750 grammes
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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 13:02

Je me sentais mieux que la veille mais j'avais toujours de la température. Voulant nettoyer mon corps moite de transpiration, je réussis tant bien que mal à quitter mon lit. Le plafond tanguait. Mes bras et mes jambes étaient bizarrement légers et cotonneux, et je n'arrivais pas bien à garder l'équilibre. Mais ce n'était pas vraiment désagréable: la gourmandise plutôt qu'une faim de loup me commandait de sortir et de pousser la porte de ce restaurant japonais auquel je pensais sans relâche entre mes périodes de sommeil. Quitter l'appartement me ferait le plus grand bien et achèverait de me remettre sur pied, j'en étais certain. Je suis arrivé jusqu'à la salle de bain en me cognant à toutes sortes de choses, coussins, poubelle, coin du lavabo, et j'ai pris une douche.

Ensuite, j'ai avalé péniblement deux tranches de pain qui avaient perdu toute leur fraicheur. Dehors, le temps était triste et froid. Il y avait longtemps que je n'avais pas entendu le bruit de la pluie. Je ne cessais d'entendre un léger bruit, comme de petites bulles qui éclatent. Je me demandais avec étonnement comment j'avais pu dormir autant. J'avais l'impression de flotter sur une mer à la limite du sommeil et de l'éveil. Je ne me souviens pas vraiment de mon trajet, si j'ai pris le métro ou un taxi.

Kiyo 1

C'est comme si j'avais été aspiré pour être recraché devant la porte de Kiyomizu qui occupe depuis l'été dernier l'espace du mythique Kinugawa 2. Le décor n'avait pas subit de transformations flagrantes. L'esprit traditionnel raffiné avait été préservé. Les teintes caramélisées, l'intérieur sobre de bois clair ainsi que d'élégantes dalles de pierre rassuraient, faisaient de ce lieu un territoire hospitalier, soigneux, doux et libre.

Kiyo 2

J'entamais le menu dégustation à 40 euros en accordant toute mon attention aux arômes de chaque ingrédient, à leur texture. Je pris tout mon temps pour les apprécier. Je laissais ce thon cru le plus succulent, le plus fondant qu'il me fut jamais offert de goûter, faire le tour de mon corps, ainsi que ce poisson que j'ignorais jusqu'alors, - la sériole – qui chacun à sa manière faisait le tour de mon corps jusqu'à imprégner le fond de mes oreilles. Par moments, je fermais les yeux pour me concentrer. Le boeuf, les tempura, le saumon, le parcours était fléché mais sans embuche, une manière de voie royale.

Kiyo 3

Kiyo-4-bis.JPG

Parvenu au dessert (raviole de tapioca à la fraise, poudre de soja grillé, caramel de cassonade), j'avais l'impression d'être engourdi. Mais cette fatigue ne m'était pas désagréable. Plongé dans cet engourdissement jusqu'à en être totalement submergé, je me sentais même très bien. Si bien que je crois avoir marché longtemps, très longtemps dans la ville grise.

Kiyo 5
 

Kiyomizu

4 rue Saint Philippe du Roule

75008 Paris

Tel: 01 45 63 08 07

www.kiyomizu.fr

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