750 grammes
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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 02:30

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C’est une préparation de nouilles, de porc, de pois chiches, de tomates, de croutons, de noix de coco et que sais-je encore. Le diable, si j’ai retenu le nom de ce plat bamar sur lequel au dernier instant est versé un bouillon chaud et parfumé à la coriandre. Il ne me laisse pas un souvenir impérissable mais me convainc autrement plus que les soupes de nouilles shan goûtées l’année dernière à Mandalay et que les amateurs retrouveront très facilement dans les rues de Rangoon.

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L’éventail pour se sustenter dans la capitale est très large puisque les gargotes improvisées sur la chaussée qui débordent quelquefois sur la rue, se succèdent à un rythme frénétique. Certaines rue comme la 19th Street donnent même l’impression le soir venu que Rangoon n’est qu’un gros estomac. Et ne parlons pas de Merchant Street.

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Détail touchant, les restaurateurs ont souvent fait dresser un petit autel sur un tronc d’un arbre, censé leur apporter protection et favoriser les affaires.

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 02:10

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Je ne peux qu’être admiratif devant le marchand de mangues, la vendeuse de pastèques, celui de noix de coco glacée ou l’écrivain publique, de sauvegarder vaille que vaille cette conception tellement simpliste de la vie qu’elle échappe à la conscience de la majorité des humains. Cette sensation de liberté qui émane de chacun malgré la main de fer du pouvoir dont la veulerie est l’un des traits les plus marquants, m’envahit comme une sève vivifiante. Toujours dignes, on voudrait étreindre ces anonymes et les embrasser comme des frères valeureux prédestinés à un sort héroïque. Certainement qu’eux et moi partageons le même avis sur la bêtise fondamentale du monde.

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 12:10

Rangoon-1-020.JPGDans le temps du voyage, j’accueille toujours avec la même ferveur tous les évènements que le hasard peut semer sur son chemin. Pour moi, il n’y a pas de bonnes et de mauvaises situations. Toutes les situations méritent d’être vécues avec délectation, car il y a dans chacune d’elles cette parcelle d’humour qui sauve l’homme de la dégénérescence et de la mort.

Aussi, rien n’est plus désagréable que de déjeuner sous les rayons de soleil qui nous cuisent le dos et la nuque, aussi, sur les coups de midi, tandis que mon regard panotait d’un côté puis de l’autre de la chaussée, remarquai-je ces hommes de dos qui cassaient la croute face à un mur. Quelque part, on les dirait puni, pensais-je avec amusement. Un tel dispositif n’est pas rare à Rangoon ou le moindre bout de trottoir est mis à profit pour qu’y soit installées une poignée de tables et de tabourets en plastique.

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Quelquefois, avaler une soupe exige du client de produire maintes contorsions pour parvenir à faire tenir le bol brulant en équilibre sur ses genoux. Cela par exemple pour ces gargotes dont la seule table vaillante est celle sur laquelle sont posés une succession de récipients contenant les différents mets. L’exercice est périlleux mais fort amusant, surtout qu’on s’y régale fort souvent. Et lorsqu’on se livre à de telles acrobaties devant une jolie jeune fille au corps précoce d’adolescente, on est partant pour renouveler l’expérience.

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 11:35

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Le parcours de l’aéroport de Rangoon au centre ville m’est familier. A mi chemin nous longeons le lac entouré de verdure. Rangoon partage avec Bangkok cette caractéristique d’être mangée par la végétation jusqu’aux endroits les plus improbables. Chez la première, une grappe de palmiers se dressent entre deux immeubles contigus seulement d’une poignée de mètres, quand chez la seconde un marécage pourrit aux pieds d’un centre commercial. On devine dans ces deux villes la nature en embuscade, prête à reconquérir son territoire au moindre relâchement des hommes qui ne ménagent pas leur peine pour s’efforcer de la contenir. Il n’est que d’imaginer en pleine saison des pluies la végétation galopante, grignotant avec un appétit vorace la chaussée, les façades. Voilà ce qui me frappe une nouvelle fois que je gagne en taxi mon hôtel, cette nature ultra présente, ce vert chatoyant qui est la couleur dominante de Rangoon.

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Il est bon de noter ces quelques lignes attablé dans une tea house sur une minuscule chaise en plastique, entre deux gorgées de thé dont je suis devenu un inconditionnel lors de mon précédent séjour. Il s’agit de thé indien additionné de lait condensé (très) sucré qui peut rappeler le chaï indien, mais seulement de très loin. Selon les régions, ce thé est servi déjà mélangé dans une tasse à café - ce qui est le cas à Rangoon - ou bien non mélangé dans un verre transparent, - dans le nord - ce qui donne une jolie juxtaposition de deux couleurs, la première jaune foncée et la seconde, en quantité nettement plus importante, brune.

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On ne se prive pas de grignoter dans ces tea houses, comme par exemple au Lucky Flower, l’une de mes adresses favorites, un petit choix de samossa et de plats frugaux comme la purée de pois chiche ou de lentilles servie avec du pain ou bien des plats plus consistants, mais ce qui me plait par-dessus tout, c’est de m’y arrêter à n’importe quelle heure du jour et siroter ce thé dont je prolonge le plaisir en saisissant une de ces petites tasses rondes émaillées d’un petit récipient pour la remplir de thé birman prélevé dans un thermos.

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La qualité du thé varie d’une maison à l’autre et dépend sinon de la qualité des feuilles, également du moment de la journée auquel on se sert, le thé infusé matinalement offrant de meilleures garanties que celui servi en fin de journée dont les feuilles, lasses, ont perdu tous leurs arômes.

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Lucky Flower

Bogyoke Aung San Road

En face du supermarché Ruby Mart

Rangoon

Birmanie

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 14:25

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C’est devenu un rituel que je n’ai pas une seule fois négligé depuis une demi décennie, celui de me régaler dans le coude de la journée de ce plat de nouilles flanqué de porc laqué, d’ail sec, mais surtout gratifié de cette sorte de ravioli mou dont l’équivalent artistique serait les montres molles de Dali, celui-ci s’avérant aussi baroque, aussi savoureux et aussi génial que les créations du génie auto proclamé.

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 Il y a deux ans, Joanna qui découvrait Bangkok pour la seconde fois, était restée presque sans voix devant la simplicité désarmante de ce plat dont je n‘ai jamais entrepris de connaitre le nom. Aujourd’hui encore, elle n’a de cesse de me rappeler au hasard de nos échanges la saveur première de ces nouilles qui commence dans la douceur et s’achève dans l’amertume. Elle dit souvent que ce plat est magique puisque tout y est «simplement compliqué». Ces 24 heures à Bangkok avant que je ne m’envole demain aux aurores pour Rangoon, pouvaient donc difficilement passer à côté de ce plat dont le nom restera, il me semble, toujours pour moi un mystère.

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Rue: Thanon Convent (Khet Bang Rak)

Chariot numéro 45

Situé en face de l’Irish pub Molly Malones

Siam (Metro Sala Daeng)

Bangkok

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 13:58

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C’est un eternel recommencement. Enfin. Le court trajet en métro de l’aéroport au centre ville se fait dans un silence de cathédrale qui est l’épuisement des gens, leur lassitude - un demi sommeil. On reste figé, le corps raide mais absent, la main soudée à la barre centrale. Des statues de cire. Une tête ballotée par le sommeil, qui roule sur les épaules est le peu de vie qui circule encore péniblement dans le wagon.

Phaya Thai est la terminaison de la ligne aérienne fraichement inaugurée. Ici, sauter dans le Skytrain qui me jette quelques stations plus loin à Sala Daeng ou me prennent par surprise des odeurs de noix de coco cuisinée montant de la rue déjà grouillante de monde, si tôt ce matin qu‘il est à peine 7 heures. Qui est le commencement d’une interminable griserie.

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Les petites tables contaminent le trottoir et les soupes de riz mettent en appétit l’employé de banque qui d’un simple hochement de la tête passe commande d’un bol qu’il engloutit sans lever le museau.

Je prends ma première photographie d’un marchand donnant une forme rectangulaire à des petits beignets qu’il entaille de biais au moyen d’un canif (marque de fabrication? signature? scarification qui tiendrait plus de la superstition que de l’esthétisme?) Je regarde mais ne goûte pas. L’image est ratée. Et puis mes yeux, mon palais sont happés par les étals de fruits qui sont au coude à coude dans les rues du quartier central de Siam. Un temps se réhabituer à ces couleurs qui fouettent le regard, qui giclent dans les yeux. Et cette fraicheur qui est de l’eau que l’on verse sans violence du bout des doigts sur des pommes rondes et pleines , un exercice maintes fois reproduit au court de la journée.Bangkok-023.JPGJe note la profusion de polos de couleur jaune. Ce n’est pas un hasard. Le roi est né un lundi et le jaune est sa couleur. Jamais il ne me serait venu à l’esprit de gagner la Thaïlande un autre jour qu’un lundi.

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 12:22

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L’émotion, l’admiration quelquefois me font manquer superbement la totalité de mes images d'ambiance. Ainsi la salle carrelée aux tons crèmes, la grande cuisine ouverte et son chef à l’œuvre que je suis incapable de figer dans mon appareil autrement que flous. Mes nouvelles tentatives sont aussi vaines que les précédentes. Dépité, je jette l’éponge. Mon article devra composer avec cette absence, une béance s’il en est.

C’est peut-être de marcher dans les pas de l’Epigramme, ce néo bistrot réjouissant de la rue de l’Eperon emmené par deux garçons, Stéphane Marcuzzi et Aymeric Kraml, qui fait ainsi trembler mon poignet et sème la confusion dans mes réglages. Il y a un mois à peine, Stéphane et Aymeric faisaient leurs cartons, glissaient sous leur bras l’ardoise du marché un brin précieuse, un brin canaille, pour se poser boulevard Pasteur dans un espace très confortable, voir gigantesque en comparaison de la maison de poupée de la rue de l'Eperon avec ses 20 couverts à tout casser.

Heureusement pour les amateurs, les deux compagnons de route ne sont pas encore distraits ou paresseux au point d’oublier de glisser soigneusement dans leurs bagages leur lièvre à la royale qui ont fait les beaux jours de l’Epigramme et justifiait pour beaucoup ce jour là ma présence dans leur nouvelle adresse.

Ce midi, comme chacun, je faisais mon choix parmi les nombreuses propositions affichées sur l’ardoise (menu à 24 ou 28 €, pressé de queue de bœuf, Saint Jacques rôties, aïoli de bulots / côte de cochon basque, canard sauvage rôti, pot au feu de joue, lapin farci / riz au lait aux fruits secs, nage d‘agrumes au vin rouge, clafoutis aux poires).

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Le pâté en croute de gibier (pas exceptionnel mais néanmoins plaisant) me semble l’entrée toute trouvée histoire de me mettre en jambes avant de me frotter au lièvre à la royale( inoubliable, avec supplément de 12 euros qui n’est pas scandaleux au regard des colossaux efforts à fournir qu’exige la recette). Allez savoir pourquoi, le lièvre à la royale est systématiquement associé dans mon imagination aux atmosphères de fièvre et d’épouvante des contes d’Edgar Poe.

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Aussi, les arômes fins et corsés à la fois du gibier, les origines sauvages de la chair, sa sauce aussi sombre et inquiétante que l’eau au fond d’un puits, me projettent sans délai dans l’atmosphère lourde et vénéneuse d’une salle à manger hantée de vieux portraits hostiles, une nuit d’orage coulée dans l’impalpable et l’invisible. La mousseline de céleri adoucit le plaisant cauchemar qui s’achève malheureusement bien assez tôt. C’est une chance que l’année prochaine soit déjà demain.

 

 

L’Epicuriste

41 bd Pasteur

75015 Paris

Tel: 01 47 34 15 50

 

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 09:01

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Un basilic thaï mystérieusement introuvable dans les épiceries chinoises du XIIIème arrondissement mais peut-être en embuscade dans celles de Belleville; du safran, de l’anis étoilé et du cumin à me procurer au Caire, l’épicier du 63 prodigieusement fourni en denrées de premier choix; l’occasion était toute trouvée de faire dans la foulée une pause déjeuner au Baratin de Philippe Pinoteau, aussi réputé pour ses vins naturels, que pour sa petite table tranquille.

C’est un bon quart d’heure avant midi. A l’exception de deux habitués qui biberonnent au coude à coude au comptoir de bois verni qui en a vu passer d‘autres, les deux petites salles communicantes que compte le bistrot restent invariablement désertes. Le temps, comme à l’accoutumée est mauvais, c’est veille de fête et après avoir jeté un œil à l’ardoise détaillant le menu unique du jour à 16 € pas excitant pour deux sous (salade de betterave, fenouil à l’orange, tête de cochon en salade, bouillon de barbue et ses légumes pour les entrées, ragout de lotte et seiche à la tomate ou bien collier d’agneau à l’indienne en plats), j’en conclue que depuis les vacances le Baratin doit fonctionner au ralenti. Comme pour illustrer ma réflexion, j’immortalise à travers mon viseur Beaujo, le chat mascotte de l’établissement (au même titre que Mickey au Select), qui pique un somme sous la fresque sur bois.

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L’entrée à peine servie (un réconfortant bouillon de barbue), les clients commencent enfin à affluer, discrètement d’abord puis par deux, par trois, bientôt suivis d’une poignée de touristes, yankee pour la plupart.

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Parce que Beaujo cache forcément quelque part sous son pelage un capteur ultra sensoriel, ce dernier sentant les salles se remplir se dresse sur ses quatre pattes sans avoir pris la peine de lever le museau et encore moins de tourner la tête (Beaujo a du métier), et le voilà qui se détend de tout son long, lâche un interminable bâillement et saute de sa chaise sur la mosaïque du carrelage pour venir se glisser nonchalamment entre mes pieds et se faire gratifier au passage d’une caresse dont il se contrefout superbement avant de poursuivre son chemin dans la plus complète indifférence.

Maintenant, si la salle est bien remplie, le repas mitonné par la pimpante Raquel Carena, ne décolle pas et se ramasse même gentiment. Le collier d’agneau à l’indienne est une belle plantade visuellement disgracieuse et gustativement médiocre (viande exagérément grasse et de qualité moindre, absence impardonnable de sauce, d’épices, malgré l’abondance de riz blanc cuit à la perfection).

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Allons bon, on ne prendra pas la poudre d’escampette pour autant. On sait que le Baratin donne toute sa mesure le soir avec sa carte appliquée, fouillée qui puise dans notre terroir. Et puis, l’atmosphère de camaraderie et la cuisine de marché même border line de ces adresses qui n’ont rien à envier aux restos routiers de la nationale 7 gardent toujours ma sympathie, d’autant plus que sur le fil, mon déjeuner s’achève sur une compote de pommes au citron touchante dans sa simplicité.

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Le Baratin

3 rue Jouye Rouve

75020 Paris

Tel: 01 43 49 39 70

 

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 17:31

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Ce jour là, je fus le premier surpris à pousser la porte de la Jacobine dont les crêpes, les salades et autres plats plus consistants aperçus depuis l’extérieur, n’ont jamais piqué ma curiosité et pour lesquels j’ai au contraire toujours entretenu une certaine défiance voir un profond rejet à leur égard. Allez savoir pourquoi après m’être comme de coutume attendri devant les dizaines de bonsaï exposés dans la boutique adjacente, mon regard s’est arrêté sur le florilège de pâtisseries judicieusement placé aux avant poste de ce salon de thé mystérieusement excité par la période post révolutionnaire au point de couvrir ses murs de peintures chaudes et colorées retraçant certains épisodes du directoire.

Si révolution il y avait, c’était bien ma personne poussant la porte de ce repaire à touristes, universitaires et forcenés du brunch, pour y faire causette avec une pâtisserie qui m’avait tapé dans l’œil, sinon harponné depuis que j‘avais eu la faiblesse de faire halte devant la vitrine.

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Des punitions, j’en connaitrai des pires dans mon existence que de voir arracher à un plat encore non entamé, une belle portion de crumble poire, bananes et chocolat (8,50€ tout de même), déposée dans une petite assiette avant d‘être passée au four, la chaleur ayant ce double avantage de réveiller des arômes et de faire fondre une deuxième fois le chocolat qui se faufile entre les morceaux de fruits également fondus et la pâte émiettée toute heureuse de ces noces diaboliques et caloriques.

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Dans son assiette, le crumble n’est pas à son avantage, un peu avachi, pas vraiment discipliné et c’est égal car en bouche il percute et sème le bonheur ou qu’il se promène dans le palais. La portion est généreuse et c’est heureux que j’ai dans la poche de ma veste un recueil de nouvelles de Catulle Mendès pour m’accompagner dans cette dégustation que j’étire jusqu’à la dernière miette.

 

 

La Jacobine

Cour du Commerce Saint André

75006 Paris

Tel: 01 46 34 15 95

 

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 21:52

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Le Père Claude existe depuis 1898. C’est un siècle de trop. On espère une bonne rôtisserie et on se casse les dents sur une somptueuse fumisterie. Pour commencer, l’accueil est aussi glacial que les braises molles et tremblotantes de la rôtisserie ou végète dans le plus complet désintéressement un seul poulet qu’on croirait l’unique rescapé d’un abatage massif. Pour un peu, sa solitude nous briserait le cœur. On en veut presque au chef de tourner le dos à ce spectacle désolant et de rester prostré à scruter l’extrémité de ses longues.

Passons. On vient chez le Père Claude pour son demi-canard sauvageon, sa tête de veau sauce ravigote, son rognon de veau, son carré d’agneau à la rôtissoire ou son pied de cochon à la plancha, mais ce qui a assit sa réputation a deux pattes, un bec et un penchant affirmé pour la broche. Ici, le poulet rôti est le grand classique de la maison. Le menu affaires du midi à 29,50€ (terrine maison ou entrée du jour, poulet rôti à la broche ou plat du jour, verre de vin et café gourmand) me fournit l’occasion de juger par moi-même.

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Première grosse déception, la terrine maison du Père Claude de qualité et de texture comparable à ce qui se pratique en grande surface, est un bloc compact sans relief, difficile à trancher, sans contraste ni volume gustatif, ou rien n’est identifiable, aucun morceau ne se distingue et dont les saveurs sont écrasées, muettes. Pour rajouter au sordide de la situation, la petite salade d’accompagnement est noyée sous une vinaigrette sursaturée et le pain, infâme, date au mieux de la veille.

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Qu’on ne se soucie pas de me consulter pour s’enquérir de la partie du poulet qui me ferait plaisir n‘a rien de scandaleux, quoique. Après tout, j’aime être surpris et chaque pièce de la volaille m’a toujours sied pourvu qu’elle tienne ses promesses. Autant dire que j’ai vite déchanté lorsque fut dressée sur la table cette assiette flanquée d’une aile et de blanc légèrement carbonisés mais surtout secs au premier coup d’œil, d’une blancheur suspecte et surtout sans aucun goût malgré le coup de pouce de la sauce légère dont la très faible quantité me laisse en carafe, aux prises avec un poulet dans le coma et une purée sous cloche. Et de me dire, après cette expérience décevante et désespérante, que le Père Claude n’est pas Jacques Cagna et qu’un siècle supplémentaire ne suffirait pas à ce qu’il lui arrive ne serait-ce qu’à son orteil.

 

 

Le Père Claude

51 avenue de la Motte Picquet

75015 Paris

Tel: 01 47 34 03 05

Site: www.lepereclaude.com

 

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