750 grammes
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 08:00


 

C'est à la Coopérativa Latte Cisternino de la rue Geoffroy-Saint Hillaire que j'ai fait l'acquisition de ma toute première burrata, la fameuse, qui est un peu à la mozzarella ce qu'est le San Daniele pour tout amateurs de jambon cru qui se respecte. Soit un fromage de lait de vache ultra frais, fabriqué dans l'extrême sud de la péninsule, variante enrichie de la mozza dont au centre est nichée de la crème fraiche et qui doit impérativement être consommé dans les cinq jours puisqu'il n'a subi aucune maturation (vaine précaution qui ne s'applique pas à des gourmands comme vous et moi !)
Autant le dire tout de suite, la burrata ne court pas les rues. Curieusement absente de la carte de la plupart des restaurants italiens, y compris des plus renommés, c'est à la Crémerie, rue des Quatre Vents que j'en ai fait la découverte, sans pour autant y goûter car celle-ci avait un prix, et quel prix.... 24 euros. La bonne blague. Et le patron voyant mon malaise d'ajouter pour me rassurer: «Je la sers habituellement pour deux personnes.»
Pas vraiment convaincu par le montant extravagant proposé par la Crémerie, et de plus en plus alléché par la burrata, laquelle n'en finit plus de se faire désirer, je décide de jeter un œil sur internet ou j'apprends, à ma grande surprise qu'une coopérative italienne disséminée un peu partout dans Paris, la bien nommée Coopérativa Latte Cisternino, fournit la Crémerie...
Ni une, ni deux, je fonce à la Coopérative la plus proche de chez moi bien décidé à me procurer ce morceau de paradis, ce Graal qui a bouleversé l'existence de plus d'un internaute.
Hormis quelques posters et cartes postales punaisés au mur qui donnent un peu de chaleur à l' espace, la Coopérative est d'une grande austérité en comparaison des traiteurs italiens dont nous sommes coutumiers.


Les tarifs pratiqués (et c'est la première bonne surprise) tendent également à une certaine austérité (juqu'à deux fois moins cher qu'ailleurs). Ici (et c'est la deuxième bonne surprise), pas d'éventail d'antipasti livrés en boites et monopolisant la vitrine réfrigérée, pas de plat cuisinés, mais un choix minimaliste de pâtes fraiches, des pâtes dures, cinq variétés de mozzarella de la bufflone à la tresse en passant par la fior di latte, de la charcuterie, du beurre, des fromages, de la purée de tomates cerise et j'en passe, le tout à un prix ultra raisonnable défiant toute concurrence enfin, détail qui a son importance, servi par un italien adorable et toujours prêt à pousser la chansonnette.
Vous l'aurez compris, nous ne sommes pas ici chez un quelconque traiteur italien mais bien dans une véritable latteria travaillant avec des petites fermes.
Et notre burrata, alors? Troisième et dernière bonne nouvelle, elle est là, elle baigne dans l'eau, non pas vêtue de sa célèbre feuille de jonc, mais à poile dans son emballage. Son coût? 5 euros les 400 grammes, loin, très loin des 24 euros de la Crémerie... Au passage, j'apprendrais qu'elle est produite dans une ferme à proximité de Corato et que son arrivage a lieu le jeudi...
Une fois rapportée à la maison, j'ai bien une petite idée sur comment la déguster... C'est tout naturellement que je la dépose au fond d'un plat creux, histoire que la beauté s'aère, se détende (au propre comme au figuré) et s'affaisse légèrement, libérant déjà un peu de son nectar lacté...
Vous l'aurez compris, la burrata est un produit charnel sinon érotique. On ne le pique pas avec une fourchette mais on le pénètre délicatement avec une cuillère, on pousse dans la chaire pour y progresser avec émotion et atteindre le cœur, cette poche crémeuse qui libère son trésor à flots contenus...


On peut la consommer sucrée, avec par exemple une confiture d'agrume, on peut l'apprécier sur une tranche de pain ou arrosée d'huile d'olive, pour ma part, je l'accompagne d'une petite de salade de roquettes saupoudrée de parmesan et de courgettes grillées. Je prends bien soin auparavant de la gratifier d'un trait généreux d'huile d'olive et de d'un tour de moulin à poivre et c'est quoi tout cela sinon un moment de grâce, de bonheur intense?

 


Coopérativa Latte Cisternino
1- 46 rue du Faubourg Poissonnière, 75010 Paris
Tél : 01 47 70 30 36
Métro Bonne Nouvelle
2- 108 rue Saint Maur, 75011 Paris
Tél : 01 43 38 54 54
Métro Parmentier
3- 17 rue Geoffroy-St Hilaire, 75005 Paris
Métro Censier-Daubenton
4- 37 rue Godot de Mauroy, 75009 Paris 

Métro Havre-Caumartin 
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 13h30 et de 16h30 à 20h.
Fermé le dimanche et lundi

 

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commentaires

H
bs je suis une femme cuisiniere marocaine j'aime bien faire votre connaissance merci
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E
<br /> J'ai découvert la burrata, dans la même coopérative (celle qui est située vers Havre Caumartin). Et, cela a été une vraie découverte. Elle était fondante à souhait, avec un peu d'huile d'olive, de<br /> vinaigre balsamique ou du sel.<br /> J'en ai racheté pour la faire goûter à des invités, et ils ont été également conquis ^^<br /> <br /> <br />
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C
<br /> amusant, j'en ai mangé il y a moins d'une semaine : http://chrisoscope.com/2009/10/22/via-con-me-un-petit-italien-qui-fait-du-bien/<br /> <br /> <br />
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