750 grammes
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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 09:05

Mal 1

Malacca ne valant pas un clou (classée en 2008 au Patrimoine mondial de l'Unesco, parle-t-on de la même ville?), on se console amplement avec sa cuisine baba nyonya, produit du métissage sino malais. Spécialités de la région, l'otak otak - une mousse de poisson mixée avec des œufs, du curry, de la citronnelle, des épices et cuite dans une feuille de bananier; le kerabumango, mélange improbable de crevettes séchées à la mangue roulées dans du piment; et bien entendu les différents sortes de laksa, ces soupes de nouilles épaisses comme par exemple ce laksa curry avec son bouillon à base de curry, ses boulettes de poisson, sa myriade d'épices - combien au juste, impossible de la savoir et c'est tout le propos du laksa, terme venant du sanskrit qui signifie «beaucoup».

(Mal 2)

De temps, il n'en faut pas beaucoup - l'ancienne ville carrefour des routes maritimes tenant dans un mouchoir de poche - pour gagner à pied la Villa Sentosa, authentique villa malaise posée comme une fleur au bord de la rivière Malacca.

Mal 3

Dans cette maison en bois sur pilotis peinte en vert pastel, un frère et une sœur - héritiers d'une famille de notables de Malacca dont le grand père fut décoré par le roi George V - veillent sur un véritable trésor puisque la demeure abrite pèle mêle des tasses de Chine des miroirs italiens, un gong malais vieux de 200 ans, une caméra, des projecteurs des années 30, des kriss mais encore une garde robe quasi centenaire. On croirait une brocante et ce n'en est pas une, les héritiers y habitant et occupant une pièce attenante aussi sombre et disgracieuse que la villa est lumineuse et chaleureuse.

Mal 4

On retournera dans le centre de Malacca en empruntant une nouvelle fois cette rivière à l'eau fangeuse pareille à celle des canaux qui traversent les grandes villes japonaises. Sauf qu'ici, les quais longeant ces canaux le long desquels se succédaient autrefois les comptoirs marchands sont purement et simplement hideux. Soit un long ruban de murs flanqués de fresques murales cartoonesques comiques à force d'incongruité qui coure le long d'artères grisâtres, d'immeubles bas et laids et de rares cafés pour touristes.

Mal 5

Autant dire qu'on se passe volontiers de grimper dans l'une de ces petites embarcations semblables à celles de la Rivière Enchantée du Jardin d'acclimatation, qui remontent la rivière et nous fait pénétrer dans l'arrière cour du quartier chinois de pacotille qui rappelle un décor de film d'arts martiaux chinois (celui des Olympiades à Paris est paradoxalement autrement plus vivant et «authentique»).

Mal 6

On préférera de loin flâner dans cette ville malaise dont «l'héritage architectural est le mieux conservé» (la bonne blague), s'arrêter devant les devantures d'artisans, les jolies façades où l'on retrouve enfin ces couleurs dont la ville semble privée.

Mal 7

Le contraire des rues touristiques du vieux Malacca avec ses façades clinquantes de décor de cinéma (encore), restaurées pour flatter les sens mais épargner le cœur, abritant des galeries, des boutiques, des hôtels, des spas... L'autre face du cauchemar.

Mal 8

 

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