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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 15:00

Man 1

Une fée sera passée par là. On raconte que dans les années 90 les habitants du quartier et dans une moindre mesure les passants, prêtaient à peine attention - pour peu qu'ils l'aient seulement remarqué - à ce splendide ensemble de maisons bâties dans les années 1880 par Cheong Fatt Tze, l'un des tous derniers mandarins, célèbre notamment pour avoir été l'un des tous premiers capitalistes.

Man 2

Et pour cause: de cette maison de 38 pièces et 220 fenêtres, organisée autour de 5 cours en granit et érigée dans le plus pur respect des principes du Feng Shui, mais surtout reconnaissable entre toutes à ses façades bleu indigo, ne restait que ruines et désolation, de la poussière du sol au plafond (on raconte que les faïences au sol acheminées depuis l'Europe et assemblées sur place étaient invisibles car recouvertes sur plusieurs centimètres d'une épaisseur ahurissante de crasse), la toiture ayant pris l'au, éventrée, voir effondré par endroits. Le temps de l'opulence, les riches heures du Rockfeller chinois semblaient bien loin et désormais les seuls habitants de la «Maison Bleue» (un bleu qui avait bien entendu fini par disparaître au profit d'un gris sale) étaient des dizaines d’indigents, des familles entières de squatteurs précédés d'une armée de rats qui achevaient ce que l’œuvre du temps avaient commencé.

Man 3

Il fallu attendre le tournant des années 90 pour que la maison renaisse de ses cendres à la faveur d'un vaste projet de réhabilitation extrêmement fidèle aux techniques d'antan et dans la mesure du possible aux matériaux d'époque. Les efforts finirent par payer et en 2000 l'Unesco récompensa d'un prix cette rénovation miraculeuse. Puis dans la foulée, la maison se vit accéder à la deuxième place du classement plutôt discutables des plus belles maisons de la planète, lequel classement a juste omis la maison en teck de Jim Thompson à Bangkok, ce qui en dit long sur sa légitimité.

Man 4

Les photos étant interdites à l'intérieur, on ne se privera pas de faire quelques images de la façade sous un soleil et une chaleur qui doivent donner une certaine idée de l'enfer, surtout lorsqu'est jointe à celle-ci une faim galopante.

(Man 5)

C'est justement en cherchant un petit endroit où déjeuner que je passe devant un vieux cinéma dont, fidèle à mon habitude, je me fais ouvrir les portes afin de me promener dans ses allées désertes et sombres. Le gardien de l'Odéon n'est pas avare en informations.

Man 6

Aussi, apprend-on que ce cinéma bâti dans les années 20 est tout simplement le dernier encore en activité sur l'île (les multiplex ayant achevé les rares salles indépendantes), que le projectionniste est allemand et surtout que les navets de Bollywood y sont diffusé à une vitesse de 35 images/seconde, petite astuce qui vu la longueur des films indiens permet de gratter une séance par jour.

Man 7

Moi, tout cela me met en joie et c'est donc de (très) bon appétit que je m'installe dans une gargote pour m'y régaler d'une omelette aux moules (infiniment moins gras qu'aux huîtres) et d'une soupe aux crevettes au bouillon très parfumé et un brin enivrant.

Man 10

Man 11

Mon cinéma à moi, en quelques sortes.

Man 9 

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