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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 10:35

(Shang 1)

Ambassadeur cantonnais sis au deuxième sous-sol de l'écrin second empire du Shangri La Hotel, le Shang Palace est à l'image de cette mondialisation effrénée qui décalque autant qu'elle reproduit, multiplie autant qu'elle essaime. Ce pourrait être Sao Paulo, Manille ou Abou Dhabi et c'est Paris mais au fond peu importe, l'une des caractéristiques d'un restaurant de palace étant justement de vider la ville même de sa substance, d'aspirer jusqu'à son dernier lampadaire, son dernier banc de trottoir.

Aussi, s'enfoncer dans la moquette épaisse du Shang Palace, longer un paravent acajou, flatter une colonne sculptée de nénuphars, se pourlécher devant une boiserie laquée comme rêvasser sous un lustre à facettes de cristal, c'est faire l’expérience cent fois répétée à l'étranger d'un luxe feutré, d'un faste doré et ronflant au charme annoncé, à la cuisine inévitablement haut de gamme, raffinée mais restant comme par un fait exprès au seuil du mémorable, de l’inestimable qui est peut être la chasse gardée de la rue, de ses adresses tapies à l'ombre des restaurants de chaîne planétaire fussent-ils hébergés dans les hôtels les plus prestigieux.

Une fois écroulé dans un fauteuil, on s'étonne à peine des prix himalayesques giflant chaque intitulé. On connaît la règle du jeu. On ne hoche pas la tête d'indignation ni ne tente une exfiltration en douce deux étages au dessus sous la coupole en verre et le chandelier Murano de La Bauhinia dont les prestations sont sensiblement plus clémentes.

On ne mégote pas, on y va franchement et on s'engouffre fleur au fusil dans le menu Jade (70 €) s'ouvrant sur un choix de deux variétés de dim sum auquel on ajoute un troisième à la carte.

Shang 2

Irréprochable ha kao. Sa membrane ni trop fine ni trop épaisse, ses crevettes qui explosent littéralement en bouche, sans oublier ses petits légumes craquant.

Shang 3

Non moins admirable siu mai (crevette et porc) coiffé d'œufs de poissons volants dont la texture me déconcerte chaque fois mais dont j'apprécie la rugosité, le caractère entier.

Shang 4

Sur les excellentes recommandations du serveur on dit banco pour la crêpe de riz rouge farcie aux crevettes qui est une révélation, amour de contraste entre l'extérieur et l'intérieur, le moelleux de l'enveloppe et le craquant de la crevette. Le tout arrosé d'un oolong millésimé, l'aventure ne pouvait mieux commencer.

Shang 5

Moins percutante mais dépaysante et plutôt amusante avec sa texture épaisse, limite élastique, la soupe de tofu et blanc d'oeuf. Très bourrative, on n'en prélève que deux ou trois cuillerées.

Shang 6

On passe à la vitesse supérieure avec le filet de cabillaud poêlé. Servi tel quel avec quelques oignons cébettes. Portions généreuses, blanc nacré de la chair, un régal à tremper dans la sauce soja chaude

Shang 7

Moins convaincant, le vapeur de poulet aux champignons noirs. Un peu fourre tout, manquant de panache mais néanmoins sympathique à picorer entre deux bouchées de ce délicieux et très haut de gamme riz sauté aux coquilles Saint-Jacques. Riz exceptionnel ni trop gras ni trop sec, Saint Jacques cuites à cœur. Un délice.

Shang 8

Deux desserts renversant. L’impeccable tan yuan (pâte de riz gluant fourrée au sésame) sur lequel je ne ferai pour rien au monde l'impasse.

Shang 9

En face, les extraordinaires boules moelleuses de farine de blé dont la forme rappelle les mochi japonaises, fourrées d'une crème montée légère ainsi que de dés de mangue et de melon. Jouissif.

Shang 10

Certes, le ticket d'entrée n'est pas donné mais l'étoilé Shang Palace mérite plus qu'une seule visite. Il faut y retourner approfondir la cuisine de Frank Xu, partager un canard laqué proposé en deux services, articuler son déjeuner autour des dim sum, goûter à l'une des innombrables spécialités cantonaises dont les prodiges semblent inépuisables.

 

Shang Palace

Shangri-La Hotel

10 avenue d'Iéna

75016 Paris

01 53 67 19 92

www.shangri-la.com

 

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commentaires

D
J'ai moi aussi beaucoup aimé.
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A
Woaw.... quel bel endroit :D

Toutes ces nourritures m'ont donné faim :)
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A
Sympathique article !
J'y suis allé comme toi pour tester, ok c'est pas mal mais les prix sont exorbitants. On trouve 2 fois meilleur à Hong Kong pour 20 fois moins cher en gros.
C'est une bonne chose qu'il existe au moins un restaurant cantonais valable à Paris mais vu les prix ça ne vaut vraiment pas le coup.
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F


En effet, les tarifs sont ahurissants mais ce n'est pas tous les jours qu'on mange des dim sum corrects à Paris. En Chine, j'ai mangé de bien meilleurs dim sum dans les faubourgs
des grandes villes.


Sinon, il parait que Chez Vong - dans le 1er - vaut le coup.



R
J'ai adoré ce restaurant hors du temps !
J'ai hâte d'y retourner pour le fried rice ...
je n'avais pas pris le même dessert que toi,
mais j'espère me rattraper la prochaine fois.

Concernant les prix, ils sont plus justes que d'autres,
pratiqués dans certains bistros-mode du moment, par exemple ...
Ce n'est pas donné, mais c'est justifié en tout.
Répondre
F


Oui, ça vaut vraiment le coup de creuser la carte. Plein de bonnes choses n'attendent que nous !



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