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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 13:10

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C’est peut-être d’habiter à proximité du passage d’Enfer qui m’amuse quelquefois de traverser la Seine pour avoir cette impression de faire pénitence rue du Paradis. Au hasard d’une flânerie je peux tomber sur une adresse sympathique sans être affolante, une cantine bio, par exemple, vieille de quelques jours et au nom encore provisoire (baptisé depuis Nanashi, ce qui signifie sans nom en japonais), d’où le laconique 31, rue Paradis. On procède de la sorte dans certain pays nordique ou il peut légalement se passer plusieurs mois avant que les parents ne soient sommés de trouver un prénom à leur progéniture. J’ai bien connu un homme incapable de donner un nom à son chat, repoussant chaque proposition que son entourage pouvait lui soumettre et finissant par appeler sa bête « le chien», ce qui ne manquait pas d’intriguer ses amis puis de déclencher une salve de rires chaque fois que la bestiole interpelée débouchait du couloir, de derrière un canapé (l‘humour était une seconde nature chez cet ami).

Entretemps, certains de mes hasards étant réfléchis, voir minutieusement orchestrés, il ne me fut pas nécessaire de questionner un serveur sur l’identité du chef - la chef en l’occurrence - car l’intéressée répondait au doux nom de Kaori Endo, un nom bien concret celui là, solide comme une «ema» - cette planchette suspendue au Japon dans les sanctuaires shinto (comme ici à Kyoto).

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Echappée du cultissime Rose Bakery qui m’a toujours laissé indifférent, Kaori Endo a répondu aux sollicitations de Lionel Bensemoun (Le baron, La Fidélité, chez Moune) et Jean-Marie Tassy (Calvi on the rocks) pour prendre les commandes de ce bel espace plutôt impersonnel, moins grand qu’il n’en parait, dont la cuisine ouverte insuffle un peu de chaleur à une salle qui en manque malgré quelques touches colorées comme ces chaises façon fifties ou ces beaux luminaires colorés basse tension réalisés par une artiste en résidence.

Le menu est inscrit sur un grand tableau rectangulaire: les bento à 13 € déclinés en trois options: viande, poisson, végétarien; une soupe du jour (ce mercredi, butternut et cèpes), un choix restreint de salades, une assiette 100% céréales (la grande spécialité de Kaori), par exemple riz rouge, azuki, boulgour (6 €), mais encore des onigiri, le chirashi du jour (saumon et noix de Saint Jacques), une pizza briochée qui a l’air fort appétissante et tout plein de desserts à 5,5 € qui remportent un franc succès comme le cheese cake mais surtout la tarte café liégeois qui a déjà ses fans.

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Mon bento carnivore flanqué de sa tranche de faux filet à la sauce saké tient la route et vaut surtout pour la variété de ses accompagnements, à savoir le boulgour, lequel a été arrosé d’un filet de sauce soja, la salade de roquette et surtout la courge qui est un vrai délice. Apprenant que le oji cha proposé par le restaurant est produit dans la région de Kagoshima (ile de Kyushu), je ne résiste pas à en commander une théière qui me promène dans mes souvenirs de l’ascension, une belle journée de printemps, de l’Ebibo Kogen et de sa chaine de volcans.

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De retour à la réalité, je réalise que j’ai passé un bon moment au 31, rue Paradis, que le bento se tient, que c’était simple et sain, comme à la maison. Je me dis qu’il faudrait manger ainsi et en de telles proportions tous les jours, ce qui est encore dans le domaine du possible au cas ou le manque de temps nous en empêcherait, puisque la vente se fait à emporter et qu’une micro épicerie est en libre service.

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31, rue du Paradis

75010 Paris

Tel: 01 40 22 05 55

Site: www.31ruedeparadis.com

 

 

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