750 grammes
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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 08:40

La rue Rozenwald dans le 15è, c'est un peu le bout du monde. Pour autant, Le Grand Pan ne désemplit pas. Et pour cause, en l'espace de trois ans, ce bistrot malin qui pioche intelligemment dans le terroir est passé du statut de jeune espoir à celui de valeur sure. C'est donc l'estomac sen bandoulière qu'un soir de printemps nous décidons de chausser de solides souliers pour nous enfoncer d'une bonne foulée dans le morne 15è arrondissement ou une fois franchie la rue de la Convention, on se sent un peu l'âme d'un aventurier. Chemin faisant, l'idée de frapper fort (la côte de veau de Mauléon pour deux à 48 euros) a pour effet de hâter notre pas au point que nous arrivons essoufflés et nous laissons tomber sur nos chaises comme deux sacs de riz.

Pan-1.JPG

Sans surprise, les deux salles sont pleines à craquer, d'habitués, de gens du quartier. L'ambiance est conviviale et bon enfant. On parle rugby avec l'accent, on trinque avec le sourire et Charles Bietry, ex monsieur foot de Canal + sèche sur sa commande.

Certes, l'ardoise est alléchante (jambon Ibaiona, dos de cabillaud à la plancha, agneau de lait des Pyrénées), les plats au tableau également, parmi lesquels la côte de bœuf, mais nous restons fidèles à notre idée de départ.

Histoire de s'affuter les canines, nous ouvrons les hostilités avec l'assiette de charcuterie Louis Ospital, une valeur sûre. Après un temps relativement long, voir excessivement long est dressée sur notre table la côte de veau avec ses frites au couteau et son mesclun de chez Annie Bertin. Hélas, nous devons à nouveau ronger notre frein le temps que la côte piteusement cuite (un vrai travail de manchot) refasse un aller retour sur le grill. Pendant ce temps qui nous paraît interminable, les frites refroidissent (qui ne seront pas remplacées) et nous nous sentons désemparés, otages de notre propre désir.

Pan-2.JPG

Cette contrariété ayant entamé notre bonne humeur mais pas notre appétit, nous nous lançons à l'assaut de la bête, le regard vorace, comme un fauve sur sa proie. Certes, la viande est tendre, voir fondante mais loin d'être convaincante parce que taiseuse, pas assez présente. Lui manque ce côté braisé, canaille qui aurait alors fonctionné avec la sauce légère aux échalotes, dispensable, ou alors à servir à part. Les frittes «au couteau», belles à voir, impressionnantes par leur masse, sont à l'image de la viande, en recherche de saveur, sans relief. En musique, on évoquerait un son blanc.

Pan-3.JPG

Ironie du sort, celle qui s'en sort le mieux est la salade, qu'on avait presque oubliée, vive, aérienne, bien dans ses baskets.

Au final, 48 euros pour une côte de veau pâlichonne à se partager, on se dit que c'est cher, voir très cher payé. Restent nos yeux pour pleurer.


 

Le Grand Pan

20 rue Rosenwald

75015 Paris

Tel: 01 42 50 02 50

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