750 grammes
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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 04:15

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C’est au cœur de Bushwick, dans le nord de Brooklyn. On sort à la station Morgan Avenue et c’est une succession d’entrepôts à proximité desquels stationnent quelquefois d’impressionnants trucks, de vrais monstres qui sont en réalité le contraire de la laideur.

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Des rues larges et vides tout en horizontalité, de grands bâtiments à deux, trois étages caressés par les ombres comme le sont certains murs par la bombe inspirée du graffeur.

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On ne s’étonne pas, plus tard, d’être attablé chez Roberta’s (oui, la devanture est loin d’inspirer confiance, c’est même un repoussoir en puissance qui n’est peut-être là que pour servir de filtre à gogos) en compagnie de trois photographes, l’un spécialisé dans le land art, les deux autres penchant pour le street art, chacun revendiquant ce quartier comme l’un de leur terrain de jeu favori.

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A l’image du centre de Brooklyn gagné par gentrification frénétique, mais sur un rythme plus lent, plus cool (le pouvoir d‘achat des nouveaux arrivants est loin d‘égaler celui des colonies bobos qui ont conquis le cœur même de Brooklyn), ce quartier autrefois moribond (ce qu’il est encore sous certains aspects et c’est heureux) est un morceau de New York également en train de se métamorphoser.

(Roberta's 5)

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Des lofts sont transformés en ateliers d’artistes, des entrepôts tombés en déshérence sont rachetés puis transformés en bar, en superette bio ou bien en restaurant, ce qui est le cas de Roberta’s, qui donne toute son identité au quartier, qui en est le centre névralgique et en est le meilleur ambassadeur, à l’image de sa cuisine simple (salades, vins naturels, époustouflantes pizzas au feu de bois à la pâte si aérée, boursouflée, tellement légère), de saison et bio (10% des légumes sont produits et récoltés sur les plates-bandes situées à l‘arrière cour du restaurant), et plutôt bon marché.

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On peut encore y déjeuner ou diner au milieu d’un petit jardinet ou bien à l’intérieur, installé sur l’une des tables d’hôtes, en écoutant exclusivement de la bonne musique (la cuisine étant bio, il est tout naturel que la musique le soit également, on y pense jamais assez), par éxemple les White Stripes, mon groupe fétiche (et voisin, puisque d’Hoboken) Yo La Tengo, Pavement, un peu de soul et avant de partir, le gracieux «Coney Island Baby» de Lou Reed. «Oh, it was paradise», comme le murmurait plus qu’il ne le chantait l’ancien Velvet sur la chanson d’ouverture de son légendaire album Berlin.

 

Roberta’s

261 Moore St

Bushwick

Site: robertas.com

Station: Morgan avenue

 

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 02:00

(Chelsea 1)

 Situé en plein «quartier de la viande» ou sévissaient dans le temps de nombreux abattoirs, le Chelsea Market eut également une première vie puisqu’on y fabriquait jadis des biscuits dont de nombreuses reliques de cette grande époque sont encore soigneusement conservées et exposées sur les murs de pierre, dans ces allées que les chariots métalliques chargés jusqu‘à la gueule sillonnaient jour et nuit. Dire qu’on entendrait encore crisser les roues en acier serait un peu excessif mais les détails sont là (les murs de brique, une horloge, des rails, une pointeuse, des monte charge et des tuyaux en tous genre) qui nous font un peu voyager dans le temps.

Aujourd’hui, le Chelsea Market est un petit marché très prisé des salariés des environs qui s’y pressent dès l’ouverture pour manger sur place ou emporter dans un petit sac en papier recyclable, un café, un muffin, une tranche de pizza, un plat sauté thaï ou une belle Caesar salad. C’était un peu mon cas ce matin là, très tôt, trop tôt même puisque la plupart des boutiques étaient encore fermées à l’exception de l épicerie asiatique, celle gigantesque spécialisée dans l’équipement de cuisine (une vraie caverne d’Ali Baba) ou bien la fromagerie Lucy’s Whey ou je goutais quelques spécialités à base de lait de vache.

Chelsea 4

Chelsea 5

De passage dans l’unique boulangerie du marché dont un bon tiers des produits est bio, je petit déjeunais d’un copieux Irish soda bread et d’un jus d’orange que j’aurais tout aussi bien pu glisser dans un sac pour m’en aller les déguster au soleil sur la magnifique High Line qui est un parc verdoyant surélevé tout en longueur longeant en partie l’Hudson.

(Chelsea 2)

(Chelsea 3)

Cette sorte de coulée verte est très prisée des New Yorkais car outre la végétation, les tables, les bancs et les espaces ou rafraichir ses pieds, on y trouve l’équivalent de grands transats en bois sur lesquels s’allonger seul ou à plusieurs.

Chelsea 6

Le fait est qu’on peut tout aussi bien y venir déjeuner après avoir fait un saut par exemple chez Lobster Place, la poissonnerie gigantesque et incontournable du Chelsea Market qui affiche par éxemple les filets de poissons les plus improbables.

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Des huitres des provenant des quatre coins de la planète.

Chelsea 9

De beaux homards qu’on peut se faire préparer sur place et emporter pour les déguster sur la High Line.

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((Chelsea 8))

A moins qu’on ne leur préfère les California roll ou bien les même mais garni de homard. Un must.

Chelsea 12

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On l’aura noté, New York n’est jamais à court d’idées pour nous mettre en joie.

(Chelsea 7)

 

 

Chelsea Market

425 west 15th st

Meatpacking District

New York

 

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 08:40

Troquet 1

Mais qu’est-il arrivé à Christian Etchebest. Sa Cantine du Troquet avait déjà montré ses limites, le Troquet première mouture les explose. Tête la première dans le mur. Un massacre. Ahuris que nous étions, c’était un peu dans cette grande salle à moitié vide, sans vie ni ambiance, l’impression d’assister en direct au sabordage d’un bistrot basque adulé il y a dix ans, devenu en un rien de temps une sérieuse référence mais dont ces dernières années l’influence n’a eu de cesse de décliner, pour depuis peu finir par toucher le fond. Suite à notre déjeuner en roue libre totale, l’excellent Fellag noterait que c’est une chose de toucher le fond et que c’en est une autre de creuser. Ce n’était pas assez que le menu soit prodigieusement excessif (26 € les deux plats, 30 les 3), il aura encore fallu que l’ardoise des suppléments avec ses plats autrement plus alléchants frise l’indécence ( ris de veau, agneau de lait + 6 € de supplément). Tout compte fait, un plat direct aurait fait l’affaire, qui était une manière de bouée de sauvetage, une planche de bois surnageant dans l’océan et à laquelle s’agripper.

Troquet 2

Seulement, c’était le menu ou rien. Soit. Le taboulé à la tomate et ses gambas poêlées était bien tentant mais quelconque, sans répondant et pêchait par des saveurs pas assez nettes. La sensation en bouche était comparable à celle de mâcher du vide.

Troquet 3

Le foie de veau carrément pas cuit, minuscule, était tout aussi décourageant. Dommage, la polenta crémeuse, légère et ses petites touches de piment d’ Espelette valait franchement le détour.

Troquet 4

Soit tout le contraire du clafoutis poire chocolat, un vrai foutage de gueule en règle - boule de glace vanille gigantesque dont on se contrefout copieusement et inversement proportionnelle au clafoutis qui s’avale en trois bouchées pour peu qu’on parvienne à le décoller par petites touches de son plat. Carbonisée, la chose et avec ça surmontée d’un disque de sucre caramélisé qui la flingue à bout portant.

Troquet 5

Au final, l’addition est bien lourde pour un si maigre résultat et on se sent presque honteux de n’avoir pas préféré ce jour là au Troquet, le Casse Noix et sa formidable formule à 25 euros.

 

 

Le Troquet

21 rue François Bonvin

75015 Paris

Tel: 01 45 66 89 00

 

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 11:01

(Grazie 1)

D’accord, il faut être odieux pour facturer 35 euro une mozzarella di bufala, fut-elle de 500g et pour deux, une pizza à la crème d’artichaut et parmesan 24 mois 19 € et un Chambertin de Trapet 255 €. L’expérience nous a appris que la paire Marie-France et Julien Cohen n’était pas à une hérésie près et tout compte fait cela réussit bien. Depuis Pizza Chic dont Grazie est l’ersatz flanqué d’un bar à cocktails, nous avions pigé la démarche des Cohen, en réalité calquée sur celle du mensonge imparable: plus gros il sera, mieux il passera. Ne restait plus qu’à appliquer ce petit tour de passe passe aux tarifs dopés aux testostérones, lesquels une fois qu’ils ont crevé le plafond frôlent l’abstraction et deviennent paradoxalement presque tolérables pour le client. En quelque sorte, l’ahurissement de celui-ci détermine son choix.

Grazie 4

Résultat, Grazie comme Pizza Chic ne désemplissent pas et c’est une faune bobo, griffée et connectée si bien décrite dans la série bd des Monsieur Jean de la doublette Dupuy et Berbérian, qui s’y presse pour jouer à fond le jeu et croquer à pleines dents la vie dans ce qu‘elle a de moins raisonnable, de plus douteux et moins juste mais aussi de plus excitant, de plus crapuleusement jouissif.

Grazie 2

On retrouve chez Grazie les grandes baies vitrées qui inondent la salle mi lounge (canapés, bougies le soir), mi loft new yorkais, en plus de cette belle et onéreuse carte qui fait la part belle aux pizzas dont Aurora (mozzarella di bufala, tomate, ail, basilic, huile d‘olive) reste l’élue de mon cœur parce qu’irrésistible dans son dépouillement, juste dans ses saveurs, toujours aussi croustillante (quoique cette fois-ci excessivement cuite, à la limite de l‘acceptable) et équilibrée.

(Grazie 3)

Depuis Pizza Chic, ce n’est un secret pour personne qu’Aurora est mon pêché mignon et qu’elle justifie à elle seule mes visite dans cette maison vaguement décadente et indécente par les tarifs qu’elle y pratique mais reconnaissons-le, fort attirante, comme pouvait l’être dans le temps une demi mondaine fardée, élégamment vêtue et furieusement désirable mais rongée de l’intérieur par la maladie.

 

 

Grazie

91 bd Beaumarchais

75003 Paris

Tel: 01 42 78 11 96

Site: graziegrazie.fr

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 08:03

Comptoir 1

On appelle ça une masure. Moi, j’appelle ça le paradis, pour autant que le sentiment du voyage qui en habite chaque mettre carré en soit un.

Qu’on se représente un espace de 650 m2 posé aux pieds du Canal Saint Martin, composé d’une succession de salles rustique et rétro mises en valeur par l’Agence Secousse, agence artistique vouée corps et âme à l’art exotique situé à mille lieux de l‘esthétique ethno-chic qui sévit actuellement.

Comptoir 2

Au centre, un jardin «endémique», revêche, hostile et grinçant parce qu’investi d’herbes folles et parait-il mauvaises. A l’homme de se fondre dans la nature et d’y trouver sa place, lui et sa bière africaine.

L’air de rien, cette petite jungle est le poumon de cette brocante qui n’en est pas une, la meilleure porte d’entrée pour comprendre la démarche de ce lieu dédié à l’économie solidaire et écolo responsable (récupération des eaux de pluie, matériaux recyclés, produits bio).

Comptoir 3

Véritable cathédrale de récup’ placée sous le signe de l’Afrique post coloniale, de la libre circulation et du libre échange (stupéfiant, voir quasi inconcevable de nos jours cette facilité que nous avons de nous mouvoir en toute liberté dans le dédale de cette oasis poussiéreuse sans jamais rencontrer d’obstacle au hasard de ces lieux en perpétuel mouvement, qui se régénèrent d’eux-mêmes, affranchis de toutes barrières et ou le curieux a tout loisir de se fondre dans l’espace, de toucher les objets, les déplacer à sa guise, les approprier).

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S’il est une voix à laquelle on pense immédiatement dans cette grande salle de réception qui est autant une salle de conférence qu‘une salle de classe, c’est bien celle du conteur et grand défenseur de la tradition orale Hampaté Bâ, «diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l’ombre des baobabs». Une photographie, ce serait celle extraite d’un album du malien Malik Sidibé. Des images d’Afrique se superposent aux objets et intérieurs reconstitués, disons réinventés, qui s‘animent presque à notre passage - on n’y peut rien, on se laisse faire, charmé.

Comptoir 5

Pour réaliser l’ampleur du phénomène et l‘attachement voir la fascination qu‘on éprouve immédiatement pour dès qu’on pousse la porte du Comptoir, autant faire le tour du propriétaire.

C’est ici une partie de la salle de classe ou la nature tend à reprendre ses droits.

Comptoir 4

Le cabinet de sorcellerie de Maissa Toulet qui ne manque pas de pièces mémorables.

Comptoir 6

Le studio photo dans lequel pourrait avoir sévi Malik Sidibé, portraitiste de la société malienne des années 60, chroniqueur des nuits enfiévrées de Bamako.

Comptoir 7

Le salon de coiffure dans lequel, avachi sur un Chesterfield exténué je goûte le bobun sans grand intérêt (ma préférence allait au curry de crevettes hélas indisponible) arrosé d’un jus de bissap.

Comptoir 8

C’est mister Hung, déboulant sur coups de 13 heures avec son chariot qui assure la restauration, des tartines étant également proposées au bar qui consistent en une baguette entière accompagnée d’un pot de pâté ou de rillettes, plutôt rigolo et sympathique.

Comptoir 9

On termine avec le centre des objets perdus, soit la reconstitution criante d’authenticité d’une épicerie typique africaine. Ne manque plus qu’un peu de sable sur le parquet, la présence de poussière en suspension chassée par les jambes des danseurs qui se déhanchent au rythme de la rumba congolaise pour que l’illusion soir totale. C’était ce jour là un peu de l’Afrique qu’on sentait vibrer sous nos pieds.

Comptoir 10

 

 

Comptoir Général

80 quai de Jemmapes

75010 Paris

Ouvert du vendredi au dimanche de 11h à 23h

Site: lecomptoirgeneral.com

Site: secousse.org

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 11:18

Septime 1

Septime, c’est Louis de Funès dans le Grand restaurant mais sans les grimaces ni les postillons, débarrassé de ces colères et de ces gesticulations: un Louis de Funès sous lithium, tout droit sorti d’un film de Bergman. La Suède, justement dont on retrouve chez Septime certains des codes esthétiques propres aux intérieurs nordiques à la fois naturels et clairs (abondance de lumière, dépouillement, lignes strictes, bois brut).

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Le Septime de Bertrand Grébaut (ancien de Passard) avec sa cuisine ouverte et son petit jardin a quelque chose d’aérien, de minimaliste et chaleureux, soit l’exact définition de sa cuisine, ramassée, fraiche et vive qui à l’image d’un repas kaiseki se déguste d’abord avec les yeux. On est dans la couleur, la justesse de ton, de cuisson et d’émotion, dans la bonne juxtaposition des ingrédients et des saveurs.

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Herbes fraiches, légumes rares crus ou cuits, fleurs comestibles, l’assiette est diablement vivante, dressée sur son céans: on lui trouve même des mots, ceux du poète Pierre Reverdy auxquels nous font penser ces intitulés du menu déjeuner à 26 euros rédigés dans un style télégraphique sobre et concis, mais si éloquent.

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Panoufles d’agneau/Lentilles/Oeuf poché, Cabillaud/Lardo di Colonnata/Arroche, Tarte p’tit suisse, Fraise, Citron. Des intitulés dégraissés au possible pour une cuisine qui ne l’est pas moins, rigoureuse, inspirée et pleine de sentiment. Une fenêtre sur les pulsations du cœur et de la vie.

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Septime

80 rue de Charonne

75011 Paris

Tel: 01 43 67 38 29

Site: septime-charonne.fr

 

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 10:09

Chloe-1.JPG

On ne voit que ça, du rose. Ou que notre regard se pose, c’est du rose et encore du rose. On dirait un bonbon géant, un malabar maousse, un rêve de petite fille. Au point qu’on se verrait bien croquer notre assiette. Et ne parlons pas de la table. «C’est à la faveur de ses voyages et de ses flâneries que Chloé a rapporté ces objets très mignons, très kawai dont chacun s’inscrit dans la thématique des fifties», nous confie Marilyn (sa maman était fan de).

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«L’aventure de Chloé, alors graphiste et photographe a commencé dans la cuisine de sa maman et s’est poursuivie sur son blog ou elle mit en vente ses créations, ses cupcakes comme ses gâteaux qui ont très vite rencontré un beau succès. Dans la foulée, Chloé a monté cette adresse, mi salon de thé, mi restaurant puisqu‘on y propose également des bagels et des salades. Le plus drôle dans tout ça, c’est que Chloé est diabétique», conclue-t-elle avec un joli sourire.

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Victime de son succès, la fameuse Chloé est sollicitée de toutes parts et la voici animatrice sur Cuisine TV, auteure d’un livre à paraitre, animatrice en pleine compétition à Cannes du menu Electrolux, sans parler de ces cours et de toutes ces commandes de gâteaux qui remplissent bien ses journées en plus d‘affoler les papilles des vedettes du petit et du grand écran.

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On partagerait plutôt leur emballement. Bios et sans conservateurs, une gamme sans sucre au sirop d’agave pour les diabétiques une autre sans gluten, les cupcakes comme celui au chocolat noir (idéal couplé à un limonono - citronnade et fleur d’oranger- sont plutôt bien balancés. On y retrouve un peu de cette énergie et de la gentillesse de ces charmantes jeunes femmes, Marylin et Florane, qui participent de faire de Chloé.S un enchantement.

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Chloé.S

40 rue Jean Baptiste Pigalle

75009 Paris

Tel: 01 48 78 12 65

Site: cakechloes.com

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 10:52

(((Bistro des gourmands 1)))

L’enchantement vous tombe comme ça sur le coin du museau et par le plus grand des hasards, alors que vous descendez la rue du Cardinal Lemoine pour franchir la Seine et gagner les quais de l’île Saint Louis que vous trouverez plus tard trempée de pluie, s’ennuyant un peu sous un ciel lavé et mou. Si le Bistro des Gastronomes se rappelle à votre mémoire, dont vous avez lu nombre d’éloges ici ou là, c’est surtout la silhouette de Cédric Lefèvre, chef et propriétaire de l’établissement et par ailleurs ancien de chez Constant, que vous êtes certain d’avoir croisé dans la fournaise besogneuse et survoltée d’une cuisine, dans le hall d’un grand hôtel. L’impression est partagée puis vérifiée et vous voilà à échanger quelques mots avant que votre cuillère ne plonge dans cette manière d’amuse bouche - une réjouissante soupe de langoustines aux petits légumes - qui ouvre l’impeccable menu à 35 euros.

(Bistro des gourmands 2)-copie-1

L’entrée - le foie gras de canard maison et sa crème de pruneaux à l’armagnac - n’est pas moins excellente et pose là les bases d’un repas dont le niveau ne va jamais faiblir, au point d’atteindre en un temps record et comme étonné lui même de ses performances, une certaine excellence, mettons la perfection.

(Bistro des gourmands 3)Il faut voir puis avoir gouté cette cuisse de lapin de Kervor rôtie accompagnée de ses petits pois, carottes et girolles pour réaliser combien la cuisine de Cédric Lefèvre peut devenir vite addictive.

Bistro des gourmands 4

La viande est parfaite dans sa cuisson et les légumes quasi croquants arrosés d’un jus qu’on ne saurait désirer meilleur.

Bistro des gourmands 5

Le bonheur maintenant mis en place est total lorsque fait son apparition sur la table cette tarte au citron «servie autrement» sur laquelle le mystère reste entier depuis que nous en avons passé commande. Notre imagination passe en revue les scénarios les plus farfelus, les plus improbables qui sont en réalité encore bien en deçà de ce qui nous attend et nous cueille, et nous laisse sans voix, un peu décontenancé, un peu abasourdi mais ô combien admiratif.

Bistro des gourmands 6

Qu’on se représente une grosse tasse à café surmontée d’un dôme de meringue tellement légère, tellement onctueuse que la pointe de la cuillère la perce avec une infinie douceur (premier émoi en bouche, première claque) avant de plonger dans une crème au citron comme on n’en a jamais goûté (un plaisir gustatif au-delà des mots, en dehors du temps - second émoi, seconde claque), saupoudré de brisures de pâte craquante au fond qui est un peu le monde à l’envers, une manière de nous renverser la tête. Et de se dire immédiatement que la vie pourrait s’arrêter là. Alors, cette adresse on la garde, on la chérie, on en fait notre cantine et on ne se sent pas le plus malheureux d’y avoir ses habitudes, de jouir d’un service forcément chaleureux, aux petits soins, bref de grande classe.

 

Bistro des Gastronomes

10 rue du Cardinal Lemoine

75005 Paris

Tel: 01 43 54 62 40

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 22:29

Comme chez maman 1

Soyons clair: les mamans ont du souci à se faire. Depuis que Wim (ex Jean Georges et Ducasse) et Véro ont posé leurs marmites du côté des Batignolles, quartier familiale, soporifique et boboïsant en diable, c’est la révolution dans les chaumières, doublé d’un vif embarras chez les mamans, irritées, vexées pour tout dire, parce que concurrencées sur leur terrain, chahutées dans leur pré carré. D’où la bonne attitude à adopter chaque fois qu’après un passage à Comme Chez maman on s’entend demander «Alors, c’était comment?». Un laconique «pas mal» aura l’avantage de modérer les ardeurs revanchardes des mamans qui n’ont pas encore digérées cette agression en règle. Bon fils que nous sommes, on se refuse à froisser au-delà du supportable sa maman et à lui imposer d’autres nuits blanches. Pourtant on n’en pense pas moins: à la question «Que vaut Comme chez maman ?», on serait tenté de répondre illico: «c’est énorme !». Et c’est vrai qu’une cuisine comme ça, aussi généreuse, avec une telle clarté dans ses saveurs et bien saisie dans sa fraicheur, sa vivacité, on en tombe immédiatement amoureux. Soyons francs: on a dû laisser filer quelques jours afin de ne pas écrire sous le choc de l’émotion, certes inspirant mais trop souvent pénalisé par son manque de recul, victime de son emballement.

Comme chez maman 2

Les jours ont passé et mon avis, mon excitation n’ont pas varié d’un pouce: Comme chez maman est résolument une adresse formidable. Parce que ces gnocchis de semoule maison au parmesan et à la sauge (9 €), juste poêlés et légèrement croustillants sur le dessus - on perdrait la raison pour moins que ça.

Comme chez maman 3

Parce que ce poulet en croute pour deux (21€ par personne), ceinturé dans sa camisole croustillante, posé sur un lit d’asperges blanches revenues dans une sauce au beurre citronné et accompagné d’une purée maison à l’huile d’olive.

Comme chez maman 4

Et des plats jouissifs comme s’il en pleuvait - l’agneau de lait, la côte de veau de lait, la souris d’agneau, le canard aux épices, la marmite du pêcheur… En vérité, quand bien même elles ne l’entendront pas de cette oreille, nos mamans ont bien du souci à se faire.

 

Comme chez maman

5 rue des Moines

75017 Paris

Tel: 01 42 28 89 53

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 17:56

Kura 1

Des voix mêlées, celle du chef, Kazuyki Mutoh, ancien de Nobu, de son assistant et de la brigade féminine qui n’en font qu’une lorsque la parole semble jaillir de la même bouche pour me souhaiter la bienvenue. Chaque fois cette impression que le repas se pose là, que la langue, la politesse coutumière sont incontestablement un sas qui nous font passer de la rue à cette bulle gourmande rassurante et bienfaitrice qu’est le restaurant japonais ou cette izakaya posée en plein cœur du XVIème. Il suffit de si peu: une salle lumineuse, du bois clair, une chaise au comptoir face au chef qui donne à voir les mains forcement agiles, expertes du sushiya qui découpe le poisson, roule un impressionnant maki au tempura de crabe royal.

Kura 2

L’assistant impressionne, dans son économie de geste, la douceur de chaque mouvement, du moindre déplacement. «Le corps se souvient immédiatement des réflexes des séjours précédents. On sent la sphère d’épanouissement de ses gestes se resserrer tout contre son corps», note très justement Antonin Potoski dans ses Cités abîmes, à l’occasion d’un retour au Japon. Il ajoute encore que le corps du japonais ne «dépasse» pas, à la différence de celui de l’européen qui laisse flotter son corps, laisse «dépasser» son individualité, investit l’air, l’espace autour de lui avec sa volonté. «Au Japon, on rigidifie son corps, et on prend l’habitude de vivre d’instants», conclue-t-il.

Kura 5

C’est donc un air connu de là bas, qui me console de passer ce premier printemps parmi les quatre précédents, dans mon pays d’origine et non quelque part au Japon, sur l’île de Kyushu, par exemple, la favorite. Le lendemain, c’est la même envie, le même trajet, comme s’il s’agissait de prolonger le dépaysement, d’y retourner. Un pays intermédiaire connu de nous seul, celui qu‘on retrouve avec émotion.

(Kura 4)

Menu déjeuner à 23 €, canard rôti au poivre sansyou et ses champignons, riz, miso, petites entrées et un verre de yuzu shu pour être à la fête. Le canard aurait mérité d’être moins cuit, plus tendre mais ce n’est pas scandaleux et cela gâche à peine mon plaisir.

En cuisine, le ballet des gestes, la précision millimétrique, le jeté précis des ingrédients dans la soupe compense, enchante. C’est de se sentir, soudain, une nouvelle fois déporté loin, très loin d’ici, quelque part entre Sapporo et Hokkaido.

 

Kura

56 rue de Boulainvilliers

75016 Paris

Tel: 01 45 20 18 32

Site: kuraparis.com

 

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