750 grammes
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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 07:20

Ko Tarutao

L’île de Koh Tarutao située dans le parc national maritime du même nom bien qu’elle soit restée sauvage parce qu’ultra protégée et jouisse de plages délicieuses comme d’une jungle riche en espèces animales et végétales, n’a pas à souffrir de l’afflux des touristes, ce qui est encourageant pour la sauvegarde et la pérennité de l’île mais moins réjouissant pour la question essentielle de la bonne chaire, les deux plages principales comptant chacune un restaurant qui fournit une cuisine certes copieuse et bon marché mais limitée à des soupes, des nouilles sautées et autres curry.

Ko Lipe 2

Ko Lipe 1

Pour se régaler de poissons et de crustacés, voir de plats épicés aux accents malais, il est plutôt conseillé de reprendre la mer et de se déporter plus au sud vers l’île de Koh Lipe qui certes n’a pas le charme sauvage, la solitude orgueilleuse et le mystère de l’île voisine distante d’une trentaine de kilomètres mais jouit de fonds marins spectaculaires en plus d’attraper dans ses filets de belles prises cuisinées à la nuit tombée, au retour d‘une journée de snorkling, par exemple, comme ce fut mon cas, autour des îles de Koh Rawi, Kho Yang, Kho Adang, Jabang et Koh Hing Nam.

SorklingDans le désordre, on mentionnera ce «family tuna» un petit thon ouvert en deux, badigeonné d’une sauce lait de coco/ail/poivre/citron puis grillé, très copieux -comme n’en rend pas compte l’image - et qui aurait suffi à rassasier deux personnes.

Thon 1

Thon 3

Un autre soir, ce furent ces coques garnies d’une préparation épatante de noix de coco râpée/gingembre et citron.

Coquillages 1

-Coquillages-2-.JPG

On revient au poisson, avec le white snapper (macolor) et sa sauce au curry jaune.

White snapper 1

-White-snapper-2-.JPG

Appréciant de longue dâte le crabe mais en dégustant rarement puisque n’ayant guère la patience de jouer des ustensiles pour le décortiquer et en extraire péniblement un micro gramme de chair, je fais pour une fois fi de mes réticences pour tenter le crabe à la sauce curry qui me maintient dans mes positions.

Crabe 1

Crabe 2Aucun risque de ma part de faire l’impasse sur les gambas que je réclame grillées et natures, qu’on présente habituellement ouverte en deux et légèrement badigeonnées de sauce.

Gambas.JPG

Gambas-2.JPGUn arrivage peu fréquent et dont il faut profiter: le sail fish (l’espadon voilier) à la chair tendre et fruitée.

Espadon-1.JPG

Espadon 2En bouquet final, un cooper frit dans une sauce aigre douce, bien pimentée et parsemé d’ananas.

Cooper-copie-1Koh Lipe est assurément l’endroit rêvé pour se régaler de produits de la mer. Les japonais ne s’y trompent pas qui viennent en nombre relativement considérable affuter leur palais de fins connaisseurs et commander des plats plus qu’il n’en faut (l’excès serein, l’acte insolent, libertaire mais ô combien jouissif à la chinoise), la bonne inspiration voulant qu’on choisisse une table proche de celle des japonais qui nous soufflent toujours les bonnes idées.

General

 

 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 10:32

Thanying 1

On est tout proche du très surestimé Blue Elephant - quelques minutes à pied - dans une grande bâtisse également en retrait de la rue et clairsemée de végétation. Si le cadre de Blue Elephant est rétro chic, celui de Thanying est rétro fauché, un poil désuet avec ses tapisseries jaunies, sa dentelle et sa patine. Pour un peu on aurait apporté nos chaussons.

La clientèle ne s’y est pas trompée, qui ce dimanche a traversé la ville pour passer prendre grand-mère et déjeuner en famille dans l’une de ces nombreuses petites salles qui feraient le bonheur des brocanteurs. À moins que l’on ne partage une jolie table face au jardin avec la belle famille un brin exaspérante. C’est selon.

On sourit, on palabre, on se réjouit d’être tous réunis: on ne réserve pas chez Thanying dans l’espoir de toucher de la pointe de la fourchette l’essence même de la gastronomie mais on est heureux de faire l’expérience d’une cuisine avenante quand bien même limitée et cousue de fil blanc. L’art du goût, c’est aussi celui de savoir lever le pied, calmer le jeu. Avancer à pas de loup pour mieux bondir la fois suivante et ne jamais perdre de vue qu’il est préférable de rester imprévisible.

Thanying 3

Le menu dégustation dans les 13 euros a l’avantage de me faire couper à d’éternelles hésitations, qui s’ouvre sur un rouleau de printemps tombé un peu comme un cheveu sur la soupe mais pas insignifiant.

Thanying 4

Le repas se poursuit avec soupe de crevettes épicée dispensable avant de prendre tout son sens avec ces quatre citations de la cuisine thaïlandaise que sont le poulet au curry, les crevettes sautées à l’ail frit, les asperges sautées à la sauce d’huitre et pour finir le bœuf grillé et sa sauce tamarin.

Thanying 5

Thanying 6

On notera la délicate présentation du riz blanc qui accompagne le repas, cet édifice conique autour duquel on peut s‘amuser à dresser selon notre inspiration notre assiette.

Thanying-7.JPG

Toujours dans le menu, un thé vert servi avec autant d’application et de formes que s’il s’agissait d’un vin de prestige ainsi qu’une assiette de fruits pour clore les réjouissances.

Thanying 2

 

 

Thanying Restaurant

Thanon Pramuan, entre Silom 17 et Silom 19

Bangkok

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 13:28

Mango Tree 1

On vit des expériences comme ça, qui vous font chavirer, qui vous font venir les larmes aux yeux et pour peu que vous les sentiez monter puis éclater, ce serait bien le diable si vous arriviez à en contrôler le débit. On parle ici d’un restaurant posé à l’intersection de deux rues, comme d’un gros nuage rondelet, bien blanc et rassurant arraché à la voute céleste pour être lâché en plein Bangkok, à quelques mètres de l’infernale Silom road. Qu’on se représente un ensemble de maisons traditionnelles en bois quasi centenaires communiquant entre elles et organisées autour d’une terrasse verdoyante qui tourne le dos à un jardinet au centre duquel s’écoule l’eau cristalline d’une fontaine. Vous voilà immédiatement sous le charme qui est une manière de vous avertir que vous venez l’air de rien de fouler la première marche qui va vous conduire très haut dans le ciel.

Mango Tree 2

La carte est longue, voir très longue et met en avant une quantité impressionnante de spécialités régionales dont l’énoncé seul appuyé quelquefois de photographies fait immédiatement saliver. C’est justement la mise en scène d’un curry de canard à l’ananas immortalisé par une image léchée et un brin aguicheuse, qui me met l’eau à la bouche. Porté par mon enthousiasme galopant, j’accompagne mon plat de riz brun et d’une salade de pomelo aux crevettes. L’affaire se présentait bien, mon choix sauf incident majeur allait s’avérer heureux, seulement, rien ne m’avait préparé à un tel choc gustatif, rien ni personne ne m’avait laissé présager un tel bouleversement des sens si ce n’est Joanna, deux ans auparavant qui me fit l‘éloge de cette adresse sur laquelle par deux fois nous nous étions cassé les dents parce que sans l‘ombre d‘une table disponible. Voyager seul a cet avantage de rendre le temps plus souple encore qu’à deux, de le rendre plus malléable et c’est précisément à 18h45 que je me présentais chez Mango Tree pour me voir immédiatement attribuer une table que je désirais sur la terrasse, la seule condition étant que je quitte ma table à 20h00, ce qui me paraissait le bout du monde.

Mango Tree 4

L’attente n’était pas longue, et le temps de voir passer sous mes yeux quelques assiettes généreuses et colorées aux accents de fête dont les arômes papillonnaient jusqu’à mes narines, l’entrée et le plat que j’avais souhaités servis dans le même temps, d’un geste commun, frère, firent irruption sur ma table qui tremblait déjà d’émotion et enregistrait subitement cette violence poussée de désir dont j‘étais assailli. L’ananas était sous mes yeux, impressionnant, exubérant, débordant de viande, de fruit, de légumes, de basilic thaïlandais, de saveurs et un moment je ne me maitrisais plus, je perdais le sens de la réalité. C’était avant tout juste de porter la fourchette à mes lèvres chargée de canard, d’ananas bien entendu relevés de cette sauce au curry rouge, un mélange salé/sucré qui au fur et à mesure des aller et retour de la fourchette me rendit addictif au point le surlendemain de retourner commander ce plat fétiche auquel je semblais pieds et poings liés.

Mango Tree 3

La salade était également délicieuse, avec cette noix de coco râpée inattendue tandis que le riz brun se mariait idéalement avec la sauce succulente toute de curry et de lait de coco mêlés.

Le soir suivant, j’étais de nouveau sous l’emprise de ce restaurant, de sa cuisine épique, je ne pouvais faire qu’y retourner goûter ces gambas que j’avais vu la veille sur le grill, un peu superbes, un peu exceptionnelles. J’étais de nouveau sur la terrasse, à ne pas confondre avec le jour d’après, un midi, ou je déjeunais à l’intérieur, au frais de ce curry d’ananas… Mais les jours se confondent, la langue se délie et me plonger dans de tels souvenirs, bien qu’encore frais, pourrait définitivement me faire perdre la raison tant cette cuisine dont je n’ai caressé qu’un fragment aura réussi l’exploit de toucher à la fois mon ventre, mon cœur et mon âme.

Mango Tree 5

 

 

Mango Tree

37 Soi Tantawan Surawongse Rd

Bangkrak

Bangkok

 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 06:11

In Love 1

Ce n’est pas la moins amoureuse des jeunes femmes qui me recommande cette adresse perchée au dessus de la Chao Phraya. L’endroit est romantique au possible, à l’image de Chu et de son gros petit ventre dans lequel grandit un bébé qui est un garçon. Inévitablement, le lieu a conservé un peu de sa présence de jeune femme amoureuse et j‘aime à penser qu‘elle était assise ici et là.

Romantique, le restaurant doit l’être autrement le soir lorsque la grande terrasse est ouverte qui domine le fleuve et le grand pont illuminé Rama VIII. Alors, l’amour doit flotter dans l’air, d’une intensité telle qu’il puisse être saisi avec les doigts.

In Love 2

Pour apprécier la cuisine d’In Love, midi vaut bien minuit et des gambas cuisinées dans une sauce au vin sucrée, un jus de pastèque, suffisent à me donner le sourire quand bien même le plat est loin d’être convaincant (gambas rachitiques atomisées par une sauce succulente mais d’une violence inouïe). Seulement, il y a cette présence/absence d’une jeune femme au bébé à naitre et cette pensée suffit à faire tenir un sourire sur un visage.

In Love 3

 

 

In Love

2/1 Krungkaseam Rd

Wat Sampraya

Thewet pier

Bangkok

 

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 15:08

-BKK-004-.JPG

Si Phan Don, « 4000 îles» est un archipel qui s’étire sur plus de 50 km au milieu du Mékong jusqu’à venir chatouiller les flancs du Cambodge. Durant la saison des pluies, le fleuve jaune y atteint sa plus grande largeur sur son cours de 4350 km, quand en saison sèche il se réduit à peau de chagrin laissant apparaitre des milliers d’îles et d’îlots qui n‘est pas le moins féérique des spectacles.

Si-Phan-Don-102.JPG

Féérique, l’île de Don Khon l’est tout autant, avec ses cascades, ses rizières, ses hameaux, ses poches de forêt primaire, ses plages de sable qui scintillent sous l’effet conjugué du soleil et des paillettes d’or (hélas sans valeur). En revanche, on y mange passablement, ce qui n’est pas une si mauvaise chose en soi puisque l’occasion est toute trouvée de faire un pas de côté et de se tourner vers une cuisine étrangère, par exemple indienne, chez Jasmin sur l’île voisine de Don Det, à la pointe nord de l’île ou pour peu que l’on prenne son mal en patience on se verra servir un repas exceptionnel dont chaque plat est cuisiné à la minute avec des produits locaux cuits à la perfection et des sauces savoureuses, toujours légères et subtilement épicées à l’image de ce mix raitha ou de cet aloo do piaz qui étaient un régal à manger avec les naan.

Si-Phan-Don-096.JPG

 

Si Phan Don 098

Philippe, chef globe trotter et fin connaisseur de la gastronomie indienne m’assura qu’il avait rarement gouté une cuisine indienne de cette trempe. Ce qui était également mon cas.

Si-Phan-Don-093.JPG

 

 

Jasmin Indian restaurant

Don Det, pointe nord de l’île

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 04:21

Boloven-7.JPG

Le sol fertile du plateau des Boloven qui s’étend au nord-est de la province de Champasak jusqu’au Salavan et au Sekong, produit outre la cardamone, le rotin et le poivre, un arabica qui compte parmi les plus prisés de la planète. Il se dit de cet arabica typica introduit par les cafetiers français aux toutes premières années de 1900 qu’il serait le «champagne des cafés», une réputation qui est loin d’être usurpée à en croire un jeune planteur hollandais rencontré à Paksong.

Boloven-8.JPG

Cet arabica, on le voit sécher au bord de la route et prend quelques fois des couleurs bien singulières qui sont un délice pour les yeux. Pour avoir traversé à pied nombre de plantations allant d’une petite parcelle à plusieurs hectares, j’ai vite pris conscience que la production de Kaa-Féh Lao était le ciment entre différents villages, différentes communautés et groupes ethniques dont la plupart sont regroupés sous un projet de commerce équitable, à même titre que le thé, qui est plus mon affaire et pousse également sur le plateau, principalement entre Paksé et Paksong.

Boloven-4.JPGIl se trouve justement sur ce plateau un homme délicieux, Monsieur Ong Ya, qui ne se vexera pas si vous l’appelez Maitre. Sa ferme est située au kilomètre 36.

Boloven-3.JPG

Elle n’est pas grande mais n’est pas minuscule non plus et grâce à un travail constant, des soins de chaque instant et un mode de production 100% artisanal, elle se paye le luxe de produire un thé vert à la fois frais, fruité et amer que Yu Lu, le premier grand maître de thé qui vécut en Chine au 8è siècle aurait jugé excellent puisque organisé autour de pôles amer et doux qui sont selon lui la garantie d’un beau thé.

Boloven-2.JPG

Les fermiers voisins ou les touristes thaïlandais ne s’y trompent pas qui rendent fréquemment visite au Maitre, histoire de siroter une tasse de ce nectar et de se promener dans la ferme, se glisser entre les théiers qu‘ici séparent une petite allée en terre.

Boloven-1.JPG

 

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 01:27

Ventiane 059-copie-1

Je sentais depuis quelques temps l’expérience vietnamienne me souffler dans le cou. Le hasard voulut qu’un midi, à l’instant même ou je me remémorai quelque soupe avalée dans un marché de Saigon, je passe devant une cantine vietnamienne.

Ventiane-061.JPG

Aussi, ne fus-je pas long à hésiter avant de pénétrer dans la salle et de me glisser à une table, pointant vulgairement du doigt le plat désiré qui était celui que la quasi-totalité des habitués tenaient à portée de baguette. C’était également le moment que je me sentais coller au plus près du «barbare en Asie» dont Michaux dresse un réjouissant portrait dans son livre éponyme. De certaines manières brutales, je semblais être incapable de me défaire. Ainsi le doigt tendu qui pointe, isole, condamne, quand je m’efforce au contraire d’avoir plus d’emprise sur moi-même, d’être moins indélicat.

Ventiane-056.JPG

Le nem neung est un grand classique qui est un jeu d’assemblage, d’empilage plus ou moins raisonné. La règle est qu’il n’y a pas de règle, exactement comme pour le maniement des baguettes, quoi qu‘on en dise.

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A l’aide de ma fourchette, je tranche un morceau de brochette de porc que je dépose au centre d’une feuille de salade, elle-même posée sur une feuille de riz souple et translucide (parcequ’immergée quelques minutes dans un petit bol d’eau) et j’ajoute de la coriandre, de la menthe, de l’ail et enfin une sauce aux cacahuètes mi-salée mi-sucrée, avant de rouler le tout comme je peux, c’est-à-dire une fois sur deux bien proprement ou lamentablement, ce qui est égal tout compte fait, l’échec faisant partie du jeu, auquel nombre de clients semblent prendre un plaisir certain, qu’on voit se vautrer aussi superbement que moi et rire de leur maladresse qui n’en est pas ou alors si peu.

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Ce n’est pas faux que nous sommes un peu des enfants dans cette cantine pleine à craquer et diablement et vivante, et que les passants nous jalousent, qui ont l’impression de nous voir danser sur un nuage.

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 03:36

012

Ventiane ne manque pas de cafés et de pâtisseries françaises. Au hasard, le Banneton, qui s’avère un excellent choix, ce jour que je passais dans cette rue écrasée de chaleur.

Ventiane 029

Ventiane 033L’idée n'est pas saugrenue de m’installer en terrasse pour me rafraichir d’une thé glacé au citron servi par une délicieuse jeune femme dont le balancement des hanches me rappelle celui de Gene Tierney dans Laura.

Ventiane 005J’aime tant ce lieu que le lendemain matin j’y retourne prendre le petit déjeuner. Un délicieux chocolat chaud accompagné d’un pain au chocolat tout ce qu’il y a de plus croustillant et fondant.

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Après avoir paressé à la terrasse fraiche du Banneton puis m’être fait violence pour quitter ma chaise et m’en aller visiter le temple voisin qui abrite une école, je me dirige vers les quais longeant le Mékong dont il ne reste qu’un filet perdu dans l’immensité sablonneuse.

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On dirait un résidu d’eau tiède oublié au fond d’une baignoire. La chaleur de fournaise se passe de me rappeler que nous sommes en hiver, autrement dit en pleine saison sèche, ce qui n’empêche pas certains citadins de s’adonner à leur gymnastique quotidienne et les enfants de se fendre d’une sortie éducative.

Ventiane 044

 

Le Banneton

Rue Nokeokoumane

Ventiane

  

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 03:50

Ventiane-002.JPG

Voilà le poisson comme je l’aime: avec une fine croute de sel, donnant l’illusion d’être figé dans son linceul mais encore dans son mouvement, comme accroché vaillamment à la vie chaque fois que les baguettes viennent lui chatouiller les flancs, lui ausculter les joues.

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La peau est croquante, ou presque. Elle se décolle de la chair, entrainant avec elle quelques grains de sel qui craquent sous la dent, provoquent inévitablement une soif que je soulage avec un jus de pastèque. La chair en question est blanche, ferme et délicate en bouche, parfumée d’un généreux bouquet de citronnelle inséré dans le poisson et qui jaillit quelquefois de sa mâchoire.

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Dans ce petit restaurant en bordure du Mékong, on a pris le soin de découper la peau, plus cuite et croustillante encore qu’elle ne le pouvait être à Vang Vieng. C’est une incision minutieuse, chirurgicale qui ne m’enchante pas (j’aime par-dessus tout cette étape émouvante ou à l’aide de mes baguettes, du pouce et de l’index, je fais passer la chair blanche du poisson de l’invisible au visible) mais qui facilite néanmoins son approche.

Ce serait folie, me dis-je chaque fois, d’en tremper quelque morceau dans cette coupelle de sauce pimentée qui accompagne le poisson. Je préfère le savourer comme il se présente, au naturel, qui est la meilleure manière de lui rendre hommage, d‘autant plus que ces délicieux parfums de citronnelle l‘habillent d‘une robe de bal. On croirait cette association la définition du bonheur.

Ventiane-021.JPG

 

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 03:50

Vang-Vieng-1.JPG

La route n’est pas longue mais compte des virages vicieux et interminables, des voies escarpées suspendues au dessus de fatals précipices, aussi faut-il compter 6 bonnes heures dont 5 passées exclusivement à enjamber la chaine montagneuse, pour gagner Vang Vieng depuis Lua Prabang. J’arrive fourbu, liquéfié mais une promenade au bord de la Nam Song qui s’étire paisiblement entre des splendeurs karstiques, des falaises, des galeries et des cavernes dont certaines restent encore inexplorées, me donne le coup de fouet que j’espérais et me réenchante.

VV-025.JPGC’est le lendemain que je me régale en compagnie d’un jeune guide rencontré en ville et soucieux de parfaire son anglais, d’un menu traditionnel laotien composé d’une soupe de poulet, de brochettes de bœuf, du fameux laap, composé d’un hachis de porc (à rouler dans une feuille de salade), agrémenté de jus de citron vert, d’ail, de riz gluant sauté et pilé, d’oignons verts, de feuilles de menthe, de piment et accompagné bien entendu de l’inévitable riz gluant.

LP-3-065.JPG

Sur ses conseils, je visite le lendemain matin l’Organic Mulberry Farm, une ferme de mûriers biologique qui produit également du thé de mûrier, du thé à l’hibiscus, du fromage de chèvre ainsi que de nombreux fruits et légumes.

VV 003

On y loge, en bungalow individuel ou en dortoir, et si l’envie nous prend de faire un saut dans la Nam Song, il n’est que de faire quelques pas. La ferme possède en ville son restaurant que pour avoir goûté à deux reprises je trouve plus que juste, exception faite de ses boissons comme le thé glacé et le milk shake aux mûres.

VV-016.JPGLa petite ville, passablement laide et touristique n’offrant aucune raison de s’y attarder, je prends plutôt la bicyclette pour parcourir les 7km sur une piste caillouteuse et bosselée qui me séparent du lagon bleu qui est un lieu magique situé au milieu d’une petite rivière où dans une eau cristalline l’on nage au milieu des poissons. Cet éden ne se résume pas au seul «lagon», encore faut-il poursuivre la nage et monter ou descendre la rivière qui offre son lot d’enchantement.

--VV-017--.JPG

 

 

 

Organic Mulberry Farm

Vang Vieng

Site: laofarm.org

 

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