750 grammes
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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 10:05


Comme quoi la vie tient quelquefois à peu de choses. Cette vieille rengaine des années 80 vomie par RFM, reprise et massacrée sans complexe par le patron de l'établissement aurait dû vous mettre la puce à l'oreille. Le bon sens, sinon votre flair, vous aurait fait pressentir dans quelle traquenard vous vous apprêtiez à sombrer. Un peu gêné, vous auriez glissé une formule d'excuse puis, ni une ni deux, vous vous seriez éclipsé de cette boite à chaussures grande comme une boite à sardines.

Seulement, vous êtes tenace, l'expérience vous ayant appris à ne pas juger un restaurant simplement sur les apparences. Vous décidez de rester. Vous allez très vite le regretter.

Votre méprise est d'autant moins compréhensible que vous connaissez de réputation Le Temps au Temps, considéré comme le fleuron gastronomique de la rue Paul Bert et par extension de tout le 11ème arrondissement, avant que le Chardenou de Cyril Lignac fraichement installé ne vienne l'asticoter dans son fief.
Vous êtes galvanisé par ces critiques élogieuses publiées dans la presse, saupoudrées sur les forums. Enfin, vous apprenez dernièrement que Sylvain Sendra, le chef historique du Temps s'est fait la malle pour franchir la Seine et ouvrir dans le 5ème arrondissement sa propre adresse. Fort précautionneux, vous avez imaginé plusieurs scénarios possibles: un repas certes pas à la hauteur de vos attentes mais somme toute raisonnable, un cadre probablement très bruyant mais néanmoins chaleureux, bref, vous avez tout prévu, excepté le pire.

 

L'affaire s'engage avec cette bouteille d'eau minérale sortie de nulle part, débouchée à l'abri des regards et posée à grand fracas la sur la table. Un tavernier n'aurait pas été moins délicat.
Et que dire de ces bouteilles de vin débouchées derrière le comptoire et senties à plein nez afin de vérifier qu'elles ne sont pas bouchonnées? C'est à se demander si on n'a pas attérrit dans quelque foire de province...

Si l'attente n'est pas longue, vous ne tardez non plus à vous faire une opinion sur ces aiguillettes de canard façon Strogoff commandées en entrée: tout simplement immangeables. Le canard archi cuit est aussi sec par endroits que de la mine à plomb et la quantité de sel déversée dans l'assiette tellement ahurissante qu'il vous devient pénible d'avaler chaque bouchée. Ni «trop salé», ni «manqué», le plat est tout simplement massacré, mis hors course malgré sa sauce séduisante aux petits oignons émincés et piments d'espelette, ruinée cela va de soi par l'usage massif du sel.  

 

A croire que les propriétaires du Temps au Temps ont lancé une O.P.A sur le sel, le plat se révèle aussi regrettable que l'entrée. En plus d'être salée à l'excès, la supposée épaule d'agneau de lait est en réalité une vague pièce de mouton tombant en déconfiture et pas dégraissée pour un sou.
Quand à votre convive, celui-ci trouve son plat quelconque. Je rapporte fidèlement ses mots: quelconque. Autrement dit, le pire verdict qui soit. C'est un fait avéré que son assiette a des allures de cadavre caché au fond d'un placard, au mieux semble-elle en assistance respiratoire.

Dépité, vous décidez de mettre fin au clavaire. Dommage, pour 3 euros de plus, soit 30 euros au lieu de 27 (vous ne comprenez toujours pas un tel écart de prix entre l'entrée et le plat à 27 euros et le menu complet à 30), vous vous seriez bien rafraichi l'estomac avec un dessert maison. Seulement, vous n'avez qu'une idée en tête, vous en aller au plus vite. Ce que vous faites d'ailleurs, sans demander votre reste. On ne vous y reprendra pas à deux fois.




Le Temps au Temps
13 rue Paul Bert
75011 Paris
01 43 79 63 40

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