750 grammes
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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 10:37

Mori 1

Le Mori Venice Bar, on y réserve une table un jour de grand soleil et qu‘il fait chaud (c‘était la semaine dernière, cela semble une éternité). Avant de gagner le restaurant, on jette un œil à ce tournage qui a lieu place de la Bourse, en face du restaurant. On distingue, donnant la réplique à Gilbert Melki, la belle et émouvante Léa Drucker, stricte dans son tailleur gris et dont le personnage pourrait avoir ses habitudes au Mori, hommes et femmes d’affaire en composant l’essentiel de la clientèle. Le tournage s’éternise, je croise une dernière fois le regard de Léa Drucker, lui glisse un sourire et traverse la place pour gagner le restaurant.

Mori 2Je note immédiatement et non sans soulagement que Le Mori Venice Bar, bien que donnant dans les spécialités du nord-est, nous épargne une décoration inspirée par la façade rosée du Palais des Doges, les mosaïques de la place Saint Marc ou les marbres saurés de la Logetta, soit toute une effervescence de couleur et de vie qui à la longue peut taper sur le système. J’apprends que Massimo Mori a eu la bonne idée de donner carte blanche à Philippe Starck qui a composé un espace reposant et feutré aux couleurs éteintes et tamisées, aux lumières chaudes qui donnent l’impression d’être dans un cocon préservé de l’extérieur.

La carte est belle (voir le site très complet), riche et l’addition s’annonce dispendieuse: avoir croisé Léa Drucker m’en console.

Mori-3.JPG

C’est la saison des champignons. Grande est la tentation de débuter le repas par le frico friulano (gâteau de pomme de terre, oignons doux, poêlée de cèpes au fromage Montasio, pousses de tétragone, 25 euros) mais les souvenirs encore vifs de mon séjour en Sicile se rappellent à moi sous les traits d’un carpaccio de bar, artichauts crus, boutargue et pistaches (21 euros), forcément jouissif.

Mori-4.JPG

Les champignons, j’y arrive enfin, avec les fines tagliatelles laminées maison poêlées aux cèpes des bois cueillis dans la région de Monti Euganei (29 euros), un plat sans fausse note, dans son propos et aux saveurs bien marquées qui confirme que le Mori Venice Bar est une adresse hautement recommandable, avec ou sans Léa Drucker.

 

 

Mori Venice Bar

2 rue du 4 Septembre

75002 Paris

Tel: 01 44 55 51 55

Site: mori-venicebar.com

 

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 14:52

Genin 3

De longue date, Jacques Genin a largement contribué à ma passion du chocolat décliné sous toutes ses formes. Ayant grandi avec les éclairs de Jacques Genin, ses tartes au chocolat, son chocolat chaud et naturellement ses ganaches, j’ai appris de cet artisan qui est à sa manière un grand couturier, que le chocolat était un produit extrêmement plaisant et jouissif, certes, mais également sérieux et grave. A l’image de l‘amour physique.

Depuis La Maison du Chocolat ou il officia une petite dizaine d’années, l’enseigne parisienne n’est plus le lieu exclusif ou apprécier les chocolats et pâtisseries de Jacques Genin. L’occasion se présente d’en estimer le génie dans les meilleurs restaurants, pour la plupart étoilés, habituellement en fin de repas sous les traits d’une ganache grand cru aux saveurs savamment équilibrées ou bien à travers le fondant d’un caramel modérément sucré dont la palette aromatique couvre un spectre large, passant du café au chocolat pour s’achever sur une note caramélisée qui va courir longtemps en bouche pour faiblir si peu et véritablement s’incruster en nous, s’inscrire dans notre conscience comme un tatouage sous la chair. Les palaces également, draguent désormais les créations du maitre, lequel après un bref passage dans le 15è arrondissement parisien, a eu la bonne idée de poser ses valises dans le Haut Marais.

Genin 1

De l’extérieur, on dirait une galerie, le hall d’un hôtel de luxe, une boutique de joaillier (similitude la moins éloignée de la réalité, vu la configuration de l‘espace vente), une méprise qui s’explique par l’absence d’enseigne qui fait toujours l’objet de négociations avec la mairie, le bâtiment ayant l’inconvénient d’être classé, donc sous haute protection.

Le rez-de-chaussée couvre l’espace-vente, soit une succession de vitrines qui couvent chocolats, pâtes de fruits, guimauves, pâtisseries, nougats comme des trésors quasi inaccessibles (le kilo de caramels n’est plus de notre monde, lequel s’envole à 110 euros le kilo) et le salon de thé plutôt quelconque avec ses pierres apparentes (que j’ai de tout temps abhorré) qui feront le bonheur d’une clientèle d’un âge certain.

Genin 2

Le cœur de la maison est à l’étage. C’est l’atelier de production, les coulisses qui sont le lieu dévoué à la création ou se tient un laboratoire de 400 m2 abritant aucune chambre froide.

L’histoire, l’existence brève mais puissante de mon mille feuille au chocolat monté à la minute commence ici même et s’achève un étage au dessous, aux côtés d’un puer millésimé 1998. L’absence souhaitée de chambre froide est un détail qui a son importance, c’est un choix déterminant puisqu’il est le garant de la fraicheur inouïe de la pâtisserie proposée ultra fraiche, vivante et non momifiée derrière une vitrine. Ce parti pris explique naturellement l’excellence de cette crème chocolatée onctueuse, aérienne - un nectar - prise avec amour entre trois couches de pâte feuilletée, laquelle, inversée, légèrement salée et non caramélisée est cuite en deux fournées quotidiennes et doit patienter à l’étuve avant d’être garnie. On ne pourrait rêver meilleur traitement pour ce mille feuille dont le croustillant du feuilleté - un travail de dentellière - claque en bouche, s’imprègne de mousseline garnie selon l’envie au chocolat, au caramel, au praliné…

Genin 4

Je note que les pâtisseries sont confectionnées à l’étage et descendues au compte goutte, selon la demande. Les chocolats travaillés avec des infusions d’épices, de plantes, aussi bien que les caramels, les pâtisseries ont tous ce point commun d’être fabriqués de manière artisanale et en continu exclusivement avec des produits naturels, ce qui nécessite de les consommer dans les plus brefs délais, ce qui n’est une contrainte pour personne. C’est Jacques Genin qui parle, croisé après le thé fumant une cigarette légèrement en retrait de la boutique. Je le saluai et pris la direction de la place des Vosges, heureux de cette rencontre, un peu ému aussi.

 

 

Jacques Genin

133 rue de Turenne

75003 Paris

Tel: 01 45 77 29 01

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 10:11

Cent-Quatre-1.JPG

Bien sûr, c’est le bout du monde, le lieu est franchement déplaisant, austère et glacial comme la mort. La mort justement, dont ce centre de création contemporaine baptisé Cent Quatre faisait jadis commerce en qualité de Pompes Funèbres. Deux ans après l’ouverture en fanfare de cette grande nef squelettique censée rassembler et redynamiser le quartier en plus de donner à l’ensemble des parisiens leur ration de culture (touchante utopie, édifiante naïveté), le lieu sent encore l’odeur âcre et pesante de la mort. La pierre en témoigne: grise, triste, frigide. Le regard n’accroche rien que du vide: l’art est absent, on n’en voit goutte. On le devine tapi quelque part mais il se dérobe sans cesse à notre regard. La création, nous renseigne-t-on, se terre dans des salles auxquelles nous n’avons pas accès et qu’on imagine désenchantées comme des bunker. Le 104 est belle et bien sous perfusion. On s’attendait à voir des artistes à l’œuvre et leurs créations fleurir au hasard de notre déambulation, au contraire de quoi on s’enfonce chaque pas un peu plus dans une vacuité floue, épaisse. C’est beau le vide, seulement celui-ci n’est chargé en rien. Ce lieu massif aux volumes imposants donne pour finir l’impression d’avoir enfilé des vêtements trop grands pour lui, d’être complètement à la dérive.

Aussi, il fallait une bonne raison pour nous convaincre de nous rendre dans ce lieu nullement sympathique. Deux ans après son ouverture et un récent remaniement de la direction, c’est-ce midi l’ouverture des Grandes Tables, son baptême marqué par l’arrivée à Paris de Fabrice Biasiolo (La Friche de la Belle de Mai, à Marseille; Le Channel, à Calais) épaulé pour l’occasion par son frère Benoît - sommelier hors pair - qui nous décide enfin à crapahuter dans le nord de Paris pour assister à ce sauvetage de la dernière chance. Si le Cent Quatre ne peut plus être sauvé par l’art, il le sera pas l‘estomac. Et avec la manière: au moins 75% des produits proviennent des régions limitrophes d’Ile de France et sont issus d’une agriculture raisonnée et biologique.

Cent Quatre 2

C’est en face de la jolie librairie, peut être le seul espace véritablement vivant de cette cathédrale du néant. On pousse la porte avec émotion, on est intimidé, pour dire vrai on a un peu le trac. Un homme seul attablé devant son entrée: c’est le tout premier client. Nous sommes le deuxième. On s’attendrait presque à être décoré d’une médaille.

Austérité de l‘espace, tables d’hôtes sombres, verrière donnant sur un jardinet, le gris domine mais ne plombe pas. La désolation, la mélancolie du 104 qu’on commençait à trainer dans notre sillage, on la laisse à l’entrée, comme on dépose son manteau au vestiaire.

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L’équipe est enthousiaste, volontaire et disponible bien qu’elle prenne ses marques. Fabrice Biasiolo s’active en cuisine, son frère se partage le service avec la jeune serveuse et la brigade suit le rythme avec de nombreux sourires au centre du visage. On sent de l‘envie, de l‘émotion. L’espace comme l’équipe sont ainsi saisis dans leur fraicheur.

La carte est à l’image d’un haïku: courte et directe. 17 euros l’entrée imposée, le plat et le dessert, on croit à une mauvaise plaisanterie. On se pince, en vain.

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L’entrée est fracassante (trilogie d’émietté de cabillaud, soupe de champignons, écume de café, samosa de porc et noix). C’est de la haute voltige, à la fois «quotidienne» et «extraordinaire», qui sont les deux maitres mots du projet de Fabrice Biasiolo, presque une charte, une ligne de conduite.

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On est immédiatement sous le charme, lequel se poursuit mais s‘émousse un peu avec la papillote de saumon bio, son bouillon d‘ail frit et sa purée. Le saumon est brillantissime, fondant, qui dégage le meilleur de ses saveurs, accompagné sans tapage par le bouillon et ses oignons réduits mais le plat, présenté dans une papillote qui lui donne des allures de corbeille à fruits de bienvenue dans une chambre d’hôtel, est délicat, voir pénible à pratiquer en plus d’être disgracieux lorsqu’on y plonge la fourchette dans un froissement continu qui agace les oreilles. Du coup, on fait l’impasse sur la photo du plat déshabillé pour s’en tenir à son aspect extérieur, plus flatteur.

Cent-Quatre-6.JPG

A ce stade là du repas, on est sérieusement rassasié - la quantité de saumon fut excessive, voir frôlant l’indécence - et de nous mettre à raisonner comme un comptable, se prendre des angoisses de gérant, «mais à ce rythme là, ils ne vont jamais rentrer dans leurs frais !, ils vont couler la baraque !». A moins que l’équipe des Grandes Tables ne se soit simplement mis au diapason du 104, cet impressionnant navire qui n’en finit plus de sombrer, allez savoir.

Cent-Quatre-7.JPG

Aussi, pour être dans le ton, on en remet une louche avec ce dessert qui nourrit son homme pour la semaine, une copieuse brioche perdue avec wok de fruits frais et pralin, trop sec, archi sucré et un brin cataplasmique.

On admettra que le restaurant est en rodage, qu’il cherche ses marques et qu’il lui reste encore à ajuster plusieurs point, de manière à trouver son équilibre, son rythme de croisière (histoire de filer la métaphore). On se montrera patient, on reviendra, le repas s’étant avéré malgré certains reproches très secondaires plus qu’encourageant. Aussi, on attend avec impatience, dans une seconde salle, la mise en place de ces trois carrioles proposant chacune un mode de cuisson: le cru, le bouillon, le sauté, qui complèteront l’espace restaurant et feront sans aucun doute des Grandes Tables l’une des nouvelles adresses avec lesquelles il va falloir compter, en plus d’être la dernière chance pour le 104 de sortir de son profond sommeil.

Cent-Quatre-8.JPG

 

 

Les Grandes Tables du 104

104 rue d’Aubervilliers

75019 Paris

Tel: 01 40 37 10 07

www.104.fr

 

 

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 08:32

Cocottes-1.JPG

La perfection a cela de glaçant qu’elle se suffit à elle-même et appelle peu voir pas de commentaires. Dans sa forme, l’atmosphère qu’elle dégage, son expression, se loge une ombre froide et implacable. Aussi, la perfection se paie-t-elle d’une effrayante solitude. La preuve chez Christian Constant, attablé au comptoir de ses Cocottes qu’on ne présente plus, ou c‘est d’abord un peu du Japon qui arrive jusqu’à moi dans cette conversation surprise dans la langue de Soseki entre le couple voisin, des mots qui arrivent tout droit dans mes oreilles sans faire trembler l’air. Le lieu était Paris mais cela aurait aussi bien pu se passer à Shanghai, Hong Kong ou Chicago, les Cocottes ayant cette particularité qu‘on s‘y sente à la fois partout et nulle part, qui est la tendance du siècle naissant ou l‘homme cumule les déplacements, brûle les distances et fragilise par son insistance à fréquenter les adresses de réputation internationale qui sont un terrain familier, l’idée même du voyage qui serait de n’offrir aucune résistance à l’inconnu, de privilégier le grand saut à la démarche passive et rassurante.

Cocottes-2.JPG

C’était donc Paris et c’était nulle part. C’était une cuisine exemplaire, sans faille, précise comme le trait d’un architecte, minutée comme une horloge suisse, au point de me faire voluptueusement frissonner. Et si les mots me manquent, se dérobent sous moi pour raconter ces ravioles de langoustines à la mousseline d’artichaut, ce filet mignon aux giroles et la tarte au chocolat pour laquelle on serait prêt à tous les sacrifices, c’est aussi bien comme ça.

Cocottes-3.JPG

 

 

Les Cocottes

135 rue Saint-Dominique

75007 Paris

Pas de réservation.

 

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 12:10

Kikou 1

Mon premier est un couple taïwano/thaïlandais ultra sympathique aux commandes d’un comptoir japonisant adorablement regressif et très kawai. Mon second excelle dans le bubble tea dont il propose pas moins de 100 parfums parmi lesquels l’azuki, le taro, le sola (fruit thaï), le caramel, le calpico (boisson à base de lait fermenté), l’aloe vera et toutes les saveurs fruitées courantes imaginables. Mon troisième mitonne des bentos pas ridicules pour un sou, des onigiri, des bouchées nippo/chinoises plutôt délicieuses, des wagashi, des muffins chocolat/wasabi mais encore une poignée de sandwiches vietnamiens. Mon tout est une planète à lui tout seul, une plateforme asiatique, fourmillant d’interconnexions, de ramifications, ou l’on se sent un peu chez soi, la tête déjà ailleurs et un pied en Asie: c’est le Kikoumaru Café.

Kikou 2

On engage facilement la conversation avec Suzanne qui ne se départit jamais de son sourire (le légendaire sourire thaïlandais), on évoque Taipei et ses plantations de thé sur les collines, la bataille qui fait rage depuis des décennies entre la capitale et Taichung, chacune disputant à l’autre la paternité du bubble tea. La conversation glisse naturellement sur la Thaïlande, on évoque les collines du Triangle d’Or recouvertes de théiers, ma petite île favorite, celle Ko Phangan, et oui, parmi tant d’autres choses, le Thaï Iced Tea me manque, c’est une boisson introuvable à Paris, d’une simplicité enfantine à préparer, mais boudée par la restauration thaï. Or, il se trouve justement qu’une des «spécialités du chef» de la maison soit le Thaï Iced Tea. Miracle.

Kikou 3

Je patiente sur un tabouret à regarder des photos légendées de spécialités culinaires s prises en voyage par Suzanne, telle cette clam chowder, une improbable soupe de clams barbotant dans un pain évidé, ou cette imposante brioche au porc dégoulinant de toutes parts, chargée de mille et un ingrédients qui donne l’impression qu’on a vidé le frigo en catastrophe. Je n’ai pas le temps d’avoir définitivement l’appétit coupé qu’arrive déjà la boisson avec la même couleur orangée qu‘en Thaïlande, sa glace pilée et les mêmes arômes de thé rouge battu avec du lait, du lait concentré et beaucoup de sucre. Cerise sur la gâteau, le Thaï Iced Tea est servi avec ces petites billes de tapioca, la signature Kikoumaru. Alors, lorsque Suzanne s’assure que la boisson me plait, je lui assure qu’elle est excellente au point que je n’y trouve aucune différence avec celle sirotée au lever du jour sur un petit marché thaïlandais, et je la rassurée, contente, fière aussi. C’est également ça, Kikoumaru Café, un espace à multiplier les plaisirs, les sourires, les sentiments.

 

Kikoumaru Café

43-45 rue de la Roquette

75011 Paris

kikoumaru-cafe.com

 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 10:50

Ace 1

C’est nouveau, c’est tout chaud, c’est une petite cantine nippo-coréenne fraiche et sautillante qui a fleuri en plein Little Tokyo (ne reculons devant rien) ou office ladies, salary men revus et corrigés à la mode héxagonale (exotisme en moins), ainsi qu’une cohorte d’étudiants poussent des coudes et rongent leur frein devant «le meilleur katsudon de la capitale», «les meilleures tempura de Paname», en gros pour le meilleur et pour le pire, les heures de pointe virant franchement à la rigolade avec ces files interminables, compressées sur un bout de trottoir mais béates.

Ace-2.JPG

L’un des intérêts d’Ace Gourmet Bento (et qui n’est pas le moindre), en plus de nous faire profiter d’un cadre acidulé plutôt sympa et d’un accueil plein sourire, ce sont les 8 petits euros qu’il revient de débourser pour s’offrir un bento complet comprenant un plat réchauffé à la minute au four électrique (ce jour là j’optais pour le délicieux et fondant poulet teriyaki), cinq accompagnements parmi une grosse douzaine (kimchi, pousses de soja, haricots verts au sésame, algues, racines etc…) les mien s’avérant un poil trop salés, une portion de riz, une soupe miso et une salade de fruit, la boisson étant en supplément (faut pas rêver). A propos de boisson, Ace Bento m’a fourni l’occasion de gouter à l’infusion de pousse de bambou, riche en fibres, en silice, en hydrate de carbone, certainement excellente pour la santé, seulement on ne m’y reprendra pas.

Ace-3.JPG

 

 

Ace Gourmet Bento

18 rueThérèse

75001 Paris

Tel: 01 47 94 38

 

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 09:18

Sarde-2.JPG

Marionette a été bien inspirée de me recommander Sardegna a Tavola, l’un des restaurants parisiens les plus représentatifs de la cuisine populaire sarde.

On passe sur le décor, bricolé de bric et de broc, on ne s’attarde pas sur les tarifs extravagants, l’accueil rugueux du patron, ce qui à Paris n’étonne qu’à moitié.

La notoriété du restaurant tient d’abord à sa carte, riche, embrassant un large spectre du patrimoine gastronomique sarde, à l‘exemple de ces spécialités du jour qui se talonnent sur une bonne douzaine de plats tradition sarde pur jus dont le pigeon fermier non saigné et son gratin de polenta au pecorino fondant (38 euros), Sa fregula cun trippa e mari, les pâtes du sud de la Sardaigne au ragoût de tripes de calamar (26 euros), Casulli «A sa Morsica», pâtes de Carloforte à l’encre de seiche assaisonnée à la fricassée de thon, sautée au lard, persillade aromatique, poussière de poutargue (24 euros). On n’a pas parcouru la moitié de la page que déjà on est pris de tremblements dus à la fascination, à l’éxcitation mais aussi à la frustration de devoir se contenter d’un plat quand on les voudrait tous essayer. On se prend à regretter de n’être pas né ogre, de manière à pouvoir faire la noce avec autant de plats qu’il nous plairait, d’autant plus que sur une nouvelle page s’enchainent les plats de pâtes travaillées à la force du poignet, résolument méditerranéennes. On en citera quelques uns, par exemple les poêlon de raviolis farcis aux figues assaisonnées à l’émincé de veau et sauce crémeuse (22 euros), ou bien les raviolis farcis au fromage frais, miel, citron, orange, sauce tomate parfumée à la cannelle (18 euros). On l’aura compris, la tentation est grande de reproduire jusqu’au moindre intitulé l’intégralité de la carte qui semble sortie d’une autre planète. On dit de certains grands acteurs qu’on pourrait se contenter de les entendre lire le bottin. Il en va un peu de même à Sardegna a Tavola, dont la lecture du menu est déjà une récompense, un plaisir sans précédent.

Sarde-1.JPG

Pour ne pas verser dans l’excès, on se limitera à ne mentionner des propositions d’ entrées que cette assiette de charcuterie ébouriffante, clairement la meilleure jamais goûté à ce jour, qu’on accommode de la galette, d’olives et de fromage de brebis.

Sarde 3Et déjà, on se sent un pied en Sardaigne avant cette expérience d’un autre monde, qui est le poêlon de pates assaisonnées à l’ail avec piment, noisettes, amandes grillées, feuilles de menthe et une touche de citron (20 euros), qui est la véritable claque de cette rentrée, une explosion gustative et sensorielle dont il va nous falloir beaucoup de temps avant de nous remettre. Pour tout dire, on porte encore en soi les retombées de cette expérience (une sorte de renaissance) comme un tatouage qui nous barre le torse.

Une dernière chose. Vu combien les assiettes sont copieuses et l‘intensité qu‘elles dégagent, on ne saurait que trop recommander à ceux qui ne souhaitent pas définitivement se fâcher avec leur porte monnaie, de commander un plat direct, quoique, comme dirait Oscar Wilde, la meilleure manière de résister à la tentation, c’est encore d’y succomber.

 

 

Sardegna a Tavola

1 rue de Cotte

75012 Paris

Tel: 01 44 75 03 28

 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 08:50

Carette.JPG

Carette, fraichement installé sous les arcades de la place des Vosges, est tout de même plus séduisant que l’adresse historique flanquée sur l’austère place du Trocadéro. Non pas que le nouveau Carette ait mis au rencard son cadre retro chic dégoulinant (on se sera contenté d’une reproduction toilettée, à peine dégraissée), pas plus qu’il n’ait abandonné sur le carreau rutilant de Passy, son cortège de veuves consolées doublement millionnaires, trainant leur sénilité roucoulante du lundi au dimanche dans une insoutenable odeur de camphre. Au contraire. Elles sont bien là, retapées et fardées, avec leurs visages fripés ou bien étirés jusqu’au tragique, mais on en dénombre infiniment moins que place du Trocadéro, de ces vieilles filles au teint brouillé, trainant des pieds vers la porte comme une marée montante de ténèbres. Le Carette de la place des Vosges n’est pas ce mouroir, cet antichambre de la mort du Trocadéro, qui glace le sang autant qu’il pousse à rire. On arrache fébrilement avec la pointe de la fourchette un bout de macaron, mais la raison en est due plus à l’émotion qu’à la tremblote, la clientèle ayant en effet miraculeusement rajeunie. Libre à nous, désormais, de s’attabler en terrasse pour manger sur le pouce une salade (ce que nous déconseillons vivement) ou se contenter d’une de ces pâtisseries qui ont fait la réputation, sinon la légende de Carette.

On reprochera au Paris Carette -entendez Paris Brest, avec une légère touche de chocolat- (7 euros) d’être trop chargé en mousseline, laquelle, excessivement grasse et dont le praliné noisette trop discret manque de percussion, dégouline de toutes parts et rend la pâtisserie pénible à déguster, d’autant plus que l’assiette est trop petite pour la contenir: résultat, le Paris Carette flotte de tous côtés, glisse à droite, à gauche, pris de la danse de Saint Guy, comme s’il cherchait à se faire la belle.

Reste que la proximité avec la Place des Vosges est plus qu’appréciable, particulièrement en ces jours chauds et ensoleillés - probablement les derniers, avant le virage automnal imminent.

 

 

Carette

25 Place des Vosges

75003 Paris

Tel: 01 48 87 94 07

 

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 07:54

Kis-1.JPG

C’est devenu une habitude, presque un rite, de manger étranger dans un pays qui ne l’est pas moins, un quasi reflexe que j’ai évoqué ultérieurement à l’occasion d’un séjour antérieur. On a ses petits plaisirs, ses petites manies auxquels on s’accroche comme à ses vices. Aussi, cette minuscule adresse thaïlandaise à deux pas du quartier juif, organisée autour de 3 cuisinières originaires du pays du sourire -charmantes, souriantes, pleines de vie - et d’une serveuse qui est l’exact contraire, en plus d’ignorer visiblement tout de la cuisine du Siam (le riz gluant comme le basilic thaï demeurent pour elle une énigme.)

Kis-2.JPG

L’intérêt de ce restaurant de poche ne réside ni dans le service, encore moins dans la déco sommaire et défraichie, accumulant les reproductions photographiques des temples d’Angkor (touchant anachronisme) mais bien dans ces petits plats mitonnés à la flamme du wok dont les pad thaï sont la belle illustration, qui sonnent justes, épicés en diable, nerveux et savoureux autant qu’ils peuvent l’être à Bangkok sur un marché bordant le Chao Praya. Les plats sautés, bon marché, se monnaient pour l’équivalent d’une poignée d’euros, ce qui rend l’adresse incontournable.

Kis-3.JPG

 

 

Kis Parazs

1075 Kazincszy Utca 7

Budapest

 

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 09:32

Tav 1

D’abord les quais et ses façades majestueuses le long desquels coule un fleuve large comme la Tamise, puissant et boueux comme un marais, qui est le Danube. Ensuite le pont de la liberté dont chaque flèche métallique est surmontée d’un oiseau de proie aux ailes déployées, qui n’est autre que le symbole de la nation magyare. On progresse à petit pas sur le parapet, on s’arc boute, on résiste, giflé par les rafales de vent, trempé par la pluie qu’on racle grossièrement de son visage. Le pont est la voie royale qui conduit aux bains de l’hôtel Gellert dont, dans un voyage précédent, nous avons trop usé. La façade de ce qui fut un palace reste décrépite, comme rongée par la petite vérole. Un spectacle qui ne nous dégoutte pas.

La bonne idée que d’avoir à nouveau emprunté le pont puis tourné à gauche pour gagner, à quelques centaines de mètres de là, un restaurant grec pour le moins passionnant puisque le cadre, le service, la qualité des mets, sans oublier l’addition (on y bâfre pour 15 euros) sont purement et simplement exceptionnels.

Tav 2

Si notre choix d’entrées ne s’est pas avéré follement original (Tzatziki, Spanakopita, moules épicées au four, Skordalia, tous formidablement délicieux), les plats tournés vers la mer (bar grillé, salade relevée d‘un filet d’huile d’olive et d’un zest de citron vert, pommes de terre écrasés et ail; brochette de gambas, saumon et calamar), étaient le véritable rayon de soleil dans cette journée plombée par la pluie et la grisaille.

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Avec ça, la Menta (eau gazeuse, citron vert, feuilles de menthe, glaçons) coulait à flot, qui nous rafraichissait et que l’on avalait avec un plaisir sans mélange. Nous étions transportés plus loin que la Grèce, encore, dans le Moyen Orient, en Syrie, dans la cour d’une maison de marchand à Damas. La Menta possède de ces pouvoirs…

Tav-5.JPG

 

 

Taverna Dionysos

Belgrad Rakpart 16

Tel: 318 1222

 www.taverna-dionysos.hu

Budapest

 

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