750 grammes
Tous nos blogs cuisine Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 08:01

Barbar 1

On aurait dit l'avion balancer derrière lui la Méditerranée et s'engouffrer dans la ville, couper à travers la forêt d'immeubles, creuser son sillon et chatouiller les antennes paraboliques jusqu'à frôler les rondeurs du Safa stadium pour à bout d'épuisement se laisser choir sur la piste dans le seul but de me permettre de gagner au plus vite au cœur d'Hamra, Barbar, un snack libanais essaimé entre les rues Ibrahim Abd El Aal et Baalbek, soit 6 adresses ouvertes 24h/24, semaine, week-end, bombardements et guerres civiles inclus.

Barbar 4

Barbar 3

Chaque enseigne a sa spécialité, shawarma pour l'une, manakich pour l'autre, mais encore jus de fruits frais, fatayers... la monomanie élevée au rang d'art supérieur, celle de la rue Baalbek (face au numéro 63) m'ayant conquis avec ses falafels réalisés en direct, roulés dans le sésame blanc, plongés dans un bain d'huile chaude, repêchés, débarrassés de leurs excèdent de gras, étalés sur un pain de type pita, garnis généreusement de crudités, de coriandre et d'houmos puis enfin roulés et emballés pour être dégustés sur place ou dans la rue, ce qui est souvent le même bonheur.

Barbar 2

Eprouvez alors ce cri quasi orgasmique pareil à nul autre de la boulette qui croustille sous les dents ainsi que le frémissement en bouche de la farce concentrée de fèves qui se répand dans le palais, la douceur de l'oignon, la légère amertume du navet mariné et tremblez de tous vos membres, laissez-vous aller, hurlez de joie.

Barbar 5

 

Barbar

rues Abd El Aal et Baalbek

Quartier: Hamra

Beyrouth

 

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 11:32

 Momo--01-.JPG

Suite à mon précédent article sur Q Tea, Marie a eu raison de me recommander de faire un saut du côté de l'Opéra chez Momo (pêche, en japonais), pour son cadre très kawai, mignon comme tout, sorte de grosse sucette aux couleurs acidulées qui s'étend goulûment sur deux étages; son accueil tonique, souriant au possible, sa petite équipe fichtrement sympathique, sa cuisine plus que correct qui fait la part belle aux légumes de toutes sortes, pas souvent les plus gracieux mais chaque fois des plus sains et délicieux (champignons shiitake et enoki, germes de soja, pousses de bambou...) et son bubble tea au sésame servi dans un mug fendard qui tient plus que la route.

Momo--02-.JPG

Momo 4

Le menu du midi à 12,90 est ce qu'on appelle une bonne pioche avec une boisson au choix, deux petites entrées (tofu mariné, navets fondants et haricots verts), un plat à choisir parmi une proposition de six (pour ma part une épatante marmite de bœuf saté généreusement garnie en viande, légumes et vermicelles), la carte étant renouvelée tous les trois mois. Plus que fréquentable.

Momo 3

 

Momo

7 rue de la Michodière

75002 Paris

01 42 65 38 90

 

Partager cet article
Repost0
17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 08:52

Cambodge 4

Extension du Cambodge du 10 avenue Richerand, le Petit Cambodge pousse sa passion du bobun jusqu'à l’obsession, la monomanie. Un brin fétichiste, la carte n'a d'yeux que pour ce fameux plat indochinois composé entre autres de lamelles de bœuf mariné, de carotte râpées, de soja, de cacahuètes, d'herbes crues et de tronçons de pâtés impériaux, le tout posé sur des vermicelles de riz et servi dans un grand bol. On aime ses tables hautes, sa cuisine vitrée aux allures de labo, sa salle dépouillée façon loft new yorkais, ses larges baies vitrées et sa petite terrasse généreusement ensoleillée dès 12h30.

Cambodge 1

On aime le service aux petits soins, le crayon, le petit papier qu'on nous remet pour y noter la commande. Mais par dessus tout on trouve bienvenu le «bobun crevettes» (11 €) dans lequel le bœuf est remplacé par six crevettes ou bien le «bobun spécial crevettes», le même mais avec deux pâtés impériaux quand bien même ce midi là on se contente du «spécial» (9, 50 €).

Cambodge 2

On raffole plus que tout de ce bobun de haute volée appuyé par bœuf de première main, un soja d'une fraîcheur inouïe, une sauce maison délicate ni trop salée, ni trop sucrée et des nems croustillants à l'envie. Les vermicelles de riz, inhabituellement fins n'en demeurent pas moins excellents. Voilà ce qui s'appelle être conquis.

Cambodge 3

 

Le Petit Cambodge

20 rue Alibert

75010 Paris

01 42 45 80 88

 

 

Photos Cambodge, séjour 2005.

 

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 22:28

Passage 1

Soit un passage qui a conservé un soupçon de son esprit «popu» d'antan avec ses maisons ouvrières léchées par la vigne vierge, ses ateliers grignotés par la glycine grimpante, le tout dans une atmosphère très «village» propice à emballer le promeneur et ravire le touriste. Ajoutons-y une direction réputée qui a fait ses armes dans les quartiers du 17 et du 20ème avec ses Caves et Pères Populaires; enfin cerise sur le gâteau, un chef exfiltré du Spring de Daniel Rose et on se précipitera dans la minute sur son téléphone. Chose faite, on trouve sympa le pochoir de Miss'Tic flanqué sur la façade mosaïque du Passage, un grande salle chaleureuse avec son petit zinc frotté à l'huile de coudes, son carrelage à l'ancienne et tout un arsenal de meubles et objets chinés plutôt sur un morceau de trottoir à la mode «récup» que chez l'antiquaire - vieux clubs usés jusqu'à la corde, luminaires d'époque et antique réfrigérateur crème côtoient de modestes cagette de légumes qui remplies de trésors.

Passage 2

Le midi, on ne fait pas dans la démesure et c'est tant mieux. 1 entrée, 2 plats, 1 fromage, 1 dessert et puis c'est tout. Le plat à 9,50 €, l'entrée/plat ou plat/dessert à 13 €, les 3, 16,50 €, avec le fromage, 19 €. Ce n'est pas se moquer du monde et c'est même une excellente affaire. Ce midi là, truite saumonée, fenouil et raifort font une excellente impression. On aime les tombées de radis, de pourpier de boutons de girolles et d'estragon. C'est coloré, c'est vif et ça effleure l’appétit.

Passage 3

Du même calibre, la basse-côte de bœuf (préférée à l'aile de raie) de l'excellent Michel Brunon (place d'Aligre), servie saignante, voir très, ce qui est loin de nous déplaire. On reste stupéfait, limite bouche bée devant les carottes braisées qui ont pris tout leur temps et les navets mijotés longuement dans le beurre. On reconnaît en amont la patte sinon le génie de Joël Thiébault dont les produits sont sublimés puisque travaillés avec amour, de patience et de précision. Rendez-vous est déjà pris pour le dîner qui prend des allures de «bar à manger» avec sa multitude de petites portions façon tapas à partager (encornets, ventrèche/coques, bonite/aubergine, burrata...). On y est pas encore que le cœur fait boum !

 

Au Passage

1 bis Passage Saint Sébastien

75011 Paris

01 43 55 07 52

www.restaurant-aupassage.com

 

Partager cet article
Repost0
12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 19:50

Q 1

Il est d'excellentes adresses qu'on voudrait garder exclusivement pour soi, qu'on serait tenté de ne partager qu'avec une poignée de proches, une grappe d’initiés. Seulement, on serait bien sot d'endormir de tels secrets et de les jeter au fond de notre poche, jalousement, égoïstement. Aussi, ne manquera-t-on pas d'offrir Q Tea on à la face du monde et de le recommander chaudement, sincèrement comme on le ferait d'un artiste, d'une œuvre d'art dont on est persuadé qu'elle apporterait un peu de lumière dans la vie d'un tiers, sinon de l'espoir, de l'amour. Déjà, il y a cette chance, ce bonheur de replonger dans la (bonne) cuisine taïwanaise, si rare, si discrète dans la capitale.

Q 2

Quand en plus le lieu coloré et rafraîchissant est (très) intime (18 couverts maxi), que la carte met en valeur des plats qui font inévitablement remonter des flopées de souvenirs comme le bar frit nappé d'une sauce aigre douce, et que le menu du midi à 10, 50 € (entrée/plat/boisson) est l'occasion de faire à moindres frais le plein de saveurs, toutes les conditions sont réunies pour qu'on s'y précipite fissa.

Q 3

Ce midi on s'était laissé tenter en entrée par les guyozas bien saisis, peau de bébé sur le dessus, croustillant en dessous et farce impeccable. A suivre, le porc mijoté (plat simplissime et emblématique de la street food taïwanaise) est sans faille, ce qui n'est pas le cas de la soupe de nouilles au bœuf (bouillon trop clair, manquant de mordant).

Q 4

Pour information, le bubble tea est immonde (si ce n'était que les perles de tapioca pas même cuites). Lui privilégier le thé, autrement plus convaincant.

 

Q Tea

19 rue Notre Dame de Lorette

75009 Paris

01 55 32 04 68

 

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 16:01

(Palais 1)

Pour peu qu'on se penche sur un atlas, on réalise qu'à l'exception du libanais Noura, Paris ne compte aucune véritable pâtisserie orientale, étant donné que l'Orient (Syrie, Liban, Iran, Turquie...) n'est pas le Maghreb. Karim Khelifi et sa femme Anissa, le couple emblématique et inventif du Palais des Sultans, parle volontiers de «gâteaux maghrébins» plutôt que de «pâtisseries orientales», ce qui est peut-être moins aguicheur mais plus proche de la réalité et surtout plus juste.

Palais 3

Une fois ce malentendu rectifié, on est heureux de découvrir qu'en face des inespérés et très écolo jardins d'Eole (prairies fauchées à la main, récupération et stockage de feuilles pour en faire du compost, eaux de ruissellement rejetées dans le sous-sol et les zones plantées) et à proximité du centre d'art contemporain le Cent Quatre dont la superbe et rayonnante librairie le Merle Moqueur justifie à elle seule que l'on daigne accorder de l'intérêt à cet immense et glacial cercueil, a élu domicile la toute première pâtisserie spécialisée en gâteaux maghrébins (on y tient) de la capitale (c'était en 1990).

Palais 2

Parce qu'il refuse de jouer le jeu de la facilité en se faisant livrer des plateaux entiers de zelabias, dzriettes, et autres cornes de gazelle industrielles et sur-saturées en miel et en sucre, et qu'il s'applique à travailler, à régénérer les grands classiques de manière à les rendre moins caloriques, plus digestes et surtout autrement plus riches et complexes en saveurs ainsi qu'au niveau de la texture (j'en veux pour preuve ce makroud d'anthologie), tout en développant une gamme plus personnelle, ambitieuse et créative de pâtisseries tissant des passerelles entre le Maghreb et l'Europe et uniques dans leur genre; le Palais des Sultans s'est imposé comme la référence, à ce point que le couple est courtisé de toutes parts, les trois quart de son chiffre d'affaire étant réalisé grâce au secteur professionnel, hôtels de luxe, restaurants, salons de thé, ambassades, hammams ou bien grandes sociétés, si bien point qu'il devrait ouvrir à l'avenir et presque malgré eux une seconde adresse dans le 8ème, inch' allah.

Palais 4

On se presse donc des quatre coins de Paris pour emporter ou bien déguster sur place une ou plusieurs de ces pâtisseries traditionnelles légèrement corrigées mais surtout pour faire l'expérience et forcément se régaler parmi une vingtaine de ces créations à base de pâte d'amande atypiques, colorées et ravissante qui se déclinent en parfums et alliances les plus réjouissants et improbables tels tomate/piment, coquelicot/pavot, huile d'olive/romarin, pomme/aneth, violette (un clin d’œil à Toulouse ou Anissa a vu le jour), pamplemousse, banane, romarin, pistache etc... Si bien que chacun y trouve son compte, sinon son bonheur.

Palais 5

 

Le Palais des Sultans

38 rue d'Aubervilliers

75019 Paris

01 42 05 55 67

 

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 12:16

((Bob 1))

Avant Bob's Kitchen et son réjouissant «vegy stew» chroniqué dans ces colonnes, l'aventure de Marc Grossman, yankee fraîchement débarqué de son Brooklyn natal, a commencé ici, dans cette boite à chaussures suffisamment grande pour accueillir une table d'hôte de huit couverts maxi. Les habitués connaissent la chanson: papier Kratf sous les coudes, rouleau de Sopalin pour s'essuyer le bec, thermos de thé à discrétion, verres Duralex, déco qui ne force pas sur les méninges – guitare, cagettes de fruits et légumes, cuisine de lilliputien avec frigo customisé – et aux petits vernis le privilège de voir Marc Grossman déboucher du boulevard Magenta pour se glisser dans la petite rue Lucien Sampaix et garer sa bicyclette bricolée façon triporteur au 15, de derrière laquelle il décharge sacs et cagettes de produits frais.

Bob 3

Au mur, on retrouve la carte du jour fragmentée avec son jus filtré, son smoothie, sa soupe, son bagel et son plat du jour (pad thai), toujours bio dans la mesure du possible, végétariens et forcément excellents (oui, on est mordu). Le gaspacho revisité est une vraie tuerie: bien plus dense que l'original, d'une engageante couleur rouge orangée, volontiers chargé en ail, on est bluffé comme chaque saveur se distingue superbement et met en joie le palais. Autrefois fourni par l’Épicerie du Bon Marché puis puis Rice and Beans et désormais réalisé sur place, le futomaki façon Bob avec sa petite touche de mangue et qui se déguste comme un sandwich mérite lui aussi tous les éloges. C'est frais, c'est léger, c'est malin et comme le reste de la carte on l'emporte chez soi ou bien au bureau, ce qui ne manquera pas d'en rendre jaloux plus d'un.

(Bob 4)

En dessert, plutôt qu'un muffin dont Bob est passé maître en la matière, je me laisse tenter par un petit cake à la figue, bien moelleux, un brin fondant, délicieux. Avec un petit jus de fruits filtré en pointillé (pomme/carotte/céleri/gingembre – une leçon de vie), une formule qui se contente de flirter avec la barre symbolique des 15 € et la gentillesse infinie de son équipe, on comprend d'autant plus la fascination, la passion et l’admiration qu'inspire Bob's Juice Bar auprès des parisiens et de ses inconditionnels.

Bob 5

 

Bob's Juice Bar

15 rue Lucien Sampaix

75010 Paris

09 50 06 36 18

www.bobsjuice.com

 

Partager cet article
Repost0
5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 12:35

Bella-1-copie-1.JPG

C'est aussi simple que de traverser le pont, Charles longer un petit jardin, laisser derrière soi le musée Kampa et grimper une volée de marches pour se laisser tomber dans un fauteuil moelleux et autour d'un thé plonger dans les textes inédits de Thomas Bernhard.

Bella 4

Une sensation de bien être douce et profonde nous enveloppe et nos cinq sens de connaître une paix indicible. N'y plane ni menace ni châtiment. C'est quelque chose de bien plus fort que le repos qu'on éprouve au fond de son fauteuil. Libre dans une vaste étendue, on respire à pleins poumons. C'est la douceur même.

Bella 3

Captivé par les rayonnages de livres, la chaleur du lieu et les figures qui l'habitent, on ne s'abstient pas de prolonger ce plaisir indicible. Et la journée touche déjà à sa fin qu'on pense qu'elle vient seulement de commencer.

 

Bella Vida Café

Malostranské nabrezi 3

Quartier de Mala Strana

www.bella-vida-cafe.cz

 

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 13:45

Bella 1

On imagine les pierre tombales du vieux cimetière juif un matin d'hiver, recouvertes de neige, poursuivant leur danse molle dans l'air sec et glacé. Ce jour là ce n'étaient que les derniers jours d'été, et le lierre, la mauvaise herbe léchaient les pieds des pierres, s'engouffraient dans la moindre brèche. La neige attendrait.

Bella 2

On suit le petit chemin pavé qui s'enroule autour du cimetière, on jurerait en avoir fait le tour quand une nouvelle partie se dessine sous nos yeux grouillant de stèles de plus en plus serrées, en piteux état, qui jouent du coude, penchent dangereusement, asphyxiées presque et qu'on dirait chacune sur le point de s’effondrer Plusieurs raisons expliquent ces inclinaisons spectaculaires, comme la superposition des couches (jusqu'à 12), la fragilité du terrain et ses infiltrations.

Mistral 3

Ayant définitivement renoncé à m'aventurer plus en avant dans les subtilités de la gastronomie tchèque, j'avise non loin de là le Mistral Café qui semble plutôt engageant et propose une poignée de plats internationaux comme les spaghetti à l'ail qui s'annoncent déjà comme une grande bouffée d'air frais.

Mistral 4

Si elles manquent de piquant (une pointe de piment frais aurait été la bienvenue), les pâtes sont correctes et se laissent manger sans trop d'effort. Ce n'est pas encore ça mais on reste néanmoins à des années lumières de la cuisine tchèque goûtée une seconde fois par acquis de conscience et surtout de ce curry thaï très approximatif proposé par Lemon Leaf qui jouit mystérieusement d'excellentes critiques.

Mistral 5

 

Mistral Café

Valentinska 11/56

Quartier de Josevov

www.mistralcafe.cz

 

Partager cet article
Repost0
1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 20:01

Savoy 1

Je pénétrais dans le Café Savoy comme dans un lieu familier. De Trieste à Vienne en passant par Ljubljana, Cracovie ou Budapest, je ne manque jamais de faire escale dans une de ces brasseries au charme et à l'ambiance très mitteleuropa. J'y ai de tous temps croisé des fantômes sinon des vivants, comme Claudio Magris au San Marco à Trieste, mon favori d'entre tous – l'ai-je assez répété.

Savoy 2

Avec son intérieur néo renaissance, le Savoy me fit bonne impression, quoique je ne sentis ni l'aile du temps me caresser l'épaule, ni un début d'inspiration, ni des présences désincarnées faire corps autour de moi (celles de Kafaka et Max Brod, par exemple ?) – qui sont le signe que le lieu me parle, qu'il m'emporte. Seuls peut-être les lustres, les plafonds décorés et la lumière naturelle que filtraient les larges baies vitrées me rendirent ce café un brin intéressant.

Savoy 3

N'étaient que le contenu des assiettes dont chacune me semblait détestable, fussent-elles d'inclinaison traditionnelle ou internationale, j'aurais pris mes jambes à mon cou, au lieu de quoi je me coulais agréablement dans une banquette et passais commande d'un équivalent tchèque du struddle aux pommes, ce qui était précisément la chose à ne pas faire et que j'allais bientôt regretter – à moitié, avouons-le – la garniture s'avérant plutôt réussie quand la pâte, trop épaisse à mon goût, sèche et dont la texture rappelait l'ignoble carlsbad dumpling d'hier soir, accompagnant la non moins indigeste spécialité de Moravie dont je me serai volontiers passé de connaître les nuances.

Savoy-4-copie-1.JPG

Qu'importe, malgré cette déconvenue et bien qu'à moitié rassasié, je sentais le lieu qui entrait en moi, petit à petit, comme s'il n'avait jamais dû en être autrement. Les murs sont à l'écoute, pensais-je, avalant la dernière bouchée de struddle.

 

 

Café Savoy

Vitezna 5

Quartier de Mala Strana

www.ambi.cz

 

Partager cet article
Repost0

  • : Food'up ! Food'down !
  • : Chroniques gustatives.
  • Contact

Mes addresses

Le Pré Verre (Cuisine et vins d'auteurs), 8 rue Thénard, Paris 5è

Asian Wok (cuisine Thai avec un zeste de fusion), 63 rue Oberkampf, Paris 11è

El Mansour (Le couscous Marocain de la capitale sinon de l'héxagone), 7 rue de la Trémoille, Paris 8è
Croccante (Spécialités siciliennes, cuisine régionale à couper le souffle), 138 rue Vaugirad, Paris 15è 

Rechercher

Pages

Liens