750 grammes
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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 17:00

Cam 3

Les Cameron Highlands sont bien décevantes, avec cette montagne mangée par les petites villes hideuses dégorgeant d'hôtels, de restaurants indiens; scalpée par les serres de fraises

produites hors sol dans des conditions indignes et annoncées des kilomètres à l'avance par des fraises géantes ayant pour la plupart perdues leur rouge originel quand parfois elles ne clignotent pas. On pensait trouver la montagne et on tombe en pleine kermesse avec ses processions de voitures, de motards en groupe pollinisant la moindre route et cette restauration jetable, médiocre à chaque coin de rue sur laquelle tout le monde se rue et vient s'étouffer dans la joie et la bonne humeur.

Cam 4

Pour tout dire, on ne la voit qu'à peine, la montagne. On la devine plus qu'on ne la perçoit. Des trous béants? Oui. Partout où il y a des arbres il y a la main cupide de l'homme qui gratte la terre, fait exploser des secteurs entiers à la dynamite, éventre la terre autant qu'il peut et tout ça pour construire encore plus d'hôtels, de parking, de salons de massage et de restaurants bon marché. La montagne doit faire peur, elle impressionne; alors on la supprime, on l'assassine.

(Cam 5)

Nous sommes des milliers à être là et seule une poignée d'entre nous doit bien se demander en réalité pourquoi. Si on ne s'attendait à retrouver que très modérément un peu de cet héritage architectural colonial anglais (quelques cottages disséminés ci et là) et de cette ambiance typique des stations d'altitude d'autrefois, rien ne laissait présager cette atmosphère de parc d'attraction à la chinoise – culture et nature au pays du Milieu rimant souvent avec consommation et restauration, ou l'art d'enlaidir des endroits somptueux, comme les petites montagnes saintes à l’extérieur de Xian, un gâchis sans précédent.

Autour de la petite ville de Tanah Rata, c'est donc une exécution en règle qu'à subi la région, un vrai massacre dont il n'y a aucun espoir qu'elle se remette un jour.

Cam 6

On pense se consoler en se promenant dans les plantations de thé qui sont après tout la raison de notre visite mais hormis quelques rares paysages encore préservés des dents des bulldozers, c'est la catastrophe tant sur les domaines que dans les usines. Plantations mal entretenues, mécanisation de la récolte, fertilisants bombardés depuis des petits avions, usage systématique de la Rotorvane, une roulleuse qui n'est pas tendre avec les feuilles. En réalité, on n'est attendri qu'en deux occasions, la première en visitant une «nursery», soit une parcelle où sont plantés les boutures de théiers, lesquelles une fois atteint 46 cm de hauteur sont mises en terre dans la plantation pour une première récolte deux années plus tard.

Cam 1

La seconde, sur les hauteurs du Bala's Holiday Chalet, à l'heure du tea time, dégustant des scones tartinés de crème et de confiture de fraises. On se console comme on peut.

Cam 2

 

 

 

 

 

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