750 grammes
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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 18:00

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Ngo et Huyen. Le frère et la sœur. Le ciment de la famille. L'homme d'affaire et la cuisinière hors pair.

(N 3)

La maison n'a pas changé, excepté deux décédés, lesquels feront brièvement leur retour la veille du nouvel an pour une visite éclaire de 4 jours avant de retourner dans l'au delà.

N 8-copie-1

On se réjouit de leur venue prochaine. L'autel des morts au premier étage croule déjà sous les offrandes et les fleurs. Les vivants et les morts. Le cercle de la vie, comme dirait Ngo.

N 7

Derniers préparatifs avant la fête du Têt. On ne fait pas dans l’extravagance. On a déjà la tête ailleurs. On cuisine simple, léger et comme à d'habitude intégralement maison avant le grand plongeon, l'orgie superbe.

N 2

Une soupe d'igname (khoai mo) immédiatement reconnaissable à sa couleur violacée naturelle.

N 4

Une soupe hu tiu et son bouillon qui a cuit une petite heure, surveillé, goûté, sans cesse amélioré; plaisirs simples, joies immenses.

N 5-copie-1

Un avant dessert:des œufs au lait coulés dans la noix de coco qui ont cuit avec son jus. Un bonheur tout droit sorti d'un rêve.

N 6

Et la surprise de milieu de soirée, le fameux suong sa hat luu, tapioca, pâte de haricot, lait de coco maison (chaire râpée enroulée dans un chiffon trempé dans l'eau puis pressé au dessus d'un récipient), sucre, glace et agar agar qui ferait presque venir les larmes aux yeux.

N 9

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 23:55

M 1

C'est l'histoire de deux garçons, Samuel Maruta et Vincent Mourou qui n'y entendaient goutte au chocolat (l'un travaillait dans la pub, l'autre à la Société Générale), rencontrés au Vietnam lors d'un bivouac et qui ont réalisé le pari fou de produire et distribuer un chocolat noir artisanal d’exception garanti pur origine Vietnam. Étrangement, au Vietnam où ne manquent pas les fèves de cacao, aucun chocolat n'y a jamais été produit, l'Afrique de l'ouest et l'Amérique du Sud captant encore aujourd'hui toute toute l'attention.

M 3

C'est maintenant chose faite avec la marque Marou basée à Saigon, forte déjà de six tablettes d'un cacao cultivé sur des petites parcelles au milieu des terres très fertiles du delta du Mekong et d'une poignée d'autres provinces vietnamiennes situées plus au nord. Comme me l’explique Samuel Maruta sur le chemin de la fabrique située dans le quartier de Thu Duc, l'idée de départ, sachant que les fèves n'ont pas le même goût d'une région à l'autre était de préserver et faire connaître les différentes saveurs des différentes origines d’où le choix de produire des tablettes par province.

M 4

Déjà espoir de la chocolaterie française du Salon du chocolat 2012 le chocolat Marou fait le bonheur des palais exigeants qui louent son absence d'amertume, son acidité, sa belle onctuosité en bouche, ses notes fruitées et acidulées (Ba Ria 76%), les notes très ''chocolatées'' du Lam Dong 74% ''avec son goût de 4h00 comme lorsqu'on était petit'', celles plus complexes au goût de noix, d'herbe, de miel et de cannelle du Tiên Giang 70%, qu'on appréciera encore mieux la bouche bien reposée ''de préférence en s'étant abstenu de boulotter une phô bien épicée''.

M 2

Courtisée depuis peu par le Japon, présents dans les hôtels de luxe, les boutiques, épiceries fines du Vietnam et d'ailleurs (Europe, États-Unis, Australie, Singapour et Hong Kong ''le succès à l’export a été très rapide et dans la foulée nous avons été reconnus et acceptés par des gens qui restent pour nous des modèles'') forte de tablettes somptueuses emballées à la main dans un papier kraft imprimé artisanalement d'après les techniques de la sérigraphie semblent s'épanouir telles des fleurs fraîchement coupées, l'affaire tourne bien et semble se développer à la vitesse d'un vent de mousson.

M 9

'' On en a fait du chemin en deux ans quand on pense que les premiers tests ont eu lieu chez moi avec ma gazinière en guise de torréfacteur et ma centrifugeuse qui servait de broyeur ! Aujourd'hui, malgré un investissement conséquent dans du matériel de pointe (à l'exception de ce torréfacteur datant du début des années 30 acheté sur ebay dont on espère que jamais ils ne se sépareront), la production reste très manuelle.

(M 10)

  ''Malgré notre professionnalisme on travaille encore avec des bouts de ficelles !''

M 5

500 tablettes par jour, 1 tonne de chocolat produite par mois, des centaines de moules entreposés dans le labo, afin de répondre à la demande croissante, la petite équipe de Marou (12 personnes au total) attend ces jours-ci de nouvelles machines, principalement des mélangeurs.

M 6

Pour Samuel Maruta ,Vincent Mourou et leur équipe, l'aventure ne fait en réalité que commencer !

 

Marou

www.marouchocolate.com

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 16:50

V 4

Normal que les souvenirs du Vietnam aient roulé jusqu'à mes pieds dès que je remis ce matin les pieds dans Saigon après une poignée d'années durant laquelle je la tins sans raison particulière entre parenthèses.

V 3

La fête du Têt que je m'apprête à passer comme dans le temps dans la famille, dans la joie, les rires, la tendresse et l'abondance de plats mitonnés maison a généré une foule de souvenirs plus lumineux les uns que les autres, lesquels entrelacés font un un joli ruban qu'il me plaît de défaire exactement deux petits jours avant les retrouvailles.

V 5

Plutôt que de rendre compte dans ces pages du bond vertigineux qu'a opéré le Vietnam durant ce laps de temps, de la métamorphose de Saigon et des derniers restaurants tendance de la capitale, il s'agira au contraire d'ouvrir grand son cœur et de tenir le journal de bord des réjouissances culinaires qui fleurissent en cette période et de la vie quotidienne dans une maison des faubourgs de la capitale à l'approche du nouvel an avec toute l'excitation, l'émotion et les préparatifs que cela implique.

V 6

Quelques images, donc, jetées en guise de préambule.

V 1-copie-1

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 19:00

(AB 7)

Une vraie journée détox qui après un jus de pomme/gingembre/miel avalé au Blue Pumpkin en guise de petit déjeuner se poursuit dans la rue avec des personnes brûlant des objets votifs en papier ou comme ici des papiers-monnaies (des répliques de dollars) destinées au génie tutélaire de la maison, exactement le type de scène que je m'attends à retrouver dès demain au Vietnam à l'occasion du Têt, le nouvel an vietnamien.

(AB 10)-copie-2

La ville toujours investie d'hommes et de femmes vêtus de blanc, arborant le ruban de deuil à l'effigie de celui qu'on appelait ''monsieur papa''ou encore le ''roi dieu'', reste plongée dans un silence tel que chose improbable en temps normal, on peut entendre aux alentours du palais royal les oiseaux changer. De mémoire d'homme à Phnom Penh on n'a jamais connu ça.

AB 8

A une dizaine de minutes de marche du palais, rue 240, la séance détox se poursuit (histoire de se remettre d'une première prise forcément involontaire de glutamate qui rappelle les pires souvenirs de Malaisie et des Philippines) chez Naturae, le café restaurant 100% bio attenant à l’excellent boutique hôtel The 240. L'une des rares adresses encore ouverte en cette période de deuil national.

AB 11-copie-1

Petite carte bien pensée autour de soupes, pâtes, sandwichs et salades dans une forme épatante comme en témoignent les photos.

AB 12

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On notera les shot de spiruline mais également l'initiative maison originale et pas nécessairement partagée par tous de servir une carafe d'eau fraîche infusée au... persil, carotte, basilic, citron vert... et j'en passe. La drôle d'idée, limite imbuvable.

(AB 9)

 

 

Naturae

Rue 240, numéro 83

www.asiabio.asia

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 15:23

(AB 1)

On se pincerait presque pour le croire. Les rues de Phnom Penh vides de ses habitants et de ses véhicules, ses larges avenues où rien ne s'engouffre qu'un peu de poussière et un vent brûlant pareil à celui du désert (le mercure s'affole et franchit la barre des 35 degrés). Ce n'est pas la scène surréaliste d'un mauvais rêve ni un scénario catastrophe, le énième tournage d'un film sur l’évacuation de force de la capitale et de ses quasi deux millions d'habitants, ce jour funeste du 17 avril 1975 où Phnom Penh tomba dans les mains des Khmer rouges et se mua en ville fantôme pendant exactement 3 ans, 8 mois et 20 jours.

(AB 2)

Tout s’explique. Hier matin a débuté la seconde période de deuil de 7 jours, soit le tout premier des funérailles qui coïncide avec la crémation du roi Sihanouk décédé le 15 octobre à Pékin.

(AB 3)

Visible sur tous les écrans de télévision du pays, également à l'aéroport de Siem Reap où j'ai pu suivre en direct une petite partie des cérémonies, la procession funèbre aura vu en matinée se déverser dans le centre de Phnom Penh entièrement bouclé à la circulation, une véritable marée humaine qui a reflué comme un seul homme en début d'après midi après que la grande marche funéraire a accompagné la dépouille du roi du Cambodge du palais royal à l'esplanade du musée national où a été bâti pour la copieuse somme de 5 millions de dollars (source officielle du cabinet royal) le site de crémation qui accueille désormais les cendres royales.

AB 6

A mon arrivée, le centre était encore fermé à la circulation et la plupart de ses restaurants et commerces également, d'où cette ruée de certains expatriés les jours précédents vers les magasins d'alimentations et les produits de première nécessité, incités par plusieurs circulaires dont celle de l'ONU ayant mis en garde le personnel de ses agences du Cambodge contre de probables pénuries et les invitant par exemple à stocker un maximum d'eau minérale.

AB 4

On attendait 1 million de participants, ils étaient 1,5, voir 2 ont annoncé certains journaux qui ont manifestement perdu le sens des réalités. Après les festivités, dans la rue, au cœur même de ce silence assourdissant auquel jamais encore je n'ai goûté dans une capitale asiatique, c'était comme d'être seul au monde, rescapé parmi une poignée d'habitants.

(AB 5)

Le ruban verdâtre du Tonlé Sap, lui aussi était condamné au silence, sur lequel plus aucun bateau ne circulait. Quant à la promenade qui quelques heures encore auparavant devait être noire de monde, c'est à peine si on y croisait âme qui vive.

(AB 10)-copie-1

Le roi sera incinéré après demain, le 4 février. En attendant, la ville nous est grande offerte, servie sur un plateau. Au cours d'une ballade on ferait bien de s'arrêter déguster la meilleure crêpe vietnamienne (banh xeo) qu'il m'ait été donné de goûter de toute mon expérience (Vietnamienne y compris !).

AB 11

Oubliez les crêpes étouffe chrétien, malingres et luisantes de graisse du quartier chinois parisien et plus spécialement du surestimé Bambou, et admirez plutôt ce monument d'envergure époustouflante, ce paquebot croustillant à merveille avec sa pâte d'une légèreté désarmante, parfumée à ce je ne sais quoi qui la rend exceptionnelle. Du grand, du très grand art.

 

Magnolia

55 rue Pasteur, angle rue 242

www.magnolia.com.kh

 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 16:00

An 34

Comme toujours, c'est souvent au bout du monde et particulièrement en Asie qu'on trouve les plats occidentaux les plus aboutis. Siem Reap compte deux pizzerias (feu de bois, pâte ultra fine, produits locaux et bords carbonisés) qui n'ont rien à envier à leurs consœurs napolitaines. Question sandwich, on peut sans risque aller s'offrir un bon gros club végétarien au Angkor Bodhi Tree Riverside Cafe, situé face à la rivière à un jet de pierres du vieux marché.

An 30

Monté de toutes pièces par une bande d'anglo saxon fous du Cambodge, l'Angkor Bodhi a la bonne idée d'engager des étudiants qui jonglent ainsi entre les études et un premier emploi stable et bien rémunéré. Commerce équitable oblige, la joyeuse bande se fournit en café exclusivement auprès de la coopérative cambodgienne Three Corners.

An 33

Murs blancs, petit comptoir avec ses jarres de biscuits maisons, rock steady en fond sonore, aucune fenêtre pour une immersion totale avec la rue, c'est l'endroit idéal où tuer de belles heures et recueillir des informations susceptibles de nous faire sortir des sentiers battus.

An 35

Et comme le club sandwich maousse - dont il ne reste que le nom - revisité ici sans complexe est une vraie tuerie (pain de mie, tomates rôties, potiron grillé, salade, courgette, aubergine, poivre qui dépote de Kampot), on en fait rapidement notre QG.

 

Angkor Bodhi Tree Riverside Cafe

facebook.com/AngkorBodhiTreeRiversideCafe

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 03:54

(An 20)

Angkor sans les temples, ça donne de longues ballades dans les faubourgs, dans les marges de la ville, voir au delà où l'aventure attend au bout de la piste poudreuse comme du talc et rouge comme du sang. Angkor sans les temples c'est marcher droit devant soi, sans but, et se laisser cuir par le soleil.

A 21

Un dernier attroupement - un petit marché - et puis plus rien que l'horizon. Quand on revient à soi on découvre avec stupeur qu'on traverse l'un des tous derniers villages avant le lac.

A 22

Il est temps de sauter à l'arrière d'un moto taxi et de rouler mollement vers le centre jusqu'au Foreign Correspondent Club, une belle bâtisse moderne blanche et aérée donnant sur la rivière. Le fish and chips n'y est pas mémorable mais loin d'être mauvais et sa salade désarmante de fraîcheur est un pur délice.

A 24

En fin de journée, les abords de la rivière s'animent et comme la nuit tombe relativement tôt, les guirlandes de lumière ne tardent pas à se refléter dans l'eau vert bouteille. C'est un spectacle en soi de longer la promenade où des cambodgiens se livrent à des exercices d'assouplissements, des parties d’échec ou de volley ball qu'on pratique ici un peu partout, à croire que c'est là le sport national.

A 25

S'il s'avérait que le volley ball fut en effet le sport national cambodgien, son équivalent culinaire est sans conteste l'amok, ce fameux poisson cuit en papillote dans un curry de lait de coco dont je n'ai jamais été friand et dont on déguste d'honnêtes variétés à proximité du vieux marché de Siem Reap chez le bien nommé Amok ou pour une poignée de dollars le menu dégustation décliné autour de 5 petits amok (poisson, poulet, légumes etc...) offre un charmant échantillon de cette spécialité qu'on retrouve généralement massacrée sous nos latitudes.

A 26

 

Amok

Le Passage, old market

 

 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 03:35

An 1

Une idée qui me trottait dans la tête. Revoir Angkor. Moins ses temples que ses arbres parasites assassins et strangulateurs, ses fromagers et ficus strangulosa qui portent si bien leur nom, lesquels dévorent impitoyablement les bas reliefs et engloutissent avec leurs racines épaisses et voraces le site qui peine à repousser les assauts de la jungle.

An 2

C'était moins l'envie de caboter une nouvelle fois sur le lac du Tonlé Sap dont le régime d'écoulement de la rivière est unique au monde puisque selon la saison elle coule du lac vers le Mékong ou du Mékong vers le lac, que de se faire tout petit une nouvelle fois devant cette lutte (cette fusion?) à laquelle se livrent la pierre architecturée, source d'inspiration pour les religieux khmers, et la nature qui reprend ses droits et tisse patiemment sa toile à force de ramifications, d’enchevêtrement de lianes et de phénoménales racines tentaculaires qui prolifèrent à une vitesse foudroyante.

An 3

Ce spectacle de la nature à la fois splendide et sinistre m'a toujours fait penser à une étreinte de goule, à celle de la pieuvre dans l'imaginaire érotique japonais, associée à la fois au subconscient, aux créatures infernales et qui symbolise la toute puissance de la nature. Avec ses coulures qui jaillissent de toutes parts, cette lave vivante, organique qui colonise le moindre temple laissé à l'abandon (dont la grande majorité de ceux-ci, mangés par la jungle, restent ensevelis sous la forêt tropicale et invisibles à l’œil nu), le site d'Angkor possède une part non négligeable de monstruosité qui fait bon ménage avec sa réputation de merveille du monde qui est peut-être ce qui me la rend particulièrement attachante.

An 4

Avec le temps, le souvenir d'un tel spectacle avait fini par tourner à l'obsession. Avec sa végétation galopante, ses saillies de la nature sur la pierre, revoir Angkor c'est chaque fois remonter le temps, remettre ses pas dans ceux de l’explorateur et naturaliste Henri Mouhot qui le premier découvrit en 1860 ce ''Versailles des khmers'', alors envahi par la forêt, laquelle ''étreint avec passion les ruines à l'aide de ses millions de branches noueuses''.

An 5

Spectacle grandiose, déchirant que certains temples comme Ta Phrom sombrant dans le vert sombre de la jungle, que je préfère à celui par exemple d'Angkor Vat et Angkor Thom qui ont fait peau neuve et retrouvé un peu de leur splendeur d'antan mais ont perdu cette opacité, ce mystère, cette dimension à la fois fatale et sauvage, témoins d'une lutte violente et acharnée perdue d'avance contre la nature et le Temps.

An 6

Loin de ce bras de fer acharné et de cette lente agonie, dans les faubourgs de Siem Reap, en retrait du centre ville et de ses nuits électriques, le restaurant Cuisine Wat Damnak installé dans une belle demeure traditionnelle en bois ne garde pas trace de cette lutte intestine mais a emporté avec lui quelque chose de la splendeur khmer et de ces sites exceptionnels.

((An 7))

Plutôt que débiter de l'amok à tour de bras et d'autres classiques de tradition cambodgienne, le français Joannès Rivière a pris le parti de sonder les multiples influences ethniques d'une gastronomie qui reste cantonnée à une poignée de plats totémiques. Travaillant exclusivement des produits de saison, locaux, du marché ou provenant de coopératives quand ce n'est pas de son jardin (mangue, mangoustan sauvage, prune de Cythère, féronie de Java, feuilles de tromong), le jeune chef intrépide donne à goûter des produits rares tout comme certaines espèces de poissons et de coquillages pêchés dans le lac ou le Mékong au moyen d'une cuisine à la fois moderne, millimétrée et pleine de sentiments.

An 8

Deux menus fixes s'offrent à nous, lesquels sont renouvelés tous les mardi et représentent un rapport qualité/prix juste ahurissant car revenant respectivement à 19 et 26 $. Amuse bouche 4 plats pour le premier, 5 pour le second.

An 9

Ici, pas d’explosions anarchiques, aucun équivalent de ces coulures de lave, de cette jungle rampante, à vif. Au contraire, s'offre à nous une nature apaisée, domptée, en paix avec elle même.

An 10

Pour preuve, ces plats tous impeccables prélevés dans les deux menus tels le poisson ballon du lac et sa soupe vietnamienne ''sèche'' (en plus de son talent de cuisinier, Joannès Rivière ne manque pas d'humour); les langoustines du Mékong vapeur et vin de riz, relevées au poivre de Kurata, une épice cultivée dans le sud du Cambodge de manière biologique et récoltée à la main par un japonais qui peut s'enorgueillir de posséder le poivre à la plus grande densité au monde; l'aubergine grillée farcie de porc et crevettes et tofu; filet de sanday frit avec émulsion de curry et feuilles de basilic sacré, pot au feu avec son ahurissant bouillon au mille saveurs... jusqu'au dessert dont manque la photo, une exceptionnelle crème brûlée au riz noir gluant.

An 11

Cuisson des poissons exceptionnelle, produits juste ahurissants, maîtrise et savoir faire digne des plus grands, on rêve ou l'on vient de dénicher l'une des toutes meilleures adresses, sinon la meilleure de Siem Reap et de plus loin Angkor?

An 12

 

Cuisine Wat Damnak

www.cuisinewatdamnak.com

 

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 16:00

(Pa 1)

Un dimanche pluvieux comme celui-ci on peut s'enfermer la conscience tranquille dans le shopping mall de son choix, manger léger et se caler dans le fauteuil d'une salle de cinéma. Manger léger ne veut pas forcément dire manger sur le pouce, vite et mal. Au Siam Paragon, juste au dessus de la formidable librairie Kinokuniya a ouvert il y a peu la toute première enseigne en Thaïlande du Paradise Dynasty, décalque du célèbre restaurant singapourien réputé pour ses xiao long bao (ces petits raviolis shanghaiens cuits à la vapeur, contenant une farce très juteuse et une cuillère à café de bouillon), lesquels occupent une place de choix sur ce blog, ses la mian (les fameuses nouilles de blé servies en soupe étirées à la main) et sa soupe de côte de porc. Exactement ce qu'on appelle des plats signatures.

Pa 2

Avec ses xiao long bao multicolores aux multiples saveurs (nature, truffe noire, crabe, ginseng, ail/gingembre etc...) présentés dans leur panier de bambou, on pourrait craindre l'épate gogo, le pure produit marketing. Heureusement, c'est tout le contraire et on retrouve dans ces raviolis aux allures de petits bourses, cette légèreté quasi aérienne coutumière des plus grands, cette farce savoureuse bien équilibrée et cette déflagration produite en bouche lorsque se libère le bouillon.

Pa 3

La tradition veut qu'on dépose avec les baguettes un ravioli dans sa cuillère et qu'on l'entame de manière à ce que s'écoule le divin bouillon qu'il est ainsi possible de savourer séparément. Pour ma part, quitte à me brûler la langue, je ne résiste jamais à l'enfouir tel quel dans ma bouche non sans l'avoir au préalable coiffé de lamelles de gingembre frais et trempé dans du vinaigre.

(Pa 4)

Dans un autre genre, les dumplings pimentés arrosés de sauce soja sont à tomber à la renverse. Robustes comme il se doit mais d'une légèreté et d'un raffinement phénoménaux.

Pa 5

Bien entendu, pour peu qu'un dessert tel que les tan yuan (pâte de riz gluant fourrée au sésame) figurent à la carte, je saute dessus. Surprise de taille: au lieu qu'elles s'ébrouent dans de l'eau chaude, elles nagent dans un jus de gingembre chaud délicieusement poivré. Un monument.

 

Paradise Dynasty

Siam Paragon, 4ème étage

www.paradisedynasty.co.th

 

 

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 16:00

(Book 1)

Le dimanche matin ce pourrait devenir un rituel, à la Neilson Hays Library, musarder dans les rayonnages de livres en langue anglaise, feuilleter la presse anglo saxonne et petit déjeuner dans la galerie café attenant d' une pâtisserie, pourquoi pas une mini tarte au citron, laquelle vaut vraiment le détour, et d'un thé bien corsé. 

Le dimanche matin, justement, le petit jardin garni de frangipaniers ne manque pas d'enfants thaïlandais qu'on retrouve une fois déchaussés dans cette petite section de la bibliothèque qui leur est allouée, où on lieu des lectures et des ateliers qui est encore la meilleure façon pour eux d'apprendre la langue de Shakespeare.

Bien plus âgée est la bibliothèque (90 ans) dont l'histoire est digne de celle du Taj Mahal, avec son lot d'amour, de deuil et de chagrin. D'ailleurs, cette bibliothèque n'est-elle pas surnommée à juste titre par certains Bangkokiens la bibliothèque de l'amour?

Book 3

L'amour en question était celui qui unissait dans la dernière moitié du 19 ème siècle le docteur Thomas Heyward Hays, un physicien de grande renommée et une jeune missionnaire, Jennie Neilson. L'une des grandes passions de Jenny était la Ladie's Library Association, un organisme de bienfaisance dont elle resta membre une une vingtaine d'années, laquelle s'employait à recueillir des fonds dans l'idée d'ouvrir une bibliothèque pour expatriés anglophone dont le nombre ne cessait alors de croître, les livres étant jusque là stockés dans une résidence privée. Hélas, emportée par le choléra en 1920, Jennie ne vit jamais son rêve se réaliser.

Book 2

Inconsolable, le docteur Hays soucieux d'honorer la mémoire de sa bien aimée engagea un architecte italien (Mario Tamagno, auquel on doit notamment la gare de Hua Lamphong et le mythique Oriental Hotel) et fit bâtir sur Surawong road ce bel édifice surmonté d'une rotonde au sommet de laquelle il fit graver des inscriptions dédiées à Jennie. Si on appelle ça l'amour fou.

((Book 4))

Une fois franchi dans sa totalité un soi et débouché quelques centaines de mètres plus tard sur Silom qu'on remonte vers Sala Daeng, on arrive sur Convent Road qui a la particularité d'abriter de nombreuses et excellentes cantines (Somtam Convent en est une), des éventaires et cuisines roulantes qui tiennent largement le cap, ainsi qu'un quartier populaire où survit encore un peu de l'âme du Bangkok d'antan. Non loin de là, à proximité de l'ultra bruyante North Sathon Road se trouve un havre de paix très apprécié des bangkokiens et relativement méconnu des touristes, qui abrite à la fois un restaurant composé de trois salles bien distinctes, une école de cuisine, un centre de soins et un petit potager fourmillant d'herbes rares.

Book 5

Temple de la cuisine traditionnelle, déjeuner ou dîner chez Naj est une expérience inoubliable. Pour une première visite je recommande vivement de partager l'impeccable plateau de petites entrées (Toong Tong, Krathong Tong, Mee Krob (!), poulet au saté et Por Pear Thod) que l'on peut s'amuser à combiner avec du poulet aux herbes cuit à l'étouffé dans une feuille de bananier, une spécialité qu'on trouve fréquemment dans la rue mais qui reste incomparable avec les produits et le tour de main et la petite touche de Naj, d'un raffinement exquis.

Book 6

Book 7

Les gambas à la sauce de tamarin auxquelles hélas la photo ne rend pas justice restera comme l'une de mes expériences à Bangkok les plus mémorables, sinon la plus mémorable. Autant dire que rien ne m'avait préparé à cela.

Book 8

Trois gambas décortiquées recouvertes d'une montagne d'épices, d'herbes, d’échalotes, d'oignons frits et j'en passe, sur laquelle vient se coucher une sauce tamarin qui voit convoler en noces endiablées le salé et le sucré. L'expérience est purement orgiaque et ne risque pas d'être oubliée de sitôt.

 

The Neilson Hays Library

195 Surawong Rd

www.neilsonhayslibrary.com

 

Naj

42 Convent Road

www.najcuisine.com

 

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