeuil ferait mentir le calme princier et légendaire de Paris au mois d’aout. Une table en hauteur, à proximité de la terrasse. A gauche, la salle, toute en longueur, banquettes rouges. A droite, la frénésie, les rayons de soleil qui tombent sur la foule en rafale. La carte est italienne, il découvre le nom du restaurant: Il Tre. Un nom comme un autre. On y mange des plats de pâtes plutôt copieux, à en voir les assiettes qui se succèdent à un rythme effréné. Des risotti mais aussi des pizzas plutôt quelconque dont la pâte trop blanche, trop lisse ne laisse rien augurer de bon. Le choix est vaste et il commande sans surprise des linguine alle vongolo dont le résultat est décevant. Le plat est exagérément salé et parasité par le jus de cuisson des palourde et surtout des tomates, comme pour masquer l‘absence d‘effort. On ne sent plus l’huile d’olive, l’ail, le poivre, le vin blanc. Simplement de l’eau salée et des tomates. C’est à peine triste. Il note en revanche que le service est excellent, ce qui est sans surprise pour ce quartier affairé peu regardant sur la qualité des mets mais pointilleux sur l‘accueil. C’était le Tre comme c’aurait pû être le restaurant d’en face, chaque adresse de la rue étant interchangeable. Il pousse un soupir et retrouve de nouveau la rue et cette sensation d’irréalité. Il chantonne doucement en marchant. Il n’entend même pas le bruit de ses propres pas sur le trottoir.

 

 

Il Tre

3 rue des Petits-Carreaux

75002 Paris

Tel: 01 40 13 03 29

 

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 10:08

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Quelquefois, ressentir cette sorte de désœuvrement que tout le monde connait au cours d’un voyage. Quitter la chambre, oublier tout jusqu‘à son nom. Se chauffer au soleil, marcher dans le sable avec la fausse nostalgie de ce qui ne bouge pas. Imaginer un instant que nous puissions aimer la montagne plus que la mer. Se frapper le front, lever les yeux et apercevoir en face de soi un visage dépourvu de souffrance. Etre incapable d’expliquer que dès l’instant ou son regard se pose sur ce visage inexpressif, privé de toute malveillance, on se sente pénétré d’un bonheur absolu. Ce visage qui ne pense à rien, qui est l’incarnation de la sérénité, empreint d’une grande noblesse. Un visage qui est un corps auquel nous emboitons le pas et que nous suivons dans les rues étroites et à peine fraiches de Trapani pour déboucher sur la pâtisserie Colicchia. Adresse incontournable qui offre la meilleure granita de Trapani.

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Colicchia

Angle Via Delle Belle Arti et Via Carosio

Centre historique.

Trapani

 

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 12:28

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C’est comme ça et pas autrement. Un carpaccio de poisson tel qu‘il présente, citron, huile d’olive. A déguster dans les larmes. Dans la foulée, un plat de busiate (pâtes torsadées à la main façon Trapani) à la boutargue (œufs de mulets salés et séchés). Ravageur.

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Le soir, la fièvre reprend. La gourmandise est une vice tenace. Sarde allinguate d’un autre monde, busiate al pesto trapanese qui nous achève et nous laisse béat. En image, le plat est plutôt ingrat. En bouche, c’est un bonheur. On est pris de court, on ne trouve pas les mots pour raconter. Le silence, s’il est quelquefois bavard est plus éloquent. Dont acte.

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Al Solito Posto

Via Orlandini, 30a

Tel: 0923 2 45 45

Trapani

 

Cantina Siciliana

Via Giudecca, 52

Tel: 0923 2 86 73

Trapani

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 11:25

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Sous mes yeux, la mer lointaine scintillait comme le ventre d’une sardine. Il suffisait de les fermer quelques secondes pour deviner à la fin du jour, le soleil tardif recouvrant l’horizon d’un éclat si vif au point d’en avoir les joues rougies. J’observais en silence et contemplais les nuages qui, devant moi, s’étalaient comme en rêve. C’était à l’extérieur de Palerme, dans ses hauteurs. Monreale.

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Faire demi tour, gagner la petite place et pénétrer dans la vaste enceinte de la cathédrale érigée sous l’impulsion de Guillaume II, chef d’œuvre de l’architecture normande. Garder un moment le silence. Dans la nef, regarder autour de soi et apercevoir deux tristes silhouettes. Tête baissée afin de ne pas éveiller leur attention. Un silence plus fort que la mort. Retrouver la place, la chaleur, la lumière, la vie. Ce restaurant de poissons et au loin, la mer si profonde qu’elle semblait assoupie. S’installer et choisir presque au hasard. Une friture légère, chaire souple, une assiette de pâtes simple simplement délicieux et désarmants d’authenticité, de sentiment qu’on éprouve un sentiment de piété, proche du religieux et qu’on a envie d’exprimer sa gratitude, en s’agenouillant devant le chef

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Il Trogoletto

Via B.D’Asquisto, 28

Tel: 091 641 9023

Monreale

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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 09:00

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Palerme compte quatre grands marchés dont ma préférence va à ceux du Ballaro et du Borgo Vecchio. C’est toute la joie retrouvée des marchés d’Asie avec ces fruits de mer en profusion, ses poissons en grâce, mêlée à l’euphorie des marchés africains.

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On n’y vient rien chercher en particulier, on se laisse simplement cueillir par des scènes de rue cocasses, la forme inhabituelle d’un légume, l’odeur envoutante des herbes fraiches. On est attentif au moindre détail, on questionne, on écoute avec intérêt sans comprendre un seul mot, simplement pour la beauté de la langue, son chant, sa petite musique.

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Il se peut que nos pas nous conduisent du marché à une petite église oubliée sur une place vierge de toute présence. On pousse la porte épaisse pour s’installer sur un banc, ravi de profiter brièvement de cette fraicheur que l’on espérait plus. Bien qu’elle ne franchisse pas les portes de l’église, la rumeur du marché continue de circuler en nous. Nous l’entendons avec une netteté telle que nous avons déjà quitté le banc pour retrouver la rue, la ville et son marché, cette frénésie que l’on préférera toujours au recueillement, à la gravité.

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 10:02

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A regarder de plus près la composition quasi criminelle de la cassata (ricotta, sucre, vanille, morceaux de chocolats et fruits confits) on comprend soit snobée par ces estomacs qui redoutent l’écœurement, et fuie comme la peste par les personnes qui privilégient leur ligne aux petits bonheurs coupables. C’est que ce dessert palermitain par excellence de plus en plus boudé par les palermitains a la malchance d’avoir tout pour plaire comme pour déplaire. Loin de la grâce et du raffinement des pâtisseries japonaises, la cassata fait figure de dessert du pauvre avec son taux démentiel de cholestérol au cm2, sa texture épaisse, bourrative et cata plasmique.

Ne soyons pas mauvaise langue. La cassata, pour qui aime les desserts explosifs et brutes de décoffrage (comme c’est occasionnellement mon cas) s’avère toujours la bienvenue en cas de petite faim (disons une grosse petite faim) survenant dans le creux de l’après midi. Enfin, on ne sera pas mécontent d’apprendre qu’il existe des variantes de cassata plus sobres, moins extraverties (si cela peut se faire avec cette spécialité d’un 3ème type), par exemple cuites au four.

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Plutôt que de se risquer à engloutir une cassata et de culpabiliser durant tout le séjour en raison d’une entorse impardonnable au régime en cours ou une prise de poids aussi soudaine que vertigineuse, les cannoli offrent une alternative intéressante quoique toute aussi risquée: qu’on les mange sur le pouce au comptoir d’un café, assis dans l’herbe sur le front de mer ou dans une ruelle, le shoot de cholestérol et l’effet irréversible sur notre silhouette risque d’être la même, seulement moins perceptible, moins évidente au point qu’il sera toujours préférable de fermer les yeux devant chaque pasticceria croisée sur sa route…

 

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 18:45

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Première incursion dans la street food palermitaine pure et dure, de celle que l’on se fait un plaisir de déguster avec les yeux sans pour autant juger nécessaire, voir conseillé de lui faire franchir le seuil de notre bouche, laquelle pourtant en a vu d’autres (yeux de mouton à l’occasion du tabaski au Mali, rats des champs dans le nord de la Thaïlande, semence de cabillaud au Japon).

Si un prix devrait être remis à la spécialité qui hérisse le plus le poile et ferait fuir les plus téméraires, la palme reviendrait certainement à la frittola, laquelle protégée des regards, peut-être parce qu’un peu coupable, se cache dans un panier doublé de tissu et couverte d’un linge afin de conserver sa température. Et c’est toujours avec des yeux médusés que l’on observe l’avant bras s’enfoncer dans les profondeurs du panier pour en rapporter quelque grasse poignée qui finira au milieu d’un pain.

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Dans son excellent et truculent ouvrage consacré à Palerme, «Palerme est un oignon», Robert Alajmo raconte que «la dégustation de la frittola est comparable à la tournée des assassinés qu’on offre aux visiteurs pour éprouver leur capacité d’endurance.» Et pour cause, «il est bien difficile de savoir ce que sont au juste les morceaux en question, et le linge sert aussi à en préserver le mystère. Théoriquement, il devrait s’agir de cartilages de bovidés et de suidés, d’abord bouillis, puis fris, et enfin saupoudrés de safran.»

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Avis aux amateurs, la frittola n’est pas la seule spécialité déconcertante que compte Palerme. On citera dans le désordre le musso, les stigghiola ou encore le sandwich à la rate, agrémenté de fragments de poumons et cuit dans du saindoux… Bref, le choix est vaste et à Palerme et les amateurs de sensations fortes trouveront des défis à hauteur de leur bravoure.

 

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